Bonjour ^^
La suite, oui c'est la suite de la fic !
Un nouveau personnage entre en scène pour aider l'écuyer à apprendre la maîtrise de la salamandre, quelle surprise en perspective nous réserve t'il ?
Sir Nartero s'est sacrifié pour permettre aux jeunes gens à fuir loin des griffes de l'Inquisition. Maintenant ils courent le plus loin possible en direction de la forêt de Veraï. Mais Keridan ne compte surement pas s'arrêter aussi rapidement, quand il a une proie, il ne la lâche pas.
Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser un petit commentaire.
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CHAPITRE 53
Nouveau professeur - Poursuite
La journée d’Onèan débutait de la même manière que toutes les autres depuis la semaine passée. Levé à l’aurore avant même que le soleil ne soit levé, il faisait son entrainement quotidien en accueillant l’astre solaire avec leur danse synchronisée.
Le jeune homme terminait d’essuyer son visage, l’eau du lac était particulièrement fraiche laissant la peau rougie. Après leur séance de travail, les jeunes gens étaient tous les deux en age et ils avaient bien besoin d’enlever la saleté et la fatigue accumulée.
L’écuyer ferma ses yeux en inspirant profondément, il aimait ce moment de paix, il se plaisait de plus en plus chaque jour dans cette forêt. Il apprenait à vivre avec la nature, sentant la magie grandir en lui, un monde nouveau qu’il ne regrettait plus d’avoir rejoint.
Il sourit, il devait arrêter de rêver, Oroky allait les attendre et il avait insisté pour qu’il soit à l’heure pour le repas. Il remit sa chemise en resserrant sa ceinture autour de la taille. Après s’être assuré de n’avoir rien oublié, il quitta le bord du lac derrière le monticule de pierre où il avait prit l’habitude de se rafraichir.
Onèan sortit du bois, son amie n’était pas encore arrivée, prenant un peu plus son temps. Même si elle ne voulait pas l’entendre, Anya aimait prendre soin de son apparence comme toutes les autres jeunes filles de son village. Il regarda dans la direction où elle était sensée se trouver. Entre les branches, il aperçut la silhouette de sa camarade.
Bien qu’il n’aurait pas du, le jeune homme ne put s’empêcher de tenter de mieux la voir. Elle était tournée vers le lac, lissant ses cheveux avec application à l’aide d’un peigne en os. Le jeune homme sentit une boule se former dans son ventre en suivant l’échine de son dos jusqu’au creux de ses hanches.
L’écuyer fit un pas en arrière pour se cacher quand elle se retourna subitement, cherchant du regard à traverser les branchages. Il espérait de tout son cœur qu’elle ne l’avait pas vu alors qu’il la détaillait des yeux.
Quelques instants plus tard, la koradji sortit des fourrais en le fixant d’un regard particulièrement acéré. Le jeune homme fit un petit sourire pour tenter de faire bonne figure, mais quelque chose chez son amie lui faisait penser qu’il avait été découvert.
- J’espère pour toi que tu n’étais pas là depuis longtemps.
- Non, je t’assure, je venais juste d’arriver, se défendit Onèan.
Il sourit à nouveau pour accentuer ses dires.
- Fais attention, même si nous sommes ensemble, il y a encore des limites que tu ne devrais pas dépasser.
Sans ajouter une parole supplémentaire, Anya se mit en route en direction du campement, le jeune homme la regarda partir en affichant une certaine appréhension. Il avait comprit rapidement que la jeune fille possédait un caractère bien trempé et elle ne se laissait pas faire facilement et contre personne. Malgré les interdits, il aurait bien aimé en voir un peu plus, son visage s’ornant d’un petit sourire. Il la rattrapa en courant en prenant garde d’effacer sa bonne humeur flagrante.
- Tu ne vas pas me faire la tête, répondit le jeune homme en arrivant à sa hauteur.
- Non, pas pour ce genre de plaisanteries, mais je n’aime pas les voyeurs, ; au moins tu seras prévenu pour la prochaine fois.
Le jeune homme saisit sa main dans la sienne.
- Je suis désolé, je ne le referais plus.
Enfin, il essaierait de ne pas se faire prendre si une prochaine fois devait arriver.
- Tu as intérêt si tu tiens à certaine chose qui t’appartienne.
La menace était claire. La jeune fille prit la main de l’écuyer, elle lui sourit avec tendresse.
- Ne t’inquiète pas, je ne vais pas te faire la tête pour si peu.
Onèan se rapprocha d’elle avec douceur, il valait mieux profiter de ce petit moment pour eux. Ils marchèrent le plus lentement possible, pour faire durer ce plaisir. En arrivant à leur campement, les jeunes gens se séparèrent à contre cœur, ils avaient si peu de temps à passer ensemble.
- J’espère que ce soir nous pourrons à nouveau nous promener près du lac, fit Onèan.
- J’ai hâte d’être à ce soir.
Anya l’embrassa tendrement en se blottissant tout contre lui. L’écuyer caressa les cheveux de sa compagne, laissant sa main se couler dans le creux de son dos.
- Je t’aime.
- Je t’aime jolie demoiselle.
Après un dernier baiser, ils s’éloignèrent l’un de l’autre et rentrèrent au campement. A leur grande surprise, Oroky était affairé à faire chauffer de l’eau sur le feu, de la nourriture était préparée sur un grand plat pour plusieurs personnes. Les deux amoureux se regardèrent surpris, c’était bien la première fois qu’ils voyaient le vieux koradji aussi actif.
- Oroky, tout va bien ? Demanda Anya.
- Evidemment que je vais bien, répondit le shaman bougonnant, qu’est ce que c’est encore que cette histoire.
Le vieil homme désigna deux sièges autour du foyer.
- Asseyez-vous donc, notre invité va arriver d’un moment à l’autre.
- Un invité, tu ne nous en avais pas parlé.
- Bien sûr que non, répondit Oroky, sinon cela n’aurait pas été drôle.
L’écuyer soupira, il devait pourtant avoir l’habitude à force. Soudain les buissons s’écartèrent pour laisser passer un vieux koradji, il semblait même encire plus qu’Oroky. Sa fourrure était grise avec des taches noires, sa couleur d’origine semblait il. Le plus surprenant chez lui était son crâne nu, pas un seul cheveu ne poussait à sa surface et il semblait très fier d’arborer cette calvitie complète.
Le nouveau venu était habillé de la même manière que le shaman, avec un pagne de tissu simple muni d’une ceinture avec plusieurs bourses. Sur ses épaules, une cape ouverte lui couvrait le dos faite d’une fourrure épaisse. De taille moyenne, il arborait encore une belle carrure malgré son âge avancé, il tenait un long bâton noueux de sa main.
Le koradji jeta un regard amusé sur les deux jeunes gens qui le fixaient avec des yeux ronds. Il fit un signe de la tête pour les saluer, sans parler, puis il s’approcha d’Oroky qui s’était levé à son arrivée.
- Sekti, toujours aussi ponctuel.
- Que crois-tu, j’arrive toujours à temps.
- Comme la fois où tu devais nous ramener les herbes pour la cérémonie ?
- Tu reviens toujours sur cette histoire, tu veux que je leur parle de ce qui s’est passé lors de ton apprentissage avec la jolie Nisha.
Oroky poussa un grognement.
- Tu as toujours le dernier mot.
Se souvenant soudain de la présence des deux jeunes gens, il désigna le nouveau venu qui s’était installé en face d’eux.
- Je vous présente Sekti, un shaman passé maître en l’art de la magie.
Le vieil homme les regarda l’un après l’autre.
- Donc voici ton petit prodige qui n’arrive pas à se servir de son pouvoir ?
- Et oui.
Le vieil homme fixa l’écuyer avec intérêt.
- Tu avais raison dans ton message, il est impressionnant cet humain, je n’avais pas vu un tel potentiel depuis de nombreuses années.
- Alors tu crois pouvoir l’aider ? Demanda Oroky.
- Bas, il n’a pas l’air irrécupérable pour un simple humain, je vais tenter quelques petites choses.
- Tu crois qu’il sera prêt pour la cérémonie.
Sekti fit un geste vague dans l’air.
- Je ne fais pas des miracles mais je vais faire mon maximum. Pour le moment j’ai une fin de loup, je vois que tu m’as préparé la poêlée de champignon que j’adore.
- Evidemment, moi aussi je peux très bien faire preuve d’initiative et moi aussi je me souviens de ce que tu préfères. Allons, mangeons pour l’instant, nous travaillerons une fois que nos estomacs seront pleins.
- Voilà une très bonne idée, lança Sekti joyeusement.
Alors que les deux shamans continuaient de discuter en mangeant, les deux jeunes gens étaient restés bouche bée. Ils n’en revenaient pas, ils avaient été clairement ignorés par les deux koradjis qui mangeaient avec appétit.
- Excusez moi, intervint Anya, mais nous pourrions savoir ce qui se passe ?
Sekti fixa la jeune fille.
- La petite fille de Naara lui ressemble de plus en plus, tu ne trouves pas ?
- Elle a aussi ses pouvoirs si tu veux savoir.
- Intéressant.
Oroky se décida à leur expliquer.
- J’ai demandé à mon vieil ami Sekti d’aider Onèan à contrôler son pouvoir, il est l’un des meilleurs que je connaisse pour ce genre de magie.
L’écuyer regarda son nouveau professeur avec curiosité.
- Je serais enfin capable de me faire obéir du serpent.
- De ta salamandre, répondit Sekti, appelle-la déjà par son nom sans te tromper.
Le jeune homme baissa la tête.
- Je ferais attention.
- Pas besoin d’en faire autant avec moi, reprit Sekti, je ne suis pas un aussi strict que tu le penses.
Il termina rapidement son repas et il se leva immédiatement en s’appuyant avec son bâton en poussant un soupir de satisfaction.
- Allons y tout de suite mon garçon, nous avons énormément de travail, et contrairement à toi je n’ai pas tout mon temps devant moi.
Le shaman se mit en route après avoir salué Oroky, qui lui répondit d’un simple signe de la main en l’imitant. Onèan se leva rapidement pour suivre le shaman, il adressa un long regard à Anya qui en fit autant, ils auraient cru pouvoir passer un peu plus de temps ensemble.
Sekti sifflotait en marchant rapidement, il faisait de grandes enjambées en regardant le paysage autour de lui.
- La vallée est vraiment toujours aussi belle.
Il se tourna vers l’écuyer tout en marchant.
- Elle respire la magie, c’est l’endroit parfait pour que tu apprennes à te servir de la salamandre.
- J’arrive à la faire apparaître, mais elle ne m’obéit jamais.
- Le feu est versatile, surtout sous cette forme. Elle doit avoir confiance en celui qui lui donne la vie. Tu dois t’entraîner dans le canyon je suppose ?
- Oui en effet, c’est là bas qu’Oroky m’a envoyé.
- Il a bien fait, allons y.
Ils se retrouvèrent dans la zone d’entraînement du jeune homme, le shaman regarda autour de lui, comme s’il se rappelait de vieux souvenirs. Il sourit avant de se tourner vers son nouvel élève en tenant son bâton devant lui.
- Pour commencer, fit Sekti, montre moi comment tu invoques ta salamandre.
Onèan hocha la tête, il se mit à se concentrer comme il faisait habituellement tous les jours pour son entrainement. La magie l’envahit sans difficulté, l’épée vibra sous le pouvoir et elle s’enflamma dans un flash intense. La langue se déploya dans une langoureuse danse, entourant l’écuyer, jusqu’à former la tête de serpent semblable aux autres tentatives qu’il avait réalisé jusqu’à présent. Mais au lieu de faire ce qui lui plaisait, la salamandre fixa le nouveau venu la gueule ouverte dévoilant ses crocs.
Sekti la détailla de la pointe du museau à la garde de l’épée tenue par le jeune homme. Il hocha la tête en murmurant quelques mots inaudibles.
- Une jolie demoiselle que tu as là, lança le shaman, mais elle est vraiment colérique, je comprends mieux tes difficultés.
- C’est bien là le problème, répondit Onèan.
Le serpent se déploya en direction du vieil homme malgré les efforts de l’écuyer pour la retenir.
- Je pense savoir pourquoi tu veux me voir de plus prés, je vais te satisfaire.
Sekti saisit une baguette noueuse munie d’un morceau de graphite à l’extrémité. Il le porta devant lui, il se concentra quelques instants à peine en souriant et en fixant la tête de la salamandre. Du bâton, une flamme jaune immense se forma depuis la pierre sertie.
La salamandre se recroquevilla d’un seul coup devant l’apparition, se rapprochant de l’écuyer comme apeuré. Onèan lui-même recula d’un pas en arrière, les yeux écarquillés par la surprise. Un cou écailleux s’était formé avec au bout la tête d’un dragon aussi brillant que le soleil. L’apparition sourit en fixant la salamandre qui n’en menait plus large, le serpent poussa un sifflement de défi mais il resta prudemment prés de l’écuyer.
- Qu’est ce que sait ? Demanda prudemment
- Mon dragon d’or, répondit Sekti, enfin là il n’est plus aussi fort qu’auparavant, mais il se défend n’est ce pas.
La tête du dragon vint se frotter contre le bras du shaman avec affection.
- Voilà la maîtrise que je souhaite que tu obtiennes.
- J’ai compris, répondit Onèan en reprenant un peu de confiance.
La salamandre en fit de même, restant bien droite sur l’épée.
- Mais je pense que ta salamandre est attachée à toi, reprit le vieux kordaji, elle s’est réfugiée prés de toi en se sentant en danger.
Le serpent, comprenant ce qui se disait, s’écarta immédiatement de l’écuyer en lui tournant le dos. Il poussa un sifflement aigu de mépris avant de disparaître. Sekti se mit à rire, faisant sourire le dragon, d’un mot il le fit disparaître non sans le gratifier d’une caresse sur le museau.
- Maintenant que j’y vois un peu plus clair, nous allons pouvoir travailler.
- Je pourrais atteindre le même niveau que vous ?
- Tu es bien impétueux, il m’a fallu des années pour avoir une telle puissance, mais pour le moment tu dois apprendre à fortifier ton cœur pour contrôler la salamandre. Tu vas faire les petits exercices que je connais, ils vont t’aider.
Le jeune homme écouta le shaman avec attention, il avait hâte de pouvoir se servir correctement de ces pouvoirs. Onèan le sentait, il approchait de plus en plus de son père et de ce monde qui s’ouvrait maintenant à son destin.
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Lynaïs courrait sans se retourner, elle ravalait ses larmes se concentrant sur sa course. Tout comme ses compagnons devant elle, la jeune fille savait très bien ce qui allait arriver à Sir Nartero. La dernière image qu’elle avait vu du chevalier était un sourire, son visage n’exprimant plus la douleur mais la volonté et le courage.
Oubliant sa tristesse, l’archère accéléra encore, elle ne devait pas se faire prendre, elle devait tout faire pour arriver à fuir l’inquisition en l’honneur du sacrifice de Sir Nartero. Un jeune homme leur fit signe depuis un chemin de terre cachée par une haie d’arbre, c’était l’écuyer Yurda Nethael. Ils s’engouffrèrent sur la route en prenant à peine le temps de ralentir, là ils retrouvèrent les trois écuyers.
- Que se passe t’il ? Demanda Yurda. Vous êtes poursuivi ?
- L’Inquisition nous guettait depuis plusieurs jours, ils ont bien failli nous attraper, répondit Brom.
Le jeune forgeron s’appuya sur sa barre de fer pour retrouver son souffle, il n’était pas particulièrement endurant à courir.
- Où se trouve Sir Nartero, je ne le vois pas avec vous ? Remarqua Impa Dendetta.
Les quatres jeunes gens ne savaient pas quoi répondre, c’est Lynaïs qui prit la parole avec une voix figée.
- Il est resté à l’arrière pour ralentir les hommes de l’Inquisition.
Les écuyers n’eurent aucun mal à comprendre ce que cela impliquait.
- De toute façon, reprit l’archère, nous ne devons pas gâcher l’avance que nous offre Sir Nartero.
- Tu as raison, répondit Yurda.
- Si nous sommes en fuite, des chevaux nous seraient utile, lança Karez, je vois que vous n’en avait pas, et nous n’avons que celui-ci.
La monture d’Onèan mangeait de l’herbe sur le bas côté de la route.
- Nous n’avons pas eu le temps, répondit abruptement Fared Kilia, nous ne sommes que des écuyers, nous ne pouvons pas sortir avec nos chevaux comme nous voulons.
L’humain et l’elfe se foudroyèrent du regard, près à en découdre.
- Ce n’est pas un peu fini tes enfantillages Karez, lança Elifain, je crois que nous avons autre chose à faire pour le moment.
- La demoiselle à raison, fit Yurda pour couper court à toute dispute, maintenant nous devons mettre le plus de distance entre l’Inquisition et nous.
L’écuyer mit son paquetage sur son dos, et désigna une direction de la main.
- Pour le moment, nous allons suivre cette route et ensuite nous prendrons un sentier de terre. J’espère qu’ainsi nous pourrons mieux brouiller les pistes avec l’Inquisition.
- Tu connais un chemin plus tranquille ? Demanda Lynaïs.
- J’ai profité de mon temps libre pour voir la route avec Impa qui connaissait notre destination, j’ai pu faire plusieurs itinéraires en cas de problème.
- Et bien je crois que tu as bien fait, répondit l’archère.
Les jeunes gens se mirent en route d’un pas vif, ils essayaient de ne pas courir pour ne pas attirer l’attention. Plus vite ils seraient sortis des faubourg de la ville, plus rapidement ils seraient en sécurité dans les bois pour semer les poursuivants. Le groupe resta silencieux pour préserver son souffle, la marche serait longue avant le prochain repos.
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Sir Nartero ouvrit un œil fatigué, la vue troublée par la douleur, il était surprit lui-même d’être encore en vie après ce qu’il s’était passé. Sa charge avait été fantastique, lui seul face à une vingtaine d’adversaires, le chevalier avait réussi à leur tenir tête pendant de longues minutes, autant de temps de gagné pour les jeunes gens en fuite.
Mais évidemment, que pouvait il faire seul face à toute une troupe aguerrie ? Il avait sentit plusieurs épées le blesser, sa lame avait également mordu la chair le faisant sourire. Un premier coup le frappa à la cuisse faisant jaillir le sang, une masse le frappa au flanc, il sentit enfin un choc violent derrière la tête et tout devint noir.
Le chevalier tenta de lever la tête pour voir où il se trouvait, il faillit s’évanouir de nouveau sous le coup d’une vague de douleur. Il avait les pieds et les poings liés, jeté en travers d’un cheval, l’animal s’arrêta soudainement le faisant tressaillir de douleur.
Sans ménagement des mains le saisirent et l’emmenèrent dans des couloirs sombres, le trainant à même le sol. Il entendait des gémissements sans savoir d’où ils provenaient, malgré tout le chevalier avait une petite idée de l’endroit où il se trouvait.
Le grincement d’une porte retentit dans le couloir de pierre. Sans ménagement les deux hommes qui le soutenaient le jetèrent dans la geôle froide et humide. Sir Nartero poussa un cri de douleur en touchant le sol, sa plaie à la jambe se rouvrit. Tant bien que mal, le chevalier se rassit sous la lumière de l’extérieur qui lui parvenait depuis un étroit soupirail.
L’homme déchira sa chemise pour panser sa plaie, un objet tomba de sa veste. Sans s’en préoccuper pour le moment, Sir Nartero banda sa cuisse en serrant les dents, il devait arrêter le sang pour espérer survivre. Le chevalier s’appuya sur le mur une fois cela fait, il ferma les yeux en soupirant.
- Je crois que cette fois tu as de très gros ennuis.
Le chevalier baissa la tête, il remarqua alors l’objet qui était sorti de sa chemise, c’était le livre qu’il avait trouvé caché dans la selle de son écuyer il était grand ouvert. Il lui était complètement sorti de la tête, les hommes de l’Inquisition n’était pas très adroit pour fouiller leurs prisonniers.
Alors qu’il se penchait pour le refermer, il remarqua une phrase qui le surprit. Sir Nartero prit le livre et le regarda de plus prêt en lisant la phrase une nouvelle fois en la murmurant pour lui-même, n’osant croire les mots qu’il lisait.
- « L’existence de la magie ne laisse aucun doute, elle était déjà la bien avant l’arrivée de l’Empereur »
Le chevalier oublia soudain la douleur et avec le peu d’espoir qui lui restait, il se mit à lire le livre avec attention.
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- Il faut agir maintenant, pourquoi vous m’empêchez de les poursuivre ! Hurla Keridan de Cerissac à un autre officier de l’Inquisition.
La course poursuite n’était pas passée inaperçue dans la ville qui se réveillait, et des renforts de gardes et de l’Inquisition étaient venus prêter main forte aux soldats du noble. Le jeune homme fulminait, un officier en noir de plus haut grade lui avait ordonné d’attendre ici. Il aurait préféré poursuivre les fuyards qui devaient tenter de s’éloigner le plus possible de Paragahi.
- Si nous nous mettons à leur poursuite maintenant avec l’ensemble de nos forces, nous pourrons sûrement les rattraper !
Le jeune noble fulminait, il se tenait face à l’officier le foudroyant du regard. Ses mains tremblaient et il mourrait d’envi de saisir son épée pour apprendre à ce moins que rien à le respecter un peu plus. Loin de se départir de son calme, l’homme lâcha un soupir excédé lourd de sous entendu sur ce qu’il pensait des paroles du jeune homme.
- Apprend à respecter les grades, je suis ton supérieur, met toi ça bien en tête ! J’ai des ordres et je dois avant tout maintenir le calme dans cette place et emmener les blessés.
Keridan poussa un grognement de rage, il s’apprêtait à répondre avec colère à l’homme qui osait lui parler ainsi quand une nouvelle troupe arriva à la porte. Ils étaient montés sur des chevaux et leur arrivé provoqua un nuage de poussière et un début de panique.
Un homme habillé de noir était à leur tête, la cape en velours cachait à peine la côte de maille qu’il portait. Sur les gants de cuir noir l’insigne de l’Inquisition était clairement affiché. L’officier et le jeune noble le saluèrent immédiatement avec déférence, c’était Aménor de Lancaster le grand Maître Inquisiteur en charge de la protection de Paragahi.
- Quelqu’un peut-il me dire ce que veux dire tout ce grabuge ? J’ai été prévenu que des combats ont eu lieu contre les membres de l’Inquisition.
L’officier fit un pas en avant pour répondre.
- Des suspects ont forcé un barrage de nos hommes, en blessant plusieurs au passage. Certains des rebelles ont pu fuir mais nous avons heureusement réussi à capturer un de leur complice qui a attaqué les soldats.
Aménor De Lancaster fit la moue.
- Ramenez l’ordre à cette entrée Capitaine, nous allons prendre les mesures qui s’imposent.
- Si je peux me permettre, intervint le jeune noble.
- Qui es-tu ?
- Lieutenant Keridan de Cerissac, Grand Maître, j’étais à la poursuite de ces espions quand ils m’ont échappé, je voudrais avoir l’autorisation de les poursuivre sur l’instant, nous pouvons les rattraper vite si nous partons maintenant.
- Grand Maître, je suis désolé pour cette interruption, il sera châtié comme il se doit.
- Suffit Capitaine !
L’homme se tut en reculant d’un pas, Aménor de Lancaster observa le jeune homme avec intérêt.
- Tu as beaucoup d’enthousiaste de Cerissac, je reconnais ton père et son ambition dévorante. Je sais bien qu’il faudrait les rattraper immédiatement mais je crois savoir que tu sais déjà où ils se dirigent.
Le jeune noble hocha la tête, intrigué, il n’avait pourtant rien dit.
- Ils n’ont pas de chevaux, ils n’iront pas très loin à ce rythme, prépare toi, je vais monter une expédition pour les reprendre, et tu en prendras le commandement.
- Merci Grand Maître.
Keridan s’inclina en souriant, ce petit accident allait lui rapporter bien plus qu’il aurait espéré.
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