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Jeudi 31 mai 2012, 17:34


Voici une histoire écrite par Trimor et dont le titre est Océan - chapitre 32 - Combats inévitables.

CHAPITRE 32
Combats inévitables


Depuis presque un mois, l’Aurore Boréale écumait les eaux à la frontière du Royaume des Elfes des mers. Avec la présence du corsaire, les navires marchands du Seigneur Koarha ne se sentaient plus en sécurité, les capitaines demandaient une escorte pour quitter la capitale en sécurité. La défaite du pirate Jurda fit grand bruit, peu dans l’entourage de Koarha aurait parié sur la victoire du corsaire, et pourtant les faits étaient là.
L’usurpateur était dans une fureur noire, il avait frappé plusieurs serviteurs, certains plus mort que vif. Le capitaine pirate venait se présentait devant lui à la demande de l’homme, dans l’antichambre qui menait à son bureau il découvrit qu’il n’était pas le seul. Raide dans son uniforme, le commandant des forces de Koarha attendait sans bouger.
- Owald, toi aussi tu as été appelé par sa seigneurie.
- Surveille tes paroles pirate, je pense que tu devrais faire profil bas, surtout après avoir été battu par une gamine et son équipage.
Le sourire de Jurda disparut de son visage.
- Tu ne devrais pas la prendre à la légère où tu t’en mordras les doigts.
Le soldat se redressa en en méprisant les paroles du marin.
- Tu essayes seulement de cacher ton incompétence.
Alors que le pirate allait tirer son poignard, les portes s’ouvrirent avec fracas, poussés par deux soldats en armes. Jurda se calma et laissa le commandant pénétrer dans la pièce en premier, le gardant bien en vue.
Koarha était debout devant son bureau, les deux mains posées dessus. Il se contenait à peine, et l’état du bureau montrait bien la fureur de l’homme. L’autre porte qui donnait accès au bureau était ouverte, chose rare, une elfe était appuyée sur une paroi, sanglotant. Jurda n’aimait pas cet homme brutal aux manières peu digne de son rang. La porte se ferma prestement pour éviter toutes violences supplémentaires.
- Je suppose que vous êtes au courant des dernières nouvelles venues du large ?
La voix de Koarha était étrangement calme, Jurda laissa le commandant répondre afin de ne pas attirer les foudres de sa colère sur lui.
- Oui Seigneur, répondit l’officier sur un ton militaire.
- Deux autres navires ont été capturés, chargés de soie et de vin, même malgré les troupes renforts qui y avaient embarquées.

Le silence se fit dans la pièce, les deux hommes savaient qu’il ne valait mieux pas répondre dans l’immédiat. Koarha frappa soudainement sur le bureau renversant le reste des objets encore debout sur le meuble.
- J’ai encore perdu une fortune par la faute de cette petite catin ! C’est inadmissible !
Il leva les yeux vers ses subordonnés, le regard injecté de sang les fit frémir malgré eux.
- Et vous messieurs, vous n’êtes même pas capable de l’attraper et de la tuer !
Koarha se redressa brusquement, et se mit à faire les cent pas devant son bureau. Ils poussaient des cris de rage en abondant l’auditoire de jurons plus imagés les uns que les autres. Le commandant Owald prit la parole pour tenter de calmer son maître.
- Seigneur, nous allons envoyer tous nos bateaux pour la poursuivre et l’emmener dans un guet-apens ?
L’homme furieux marcha sur le militaire, Owald crut qu’il allait le percuter faisant un pas en arrière. Bien que plus petit, Koarha semblait écraser son subordonné.
- Qu’est ce que tu crois ? Je vais laisser la capitale sans protection pour que ces misérables elfes en profitent pour reprendre la ville et libère leur roi, espèce d’imbécile.
- Alors tu as peut être la solution miracle ? demanda Jurda sur un ton volontairement badin.

Koarha se tourna vers le pirate s’apprêtant à lui répondre avec colère. Mais il stoppa net dans sa lancée, son allier avait dit quelque chose de très juste. Il se retourna et marcha jusqu’à la grande baie qui donnait sur la cité et le port en contrebas.
- Il y en a au moins un de vous deux qui pose les bonnes questions. Une solution miracle ?
Le marchand réfléchissait en se tapotant le menton.
- J’aime aussi l’idée du piège, mais il faut l’attirer là où nous sommes les plus forts.
Un sourire mauvais se dessina sur les lèvres de Koarha.
- J’ai trouvé le moyen d’attirer l’attention de la catin mais aussi de toute la résistance elfe, une solution que j’affectionne particulièrement.
Il prit une profonde inspiration pour reprendre son calme. Jurda fixait le marchand, il avait changé d’humeur en quelques instants, il était dangereux.
- Commandant Oswald, vous allez faire régner la terreur en ville, je veux voir arrêter tous les elfes qui ont un rapport avec la résistance, faites les travailler jusqu’à la mort si il faut, je veux qu’ils souffrent et que leurs cris de douleurs montent jusqu’au donjon où est enfermé le roi.
Le ton de Koarha était devenu plein de haine.
- A vos ordres, fit le militaire en se raidissant en un garde à vous impeccable.
- Et toi Jurda, tu vas réunir tous tes navires pour former une flotte, et fait régner la terreur sur les îles alentours, pilles, violes, frappes, toi et tes hommes avaient carte blanche.
Le pirate ne répondit rien sur l’instant.
- Tu m’as compris ?
- Oui, oui j’ai bien entendu, je fais mon boulot de pirate et je me remplis les poches en même temps.
- Bien je vois que tu as saisi ce que je te demande.
Koarha se positionna derrière son bureau, face à ces subordonnés.
- Ils ont voulu se rendre maître de mon Royaume, ils vont comprendre ce que sont la terreur et la souffrance. Allez, partez faire votre travail, et faite le correctement cette fois !

Le militaire salua son seigneur et s’en alla avec empressement pour préparer ses troupes à leur nouvelle mission. Le pirate se contenta de quitter la pièce sans vraiment se soucier de saluer correctement le marchand. Il était son allier et non son laquais, une nuance très importante pour le capitaine.
Jurda retrouva son second qui attendait à une entrée à l’arrière du palais, il n’avait pas le droit de rentrer par la grande porte. L’homme se releva, il s’était affalé contre un mur en attendant son retour.
- Capitaine, alors qu’est ce que nous faisons ?
- Maneke, tu vas être content, nous avons un ordre qui va nous permettre de nous amuser un peu. Nous allons réunir toute la bande et voir un peu ce qui se passe dans les petites îles alentours.
Le second afficha un grand sourire, mais il remarqua que son capitaine était loin de partager sa gaîté.
- Que se passe-t-il ? Vous n’avez pas l’air de vous réjouir.
- Je pense que nous devrions prendre le plus d’argent possible et partir le plus vite possible de cet endroit.
- Ce marchand n’est plus la poule aux œufs d’or ?
- L’endroit commence à sentir mauvais, et j’ai l’impression que plus ça ira plus cet île deviendra un enfer. Et le problème, c’est que je ne sais pas pour qui ?
Sur ses paroles énigmatiques, Jurda se dirigea vers le port, le second ne comprenait pas vraiment ce que venait de dire son capitaine. La seule chose qui préoccupait Maneke était l’argent qu’il allait pouvoir amasser avec les prochains pillages. Il courut à la poursuite de son supérieur pour marcher à sa hauteur.


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Zeïna leva les yeux vers la mature en se protégeant du soleil de la main. Elle regardait le mât qui la préoccupait tant depuis la dernière attaque de navire.
- Les réparations ont l’air de tenir, c’est déjà ça.
Le maître charpentier se tenait à ses cotés.
- Normalement, le grand mât tiendra avec nos réparations de fortune, mais il faudra faire un renforcement plus approprié quand nous mouillerons dans une crique protégée.
- Nous pourrons le faire quand nous mouillerons au havre.
Olaf Janferg hocha la tête.
- Si nous ne rencontrons pas de gros temps, cela devrait tenir.
- Merci pour vos efforts Maître Janferg.
Le charpentier la salua d’un signe de la tête avant de retourner à son ouvrage. La dernière attaque contre un navire marchand avait bien faillit leur couter cher, l’équipage du bateau avait été renforcé avec une troupe de mercenaire à la solde de Koarha. Les soldats avaient de l’expérience, ils avaient réussi à lancer des grappins sur le mât principal pour le casser et les obliger à stopper la poursuite. L’Aurore avait été sauvé grâce à l’intervention rapide des gabiers qui avaient sectionné un à un les grappins, au risque de tomber.
Maintenant la nouvelle prise voguait aux cotés du corsaire et d’un autre navire marchand prit quelques jours avant. Les dernières attaques avaient laissé tout de même des traces, la troupe des guerriers elfes avaient perdu quatre des leur au combat. L’équipage de l’Aurore ne comptait aucune perte, mais une dizaine de blessés dont un qui avait dû être amputé d’une jambe. Heureusement, le docteur Gouran Dé Hydalis était d’une grande habileté, des vies avaient été sauvées grâce à son intervention.
Son second avait prit le commandement du premier navire, Lantis Alaster celui de leur dernière prise. Zeïna avait décidé de retourner au havre pour faire une relâche bien mérité et panser les plaies de l’Aurore. Elle rejoignit sa cabine pour noter les dernières nouvelles, elle compta les pages et se rendit compte qu’un mois était déjà passé. Les jours passés en mer se ressemblaient tant que la notion du temps devenait relative.
La capitaine se leva pour contempler la mer depuis sa grande baie vitrée, elle se demanda si tout se passer bien à Calasta. Elle décida qu’une fois cette affaire terminée, elle rentrerait à son port d’attache, après des mois sur l’océan il était grand temps de faire les comptes de cette première campagne.


Quelques jours passèrent dans une atmosphère calme, l’Aurore ne croisa pas une seule voile. Les navires marchands semblaient redouter de prendre la mer, les prises futures seraient plus difficile à dénicher. Ils étaient entrés dans les eaux qui étaient encore hors de l’influence du seigneur marchand. Dans deux jours au plus, l’Aurore atteindrait le havre pour quelques jours de repos bien mérité.
Zeïna regardait les livres de compte que lui avait apporté Nefrita Hagus. Elle voulait commencer à faire le bilan de ses gains après cette première campagne de chasse. Elle se rendait compte que grâce à ces derniers jours, toutes les dettes contractées pour le voyage allaient être effacées. Quelqu’un frappa à sa porte, elle releva la tête pour répondre.
- Entrez.
Acoya pénétra dans la cabine, surprenant la jeune fille qui ne l’avait encore jamais vu faire une chose pareille. Mais l’expression sur le visage de l’elfe la fit changer d’humeur, pleine d’angoisse et de tristesse.
- Que se passe-t-il ?
Zeïna se leva de sa chaise.
- J’ai reçu un message de la reine, elle veut que nous rentions immédiatement quelque chose de très grave est arrivé.
- Quoi donc ?
Acoya se crispa, elle répondit d’une voix atone.
- Koarha se venge sur la population de la capitale, multipliant les arrestations et les sévices. Les îles alentours sont pillées et saccagées par les pirates.
L’elfe qui semblait si insouciante avait radicalement changé. Zeïna se rembrunit, elle s’attendait à ce genre de réaction de la part du seigneur marchand, mais pas à ce point là.
- Ne t’inquiète pas, nous n’allons pas le laisser faire impunément, si la reine veut que nous revenions le plus vite possible, c’est qu’elle a un plan.
- Je pense aussi.
Acoya prit Zeïna dans ses bras en la serrant contre elle, la jeune fille la laissa faire. Mais les minutes passèrent sans que l’elfe ne lâche la capitaine.
- Excuse moi, fit la jeune fille, je crois qu’il serait peut être mieux que je donne des ordres pour aller plus vite.
- Tu es sûre ? J’aime bien pourtant.
Zeïna respira profondément, Acoya n’avait pas tant changé que ça. Une fois qu’elle put reprendre la liberté de ses mouvements, elle monta sur le pont à grands pas, interpelant Cryanne sur le pont.
- Mme Tolado, tout le monde sur le pont et hissez toutes les voiles, nous devons être au Havre d’Ynala demain.
- Je suppose que c’est par rapport au message de la reine.
Zeïna sourit, la métis était toujours au courant de tout.
- Oui en effet, que des messages soient envoyés aux autres navires, nous devons arriver le plus vite possible.
Alors que les pas des marins raisonnaient sur le pont, la jeune fille se tenait bien droite appuyé sur le bastingage avant. Elle ferait payer à cet homme tout le malheur qu’il apportait sur le Royaume des Elfes des mers et leurs habitants.


La reine avait quitté son palais pour accueillir l’Aurore Boréale dans la baie. Ses deux enfants l’accompagnaient avec une bonne escorte ainsi qu’une foule impressionnante venue de la cité lacustre. Tous voulaient voir le bateau qui avait tenu tête au seigneur marchand, même si les nouvelles qui étaient parvenues au Havre n’étaient pas très réjouissante.
Une barque se détachait du flanc du navire corsaire pour gagner la plage. A son bord, Zeïna contemplait la crique qui avait bien changé, des quais en bois avaient été construits et même une cale sèche pour réparer les navires. Une grande activité régnait, la jeune fille voyait bien que tous les bateaux étaient réarmés rapidement en vue d’un départ pressé.
La chaloupe toucha terre et la capitaine sauta dans l’eau peu profonde, elle n’avait pas débarqué depuis plusieurs semaines. Elle était accompagnée par le capitaine Ekoal’Jin et Acoya, la reine des elfes lui prit les mains pour la saluer.
- Capitaine Dé Feryo, je suis heureuse de vous revoir ici, même si malheureusement l’heure est grave.
- Acoya m’a traduit les messages qu’elle recevait, j’ai fait le plus vite que j’ai pu pour revenir.
- Nous devons discuter de ce que nous allons faire, j’ai prit une décision et je dois vous en faire part.
- Quelle est t’elle ?
Loralia Da’Hine acquiesça avec sérieux.
- Nous en pouvons plus attendre, nous devons attaquer les forces du Seigneur Marchand maintenant, nous avons les navires et les guerriers pour se battre. Avec votre aide nous pouvons l’emporter.
Elle se reprit en fixant la jeune fille.
- Nous devons l’emporter pour le bien de notre peuple.
- Je ne sais pas si ces quelques navires suffiront, connaissons nous les forces de Koarha ?
Le prince Melkio répondit.
- Grâce à nos espions dans la capitale oui, certains l’ont payé de leur vie pour nous donner tout ce que nous savons aujourd’hui.
Zeïna hocha la tête, elle avait comprit cela quand elle avait fait escale à Malath’Ryne, ils avaient pu rencontrer le sénéchal du palais sans que les occupants ne le sachent.
- Est-ce que nous pouvons compter sur vous ? Demanda la reine sans lâcher ses mains.
La jeune fille hésitait, elle se battait déjà contre le seigneur marchand en capturant ses navires. Mais une bataille navale était beaucoup plus dangereux pour l’Aurore, elle ne savait pas quoi répondre. Pourtant, elle avait choisi son camp et elle avait signé un contrat avec la famille royale, la jeune fille ne pouvait pas faire machine arrière.
- Vous pouvez compter sur l’Aurore et son équipage.
- Merci Capitaine, votre aide nous sera précieuse en ces temps difficiles.
- Vous avez une date pour le départ ? Demanda Zeïna. Mon bateau a besoin de réparation avant de reprendre la mer, surtout s’il y a des combats en perspective.
- Il nous faut partir au plus vite, fit Melkio, les quatre navire déjà ici sont prêt, des équipes sont déjà à pied d’œuvre sur vos deux autres captures pour vider les marchandises et les préparer en vu des combats. Je pense que dans deux jours tout sera prêt pour partir se libérer notre Royaume.
- Il ne faut pas se précipiter, reprit la reine, bien que la situation soit urgente je ne veux pas un nouveau désastre.
Elle se tourna vers Zeïna.
- Effectuez vos réparations, et seulement quand elles seront terminés, nous pourrons partir.
- Très bien majesté, je retourne à bord pour donner des ordres en ce sens.
- Je peux monter avec vous pour aujourd’hui, s’il vous plait, intervint Noralia en s’approchant.
La capitaine consulta la reine du regard.
- Tant que cela reste pour l’escale je l’autorise si vous êtes d’accord Capitaine, répondit Loralia Da’Hine.
- Si tu promets de ne pas gêner les marins au travail, je veux bien.
- C’est promis, répondit la princesse en souriant.
- Alors viens avec nous.
Zeïna salua la reine avec déférence avant de remonter à bord de la chaloupe, avec les elfes qui l’avait accompagnés et la petite fille. Les marins mirent peu de temps pour atteindre à nouveau l’Aurore, tous rembarquèrent à bord, la princesse fut accueillie avec de grandes exclamations de surprise.
Sans attendre, la capitaine donna des ordres pour réparer le navire pour le préparer au départ, comme la plupart des marins s’attendaient, ce n’était pas encore maintenant qu’ils allaient pouvoir prendre un peu de repos. Dans la foulée, la jeune fille demanda à tous les officiers du bord de se réunir dans sa cabine.
- Je parie que nous n’allons pas rester longtemps ici, lâcha Portyd dés que tout le monde fut à l'intérieur.
- Vous avez vu juste Mr Odell, répondit Zeïna, dés que les réparations seront terminées nous prendrons la mer avec toute l’armada des elfes pour reprendre Malath’Rhyne, la capitale.
Le silence se fit dans la pièce.
- Alors cette fois, se ne sera plus une attaque de navires, mais un véritable combat naval, fit Lantis.
- Oui je le crains, et nous serons surement en première ligne.
La jeune fille ne voulait rien leur cacher.
- Se sera le seul et dernier combat, lança Ekoal’Jin, si nous le battons pendant cette bataille, alors nous aurons gagné.
- C’est si simple pour toi, railla le second, mais le danger est bien plus grand de se faire prendre à notre tour.
- Je sais que je vous demande encore beaucoup, reprit Zeïna, mais nous nous sommes engagés auprès de la reine pour nous battre contre le seigneur marchand, c’est maintenant qu’ils ont besoin de nous.
La jeune fille avait raison, Portyd hocha la tête imité toutes les personnes présentes dans la cabine.
- Pour le moment, il faut réparer le navire et le renforcer, lança Portyd.
- Oui, je compte sur Maître Janferg et vous pour mener à bien cette mission.
Le second répondit par l’affirmative.
- Docteur Dé Hydalis, je vous laisse le soin des hommes, je veux que tous soient prêt pour le combat.
- Ils le seront, répondit le médecin, même Fanher qui a perdu sa jambe ne pense qu’à une chose, revenir travailler.
Des rires lui répondirent, ils avaient tous entendu les imprécations du charpentier depuis l’infirmerie. Il s’était même mis à se confectionner une jambe en bois pour pouvoir remarcher le plus vite possible.
- Je veux que tous les hommes libres de quart s’entrainent à se battre, ce sera pour vous Capitaine Ekoal’Jin et Mr Alaster.
Les deux hommes acquiescèrent d’un hochement de tête.
- Je vais annoncer moi-même la nouvelle à l’équipage en allant à leur rencontre, je pense qu’ils vont avoir besoin d’encouragement.
- Il faudra aussi les ménager, intervint Cryanne, ils ont tous besoin d’une bonne journée de repos.
- Ils l’auront ne vous inquiéter pas, fit Zeïna.
Elle regarda toutes les personnes dans son bureau.
- Au travail, nous avons beaucoup à faire en peu de temps.
La cabine se vida peu à peu, tous avaient en tête les prochains jours qui seraient chargés.


A des centaines de miles marins du Havre d’Ynala, dans la capitale Malath’Rhyne, un message venait d’être transmis au seigneur marchand Koarha. La missive lui venait de l’un de ses espions dans les îles alentours, il en prit connaissance immédiatement. Un sourire orna son visage cruelle.
- Une armada, voilà donc ce que vous prépareriez en me prenant mes navires. Si vous croyez que je ne serais pas au courant, vous vous trompiez mes chers petits imbéciles.
Koarha prit un verre de vin devant lui et le vida d’un trait.
- Et bien se sera comme vous voulez, nous verrons bien qui aura la plus puissante flotte entre nous deux.
L’homme remplit de nouveau son verre et alla à sa fenêtre. Il contempla le port depuis sa baie en faisant tourner le vin entre ses mains.
- Je vais enfin pouvoir anéantir toutes résistances une bonne fois pour toute.
Il leva son verre, trinquant à son avenir rempli de richesse.


Trois jours étaient passés depuis leur arrivée, et enfin les derniers préparatifs pour le grand départ se terminaient. La dernière soirée était dédiée au repos et à la fête, sur tous les navires présent dans la baie, les marins et soldats buvaient et riaient pour oublier que dans quelques jours, certains ne seraient plus là pour recommencer.
A bord de l’Aurore, des tonneaux de vins et de rhum étaient en perce, chacun prenait sa part pour participer aux réjouissances. Zeïna s’était jointe à eux, elle arborait toujours ses insignes de capitaine, mais elle avait laissé son autorité sur le pont supérieur.
Quand tous furent servis, la jeune fille monta sur l’un des tonneaux pour dominer l’équipage. Marins et guerriers elfes la regardèrent, elle voyait pour la première fois tous les visage de ceux qui vivaient et travaillaient sur l’Aurore.
- Je ne vous ennuierais pas avec de longs discours, je ne pense pas que le moment sera bien choisi.
Des rires lui répondirent.
- Je suis fier de tout le travail que vous avez accompli à bord, et je n’aurais jamais cru que nous arriverons jusqu’ici, merci à vous tous.
Elle leva son verre au dessus de la foule.
- A la votre matelot !
- A la votre Capitaine, lancèrent toutes les personnes rassemblées autour d’elle.
La jeune fille redescendit de son promontoire tandis que les marins poussaient des hourras. La soirée battant son plein, Zeïna en profita pour grimper en haut du mat, L’homme oiseau n’y était pas pour une fois, il profitait lui aussi de la fête. La jeune fille embrassa du regard la baie, tous les navires étaient illuminées tout comme la plage. Toutes ses lueurs se reflétaient sur l’eau calme de la baie.
La capitaine sourit, le spectacle était vraiment magnifique. Bien qu’une terrible bataille s’annonçait où le danger serait omniprésent, elle ne pouvait s’empêcher de penser qu’elle n’aurait laissé sa place à personne d’autre même pour tout l’or du monde. Une mèche de ses cheveux vola sous une rafale de vent, elle la laissa battre contre sa joue en souriant.


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Cette fois, plus de retour en arrière, l'Aurore va entrer dans une bataille navale totale entre les forces des elfes et celle du seigneur marchand. Bien que renforcé, avec un équipage expérimenté, qu'adviendra t'il de l'Aurore si la bataille tourne mal ?
Bonne lecture ^^
 
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