Bonjour à vous ^^
Le pouvoir d'Onèan porte un nom, elle se nomme la salamandre, une magie présente dans le sang des Terrenoir. Mais un tel pouvoir doit avoir un possesseur fort et puissant, le jeune écuyer parviendra t'il à le contrôler ?
Pour Lynaïs et leur compagnon, plus rien ne semble leur sourire, l'Inquisition est sur leurs traces et ils sont proches de se faire prendre. SIr Nartero arrivera t'il à les sortir de la nasse pour prendre la fuite ?
Bonne lecture ^^
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CHAPITRE 51
Pouvoir capricieux - Sacrifice
Onèan s’assit sur le sol lourdement, il tentait de retrouver son souffle les bras en arrière la bouche grande ouverte levée vers le ciel. La nuit était tombée et il ne s’en était même pas rendu compte. Depuis sa première rencontre avec la salamandre, le jeune homme tentait de contrôler sa puissance. Mais pour le moment c’était loin d’être le cas, plusieurs jours étaient passés et à chaque fois l’écuyer n’arriver pas à dompter cette flamme.
Le shaman lui avait donné pour seule tâche de trouver le moyen de contrôler son pouvoir. Le vieil homme lui avait montré un endroit sûr pour son entraînement, un étroit canyon en pierre qui se terminait par une petite vallée déserte où peu de végétaux pouvaient brûlés.
Ainsi tous les jours, il partait en début d’après midi et il s’entraînait seul dans ce lieu. Les étoiles brillaient dans le ciel, un quartier de lune venait de se lever.
- Je devrais retourner au campement, lança tout haut le jeune homme.
Onèan ne voulait pas inquiéter Oroky et Anya. Il se releva en poussant un soupir de lassitude, il ne s’attendait pas à être aussi fatiguer après son entraînement. Il n’aurait jamais imaginé que la magie était aussi difficile à apprendre.
Le jeune homme se pencha pour reprendre son épée qu’il avait remise dans son fourreau. Il s’apprêtait à partir quand un bruit de course le fit se retourner. Anya apparut à l’entrée du vallon, elle était essoufflée après avoir couru depuis leur campement.
- Je m’apprêtais à rentrer, il ne fallait pas venir.
La jeune fille s’approcha après avoir repris son souffle.
- Je m’inquiétais de ne pas te voir revenir, alors j’ai préféré prendre les devants.
- Oroky t’a laissé faire ?
- Je ne lui ai pas laissé le temps de me répondre.
Les deux jeunes gens se mirent à rire.
- Mais ce n’est pas seulement pour ça que je suis venue.
Anya s’approcha encore plus près du jeune homme et déposa un baiser sur ses lèvres avec douceur. L’écuyer caressa la joue de la jeune fille avec tendresse, il se pencha à son tour et l’embrassa à nouveau. Ils se serrèrent l’un contre l’autre, leur cœur battant à l’unisson, ils leur semblaient une éternité depuis leur dernière étreinte.
- Nous ne nous voyons pas beaucoup ces temps ci, fit Anya en restant tout contre l’humain.
L’écuyer hocha la tête. Du moment que le jeune homme tentait de contrôler son pouvoir, Oroky avait prit la jeune koradji de son coté pour l’entraîner différemment. Maintenant, les deux jeunes gens ne se voyaient plus que le matin pendant leur entraînement à l’aube et le soir tard. De tels moments rien qu’à eux étaient rares, et ils aimaient pouvoir en profiter.
- Tu avances dans ton entraînement ? Demanda Anya.
Elle s’était séparée, mais elle ne lui lâchait pas les mains pour les garder dans les siennes.
- Plus ou moins, répondit Onèan, tu veux que je te montre ?
- Oui, je voudrais bien voir tes progrès.
Elle s’assit sur une pierre contre la paroi en souriant. Le jeune homme tira son épée de son fourreau et il la tint à deux mains devant lui. Il se concentra de nouveau, oubliant son mal de tête qui le lançait toujours en fin de journée.
Une fois encore, Anya contempla la langue de flamme vivante. Elle sortait de l’épée comme une extension de la flamme, elle dansait doucement comme un serpent hypnotisé par le son de la flute d’un charmeur de reptile. La koradji sentait la chaleur des flammes depuis son siège, elle trouvait que le sort était même encore plus puissant que la première fois.
Onèan ouvrit les yeux et fixa la tête de langue de feu, il plongeait son regard dans l’endroit où devait se trouver les yeux. Le serpent se redressa complètement et se mit à se tortiller dans tous les sens sans aucune logique.
- Et voilà, lança le jeune homme dépité.
Le serpent stoppa net sa danse, et il fixa l’écuyer. Il ouvrit les gueules en crachant une petite boule de feu devant le visage de l’écuyer. Puis, aussi rapidement qu’il était apparu, le sort disparut juste après, laissant Onèan déconfit. Anya tenta de contenir son rire pour éviter de froisser son compagnon.
- J’ai l’impression qu’il se moquait de toi.
- Ce n’est pas seulement une impression, il m’attaque aussi parfois, mais c’est plus souvent ce que tu viens de voir.
Il baissa son épée et il l’a remis à son fourreau.
- J’ai vraiment besoin de plus m’entraîner.
- Je pense aussi.
Anya se mit à rire, elle n’arrivait plus à se tenir.
- Vas-y moque toi !
- Désolée, fit la jeune fille en reprenant son souffle, mais je n’avais encore jamais vu la création d’une personne se moquer de lui.
Voyant la mine renfrognée de l’écuyer, la koradji se releva et elle déposa un baiser sur la joue de son compagnon.
- Ne fais pas la tête, je plaisantais.
Onèan sourit piteusement.
- Je sais bien, mais depuis tant d’échec, je suis un peu sensible, quoi qu’il y a du mieux, avant le serpent me tournait tout simplement le dos en disparaissant.
- Alors tu vois, il y a du mieux.
Le jeune homme se mit à rire, il serra sa compagne contre lui.
- J’espère que tu t’en sors mieux.
- Si tu veux, mais Oroky est tout le temps derrière moi à me crier dessus.
- Et qu’est ce qu’il te demande ?
Anya croisa les bras sur sa poitrine.
- C’est bien là le problème, il veut que je me concentre, toujours que je me concentre. Pour utiliser la magie des esprits propres à tous les shamans, je dois me connecter à leur monde et leur demander leur aide.
- Un peu comme si tu méditais sans avoir besoin de fermer les yeux ?
- Oui un peu.
Onèan pencha la tête sur le coté en réfléchissant.
- Tu as pu contacter un esprit de l’eau ?
La koradji fit la moue.
- La première fois, j’ai reçu une gerbe d’eau en pleine figure.
L’humain pouffa de rire sans pouvoir se retenir.
- Je vois que tu n’as pas fait mieux que moi.
- Moque toi, mais depuis j’ai fait plus de progrès que toi, j’ai commencé à maitriser les sorts de base, un mur d’eau, une lance d’eau et un sort de guérison simple.
Elle affichait un air farouche, avant de rajouter.
- Alors toi et ton serpent qui se moque de toi, je crois que tu es largement à la traine !
Onèan se calma et fixa la jeune fille.
- Tu es entrain de me lancer un défi !
La koradji resta quelques instants interdite, avant de se redresser avec un sourire rempli de confiance.
- Tout à fait, je vais progresser tellement vite que tu ne pourras pas me rattraper avant de très longues semaines.
- Et tu crois que je vais me laisser faire sans réagir.
- Je trouve que pour le moment, j’ai pris une longueur d’avance.
- Cela ne suffira pas, je te dépasserais bientôt !
Le jeune homme se rapprocha de son amie pour mieux la taquiner, ils se chamaillèrent tout en se courant après, laissant échapper des éclats de rire. La course poursuite dura quelques temps sans qu’aucun ne puisse prendre le dessus. Enfin, ils s’arrêtèrent pour reprendre leur souffle, riant toujours sans pouvoir s’arrêter.
Onèan prit sa compagne dans les bras et la serra contre lui, elle laissa aller son visage contre la poitrine de son amant. Ils restèrent ainsi, prenant plaisir à sentir le cœur de l’autre battre contre leur peau.
- Nous devrions rejoindre le campement, sinon c’est Oroky que nous allons voir débarquer particulièrement en colère, lança Anya en se séparant de son compagnon.
- Oui tu as raison, mettons nous en route.
Les deux jeunes gens se prirent la main avec délicatesse pour prolonger un peu plus ces moments de bonheur rien que pour eux.
Au campement, Oroky se doutait bien ce qui se passait de l’autre coté de la vallée, ses deux élèves avaient bien travaillé et il pouvait très bien les laisser s’amuser un peu pour relâcher la pression.
Le shaman n’épargnait ni son temps ni sa force pour leur apprendre la magie, pour qu’ils puissent s’en servir rapidement et se défendre en cas de problème ou de mauvaises rencontres. Le vieil homme ne faisait pas preuve d’un excès de prudence, il savait bien que tôt ou tard, les jeunes gens auraient besoin de leur talent pour se battre.
Oroky soupira, ces jours ci, ses visions ne le quittaient presque plus, devenant chaque jour plus précises, plus détaillées. La proximité du jeune homme en était surement la cause, il était à chaque fois au centre de ses songes.
Le shaman se réveillait en pleine nuit, le souffle court, revivant des scènes de batailles, des réunions importantes, et des foules de guerriers clamant leur force. Il voyait également la mort, la destruction et la lueur des buchés funéraires dans l’horizon.
Depuis longtemps, le vieil homme avait appris à vivre avec ces visions. Déjà très jeune, il avait eu des dons prononcés pour la divination, ses professeurs lui promettant de grandes choses pour son avenir. Il ricana tout seul en repensant à leur enthousiasme, il vivait normalement sans être devenu le plus grands des shamans que comptaient les clans.
Mais cette fois, les visions étaient trop précises, trop directes, elles décrivaient même des lieux qu’il n’avait aucun mal à reconnaitre. Le temps filait et malheureusement, les jeunes gens allaient en manquer, surtout le jeune Onèan. Il devait maitriser encore plus rapidement la salamandre pour le bien de la forêt de Veraï mais aussi du Conglomérat et de bien au-delà.
Il avait utilisé plusieurs moyens pour lui permettre d’accéder au contrôle de son pouvoir. Mais l’esprit de cette magie était si ancien, qu’il ne se laissait pas dompter aussi facilement. Le jeune homme doutait de lui, et sans cette confiance en lui, il n’arriverait pas à maîtriser la salamandre pour s’en servir comme une arme.
Retirant les restes de cendres de sa longue pipe, Oroky cherchait un nouveau moyen d’ouvrir le potentiel de son jeune élève. Il réfléchissait tout haut en discutant aux flammes du foyer devant lui.
- Je pourrais essayer une potion de pouvoir pour développer son potentiel, ou une potion de courage, pour qu’il évite de douter de lui.
Il secoua la tête, ce n’est pas en biaisant la salamandre que le gamin allait pouvoir la comprendre et la contrôler.
- Mais bien sûr, pourquoi je n’y ai pas pensé tout de suite, je suis vraiment bête parfois.
Oroky se pencha vers son sac et il en sorti une petite bourse de cuir. Il trempa un doigt dans la poudre et il traça un cercle en l’air en utilisant un vieux dialecte koradji. Un rond se format devant lui, qui se figea pour former une sorte de miroir qui flottait au niveau de son visage.
Une image apparut, elle montra l’intérieur d’une hutte dans un village lointain dans la forêt. Un vieux koradji se montra alors, il avait un pelage gris, très long, avec une multitude de petites tresses, ressemblant à Oroky. Il poussa une exclamation de surprise et de joie en découvrant la personne qui le contactait.
- Je n’ose y croire, tu me contactes enfin, depuis le temps que nous n’avons pas parlé ensemble.
- Bonjour Sekti, je vois que tu vas bien.
- Parfaitement, alors qu’est ce que tu me veux ? Je suis persuadé que tu ne viens pas me voir pour rien.
Le shaman du clan des Chênes Noirs sourit.
- Désolé, je sais que je devrais te parler plus souvent, mais je viens te voir pour une affaire sérieuse, tu es peut être au courant ?
- Ton élève humain j’imagine.
- Et oui, je ne peux rien te cacher. J’aurais besoin de toi pour l’aider à se développer, tu es la personne parfaite pour le faire.
- Tu crois, répondit l’image dans le cercle, tu es un shaman particulièrement doué.
- Pas dans ta spécialité.
Sekti afficha un grand sourire.
- Je vois ce que tu veux dire, et si j’ai bien compris, ce jeune humain pourrait aussi m’intéresser très fortement. Je serais là dés demain matin, le temps de prévenir le chef du village et les autres shamans du clan.
- Je savais que tu accepterais.
- J’adore les défis, et en plus si je peux passer un peu de temps avec mon vieil ami, je n’hésite même pas.
- Merci Sekti, je t’attends demain matin alors.
- A demain Oroky.
Le cercle de communication disparut, et le silence reprit sur le campement. Le shaman prit sa pipe pour la bourrer d’un tabac de sa fabrication. La journée de demain allait être particulièrement intéressante pour la suite de la formation de ses deux élèves et surtout Onèan.
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Sir Edwin Nartero attendait impatiemment dans la salle commune de l’auberge. Il ne tenait pas en place, il s’attendait à tout moment à voir débarquer les soldats de l’Inquisition, les armes levées près à combattre.
Enfin, les premiers jeunes gens arrivèrent, Brom et Karez descendirent les escaliers, portant leur paquetage dans leur dos.
- Vous voilà, il faut se presser !
- Nous venons juste d’être réveillé, répondit Brom.
Le jeune homme ouvrit largement la bouche pour bailler en mettant sa main devant la bouche.
- Je peux t’assurer que tu vas devoir t’éveiller très vite, l’Inquisition pourrait arriver à tout moment.
La peur du chevalier était réelle, l’elfe tenait son arc d’une main ferme, sortit de son étui de cuir habituellement.
- Ils n’ont pas mis longtemps à nous repérer, lança Karez un peu suspicieux.
- Deux elfes au milieu d’une si grande cité humaine ne passent pas inaperçu, répondit Sir Nartero, je pense que vous êtes surveillés depuis votre arrivée.
Les deux jeunes filles arrivèrent à leur tour, Elifain traînait les pieds, elle n’était pas du matin. La jeune fille ne se gênait pas pour bailler sans se cacher.
- Bien, nous allons pouvoir partir.
- Et nos trois compagnons écuyers ? Demanda Lynaïs.
Le chevalier répondit sans se retourner.
- Je les ai déjà prévenu, ils sont déjà en route vers le lieu où je leur ai donné rendez vous.
- Très bien.
Sir Nartero s’apprêtait à ouvrir la porte d’entrée quand il se retourna une dernière fois vers les jeunes gens.
- Si par malheur nous étions séparés, le lieu de rendez vous est l’entrée nord de la cité, c’est la plus directe pour quitter les abords de Paragahi.
Les jeunes gens hochèrent la tête en silence.
- Je vais vérifier si la vois est libre, attendez moi là.
Le chevalier ouvrit la porte de l’auberge et regarda la rue, elle était encore déserte bien que le soleil était déjà timidement levé. Ne voyant aucun danger, il ouvrit la porte en grand, pour sortir, la encore il regarda plusieurs fois de chaque coté de la rue. Puis il fit signe aux autres de sortir, l’homme saisit la bride du cheval d’Onèan qui n’avait pas bougé.
Les quatre jeunes gens quittèrent l’auberge en silence, ils ne voulaient pas réveiller le quartier et attirer l’attention sur eux. Le chevalier s’approcha d’eux en tirant le cheval derrière lui, il tendit les rênes à Lynaïs.
- C’est la monture d’Onèan, je pense que vous devriez lui ramener.
La jeune fille prit la bride, elle avait reconnu le cheval de son ami.
- Merci Sir Nartero, je lui rendrais.
L’homme hocha la tête, il espérait de tout son cœur que la monture retrouve enfin son véritable propriétaire.
- Suivez moi, je vais vous guider.
Le petit groupe se mit en route d’un pas vif, ils devaient absolument quitter la ville le plus rapidement possible. Alors qu’ils venaient juste de dépasser l’auberge, deux hommes en noir apparurent devant eux, deux autres les prirent à revers par l’arrière. Karez avait encoché une flèche dans un seul mouvement en visant le groupe arrière, Lynaïs fit de même à l’avant. Les inconnus avaient tiré leur arme également, épée et masse dans leur direction.
- Halte au nom de l’Inquisition ! Fit l’un d’eux à l’avant. Vous êtes en état d’arrestation, laissez vous faire sans protester où nous vous prendrons par la force.
La jeune fille observa l’homme qui venait de parler.
- Je t’ai vu à l’Académie toi, tu faisais partie des écuyers de la promotion d’Onèan.
Duncan Hock baissa sa capuche pour dévoiler son visage.
- Tu m’as reconnu, mais ça ne change rien, baissez vos armes immédiatement au nom de l’Inquisition.
Sir Nartero comprit qu’ils voulaient gagner du temps, il fallait agir vite pour éviter aux renforts d’arriver à temps. Il jeta un rapide coup d’œil à Lynaïs, elle tenait en joue leur chef, prête à décocher.
- A mon signal, murmura le chevalier en serrant son épée.
Les jeunes gens restèrent silencieux tendu, le forgeron tenait sa lourde barre de fer, tandis qu’Elifain s’était accroupie une dague à la main.
- Maintenant !
Le chevalier se jeta à l’avant au même moment où Lynaïs lachait la corde tendue de son arc. Duncan Hock plongea sur le sol, mais pas assez vite et la flèche pénétra dans son épaule le projetant an arrière. Le deuxième acolyte fut percuté de plein fouet par le chevalier, il bloqua l’épée de son adversaire. Profitant de son élan, Sir Nartero fit trébucher le soldat qui tomba en arrière, assommé sur le coup.
A l’arrière, l’attaque rapide reçu le même résultat, la flèche de Karez toucha l’ennemi à la cuisse, la traversant de part en part. Le soudard poussa un cri étranglé et chuta par terre les mains sur la blessure en lâchant son épée. Brom poussa un cri en chargeant le soldat, mais tout comme le jeune homme son adversaire avait une carrure impressionnante. Il contenu la charge avec sa propre force, il repoussa même le forgeron et sa barre de fer. Alors que le soldat allait attaquer le jeune homme déséquilibré, Elifain apparut entre les deux adversaires et elle planta sa dague dans la jambe de l’assaillant.
L’action s’était déroulée en quelques instants, les fuyards s’étaient débarrassés de leurs adversaires sans être blessé. Le chevalier comprenait qu’il ne devait pas perdre de temps, il mit son épée au fourreau et interpella les jeunes gens.
- Il faut partir, nous devons faire vite.
- Nous n’allons pas les laisser là sans soin, fit Brom.
- Crois moi nous ne pouvons pas nous permettre de rester là, et je ne pense pas qu’ils en feraient autant pour toi, répondit Lynaïs.
Ils se mirent en route, mais Duncan leur lança une dernière invective en se relevant.
- Vous ne nous échapperez pas !
Il poussa un grognement de douleur en tenant son épaule d’où s’échappait un flot de sang. Sans se retourner, ils accélèrent le pas sans se préoccuper de la discrétion, les combats avaient réveillé tout le quartier.
Alors qu’ils étaient encore au bout de la rue, une troupe d’homme en noir débarqua d’une rue transversale face à l’auberge. En voyant leurs hommes à terre, les soldats de l’Inquisition comprirent ce qui venait de se passer. Ils se mirent à courir à leur poursuite en lançant des invectives contre leur proie.
- Déjà, je n’aurais pas cru les voir aussi rapidement.
Les jeunes gens paniquèrent, ils se mirent à courir à leur tour, suivant le chevalier qui tournait la tête dans tous les sens. Sir Nartero connaissait sa ville, il y était né et il y avait grandi, les rues étaient son domaine.
- On tourne à droite, lança t’il dans un souffle.
Le changement brusque de direction faillit perdre l’équilibre à Brom, Karez le rattrapa par le bras pour l’aider à tourner plus rapidement. Il n’eut pas le temps de remercier son compagnon, car déjà ils tournaient de nouveau sur la droite dans une petite ruelle. Elle était si étroite qu’ils ne pouvaient pas passer à plus de deux en même temps. Sans savoir si leurs poursuivants les rattrapaient, ils continuaient à courir suivant de près leur guide.
A l’entrée du dédale de rue, Keridan de Cerissac stoppa ses troupes et se tourna en direction de Nofolio près de lui.
- Ils tentent de nous semer dans ses rues, mais je ne me laisserais pas prendre dans leur petit jeu, prend la moitié des hommes et tu les poursuis par là, moi je prends le reste de la troupe et je me rends directement vers la sortie la plus proche de la cité.
- Vous pensez qu’ils s’y rendent ?
- J’en suis persuadé, ils doivent récupérer leurs compagnons écuyers et la sortie la plus proche est celle au Nord, c’est l’endroit le plus proche du quartier militaire.
La troupe se scinda en deux, une partie à la poursuite des fuyards commandée par Pearce Nofolio, l’autre allant directement aux portes Nord de la cité avec Keridan de Cerissac. Le piège allait se mettre en place pour mieux se refermer sur les proies.
Le souffle court, les jeunes gens couraient toujours complètement perdus. A force de tourner dans les ruelles ils ne savaient plus depuis combien de temps ils fuyaient leurs poursuivants. Pour compliquer un peu plus leur fuite, la ville s’éveillaient et les rues commençaient à se remplir de gens.
Sir Nartero s’arrêta, regardant autour de lui pour trouver le chemin le plus rapide. Il se tourna vers le jeunes gens qui reprenaient leur respiration derrière lui.
- Nous avons pu les semer un peu, même si l’avance est faible elle devrait être suffisante. Nous allons prendre la prochaine ruelle à gauche, elle débouche sur l’entrée nord.
- Et nos compagnons de voyage nous y attendent normalement, fit Lynaïs
Le chevalier hocha la tête.
- En avant encore un effort et vous pourrez fuir.
A nouveau ils se remirent en marche, avec moins d’empressement mais sans jamais perdre pour autant leur temps. Comme l’avait dit Sir Nartero, le groupe arriva dans la petite place qui donnait sur l’entrée Nord de la cité, jouxtant le quartier militaire. Avec l’heure tardive, peu de passants étaient dans les rues, quelques paysans rentraient avec leur marchandise. Il n’y avait aucune précipitation et pas de traces de l’Inquisition.
- Profitons en, renchérit le chevalier, Yurda et ses amis doivent vous attendre de l’autre coté de la porte.
Ils avancèrent jusqu’à l’entrée, Sir Nartero interpella le chevalier de garde, un de ses nombreux amis. Il plaisanta avec son homologue, les jeunes gens passèrent devant les gardes sans être inquiétés.
Mais alors qu’ils pensaient tous être sauf, une troupe de soldats apparut sur la place. Un officier se tenait devant les hommes en poussant des cris.
- Arrêtez les, se sont des ennemis du Conglomérat !
Le chevalier de garde regarda Sir Nartero.
- Edwin, qu’est ce qu’ils te veulent ?
- Rine, je t’assure je n’ai rien fait, laisse les passer je t’en pris.
- Mais …
Lynaïs attrapa le bras du chevalier.
- Venez avec nous, vous ne pouvez pas rester ici.
L’homme sourit en enlevant la main de la jeune fille.
- Je ne peux pas vous suivre, sauvez Onèan, je n’ai rien pu faire la dernière fois, mais là je peux l’aider.
La jeune fille avait peur de comprendre, Sir Nartero repoussa Lynaïs vers l’extérieur.
- Retrouvez les écuyers et partez d’ici, vite !
L’ordre ne méritait aucune réponse, l’archère se recula, imité par ses compagnons, ils devaient fuir. Les soldats à la porte ne savaient pas quoi faire, il regardait le chevalier qui les commandait attendant un ordre de sa part.
- Rine, intervint Sir Nartero, fais moi cette dernière faveur, ne les poursuis pas.
- Edwin, c’est l’Inquisition.
- Ne t’inquiète pas, ils vont être assez occupé avec moi pour te faire des problèmes.
Alors que les hommes de l’Inquisition se rapprochaient, le chevalier tira son épée et salua devant lui d’un geste ample de sa lame.
- Terrenoir, j’espère pour toi que tu vas revenir, sinon je te passerais un sacré savon, murmura Sir Nartero.
Le chevalier se mit en garde et il chargea en criant les hommes de l’Inquisition. Il ne se faisait pas d’illusion, il ne pouvait pas gagner, mais quel chevalier n’avait pas rêvé de partir sur un coup d’éclat sans pareil.
Sir Nartero se jeta sur les soldats le sourire aux lèvres, l’esprit totalement libéré de la tristesse qui l’enserrait depuis tant de jour depuis la disparition de son écuyer. Pour tous les spectateurs de la scène, le temps sembla s’arrêter comme l’image d’une bataille épique de légende.
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