Bonjour ^^
Retournons dans la vallée pour retrouver les jeunes gens de la forteresse dans leurs aventures.
La découverte de la magie peut réserver des surprises, Ekart va bientôt apprendre qu'elles ne sont pas toujours bonnes.
Patinil et Mel sont toujours chez la Deuxième maître du Concile, elles restent ensemble pour contrecarrer la douleur.
Bonne lecture ^^
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CHAPITRE 54
Étage interdit - Nouvelle étape
Depuis qu’Ekart avait commencé à suivre les cours à l’école de magie, c’était bien la première fois qu’il s’y rendait en traînant les pieds. Hier, il avait pu prendre des nouvelles de ses amies restées chez Malna la deuxième maître du Concile des Sages. Bien que très heureux d’avoir pu se rassurer sur leur santé, le jeune diplomate avait du faire un terrible compromis qu’il devait maintenant assumer.
A l’entrée de l’école de magie, une personne attendait avec impatience sur les marches du perron. Elle le regarda arriver les bras croisés sur la poitrine, visiblement un peu énervée, le jeune homme sentit que la journée allait être particulièrement longue.
- Tu arrives tout le temps en retard comme ça ?
- Rosaline, ne commence pas s’il te plait.
Il passa une main sur ses tempes pour tenter de faire taire un mal de tête qui commençait à naitre.
- Je te rappelle notre petit accord, tu dois rester avec moi.
- Et pour cela je dois aussi arriver plus tôt ?
- Evidemment, j’arrive toujours dans les premiers.
Ekart ne put s’empêcher de soupirer.
- Ne m’en demande pas trop tout de même si tu veux bien, en plus notre accord stipule tout le temps passé en cours non ?
L’adolescente fit la moue, mais elle finit par acquiescer.
- Très bien, tu as gagné cette fois, enfin pour le moment nous devons rentrer, le cours d’enchantement va bientôt commencer.
Rosaline sourit en marchant à la hauteur d’Ekart. Le diplomate n’avait pas le choix, il devait respecter ce qu’il avait promis. Leur entrée dans la salle de classe souleva une série d’exclamations d’étonnement. L’un des élèves, qui se trouvait plus malin que les autres, claironna tout haut en s’esclaffant le plus fort possible pour que tout le monde l’entende.
- Regardez, la miss je-sais-tout a trouvé un ami, je ne pensais pas que tu tomberais si bas Ekart.
Les autres adolescents se mirent à rire. Le jeune homme sentit la colère de Rosaline, mais la jeune fille baissa la tête sans répondre, il avait souvent vu cette scène mais s’était la première fois qu’il était entre les railleurs et leur victime.
- Merti, il t’arrive de penser ? Alors là je dois avouer que je suis particulièrement surpris, je ne me doutais que sous cette épaisse couche d’os qui te sert de crane se trouvait un cerveau en état de fonctionner.
L’élève écarquilla les yeux surprit, aussitôt suivi par les rires de leurs camarades. Ekart entraîna l’adolescente à coté de lui jusqu’à une table et s’installa près d’elle. Merti allait répondre quand le professeur entra dans la salle, tous les élèves s’assirent à leur place. Rosaline se tourna vers son camarade près de lui.
- Merci pour ton aide, murmura t’elle
- Tu devrais à apprendre à leur répondre, tu n’arriveras jamais à te faire respecter ainsi.
- Je suis trop timide pour ça.
La jeune fille baissa la tête.
- Tu ne vas tout de même pas rester toute ta vie ainsi, l’échine courbée devant les autres qui se moquent de toi.
- Parce que tu crois que je suis satisfaite de vivre ainsi ?!
Elle se rendit compte qu’elle avait parlé trop fort, elle se tassa sur son siège et fit mine de s’intéresser à son livre devant elle. Le professeur fixait leur table pendant quelques instants avant de reprendre la suite de son cours.
Le diplomate était resté immobile, pour éviter que l’attention reste trop longtemps sur eux. Après la déclaration de la jeune fille, il ne put s’empêcher de la plaindre, après tout il allait peut être s’intéresser un peu plus à ce qu’il considérait comme une corvée auparavant.
Le diplomate s’étira, la dernière heure de cours se terminait, il allait enfin pouvoir rejoindre le premier maître. Il avait trouvé la journée particulièrement longue, le jeune homme était peu habitué à rester aussi longtemps avec la même personne.
Ekart avait eu des réticences, la méthode que Rosaline avait utilisée n’était pas très honnête. Mais en la côtoyant un peu plus, il comprenait mieux ses problèmes, elle apprenait plus vite que les autres, et elle cherchait tout le temps à atteindre le sommet. Le jeune homme se retrouvait de plus en plus en l’adolescente.
Le diplomate prit ses livres et quitta la salle à grands pas, il avait hâte d’arriver, Endarius lui avait dit qu’il lui parlerait de nouveaux sorts. Il fut arrêté par Merti et deux autres élèves, Ekart connaissait ce genre d’individus, intelligent mais pas assez pour comprendre ce qu’ils faisaient.
- Ekart, tu es enfin débarrassée de ce pot de colle.
Le jeune homme ne répondit rien, préférant le laisser parler.
- Tu te souviens de ce que je t’avais raconté, l’histoire de cet apprenti qui était devenu un maître en quelques mois.
- Oui, un peu.
L’élève faisait tout pour ce rendre intéressant et s’attirer ses faveurs, le diplomate en avait vu d’autres.
- Et bien, j’ai enfin trouvé la trace du grimoire qu’il utilisait, nous allons le chercher tu viens avec nous ?
Ekart resta interdit.
- Où exactement ?
- Au sixième étage en prenant l’escalier de la tour.
- C’est interdit de se rendre là bas, intervint Rosaline qui apparut derrière le diplomate.
Elle serrait un livre comme pour se protéger.
- De quoi je me mêle toi, je ne t’ai pas invité à venir.
Merti la foudroya du regard, un sourire mauvais sur les lèvres il commença à lever la main devant lui. Le geste n’échappa pas à Ekart qui avait remarqué la poudre entre ses doigts, il se plaça entre les deux adolescents.
- Je suis désolé Merti, mais j’ai autre chose à faire et je ne peux pas me décommander. Peut être une autre fois j’espère.
Sans attendre de réponse, le diplomate prit la main de Rosaline et il l’entraîna à sa suite pour l’éloigner du trio. Il pouvait entendre les grognements frustrés de Merti, le jeune homme avait réussi à éviter le pire. Ils continuèrent à marcher, montant plusieurs escaliers et couloirs sans dire un mot. La jeune fille n’osait pas parler, se laissant guider dans le bâtiment, elle finit tout de même par lui parler.
- Ekart, où m’emmènes-tu ?
- Loin de Merti, je ne sais pas si tu as remarqué mais cette fois il n’avait pas l’air de plaisanter.
- Mais, maintenant nous sommes assez loin d’eux à ce rythme là nous seront bientôt dans les bureaux des mages du concile.
Le jeune homme s’arrêta soudainement sur place, il se rendit alors compte où il se trouvait, devant le portail qui menait au bureau d’Endarius.
- Tu pourrais me lâcher la main aussi s’il te plait, renchérit Rosaline avec une petite voix intimidé par le contact des doigts de son camarade.
Ekart écarquilla les yeux, il sentait la petite main chaude de l’adolescente dans la sienne. Il n’avait même pas remarqué qu’il l’avait gardé serré tout au long de leur parcours dans les couloirs de l’école de la magie.
- Je suis désolé, lança t’il précipitamment en desserrant sa prise.
Ils n’osèrent pas parler pendant quelques instants, la jeune fille rougissait et Ekart se sentait un peu mal à l’aise. L’un comme l’autre, ils avaient bien du mal à comprendre les liens et les contacts entre les gens.
- Je ne connais pas cette partie du bâtiment, les élèves ont le droit d’être là ? Intervint Rosaline pour changer de sujet.
- Se sont des bureaux et des laboratoires principalement, répondit le jeune homme en retrouvant son maintien normal.
- Tient Ekart, tu as ramené une amie avec toi ?
Endarius était apparu subitement, le diplomate ne pouvait plus revenir en arrière.
- Bonjour Premier Maître, je ne pensais pas être déjà arrivé jusqu’ici.
- Mais c’est la nièce de Malna, Rosaline Nashert, tu es la bienvenue si tu veux.
Ekart soupira, même pendant ses cours particuliers avec le premier maître il allait devoir partager son temps avec l’adolescente. Endarius était loin d’être ennuyé par la présence, il continua ses démonstrations comme si de rien n’était.
Assis l’un à coté de l’autre, ils étaient plongés dans un parchemin, Rosaline était aux anges en ayant un cours particulier donnait par le premier maître du Concile en personne. Jamais elle n’aurait cru pouvoir recevoir l’instruction d’un mage de si grande renommée. Elle n’aurait pas osé en demander de la part de sa tante, alors du premier maître.
Pour le moment, les jeunes gens devaient étudier plusieurs glyphes que le mage leur avait montrés. Ils étaient penchés sur leur ouvrage, avec attention et sérieux, presque comme deux images qui se superposaient. Le jeune homme se releva du parchemin, se souvenant soudain de la conversation qu’ils avaient eu avec les autres élèves de la classe avant de venir ici.
- Au fait, intervint Ekart, pourquoi as-tu dit que l’étage était interdit ?
- Oui évidemment, cet imbécile le sait très bien, une partie du sixième étage a été fermée sur ordre du Concile.
- Vous parlez des anciens laboratoires ? Commenta Endarius.
- Oui, un élève voulait m’y entraîner pour je ne sais quelle recherche.
Le Premier Maître les fixa soudainement avec inquiétude.
- Ils veulent se rendre là bas, quand compte-t-il faire cette exploration ?
- Dés ce soir je crois.
Le mage se leva brutalement.
- Il faut les empêcher de pénétrer à cet étage, les laboratoires ont été fermées pour une bonne raison, j’espère qu’il n’est pas trop tard.
Il se leva précipitamment de son siège avec un regard soucieux qui ne le lui ressemblait pas. Les deux jeunes gens quittèrent leur chaise juste après pour ne pas le perdre de vue, en faisant le tour de la table.
- Je voudrais vous suivre, lancèrent-ils dans une même voix.
Ils se regardèrent surpris, au grand amusement du mage.
- De toute façon j’aurais besoin de vous deux pour m’aider à les reconnaître, approchez vous de moi. Le temps nous est précieux, et encore plus pour vos camarades de classe s’ils se trouvent déjà sur place.
Ses deux élèves vinrent se placer près d’Endarius, le mage lança quelques mots, de la poussière grise vola autour d’eux. Leur vue se troubla, ils étaient tous les trois téléportés en dehors du bureau du premier maître.
En quelques instants le trio se retrouva dans un couloir sombre, devant une porte en bois vieille de plusieurs siècles. Endarius marcha jusqu’à la porte et la frôla d’un doigt, il poussa une exclamation de surprise.
- Les protections ont été enlevées, il va falloir que je contrôle un peu mieux les ventes de sort de dissipation.
Il poussa la porte, un souffle les frappa au visage, de l’air sec semblant venir des siècles passés. Rosaline et Ekart frissonnèrent malgré eux.
- Ils sont bien passé par là, suivez moi et restez prés de moi.
- Nous ne risquons rien ? Demanda la jeune fille.
- Mais non, je vous accompagne, ayez confiance en moi.
Une fois entré, le mage ferma la porte en refermant à clé, l’adolescente se rapprocha du jeune homme au moment où la lumière disparut. Endarius forma une petite orbe lumineuse qui éclaira le couloir désert, de la poussière centenaire jonchait le sol les traces des pas des précédents visiteurs étaient bien visibles.
- Que s’est-il passé ici ? Demanda Ekart.
Sa curiosité prenait le pas sur son appréhension, il retrouvait ses instincts insatiables de connaissances.
- Toujours aussi curieux à ce que je vois, mais tu as raison de vouloir savoir ce qui t’attend en venant ici.
Endarius fit tourner l’orbe lumineux pour reconnaitre leur environnement tout en répondant à la question de son élève.
- Ce qui est arrivé ici est l’exemple même du débordement que peux avoir les puissants pouvoirs qui ne sont pas maîtrisés parfaitement. Un mage a voulu étudier une magie interdite, il en a perdu le contrôle, il y a eu beaucoup de victimes, les membres du Concile ont réussi à le contenir ici mais ils ont du scellé toute cette partie du bâtiment.
- Quel genre d’expérience ? Demanda Rosaline.
- Sur la magie noire, la magie interdite, répondit Endarius avec une voix devenue basse en prononçant ces mots.
- Celle que pratique l’Inquisition.
Le premier maître le fixa.
- Tu l’as déjà vu en action, je me trompe ?
- Non, répondit Ekart, j’ai vu un inquisiteur l’utilisé.
- Alors tu sais ce qui nous attend, ne vous éloignez pas de moi.
Ils avancèrent en silence, restant bien groupé sous la lumière produite par l’orbe du mage. Des cris d’effrois retentirent près d’eux, suivi par des bruits de pas. Quelques instants plus tard, deux adolescents terrorisés arrivèrent devant eux, ils se jetèrent subitement à leur pied en pleurant, sous la rassurante lumière blanche dans les ténèbres.
- Calmez-vous, lança le mage immédiatement.
Les deux élèves se mirent à parler en même temps, particulièrement effrayés, mais Endarius les arrêta tout de suite.
- Un à la fois.
- Merti est là bas, commença le deuxième garçon nommé Kilan, nous avons été attaqué par des formes noires.
- Nous nous sommes enfuis avant qu’ils nous attrapent, reprit Naka le troisième, mais Merti lui …
- Dans quelle pièce êtes vous rentré ?
- Je … Je ne sais plus.
Le mage soupira, un nouveau cri retentit alors.
- Il faut aller le chercher, restez derrière moi.
L’homme prononça une formule et au bout de sa main une lance de lumière pure naquit comme une épée. Le groupe entra dans une pièce près de l’endroit où ils s’étaient arrêtés, suivant les appels au secours. Endarius mania son sort comme une arme, les ombres reculèrent sous les assauts de cette arme de lumière pure. L’adolescent perdu apparut alors aux yeux des autres, il était recroquevillé dans un coin, le visage en larme.
Le premier maître format un halo de lumière dans toute la pièce, des créatures s’enfuirent par la porte, dans les coins des zones d’ombres abritaient certaines d’entre elle piégée. Elles poussaient des râles d’agonie en se recroquevillant sur elles même, le douleur semblait particulièrement forte. Le mage s’approcha de Merti, il lui fit boire une potion pour le calmer, l’adolescent se détendit tout de suite en reprenant des couleurs.
- Qu’est ce que s’est ? Demanda Ekart en voulant s’approcher d’une des créatures.
- Surtout n’avance pas plus !
L’ordre avait claqué dans l’air comme un coup de fouet, les quatre élèves avaient sursauté. Endarius aida Merti à se relever, il paraissait encore groggy.
- Ce sont des ombres, issu de la magie noire, elles ont prit une forme consistance tant le pouvoir est néfaste ici. Un seul contact et elles peuvent vous assécher, joie, peine, colère, plus rien n’existera pour vous après leur passage.
- C’est donc ça la magie noire, fit Rosaline.
- Seulement une de ses manifestations, mais elle en fait partie en effet. Trêve de bavardage, ma barrière ne va pas rester éternellement là, dépêchons nous de rejoindre la porte et de quitter cet endroit.
Sans attendre, le petit groupe fit marche arrière pour passer l’entrée interdite du sixième étage. La barrière lumineuse les suivit, formant une bulle salvatrice qui protégeait leur progression. Le chemin de retour fut bien plus rapide, les adolescents sauvés n’avaient qu’une idée en tête, s’enfuir de cet enfer.
La porte se referma sur les ombres, ils étaient tous de retour dans l’école, bien plus accueillante et chaleureuse en comparaison. Merti et ses amis tentèrent de partir, mais le premier maître se racla la gorge, ils se figèrent sur place.
- Vous ne croyez pas vous en sortir sans rien ? Lança Endarius d’une voix autoritaire.
Les élèves pris en faute baissèrent la tête, résignés. Le mage se tourna vers les deux autres jeunes gens qui l’avaient accompagné.
- Allez chercher vos affaires et retournez chez vous. Je pense qu’un peu de repos vous fera le plus grand bien.
Ils hochèrent la tête et quittèrent le palier du sixième étage. Dans l’escalier, Rosaline frissonna sans pouvoir se retenir.
- Je n’aurais jamais cru qu’un endroit pareil existe ici.
- J’ai vu la magie des inquisiteurs et la noirceur de leurs actes.
- Tu voudras bien m’en parler ?
- Si tu veux.
Le jeune homme voulait en apprendre plus, il voulait combattre ceux capable de faire des choses pareilles. L’Inquisition était un mal qui rongeait peu à peu le Conglomérat, il fallait l’arrêter avant de tout faire sombrer dans un gouffre sombre sans fond.
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En arrivant, Mel et Patinil remarquèrent immédiatement que le bain n’était pas préparé comme à l’accoutumée. Bien qu’il flottait dans l’air cet odeur de plante séchée dont elles avaient pris l’habitude, les parfums de la décoction du bain n’envahissaient pas l’atmosphère de leur vapeur lourde et étouffante.
Les jeunes filles se regardèrent, se consultant pour chercher une explication. Elles s’approchèrent de la magicienne qui était à son bureau. Elle était entrain de préparer une pâte dans une grande vasque en pierre à l’aide d’un pilon.
- Bonjour Deuxième Maître, fit Patinil pour signaler leur présence.
Malna se tourna vers les deux jeunes filles, elle remarqua tout de suite que la diplomate était tendue.
- Bonjour toutes les deux, nous allons passer à la deuxième étape de tes soins.
Patinil hocha la tête.
- Je comprends alors pourquoi le bain n’est pas prêt.
- En effet, je préférais ne pas te le dire tout de suite pour que tu restes dans les mêmes dispositions que si tu devais y retourner.
La réponse intrigua la jeune fille.
- Alors elle ne sera plus obligée de passer tant de temps dans cette eau de torture, lança Mel pleine d’enthousiasme.
La magicienne hocha la tête, mais Patinil sentait qu’elle ne devait pas pour autant s’en réjouir.
- En quoi consiste la deuxième étape ?
- Tu te souviens que je t’ai dit que je ne voulais pas te soigner le visage en même temps que le corps.
Patinil hocha la tête en silence.
- Maintenant tu vas comprendre pourquoi, suivez-moi.
Elle les mena à une banquette où quelqu’un pouvait aisément s’allonger assez confortablement. Les deux jeunes filles remarquèrent en même temps les sangles de cuir qui servaient à y accrocher une personne.
- Se n’est pas une table de torture, fit Malna sachant déjà ce qu’elles pensaient, ces sangles sont nécessaires pour que tu ne touches pas ton visage durant le traitement.
- Je vais devoir rester attacher pendant six heures ?
- Oui, j’en suis désolée mais il n’y a pas le choix.
Patinil déglutit bruyamment, mais elle ne se plaignit pas.
- Pourquoi l’attacher, je ne comprends pas ?
Mel en avait assez de voir son amie traitée ainsi, même pour si s’était pour son bien.
- Le produit que je vais utiliser est la forme solide que celui que j’utilise pour le bain, elle aura donc les mêmes souffrances. Si elle a le malheur de retirer le produit avant qu’il ne fasse effet, elle sera défigurée à vie.
Malna avait été clair, Mel baissa la tête.
- Autre chose, reprit la magicienne, je dois aussi te paralyser le visage.
L’écuyère poussa une exclamation de surprise, Patinil quand à elle n’était pas étonnée, elle s’y attendait même.
- Mon visage doit rester impassible pour qu’il ne reste pas de marque de mouvement ou de rictus malencontreux, n’est ce pas ?
- Tu comprends vite, il n’y a aucun danger, je connais les bons dosages, ton visage redeviendra normal à la fin du temps du traitement.
- Commençons tout de suite alors.
Patinil défit les lacets de son haut pour laisser nu ses épaules et la naissance de sa poitrine. Ensuite elle s’installa sur la banquette sans ajouter un mot, le regard fixe.
- Attend, tu ne peux pas faire ça, c’est trop dangereux, fit Mel en lui prenant la main, elle a parlé de te paralyser le visage tout de même !
La diplomate sourit tristement.
- J’ai pris ma décision, ne t’inquiète pas.
Malna et Sania attachèrent la jeune fille solidement, elle ne pouvait absolument plus bouger du tout, même pas la tête. Malgré tout, elle gardait son calme, respirant avec application pour chaque inspiration. Mel avait du mal à regarder son amie ainsi, une boule se formait dans son ventre.
Un drap blanc fut posé sur son corps pour la protéger, ne laissant que le visage et le cou apparaitre. Sania enveloppa les cheveux de la diplomate dans un bonnet de tissu faisant bien attention de na pas oublier une seule mèche de cheveux.
La deuxième maître amena un premier pot en s’installant à la hauteur du visage de la jeune fille allongée. Elle marqua un temps d’arrêt, comme pour se concentrer et faire le vide dans son esprit, puis elle se pencha sur sa patiente.
- Cet onguent va paralyser ton visage, je voudrais que tu fermes les yeux.
Patinil regarda une dernière fois Mel en souriant, puis elle obéit à la magicienne, adoptant un visage reposé et calme. Malna se munit d’un gant et elle déposa sa décoction sur le visage de sa patiente, elle fit bien attention de n’oublier aucune zone de peau.
Une fois fait, Sania amena la petite table où reposait le récipient contenant le traitement de la diplomate. Cette fois, la Deuxième maître se munit d’un petit bâtonnet plat et appliqua la patte verdâtre comme un masque de beauté.
Son apprentie retira la table quand l’application fut terminée, Malna se leva de son siège pour faire face à l’écuyère. Elle était debout le regard fixe posée sur son amie, elle était abattue incapable de faire quelque chose. Mel se sentait tellement impuissante, elle détestait ce sentiment honteux pour elle. La deuxième maître prit un mouchoir et le posa dans la main de la jeune fille qui la regarda surprise.
- Tout comme le bain, elle a besoin de toi, prend ma place et fais lui sentir ta présence.
- Mais pourquoi le mouchoir ?
- Son visage est paralysé, mais pas ses larmes, tu devras les essuyer avant qu’elle ne coule sur le masque.
Mel écarquilla les yeux d’effroi, elle n’avait pas pensé à ça. Sans attendre elle s’installa à la place de la magicienne et se pencha sur Patinil.
- Je suis là, murmura la jeune fille, je reste avec toi.
L’écuyère se rendit compte que des larmes coulaient déjà, la souffrance devait être atroce, encore plus quand elle ne pouvait être exprimée. Mel sentit sa gorge se nouer, elle ne le supporterait jamais. Pourtant elle le devait, pour son amie qui faisait preuve d’un courage insensé.
Avec application la jeune fille essuya les larmes, sentant presque la douleur qu’elles exprimaient. Sans s’en rendre vraiment compte, la main de Mel se glissa sous le drap qui la protégeait et posa sa main sur le cœur de Patinil, sans penser à sa gêne de sentir la peau nue de son amie sous ses doigts. Elle sentait le battement affolé sous sa main, d’une voix douce qu’elle ne se connaissait pas, l’écuyère chanta une berceuse à l’oreille de la diplomate.
Cette petite chanson lui venait de son enfance, quand elle était malade sa mère lui chantait tout le temps. Mel poursuivit sa berceuse, et peu à peu elle sentit son amie se calmer. La jeune fille continua de chanter, apaisant aussi bien son amie que ses propres angoisses. Patinil ne serait pas seule à lutter, Mel en faisait le serment.
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