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Jeudi 31 mai 2012, 17:34


Voici une histoire écrite par Trimor et dont le titre est Chevalier - chapitre 48 - Un magicien - Souffrance.

Bonjour à vous !

Revenons au milieu des montagnes, perdu au milieu des cimes enneigés dans la vallée cachée des mages.
Ekart est un magicien ! Une découverte qui surprend même notre cher diplomate, maintenant que va t'il choisir ? Continuer ses recherches dans la bibliothèque ou partir en quête du pouvoir qui dort en lui ?
Patinil s'avance vers cette grange avec une appréhension vissée au fond du coeur, mais Mel se tient à ses cotés pour l'aider et l'accompagner vers cette étrange lieu.

Bonne lecture et n'hésitez pas à laisser un commentaire.


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CHAPITRE 48
Un magicien - Souffrance


- Qu’est ce que vous voulez dire ? Lança Ekart
Pour une fois, le jeune homme était paniqué, et ce sentiment ne lui plaisait vraiment pas.
- Ne t’inquiète pas, répondit Le premier maître, je me doutais de quelque chose quand je t’ai rencontré lors de ton arrivée dans la vallée.
- Vous pourriez m’expliquer un peu.
Endarius ne pouvait s’empêcher de sourire, il voyait beaucoup d’interrogation dans les yeux du jeune diplomate si sûr de lui habituellement. Mais il n’était pas là pour le mettre mal à l’aise, le mage voulait lui ouvrir l’esprit sur l’évidence qu’il avait découvert.
- Le test que je viens de te faire passer est le moyen que nous utilisons pour détecter la magie chez les très jeunes enfants.
- La magie ? Vous voulez dire que je suis un magicien !
L’esprit vif d’Ekart s’était remis de la surprise et il fonctionnait de nouveau à plein régime, la déduction était simple pour lui.
- En quelque sorte oui, reprit Endarius, tu es capable d’apprendre à te servir de la magie que tu cherches tant à découvrir.
Le jeune homme se laissa tomber sur le dossier de son siège, abasourdi par la nouvelle. Il était un magicien, et ce n’était pas un rêve il était bien dans la réalité. Presque instantanément, son cerveau se mit à calculer toutes les implications que cela pouvait entraîner. Voyant le diplomate en pleine réflexion, le mage reprit la parole.
- Je pense que tu commences à saisir tout ce que cela implique.
- Oui je crois, mais …
Ekart ne savait pas comment interpréter ses pensées.
- Tu te demandes peut être si tu dois ou pas apprendre la magie.
- En effet, répondit le jeune homme, je ne peux pas rester des années ici, je suis avant tout un diplomate du Conglomérat.
- Je dois te faire une petite précision, plus l’intensité de la lumière est forte plus la puissance de la magie est grande.
Le jeune homme se remémora l’instant où il avait prit le bâton de carbone, il n’avait pas trouvé la lueur très forte.
- Elle m’a paru normal.
- N’as-tu as remarqué qu’elle était identique à la mienne.
- Et bien si mais je ne vois pas en quoi c’est différent.
Le mage sourit devant sa naïveté.
- Le bâton s’allume selon un code couleur bien précis, le bleu, le violet, le rouge, l’orange, et enfin le jaune.
- Mais celle que j’ai produite était blanche, tout comme vous ?
- Et il y a la blanche, le dernier niveau de puissance.
Ekart resta la bouche ouverte sans émettre un seul son, au plus grand amusement d’Endarius.
- Je crois que tu as compris ce que je voulais dire.
Le jeune homme était une nouvelle fois sous le coup de la surprise, maintenant il apprenait qu’il possédait en plus une magie très puissante.
- Je voudrais te proposer quelque chose, pour tout te dire je m’intéresse beaucoup à toi et de voir la lumière de ce révélateur a fini de me convaincre. Je dois m’occuper de toi, est ce que tu veux apprendre à te servir de la magie ?
- Vous voulez m’apprendre ?
- Tu as un grand potentiel, encore plus que tu imagines, nos parcours sont identiques et je veux t’aider à développer ce potentiel.
- Mais n’avez-vous pas des devoirs en tant que premier maître du Concile ? Vous n’aurez pas le temps de me donner des cours.
- Ce genre de chose ne m’arrête pas, un peu comme toi et ta quête vois-tu, alors que penses-tu de ma proposition ?
Ekart ne savait vraiment pas ce qu’il devait faire à présent, avec la découverte de ce nouveau potentiel. Au départ il était venu jusqu’ici pour découvrir les secrets du Conglomérat et dénoncer à tous les malveillances que l’Inquisition avait fait subir au peuple.
Le diplomate désirait également donner à sa carrière un tremplin pour atteindre les hautes sphères du gouvernement de la capitale. Mais maintenant, ce qu’il avait apprit donnait une nouvelle dimension à ses possibilités, elles s’ouvraient vers des choix multiples et plein de surprise.
- Savoir se servir de la magie dans le Conglomérat est dangereux, lança t’il.
- Tout comme tenter de découvrir les noirs secrets de l’Empire, répondit Endarius, et tu ne pourras pas me dire le contraire.
Le mage avait raison.
- Pour aujourd’hui, viens avec moi à l’école de magie, reprit le premier maître, je vais te prouver que même en quelques jours je pourrais faire de toi un magicien convenable.
- Et pour mes recherches ?
Endarius fit un geste vague dans les airs.
- Je le ferais faire par un de mes assistants, tu auras tout sous forme de livres et de copies, ne t’en fait pas. Alors qu’en dis tu ?
Ekart réfléchit quelques instants, sa curiosité était aiguisée par le peu qu’il avait lu. Mais apprendre à se servir de la magie, il ne pourrait pas produire une meilleure preuve. Et de toute manière, son esprit de compétition prenait rapidement le dessus, avec des pouvoirs magiques il avait l’assurance de monter les échelons encore plus vite.
- Très bien, je veux bien essayer pour aujourd’hui.
- Tu as pris la bonne décision, je peux t’assurer qu’à la fin de la journée, tu demanderas de continuer un peu plus loin ta formation.
- Nous verrons bien.
- Suis moi, nous quittons la bibliothèque.

Le mage se leva excité comme un enfant qui ouvrait un cadeau. Il murmura une formule en pointant son doigt en direction des livres sur la table. Les ouvrages se soulevèrent de la table et reprirent leur place d’eux même dans les rayonnages avec un bruissement de feuilles de papiers comme les ailes d’un oiseau.
Le diplomate le vit faire en écarquillant les yeux.
- C’est un sort très utile, lança Endarius, j’ai toujours eu une sainte horreur de devoir ranger mes affaires, mon bureau n’est qu’une montagne de papiers renversés.
- Un sort très utile en effet, il faudra que je l’apprenne.
- Tu vois, tu commences déjà à t’y intéresser.
Le mage et le jeune homme retrouvèrent le bateau volant qui permettait de se déplacer dans les étages de la bibliothèque. Le premier maître se lança dans un slalom aérien faisant tanguer leur embarcation dans tous les sens. Le diplomate s’accrocha comme il pouvait en retenant son souffle tandis qu’Endarius sifflotait un air entraînant. L’atterrissage fut un véritable soulagement pour le jeune homme qui quitta la barque en soupirant de satisfaction.
Le mage n’avait pas perdu sa bonne humeur et sans arrêter de siffler, il entraîna Ekart à sa suite d’un pas vif. Ils quittèrent la bibliothèque et ils se retrouvèrent rapidement dans les jardins extérieurs. Endarius désigna une partie du bâtiment situé entre deux tours face à eux.
- C’est l’école de magie, elle prend également la place des deux tours et des bâtiments limitrophes, j’ai un siège de professeur même si je n’ai pas toujours le temps de m’en occuper.
- Vous voulez que je suive un cours ?
- Non pas vraiment, je vais emprunter quelques livres et nous irons dans mon bureau privé, se sera plus pratique. Et de toute façon je n’ai pas envi de travailler, je devais voir un dossier sur la réforme d’une obscure loi, et franchement je trouve que s’est bien plus intéressant de m’occuper de toi que de fouiller dans de vieux papiers sans age.
L’école de magie accueillit le premier maître avec beaucoup de joie, il avait beau être un professeur des lieux Endarius ne semblait pas très assidu à son travail. Il ne se gêna pas pour prendre plusieurs livres dans les classes, il savait exactement ce qu’il voulait.
Dans son sillage, Ekart tentait de ne pas le perdre tant il allait vite, partout où ils passaient les élèves les regardaient avec des regards incrédules. Il faut dire que le premier maître ne semblait pas se préoccuper qu’il y est ou pas un cours dans les salles où il entrait.
Après une course effrénée, le mage regarda les livres et fournitures qu’il avait glané un peu partout. Il hocha la tête.
- Bon je pense que nous avons tout ce qu’il nous faut.
Ekart remarqua des professeurs derrière l’homme qui le regardait avec colère.
- Premier maître, vous devriez vous retourner.
- Qu’y a t’il ?
Il remarqua alors les hommes rassemblés.
- Ah oui, je vois, je suis désolé de vous avoir importuné, mais j’ai un projet très urgent et je n’avais pas le temps de prendre mes précautions. Je viendrais donner mes cours comme convenu ne vous en faite pas.

Sur ces mots, Endarius quitta l’école sans laisser le temps aux professeurs de lui répondre. Ils furent de nouveau dehors, les bras chargés de livres.
- Bon maintenant allons dans mon bureau, rapproche toi de moi s’il te plait.
Ekart se tint à coté de lui en silence, le premier maître posa une main sur l’épaule du jeune homme et il lança un sort. La vue du diplomate se brouilla et le paysage disparut, quelques secondes après ils se retrouvèrent dans un bureau de la tour centrale où se trouvaient les appartements privés du premier maître du Concile.
- La téléportation est vraiment pratique, lança Endarius en marchant vers son bureau.
Le jeune homme découvrit la pièce, les meubles paraissaient aussi anciens que la construction, lourdes et massives les étagères et les commodes étaient chargées de livres et de parchemins couverts de poussière. Le bureau était gravé de motifs floraux et les fauteuils semblaient confortables, rembourrés de doublures en velours épaisses.
- Alors comment trouves tu mon bureau ?
Le diplomate chercha une réponse appropriée.
- Il ne fait pas vraiment très magique, surtout ancien.
Il se référait à l’odeur de poussière et de renfermé qui régnait dans ses lieux.
- C’est pour en imposer plus sur mes visiteurs, je trouve que l’ambiance est plus stricte comme ça.
- Maître vous êtes de retour !
Un diablotin surgit d’une porte sur la droite, il avait la taille d’un enfant de cinq ans avec une paire d’aile de chauve-souris. Il était complètement rouge, une queue identique à un lézard, des cornes de chèvre surmontait son crâne. Il remarqua alors la présence du jeune homme, ses yeux dorés de reptile se plissèrent.
- Qui sait celui là ?
- Soit poli avec notre invité, Ekart je te présente Enoch, mon familier.
Le diablotin voleta jusqu’au nouveau venu en le regardant de près.
- Il porte la même odeur que toi, c’est ton fils caché ?
La remarque fit pouffer le diplomate, Endarius soupira en souriant.
- Je préfère faire comme si je n’avais rien entendu, viens Ekart nous allons travailler dans mon laboratoire.
Ils prirent la porte d’où était arrivé le familier pour découvrir un atelier qui était plus proche de l’idée que se faisait le jeune homme d’un magicien. Des fioles, des pots, des plantes, c’était un véritable capharnaüm, des alambics cuisaient sur des trépieds, des liquides de toutes les couleurs bouillonnant et fumant.
- Essaye de ne pas toucher aux fioles, certains de ces liquides sont de violent poison.
Ekart recula la main qui s’apprêtait à s’approcher d’une des bouteilles sur une table. Le jeune homme rejoignit le mage à une autre table, le premier maître avait fait le ménage comme il pouvait pour la libérer, certaines fioles l’avaient chèrement payé, brisé en des milliers d’éclats.
- Je voudrais que tu lises ça et que tu pointes ton doigt devant toi.
Le jeune homme s’exécuta, il se mit à lire à voix haute des mots inconnus qui lui paraissaient pourtant étrangement familier. Puis il pointa son doigt devant lui en lançant les dernières lettres face au mur. Une petite boule de feu se forma au bout de son index et elle frappa la pierre en une petite explosion projetant des étincelles alentours.
Le diplomate fit un bon en arrière, faisant éclater de rire le petit diablotin qui se roula sur le sol en se tenant les cottes. Endarius hocha la tête, satisfait de cette première de son nouvel élève.
- Pour une première incantation, je trouve que tu te débrouilles bien, honnêtement je n’aurais pas cru que tu produises une telle boule de feu.
- Vous m’avez laissé faire sans vraiment savoir ce qui allait en sortir ?!
- Il fallait bien essayer non, mais ne t’avais je pas dit que tu serais rapidement capable de produire de la magie.
- Je n’ai fait que réciter quelques lignes, et cela ressemblait plus à un pétard mouillé, pas très convainquant.
- Tu es toujours aussi pressé, nous avons encore beaucoup de temps devant nous pour voir tes capacités.
Le mage ouvrit un nouveau livre devant Ekart. Bien que le jeune homme avait l’air de ressembler à un rat de laboratoire, sa curiosité était plus forte que tout. Après tout, il allait faire de la magie et ses doigts pétillaient encore après le sort qu’il avait lancé. Le diplomate se rendit compte qu’il adorait cette sensation nouvelle.


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Les jeunes filles arrivèrent au fond de la grange, là une porte ouverte les attendait, elle donnait sur un autre bâtiment collé au premier. Malna était encore visible, elle s’était arrêtée pour voir si la jeune fille la suivait.
- Je pense que j’ai bien fait de te faire venir jeune écuyère, lança t’elle.
La magicienne avait remarqué leurs mains jointes.
- Que faisons nous maintenant ? Dit Patinil.
- Cette partie de mon laboratoire n’est accessible que par moi et par Sania, il y a ici des substances que seuls les initiés peuvent manipuler sans craintes. Evitez donc de toucher aux pots et aux fioles qui sont posés ici.
Les dires de la deuxième maître n’eurent pas l’effet de rassurer les jeunes filles, bien au contraire. Mel sentit la main de son amie se serrer un peu plus fort dans la sienne.
- Il ne me serait pas venu à l ;’esprit de fouiller par ici, fit l’écuyère en esquissant un sourire gêné.
Malna tourna la tête dans leur direction.
- C’est une bonne chose, entrez maintenant que je garde l’entrée close, je préfère fermer la porte pour ne pas attirer les curieux, mes étudiants sont parfois incorrigibles, même malgré mes mises en garde.

Une fois les portes closes, la magicienne leur indiqua d’un doigt la direction à prendre. Elles suivirent la propriétaire des lieux. A partir du hall d’entrée, un petit couloir les mena devant une porte entrouverte. De l’entrebâillement des odeurs de végétaux macérés assaillirent le nez des jeunes filles, elles se demandaient bien ce qui se passait de l’autre coté.
Malna poussa la porte, révélant l’intérieur de la pièce, elle était plus grande qu’il aurait pu y paraître. Le bâtiment était en bois avec une grande charpente apparente, le sol avait été creusé pour gagner en place. Le sol était en carreaux de terre cuite, comme pour les marches de l’escalier. Au centre de la pièce, en contre bas, un bassin avait été creusé, les parois étaient fait en faïence en petit carreaux bleutés.
Elles empruntèrent les marches pour descendre vers le bassin. Sania était déjà en bas, elle maniait une série de levier, l’eau se mit à jaillir d’un conduit en bois. L’eau était fumante avec une légère odeur métallique. Sur les tables, plusieurs bocaux étaient alignés, des mélanges d’herbes étranges que les jeunes filles ne pouvaient reconnaître.
- Tu as fini de préparer les ingrédients, demanda la magicienne à son apprentie.
- Oui Maîtresse, je n’ai plus qu’à remplir le bain.
Sania avait troqué sa robe de mage pour une tenue plus légère, une jupe lui arrivant au dessus des genoux et une chemise à manche courte en lin nouée à sa taille.
- Remplis le jusqu’à l’avant dernière marche, recommanda Malna.
Elle se tourna vers les jeunes filles qui attendaient derrière elle en silence.
- Retire tes vêtements, je dois voir de plus près tes cicatrices.
Patinil se figea, montrer son corps était très difficile pour elle, même si il n’y avait que des femmes dans la pièce.
- Tu n’as pas à être pudique, lança la deuxième maître, ici personne ne nous verra.
Sachant pourquoi elle réagissait ainsi, elle rajouta.
- Je sais que de dévoiler ainsi tes blessures est difficile, mais si tu as réussi à dévoiler ta peau devant le concile entier, devant seulement nous trois devrait être plus aisé, ne le penses tu pas toi aussi ?
- Elle n’a montré que son cou et ses épaules lors du concile, pas son corps entier la défendit son amie avec vigueur.
- Tout va bien Mel, répondit la diplomate, je vais le faire.

Elle hésita encore quelques instants, puis elle avança vers une table libre après avoir lâché la main de son amie. Patinil se déshabilla lentement, prenant le temps de plier chacun de ses vêtements qu’elle ôtait. Personne ne parlait, Mel n’osait pas s’approcher de la diplomate, Malna attendait patiemment et l’apprentie terminait de remplir la baignoire.
Enfin, la jeune fille acheva de se dévêtir ôtant les derniers vêtements qui la couvraient. Après avoir poussé un profond soupir pour se redonner du courage, elle se retourna pour faire face à la deuxième maître, gardant le regard fixé droit devant elle sans bouger. La magicienne s’approcha et de mit à observer le corps, ses yeux s’arrêtaient sur chaque cicatrice, hochant la tête. Parfois Malna frôlait d’un doigt les blessures faisant frissonner la diplomate qui ne disait rien.
Mel avait déjà vu les marques des tortures quand elle l’avait soigné en changeant ses pansements. Mais c’était la première fois qu’elle voyait Patinil entièrement nue, l’écuyère se rendait compte à quel point son amie avait souffert, les cicatrices semblaient parcourir sa peau comme une toile d’araignée. Elle ne put s’empêcher de frissonner en repensant à cette nuit et à ce qu’elle avait subit.
Malgré les marques, Mel admira la beauté de son amie et l’harmonie de sa silhouette. Elle sentait son sang bouillir en pensant à ces monstres de l’Inquisition, ils ne savaient que faire souffrir et détruire ce qui était beau. Ils paieraient pour ce qu’ils avaient fait à son amie, ils le paieraient vraiment très cher.
La magicienne se releva après quelques minutes d’observation, elle fit claquer sa langue sur son palais.
- Les tortionnaires de l’Inquisition sont malheureusement habiles, et les blessures sont profondes, plus que n’étaient les miennes.
Malna posa une main douce sur la joue de Patinil surprise.
- Tu es courageuse d’avoir résisté à pareil traitement.
- Merci, répondit seulement la jeune fille avec une toute petite voix.
La deuxième maître retira sa main et elle se redressa.
- Maintenant nous allons nous occuper de toi, et tenter de faire disparaitre les marques qu’ils ont laissées dans ta chair.
Elle saisit alors une couverture et la posa sur les épaules de la diplomate.
- Maintenant que je connais mieux ce que je dois soigner, je vais pouvoir trouver le traitement adéquat.
La magicienne marcha vers la table où se trouvaient les pots et les plantes apportés là par l’apprentie. Mel se rapprocha de son amie qui était restée à la même place.
- Tu vas bien ?
- Oui, ne t’en fait pas, répondit Patinil, arrête de t’en faire pour moi.
L’écuyère s’inquiétait beaucoup pour la jeune fille, elle voulait l’aider à aller mieux. Mel admirait le courage dont faisait preuve son amie malgré ce qui lui était arrivée.
- Je ne peux pas m’en empêcher, je dois avoir un côté maternel.
Patinil se permit un léger sourire.
- Peut être bien.
La voix de leur hôte se fit entendre, faisant se tourner les deux amies avec la table où se trouvait les ingrédients.
- J’ai mis de longues années pour trouver les plantes parfaites pour créer ce soin.
La magicienne parlait en même temps qu’elle ouvrait les pots devant elle.
- J’ai eu beaucoup d’échecs avant de trouver la formule juste, et avec le temps j’ai pu même l’affiner pour la rendre encore plus efficace.

Dans une grande vasque, elle se mit à mélanger plusieurs sortes de plantes, beaucoup séchés. Elle prit un pilon et se mit à les écraser pour les réduire en petits morceaux. La femme prit le récipient et déversa son contenu dans l’eau chaude, instantanément le bain changea de teinte prenant la couleur du thé. Malna refit cette opération plusieurs fois, son apprentie changeant les bocaux au fur et à mesure que sa maitresse utilisait les plantes.
Une fois terminé, la deuxième maître du Concile passa à une opération plus délicate, elle enfila des gants de cuir épais. Sania s’écarta d’elle-même sans que sa maîtresse ne lui demande, les deux jeunes filles comprirent que c’était un point crucial dans la préparation. Malna marcha jusqu’à un placard et en sortit une petite fiole, elle la maniait avec une extrême précaution.
Avec une attention extrême, la magicienne déboucha le flacon et le penchant lentement vers l’eau. Ses gestes étaient lents mais extrêmement précis, un liquide rouge apparu sur le goulot de la fiole. La femme stoppa nette ses mouvements, une goutte tomba dans le bain. Sans attendre Malna retira la bouteille et le ferma prestement pour le ranger ensuite dans son placard qu’elle referma avec soin. L’eau s’était teinté de rouge presque immédiatement après que la goutte soit tombée.
- Qu’elle était ce produit ? Demanda Patinil peu rassurer par la couleur de l’eau qu’avait maintenant la pièce d’eau.
- Un acide de ma création, il est très dangereux, mais dosé avec soin il peut être particulièrement utile.
A ce mot, la diplomate se raidit.
- Vous voulez que j’aille dans de l’eau où on a rajouté un acide.
- Tu n’as pas à avoir peur, reprit la magicienne, mon dosage n’est pas dangereux je peux de l’assurer.
Pour lui en faire la démonstration, Malna prit une branche encore couverte de feuilles sur la table et la plongea dans l’eau pendant une minute. Il l’en ressortit pour le présenter aux deux jeunes filles, les feuilles étaient intactes tout comme la tige.
- Alors tu vois, il n’y a rien à craindre dans cette eau, je connais cet acide parfaitement et je sais les dosages qu’il ne faut pas dépasser pour qu’il soit efficace dans être dangereux pour les personnes.
La jeune fille hocha la tête.
- La bain est prêt maintenant, il faut laisser reposer quelques minutes, pendant ce temps nous allons enduire ton corps d’une pommade qui va permettre à la potion de mieux pénétrer dans ta peau.
La femme marcha jusqu’à une autre table et saisit un nouveau pot de terre fermé par un cachet à la cire. Elle le retira avec soin d’une main experte, elle sentit son contenu et hocha la tête avec approbation.
- Il est parfait, Sania surveille que le bain repose bien, tu veux bien m’aider Mel ?
- Bien sûr, répondit-elle, qu’est que je peux faire pour vous aider ?
- A deux, nous irons plus vite pour appliquer le soin sur la peau de ta camarade.
La surprise s’afficha sur son visage.
- Vous voulez que …
- Allons, ce n’est qu’une pommade, au travail.
- Très … Très bien, finit elle par lancer.

La magicienne et l’écuyère appliquèrent une patte verte sur la peau de la jeune fille. Patinil sentit le rouge lui montait au visage en sentant les mains la toucher ainsi, elle remarqua que Mel était tout aussi mal à l’aise qu’elle. Elle ferma les yeux pour essayer de contrôler les battements de son cœur. Au moment où la magicienne arrivait sur son bras droit elle l’écarta doucement.
- Je voudrais garder celles sur ce bras s’il vous plait.
Malna acquiesça.
- Je me doutais que tu désirais garder une trace de ce qui s’était passé, mais tout le bras tu es sûre ?
- Oui parfaitement.
La magicienne lui apporta un gant et lui mit en refermant bien au niveau du coude pour que l’eau ne pénètre pas. Elle en profita pour attacher les cheveux de sa patiente en chignon serré qu’elle recouvrir d’une protection identique au gant De son coté Mel termina d’appliquer la pommade sur les jambes de la jeune fille, l’écuyère se sentait tellement gênée de toucher ainsi son amie. Elle osa à peine la regarder quand elle se releva.
- Ne soit pas embarrassée, fit Patinil un peu penaude également, si c’est toi ce n’est pas grave.
Mel rougit de plus belle, imité par la diplomate.
- Maintenant, intervint la magicienne, nous allons pouvoir de faire entrer dans le bain. L’eau est chaude mais pas brulante, tu ne devrais pas avoir du mal à y entrer. Au départ tu ne sentiras rien, c’est normal, mais quand la douleur apparaitra, tu ne devras en aucun cas sortir de l’eau c’est compris ?
- Le traitement est douloureux ?
- En effet, je ne te le cache pas, tu peux encore faire marche arrière.
Patinil eut alors quelque seconde de réflexion, une boule se formait dans son ventre. La peur prenait le dessus sur son courage qu’elle avait si bien montré jusqu’à présent.
- Non, continuons, je n’ai pas fait tout ça ni supporter la torture pour reculer maintenant et de prendre la fuite.
La magicienne saisit la main gauche de la jeune fille tandis que Mel prenait l’autre main.
- Nous allons te guider, fit Malna d’une voix étrangement douce.
Un peu rassurée, la diplomate s’avança lentement jusqu’au bord de la baignoire. L’eau était peu engageante, d’une teinte rougeâtre, une odeur étrange s’en élevant. Patinil essaya de calmer son cœur, si elle voulait voir disparaitre les traces des tortures elle devait en passer par là.
Quelques minutes passèrent sans que personne ne bouge, enfin la jeune fille mit un pied dans l’eau et descendit lentement l’escalier. Le liquide était très chaud sur sa peau froide, mais pas brulante, le bain semblait normal excepté cette couleur rouge. Elle se trouva bientôt au milieu du bassin, l’eau lui arrivant à mi cuisse au plus profond.
- Couche toi au fond de l’eau tout de suite, recommanda Malna, garde la tête au dessus de l’eau.
La patiente hocha la tête, faisant ce que la magicienne lui recommandait. Tout en se mettant en place, elle lui posa une question pour étouffer les sentiments de peur qui manquaient de la faire reculer.
- Et pour mon visage ? Demanda Patinil.
- Chaque chose en son temps.
La magicienne se tourna Mel.
- Ne lâche plus sa main quoi qu’il arrive, et surtout parle lui, elle va avoir besoin de ton aide. Sania apporte un coussin pour qu’elle puisse être mieux installée.
Comme elle avait dit, la diplomate ne sentit rien au début, l’eau était chaude presque agréable. Des picotements parcoururent soudainement tout son corps, la douleur montant peu à peu d’abord comme une gêne puis de plus en plus fort comme si un piège se refermait autour d’elle, prenant tout son corps.
Au bord, regardant anxieusement son amie, Mel tenait fermement la main de peur de la lâcher. Soudain, la jeune fille se raidit les yeux écarquillés, elle serra la main de l’écuyère à lui broyer les os. La bouche ouverte, Patinil poussa un cri de douleur aigu, la surprise faillit faire lâcher prise à Mel paniquée.
- Ne la lâche pas ! Ordonna la magicienne d’une voix impérieuse.
L’écuyère obéit prestement, utilisant son autre main libre pour tenir son amie. Elle leva un regard suppliant vers la femme qui se tenait au dessus de sa tête.
- Le traitement commence, dit seulement Malna d’une voix lugubre.

 
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