CHAPITRE 28
La transformation de l'Aurore
Une activité sans précédent régnait dans la crique cachée du Havre d’Ynala. Les bruits des marteaux répondaient aux appels des charpentiers au travail, des volutes de fumée s’élevaient dans les airs de plusieurs foyers disséminés tout autour de la coque du navire. L’Aurore avait été mise à sec, sur un haut fond, étayé par des poutres de bois pour le maintenir bien droit. Le vaisseau s’offrait un nettoyage complet avant de reprendre la mer.
Dés son retour de la cité lacustre, Zeïna avait donné des ordres au second resté à terre. Elle lui annonça la mobilisation du navire en tant que corsaire, il accueillit la nouvelle fraichement, même si il s’attendait à ce genre d’aventures. Mais maintenant le travail n’allait pas manqué sur le bateau pour le rendre apte à sa nouvelle mission.
A l’aube, une centaine d’elfes était arrivée depuis la cité, mené par le prince Meklio Da’Hine en personne. Grâce à ce renfort en nombre, l’équipage et leurs alliés firent échouer l’Aurore sur un banc de sable. La marée se retirant, ils installèrent au fur et à mesure des poutres et des étaies pour maintenir le vaisseau bien droit. Pour permettre de travailler même à marée montante, les elfes utilisèrent leur connaissance des courants pour creuser des canaux tout autour du chantier. Le travail put ainsi se poursuivre même lors de la remontée du niveau de la mer.
Zeïna se trouvait au pied de la coque de son navire, elle observait les marins au travail. A l’aide de grandes gaffes ils grattaient le bois pour en retirer algues et coquillages qui se logeaient là au gré de leur voyage. Certains étaient montés sur des échelles depuis le sol, tandis que d’autres étaient perchés sur des planches munies de cordes attachées au bastingage. Personnes ne ménageaient sa peine sous les regards et les ordres des officiers.
- Je pensais que la coque serait plus sale que ça, fit la capitaine en abordant Portyd.
Il était en charge du nettoyage de l’extérieur de l’Aurore.
- Moi aussi, surtout avec le temps passé au port avant votre arrivée.
- Vous vous en êtes très bien occupés depuis la disparition de mon père, c’est grâce à votre travail que nous pouvons voir un tel résultat.
Le second rougit embarrassé.
- C’est le navire qui est bon, pas le borgne.
- Vous vous sous-estimez Mr Odell.
Un marin perché sur une échelle manqua de tomber en voulant enlever une algue récalcitrante.
- Torigny, vas-tu faire attention bougre d’imbécile ! Cria le second dans sa direction.
Il se tourna vers la jeune fille.
- Excusez-moi capitaine.
- Non ce n’est rien, allez faire votre travail.
Le second fit un signe de la tête, puis il marcha vers le marin en continuant à lui crier dessus. Zeïna marcha un peu jusqu’au prochain poste de travail, là une autre équipe de marins et d’elfes s’occupait de reprendre l’étanchéité de la coque. A l’aide d’étoupes et de goudrons, ils comblaient les interstices entre les planches pour parfaire le calfatage de l’Aurore.
Sur un petit échafaudage, le maître charpentier montrait à deux elfes comment étanchéifier la coque. Il prenait l’étoupe et la plongeait dans le goudron brulant, ensuite il le positionnait sur l’espace entre les planches. Maintenant l’étoupe à l’aide d’un poinçon, Maître Janferg venait le frapper avec un maillet en bois, enfonçant profondément l’étoupe dans l’interstice. Les deux elfes buvaient littéralement ses paroles, ils comprenaient vite et faisaient du très bon travail. C’était un véritable bonheur pour Olaf Janferg qui aimait beaucoup partager son savoir.
Voyant le prince non loin d’elle, Zeïna vint à sa rencontre en souriant, le jeune elfe semblait commencer à faire confiance en leur nouvel allié.
- Avez-vous tout ce dont vous souhaitez ? Demanda-t-il en l’apercevant.
- Nous ne manquons de rien, nous avions surtout besoin de main d’œuvre pour accélérer les travaux de nettoyage.
- Au départ, je pensais que je n’aurais que peu de volontaires, mais il semble que les réfugiés ont parlé de votre courage. J’ai du refusé du monde pour ne pas qu’une foule désordonnée ne vienne perturber le chantier.
La jeune fille avait remarqué les nombreux spectateurs réunis que la plage.
- Je vois pourquoi tous ces gens sont rassemblés là bas.
- Ils ont retrouvé quelque chose que je croyais perdu pour mon peuple.
- Quoi donc ?
- L’espoir.
La réponse fit frissonner la jeune fille, la voix du prince était plus affirmée. Il avait soif de vengeance, il voulait libérer son royaume à tout prix.
- Je ne sais pas si l’Aurore seule peut faire tant de chose, mais je ferais tout mon possible pour y parvenir.
Le prince Meklio hocha la tête en regardant la capitaine, il n’aurait jamais cru qu’une humaine serait le moyen de sauver son royaume. Il chassa ses pensées pour revenir au présent, il fallait agir maintenant, il n’était plus temps de rêver.
- Demain je commencerais l’entrainement des hommes qui vous accompagneront sur le navire. Là encore j’ai beaucoup de candidats, mais je ne veux que les meilleurs combattants pour vous soutenir.
- Nous en aurons grand besoin.
- Dans combien de temps pensez vous que votre navire sera prêt ?
- Dans une semaine normalement.
- J’en ferais part à ma mère.
Le prince salua la capitaine avant de rejoindre la plage en direction de la cité lacustre. Zeïna rejoignit une échelle d’accès au navire la plus proche, elle voulait dés à présent commencée à tracer une route pour leur futur périple.
- Sacré non de dieu, mais qu’est ce qui m’a donné un équipage pareil ! Hurla le second plein de fureur.
Zeïna se releva de son bureau, ses yeux papillonnèrent. Elle s’était endormie en travaillant tard hier soir, toutes ses cartes étaient étalées devant elle avec des annotations et des calculs. La jeune fille s’étira en se redressant sur son siège, encore une fois elle avait écrit sur ses plans sans vraiment faire attention. Elle avait cette mauvaise manie depuis ses années d’études et malgré les remontrances de ses professeurs elle ne l’avait jamais vraiment quitté.
Les cris de Portyd retentissaient toujours sur le pont, Zeïna se demanda bien pourquoi il s’emportait ainsi. Elle quitta son siège et remit un peu d’ordre dans sa tenue, ses cheveux étaient défaits et en bataille, mais elle n’avait pas le temps de se recoiffer. La jeune fille saisit sa veste qu’elle avait mise sur son lit et elle l’enfila rapidement.
La capitaine arriva sur le pont où l’agitation régnait, ponctuée par les grognements du second. Elle trouva rapidement le lieu de la dispute, Cryanne parut soulagée de la voir arriver.
- Je m’apprêtais à venir te chercher, lança la métis avec son habituelle familiarité.
- Que se passe t’il ? demanda t’elle en regardant autour d’elle.
- Le problème, il est là ! Fit Portyd avec colère.
L’homme désignait le sol avec raideur, il avait l’air complètement dépassé.
En baissant les yeux, la jeune fille finit par voir ce que tout le monde regardait avec insistance. Sur le pont, une elfe était allongée sur le ventre, les bras écarté. Son visage était sur le coté, la joue droite posée sur le pont, les yeux clos.
Zeïna la détailla, elle était plutôt petite, habillé d’une jupe courte et un corset de cuir sans bretelle. Sa peau était de couleur bleu vert, ses cheveux noirs étaient mis long, lui arrivant au niveau des épaules. Dépassant de la chevelure, des mèches tressées plus longues étaient agrémentées de plumes, d’os ou de morceaux de bois.
La jeune fille agrandit les yeux de surprise, elle ne s’attendait pas à trouver une elfe étendue sur le pont de son navire. Elle avait bien assez de travail pour s’occuper de ce genre de problème.
- Je ne pense pas que des hurlements vont changer quelques choses, lança t’elle au second.
- Je suis désolé Capitaine, mais il n’y a pas un seul d’entre eux qui veut m’aider à la relevé.
- Vous lui avez demandé de se lever d’elle-même ?
- Oui, répondit Cryanne, mais elle ne semble pas nous entendre.
La jeune fille soupira, elle s’agenouilla près de l’inconnue.
- Excusez-moi de vous déranger, je suis le Capitaine Zeïna Dé Feryo, je dois vous demander de vous lever, nous devons travailler sur le navire et je ne voudrais pas que vous soyez blessée par inadvertance.
Elle n’eut aucune réponse.
- Vous voyez, reprit Portyd, je vais aller chercher quelques elfes pour la sortir de là.
- Attendez Mr Odell, fit Zeïna, je vais encore essayer.
- Comme vous voulez, répondit l’homme.
La capitaine se rapprocha de nouveau de l’elfe.
- Répondez moi, je sais que vous êtes éveillé, je voudrais que vous quittiez le pont s’il vous plait.
L’inconnue ouvrit soudainement les yeux, faisant reculer les marins l’entourant. La jeune fille elle-même se redressa d’un coup en poussant un petit cri de surprise. L’elfe regarda Zeïna avec attention.
- Il t’aime beaucoup tu sais.
- Pardon ? Lança-t-elle en inclinant la tête.
- Le bateau, bien sûr, de quoi d’autre je peux parler.
La capitaine avait du mal à bien saisir les paroles de l’inconnue, sa voix était douce mais étrange, lointaine comme venu d’un autre monde.
- Si vous êtes réveillée, reprit Zeïna, est ce que vous pourriez quitter le pont, nous avons beaucoup de travail.
- Je suis sûr que tu es le capitaine de ce merveilleux navire, sa voix est si belle, si douce, il a tant d’histoires à raconter.
- Des histoires ?
L’elfe se redressa pour s’asseoir face au capitaine, ses yeux étaient identiques à ceux de la princesse Noralia, doré comme le soleil.
- Je suis heureuse de rencontrer enfin la personne qui fait battre le cœur de ce merveilleux bateau.
Les paroles troublèrent la jeune fille, mais elle se reprit tout de suite. Zeïna se releva pour faire face à l’étrange elfe qui ne s’était toujours pas présentée.
- Comment êtes vous montée ici ? Il y avait des gardes sur le pont pour surveiller les aller et venus.
- Il est très facile de passer inaperçu la nuit, fit l’elfe, il ne faut blâmer ces marins.
L’inconnue se mit debout à son tour et marcha vers la proue, le second allait lui emboiter le pas, mais la capitaine l’arrêta.
- Laissez, reprenez le travail, je m’occupe de cette affaire ne vous en fait pas.
- Très bien, mais faites lui comprendre qu’ici ce n’est pas un hôtel, c’est un bateau !
Zeïna était amusé de voir Portyd ainsi, il était très attaché au navire mais il ne supportait pas beaucoup les changements. Avec tout ce qu’il s’était passé depuis leur départ de Calasta, le pauvre homme commençait à être fatigué de toutes ces nouveautés.
La jeune fille rejoignit l’inconnue qui s’était maintenant perché sur le beaupré, regardant de plus près la figure de proue.
- Dans la nuit je ne l’avais pas pu la voir de près, quelle merveille !
- Ecoutez fit, Zeïna derrière elle, je ne peux pas vous laisser ainsi vous promener sur l’Aurore, nous ne vous connaissons même pas.
L’elfe la regarda sans comprendre, elle semblait réfléchir son regard perdu dans le vague. Après quelques secondes, ses yeux se refixèrent sur la capitaine.
- Je ne t’ai pas dit mon nom ?
- Et bien … Non.
Zeïna ne savait plus quoi faire, quand une voix lui parvint depuis le pied du navire.
- Acoya, que fais-tu là ?
Le prince se trouvait en dessous de la proue du bateau.
- Oh ! Meklio, quelle surprise !
L’étrange elfe sauta depuis le mat de beaupré jusqu’au sol, la jeune fille accourut pour tenter de la rattraper, mais elle ne put la saisir. La capitaine n’en crut pas ses yeux, l’elfe se réceptionna sans effort, sans se faire mal.
- Prince Meklio, lança Zeïna, pouvez vous le retenir un peu, je descends tout de suite.
La jeune fille s’empressa de rejoindre les deux elfes avant que l’inconnue ne disparaisse de nouveau.
- Bonjour Capitaine, fit Meklio en la voyant arrivé, je me suis permis de venir ce matin parce que je savais bien qu’Acoya allait vous donner un peu de soucis.
L’elfe près de lui baissait la tête, comme un enfant pris en faute.
- Et bien, elle a surtout surpris mon équipage, elle s’appelle Acoya alors.
- Elle ne s’est même pas présentée !
Le prince soupira en secouant la tête.
- Je suis désolé Meklio, mais je n’ai pas pu résister aux doux murmures de ce merveilleux navire.
L’elfe s’approcha de nouveau du navire et caressa la coque avec tendresse sous les yeux hallucinés de la capitaine et des marins proches.
- Elle s’appelle Acoya Yna’Hi, ma cousine, il faut lui pardonner elle est un peu originale, mais elle n’est pas dangereuse.
- C’est ce que j’ai pu remarquer, répondit Zeïna en souriant légèrement.
- Elle a un don pour ressentir l’océan et ses tumultes, mais elle manque parfois d’attention.
Acoya se rapprocha de la capitaine, et elle la fixa dans les yeux.
- Ton navire a tant d’affection pour toi, il serait prêt à te suivre jusqu’au bout du monde.
Zeïna s’était habituée à son tutoiement, mais pas encore à ses paroles.
- Tu l’entends parler ?
- Oui, répondit elle les yeux pétillants de joie, la quille de l’Aurore est un bois précieux, magique, il a sa vie propre.
- En effet elle est faite d’un bois spéciale que mon père a pu ramener du grand nord, mais je n’en sais pas plus.
- S’il te plait, est ce que je peux rester sur le navire ?
Acoya avait un regard suppliant, la jeune fille ne savait pas quoi faire, elle regarda le prince cherchant de l’aide.
- Je n’ai jamais pu comprendre comment pensait ma cousine, répondit Meklio, mais quand elle a une idée en tête, elle fera tout pour y arriver.
- Bon, si tu me promets de ne pas empêcher la bonne marche du travail tu peux rester, c’est d’accord ?
- Oh oui ! Oh Oui !
L’elfe serra Zeïna tout contre elle, la jeune fille ouvrit grand les yeux la tête calée sur l’épaule d’Acoya.
- Merci beaucoup, je vais visiter le navire !
- Attends !
Sans même se retourner, l’elfe sauta sur le cordage le plus proche et grimpa à bord du navire avec agilité.
- Je ne sais pas si vous avez bien fait, fit le prince.
- Je suis entrain de me poser la même question.
La capitaine salua Meklio Da’Hine avant de reprendre l’échelle de coupé, elle commençait à peine la journée et déjà la fatigue la gagnait rapidement.
Une semaine après le début des travaux, les officiers du bord étaient tous réunis dans la cabine du capitaine au soir du septième jour. Hina amena une bouteille de vin et des verres sur un plateau avant de s’éclipser.
- Elle a bien changé, fit Cryanne en prenant son verre, elle était beaucoup moins soigneuse à notre départ de Calasta.
- J’ai l’impression que tout l’équipage a changé depuis ce départ, renchérit Lantis.
Portyd hocha la tête en silence.
- Je vous ai tous réuni pour faire le point sur les travaux, commença Zeïna, je voudrais savoir si tout est terminé.
- Nous avons eu de la chance de finir à temps, avec cette folle dans nos pattes, fit le second en pestant.
L’étrange invité du bord n’avait pas quitté le navire depuis qu’elle avait eu l’autorisation de monter sur le pont. Elle se faufilait partout, passant des heures la joue contre le bois en fermant les yeux. Mais comme l’avait dit Meklio, Acoya n’était pas une menace, elle était curieuse de tout. L’elfe avait notamment suivi la capitaine dans tous ses déplacements, allant parfois jusqu’à passer du temps dans la cabine avec elle, quelque chose de presque inconcevable pour les marins.
- Acoya ne nous a pas donné tant de mal que ça, répondit Cryanne, elle était surtout toujours plongée dans les entrailles à écouter la voix du navire.
- Parce que tu prends fois pour ses allégations ? Demanda Portyd surpris.
- Je pense que le navire est spéciale, fit la métis.
- Je dois bien l’admettre qu’il n’est pas ordinaire, mais de là à dire qu’il parle.
Zeïna sourit, elle avait passé beaucoup de temps avec Acoya par la force des choses, et même si elle trouvait l’elfe étrange, elle devait bien se rendre compte que parfois elle pensait que le navire lui parlait. La jeune fille préféra taire ses impressions pour ne pas envenimer encore la dispute naissante.
- Allons, allons, je ne pense pas que cela est été un problème grave pour terminer les améliorations sur la navire, Mr Odell pour votre part ?
- Et bien, en ce qui concerne la coque, lança le second, l’étanchéité est bonne et la peinture est presque terminée.
La capitaine acquiesça.
- Et le réarrangement de l’intérieur du navire ?
- Les charpentiers ont achevé aujourd’hui l’aménagement d’une partie de la soute pour accueillir les renforts, répondit Lantis, un compartiment a été aussi créé pour les prisonniers que nous allons surement faire.
- Bien, fit Zeïna, j’imagine qu’avec les prises nous ayons à emprisonner quelques hommes récalcitrant. Mme Tolado, pour la mature ?
- Les derniers renforcements ont été fait avec l’aide de Maître Janferg, nous pouvons espérer augmenter la taille de la voilure mais il faudra rester raisonnable pour éviter que l’un des mats ne rompe sous l’effort. Les bordages ont été aussi doublé pour résister au choc entre deux navires lors des abordages.
La jeune fille était fier de son équipage, avec l’aide des elfes ils avaient pu transformer un simple navire marchand en un bateau corsaire apte à la course.
- Les approvisionnements ont-ils été fait ?
- Les vivres de réserve et l’eau ont été embarqué aujourd’hui, répondit Nefrita Hagus, les denrées périssables seront à bord demain juste avant la marée.
- Et bien, reprit la jeune fille, je pense que nous sommes prêts.
La capitaine fixa ses officiers réunis devant elle.
- Demain nous mettrons les voiles pour commencer la chasse !
Elle prit le dernier verre sur le bureau et le leva devant elle, imité par les quatre personnes dans le cabine.
- A l’Aurore ! Que la mer nous soit clémente et généreuse pour notre nouvelle mission !
- A l’Aurore ! Répondirent en cœur les officiers.
Les verres s’entrechoquèrent dans une série de tintement bref, tous avaient hâtes de reprendre enfin le large.
=========================================================
Un petit chapitre tout chaud d'Océan, l'équipage a préparé le bateau pour sa nouvelle carrière. L'Aurore devient un navire corsaire
Bonne lecture ^^ |