Bonjour les lecteurs acharnés ^^
Dans les bois de Veraï, un grand événement se prépare aux bords du lac étincelant. Anya et Onèan ne le savent pas encore, mais ils vont changer leur destinée à jamais.
Le groupe de secours poursuit sa fuite pour mettre le plus de distance entre eux et l'Inquisition, ils ne veulent pas tomber entre leurs mains et ils avancent sans s'arrêter. Mais Keridan compte bien les rattraper grâce à l'appui d'un personnage puissant et particulièrement dangereux.
Bonne lecture ^^
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CHAPITRE 55
Le cercle des shamans - Sur les routes
Anya reposa lourdement son sac sur le sol en pestant de rage. Elle se releva en posant une main sur ses muscles endoloris, elle avait mal au dos depuis deux jours et elle n’arrivait pas à le faire passer. En même temps la jeune fille n’avait pas arrêté de travailler depuis le départ d’Onèan et du nouveau shaman arrivé dont ne sais où.
Oroky lui commandait sans cesse des tâches diverses et variées, parfois pour aller chercher des racines ou des légumes en grande quantité, ou alors pour chasser du gibier aux alentours. Evidemment après les avoir ramené, la jeune fille devait cuisiner les ingrédients sous la direction du vieil homme. Bien que le shaman l’aidait quand il était présent, elle avait l’impression d’être revenue au temps où elle était constamment obligée d’assister sa tante à la maison parce qu’elle était trop jeune pour suivre les chasseurs.
Anya n’en pouvait plus, elle avait préparé assez de nourriture pour un mois. Mais surtout, la koradji n’avait pas revu Onèan depuis son départ. La jeune fille se rendait compte à quel point elle s’était attachée au jeune homme, sa présence lui manquait énormément.
Oroky passa à coté d’elle en déposant un deuxième sac de tubercule.
- Peux tu laver et éplucher ces légumes ? Ensuite il faudra les cuisiner, je vais t’aider après avoir vérifié si mes préparations en cours sont en bonne voie.
Anya regarda la surcharge de travail à ses pieds, elle n’en pouvait plus, c’était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase.
- Maintenant ça suffit !
Elle poussa un cri de rage et de frustration, Oroky s’arrêta net et la fixa de l’étonnement dans les yeux et un peu d’amusement.
- Que se passe-t-il ma fille ?
- Tu me demandes ce qui se passe ?! Depuis des jours je ne fais qu’aller chercher des ingrédients en forêt, cuisiner et encore cuisiner ! J’en ai assez, je ne vois pas en quoi cela fait parti de mon entraînement ! Et où se trouve Onèan ? Tu me dis qu’il va très bien mais je ne l’ai pas revu depuis son départ !
La koradji affichait un regard flamboyant, sa poitrine se soulevait avec un rythme fou. Elle avait lâché sa tirade d’une traite sans prendre le temps de respirer. Le shaman resta un instant abasourdi, puis il sourit en se permettant même de rire doucement.
Anya le fixa incrédule, il se moquait d’elle ou quoi ? Elle s’apprêtait à reprendre la parole, mais le shaman l’arrêta en levant la main.
- Et bien, il t’en a fallu du temps pour réagir, je pensais que cela arriverait plus tôt.
- Pardon ?
Oroky sourit en s’approchant de la jeune fille.
- C’est bien d’obéir aux ordres, mais pense aussi à demander pourquoi tu travailles, tu ne penses pas ?
Anya était soufflée, il s’était bien moqué d’elle, son esprit se remplit soudainement d’image de meurtre. La jeune fille baissa la tête en passant une main dans ses cheveux, puis elle respira profondément avant de reprendre la parole.
- Alors pourquoi je fais tout ça ?
- Pour la grande réunion des shamans des clans qui aura lieu demain soir quand la lune sera levée.
- Tous les shamans des clans …
La jeune fille réalisa soudain en écarquillant les yeux.
- Mais il y aura combien de personnes ?
- Une centaine j’imagine, sûrement plus je dois oublier quelques apprentis.
- Et bien, reprit la jeune fille, maintenant je comprends la quantité.
- Les autres shamans devraient arriver à partir de demain, je sais qu’ils apporteront aussi quelques petites choses, mais je préfère être large. Quand tu auras terminé, tu iras nous chasser encore quelques gibiers.
- Et pour Onèan ? Demanda Anya.
Oroky soupira de nouveau.
- Ne t’inquiète pas, tu le retrouveras ton amou …
Il s’arrêta avant d’en dire trop, la jeune fille écarquilla les yeux, elle avait bien compris ce qu’il s’apprêtait à dire.
- Il a un rôle très important à jouer pour demain soir, il arrivera en temps voulu et tu pourras le revoir.
Avant qu’elle puisse lui demander plus d’explications, il tourna les talons pour aller voir ses préparations secrètes. Le shaman laissa la jeune fille bouche bée devant deux sacs pleins de tubercules qui n’attendaient que ses soins.
Elle soupira de plus belle, elle n’avait pas à douter que le vieil homme avait compris la relation qui existait entre les deux jeune gens. Anya accusait le coup, mais pour le moment s’il n’avait rien dit c’est qu’il n’était pas contre. Elle devrait en parler avec Onèan dés qu’elle le verrait, elle avait hâte de pouvoir le sentir à nouveau près d’elle.
La koradji saisit les sacs et elle se mit en route en direction du ruisseau situé non loin de l’orée de la forêt. Les douleurs dans son dos lui rappelèrent qu’elle avait besoin de repos. La jeune fille était sûre d’une chose maintenant, elle détestait vraiment les tâches ménagères.
Le lendemain, les premiers groupes de koradjis arrivèrent, Oroky les accueillait avec enthousiasme, il connaissait la plupart d’entre eux intimement. Anya vit son travail largement allégé grâce à l’aide des autres apprentis, elle se sentait moins seule aussi.
Au fur et à mesure des nouveaux arrivants, la jeune fille vit peu à peu défiler tous les clans que comptaient la forêt, et même certains dont elle n’avait encore jamais vu de représentants. Il y avait les voisins du clan des Chênes Noirs, ceux des Ours Tonnerres et des Collines rouges. Mais aussi les clans du Nord, ils luttaient depuis toujours contre les orcs et les barbares des grandes plaines qui longeaient le bois. Ils regroupaient trois clans puissants dont le plus respecté et le plus fort, le clan des Griffes Sombres.
La jeune fille avait changé de vêtements, elle avait revêtu une robe de coton plus longue que la jupe, fendue jusqu’à mis cuisse, elle était tenue à la taille à l’aide d’une ceinture de cuir. Un corsage de cuir complétait sa tenue, une série de lacet en ruban serrait le bustier affinant sa taille. Elle espérait que l’écuyer apprécierait les efforts qu’elle aurait faits pour sa tenue, la jeune fille avait même fait attention à se coiffer avec soin mêlant ses plus belles plumes à ses cheveux.
En préparant le grand banquet qui aurait lieux après la cérémonie, Anya se lia d’amitié avec une autre apprentie shaman. Elle s’appelait Miko, elle venait du clan de la Grande Cascade, les koradjis de cette ethnie étaient connus pour la couleur particulière de leur fourrure, un gris cendré. La jeune fille ne faisait pas défaut, elle arborait tout le temps un sourire sur son visage.
- Anya, tu as l’air nerveuse, c’est la réunion de ce soir qui te met dans cet état ?
La jeune fille du clan de la Grande Cascade parlait avec un accent prononcé qui avait dérouté son amie au départ. Les yeux jaunes de Miko exprimaient autant de la curiosité que de la joie, elle était tout le temps prête à rire et à s’amuser. Elle avait un an de plus qu’Anya, mais elle était plus petite que sa camarade d’une dizaine de centimètres.
- Mon maître, Oroky, ne me dit rarement à l’avance ce qui arrive, alors je m’attends à tout pour ce soir.
- Tu n’as pas à avoir peur, c’est juste une réunion qui se tient une fois par an. Ils échangent leurs recettes, leurs découvertes, les dernières décisions prises par les chefs des clans.
- C’est plus une réunion entre amis alors ?
Miko sourit.
- Tu as tout compris, une bonne occasion pour faire la fête et voilà.
Les deux jeunes filles se mirent à rire.
- Mais, reprit Miko, ma maîtresse m’a dit que l’un d’entre eux devait faire une grande annonce ce soir, en rapport avec la destinée des dieux pour les koradjis.
Anya resta interdite, Oroky aurait il fait venir l’autre shaman pour préparer Onèan à cette rencontre ?
- D’ailleurs, tu m’as dit que tu étais là depuis quelques temps pour ton entraînement avec ton maître, j’ai entendu dire qu’il y avait un humain parmi nous, personne ne l’a vu et pourtant la rumeur semble sérieuse, tu l’as déjà vu toi ?
La jeune fille était prise au dépourvu, elle ouvrit la bouche en tentant de trouver une réponse adéquate. Oroky ne lui avait pas expliqué ce qu’elle devait dire et encore moins si elle devait garder le secret sur la présence d’Onèan dans la vallée.
- Je pense que tu auras la réponse ce soir non ?
- Oui tu as raison, je suis tellement curieuse, ma maîtresse est d’ailleurs bien ennuyée par mon penchant à fouiller dans ses livres.
Elles se remirent au travail en continuant de parler, Anya se demandait bien comment aller se passer la cérémonie.
La nuit était tombée depuis quelques temps, les bords du lac étaient illuminés par une myriade de torches. Ils étaient montés sur de grands bâtons qui donnaient une lumière douce et agréable. Les shamans et les apprentis s’étaient regroupés autour de cet îlot de lumière, tout le monde était réuni maintenant. Les discutions allaient bon train car ce qui était seulement des rumeurs au début étaient une certitude, un humain allait être présenté à toute l’assemblée.
Anya réussit à approcher Oroky au moment où il s’éloignait du reste de l’assemblée.
- Oroky, qu’est ce que ça veut dire ? J’entends parler d’Onèan partout où je me tourne.
- Evidemment, cette réunion va être un très grand moment pour lui.
- Je croyais que les humains n’étaient pas les bienvenus chez nous, et là j’ai l’impression qu’il va être jeté en pâture à toute l’assemblée.
Le vieil homme sourit en posant une main amicale sur son épaule.
- Tu n’as pas à t’en préoccuper, installe-toi dans les premiers rangs et profite du spectacle comme il se doit.
Oroky laissa la jeune fille un peu perdue, elle baissa la tête tentant d’interpréter les paroles du shaman. Miko apparut soudainement à ses cotés avec son éternel sourire. Inscrit sur le visage, elle était toute excitée.
- Je te cherchais, viens avec moi j’ai réussit à avoir de bonnes places devant.
Anya regarda un instant sa nouvelle amie, après tout autant suivre les directives du shaman, elle verrait bien ce qui allait arriver.
- Je te suis.
Les deux apprenties allèrent s’installer parmi les spectateurs.
De son coté, Oroky marcha jusqu’à un grand rocher, là il retrouva son ami Sekti en compagnie d’Onèan. L’écuyer était dans un tel état de nervosité qu’il avait du mal à rester en place, appuyé sur le rocher il tapotait la pierre sans pouvoir s’arrêter.
- Et bien, tu m’as l’air sur les dents, lança le shaman en arrivant.
- Je ne suis pas prêt, pas après seulement une semaine d’entraînement.
- Mais si, intervint Sekti, je sais ce qui s’est passé pendant une semaine et tu ne peux pas être mieux préparé.
- Vous croyez ?
- J’en suis sûr.
Le shaman donna une grande claque dans le dos du jeune homme qui faillit tomber par terre.
- Il ne reste plus que toi pour que je commence mon petit discours, lança Oroky.
- Je vais m’installer parmi les maîtres, j’espère pour toi que tu seras rapide, j’ai attendu cette soirée depuis de longs mois.
- Comme tout le monde je pense, répondit son ami avec joie.
Sekti les quitta pour rejoindre les lumières, Oroky regarda le jeune homme, il avait les yeux baissés en serrant les mains.
- Reste calme, tu n’as pas à t’en faire.
- Tu serais comment si tu devais faire face à une assemblée d’humains.
Le shaman sourit.
- J’aime bien ton image, elle est très juste, même si la situation est à ton désavantage tu dois faire confiance en tes pouvoirs. Mets la cape et suis moi, nous allons approcher de la tribune, je ne voudrais pas que l’effet de surprise soit gâché aussi rapidement.
- Tu aimes vraiment faire des entrées fracassantes.
- Le spectacle aura d’autant plus de saveur, tu ne penses pas ?
- Si tu le dis …
L’écuyer mit la cape qu’il avait amenée et la revêtit, prenant bien soin de rabattre la capuche pour que personne ne voie sa vraie nature. Le jeune homme pouvait malgré tout apercevoir tout ce qu’il se passait. Il put ainsi se rendre vraiment compte du nombre de koradjis qui lui faisaient face. Ils étaient si nombreux qu’ils prenaient toute la bordure du lac.
Onèan hésita, ses jambes devenues soudainement très lourde. Le shaman se retourna, l’incitant à le suivre, il se remit en marche, le jeune homme ne pouvait pas faire machine arrière. Une dizaine de shamans était rassemblée devant les autres, Sekti avait prit place parmi eux, il était en grande discussion avec son voisin de droite.
Oroky se pencha vers son élève.
- Nous allons attendre là que Maître Nanté annonce le début de la cérémonie et nous pourrons approcher.
Onèan hocha la tête sans dire un mot, trop nerveux pour le faire de toute façon.
Un shaman se leva du petit groupe et marcha jusqu’au centre de la plage en bordure du lac, là il contempla un instant toute l’assemblée. Peu à peu le silence se fit parmi les spectateurs, bientôt seul le chant des insectes nocturnes se faisait entendre.
Au bout de quelques minutes, le koradji écarta les bras comme pour attraper la foule rassemblée face à lui.
- Bienvenu à vous tous, shamans et apprentis venus de tous les clans que comptent le bois de Veraï, la grande Cérémonie de la Lune va pouvoir commencer.
Des applaudissements et des cris enjoués répondirent à la tirade du shaman, celui-ci sourit laissant le calme revenir par lui-même.
- Avant de débuter les festivités, la shaman Oroky du clan des Chênes Noirs souhaite nous entretenir d’une grande nouvelle, je lui laisse la parole.
L’orateur désigna de la main le vieux koradji et la personne à ses cotés avant de se rassoir. Oroky apparut alors dans la lumière, suivi de près par une silhouette cachée sous une grande cape. Anya laissa échapper un cri de surprise, elle avait facilement reconnu Onèan au coté de son maître, que préparait il ?
- Merci Maître Nanté, fit il en s’inclinant, je serais direct, nous souhaitons tous évidemment commencer la cérémonie j’imagine.
Des rires lui répondirent.
- Mais je dois vous annoncer une grande nouvelle, reprit Oroky, je sais que beaucoup d’entre vous ont lu dans les étoiles qu’une ère de changement s’apprête à bouleverser notre vie à tous. Je viens vous amener la preuve que tout cela a déjà commencé et que la grande roue du destin vient de se mettre en route.
Le shaman se tourna vers l’écuyer toujours caché, après un instant d’hésitation, Onèan laissa tomber le vêtement qui le camouflait et fixa l’assemblée avec le plus de courage qu’il pouvait. Des cris de surprise retentirent, des shamans s’étaient levés n’en croyant pas leurs yeux. Les maîtres n’avaient pas cillé, Oroky les avait déjà prévenu de ce qu’il voulait faire.
- Alors il y avait vraiment un humain dans la vallée, lança Miko, mais c’est ton maître qui l’a dévoilé, tu étais donc au courant.
Anya était gênée.
- Je ne savais pas si je pouvais en parler, désolée.
- Mais il n’est pas notre ennemi ?
- Non pas lui, répondit Anya dans un souffle.
- Alors tu connais son nom, tu sais d’où il vient ? Lança Miko avec empressement. Il faut que tu me le dises, je voudrais tout savoir, s’il te plait.
- Attends peut être la fin du discours, tu veux bien.
- Bon, bon, j’attendrais un peu, mais j’espère que tu comptes me le présenter rapidement au moins.
- Je verrais ce que je peux faire.
Anya ne savait pas comment elle pouvait réagir devant l’empressement et la curiosité de sa nouvelle amie. Elle demanderait avant à Onèan s’il voulait bien la rencontrer avant d’en dévoiler plus sur le jeune homme.
Dans l’assemblée des appels étaient lancés, tous voulaient avoir des explications. Oroky fit ramener le silence en levant les bras.
- Je sais que les humains ne sont pas les bienvenus parmi nous, trop de souvenirs douloureux en sont liés, mais souvenez vous de la prophétie, quand la magie renaîtra dans les terres de l’Ouest, alors le temps du renouveau débutera pour l’ancien monde et la paix renaîtra de ses cendres. Et ce jeune homme qui se tient devant vous représente la renaissance de la magie parmi les humains !
Des discutions s’engagèrent partout, certains y croyaient, d’autres pas du tout. Avant que les discours s’enveniment, Maître Nanté intervint.
- Mes amis, laissons ce jeune homme nous prouver les dires d’Oroky, qu’il fasse usage de cette magie qu’il dit avoir en lui.
Tous les shamans acquiescèrent, ils attendaient de voir de leurs yeux cette magie. Le vieux koradji regarda son apprenti en souriant.
- Tout est entre tes mains maintenant Onèan, à toi de changer l’avenir de tous les peuples des terres anciennes.
La pression écrasait littéralement l’écuyer, mais le shaman avait raison, trop de chose dépendait de cet instant pour qu’il ne gâche tout. Reprenant du courage, il se remit bien droit gardant un regard franc et direct. Le jeune homme fit quelques pas en direction de la foule pour être bien au centre de l’assemblée.
Onèan parcourut la foule, son regard croisa celui d’Anya, il ne l’avait pas vu depuis si longtemps. Son cœur battit rapidement, ils échangèrent un sourire complice, ses craintes s’envolèrent pour laisser place à sa détermination.
L’écuyer ferma les yeux et se concentra, il laissa la magie l’envahir. Depuis son entrainement il lui était devenu naturel de faire appel à cette force en lui, les conseils de Sekti allaient maintenant porter leurs fruits. Il saisit la garde de son épée et il la tira de son fourreau, la brandissant devant lui levé au dessus de sa tête.
Onèan ouvrit alors les yeux et la salamandre sortit de la garde de son arme. Elle parcourut la lame pour l’enflammer totalement, la langue de feu se poursuivit pour former un serpent rouge orangé. La salamandre dansa à la pointe de son arme pendant quelques instants avant d’entourer l’écuyer comme pour le protéger. La tête se positionna au dessus de celle du jeune homme regardant dans la même direction que lui.
Les spectateurs ne purent s’empêcher de laisser échapper des cris de surprise, ils ne s’attendaient pas à voir un pareil prodige. Même Anya ne pouvait se détacher de la langue de feu, il n’y avait plus rien à voir avec celle qu’elle avait vu auparavant. Le sort obéissait aux ordres de l’humain, il avait réussi à trouver l’équilibre avec sa magie.
Oroky avança à la hauteur d’Onèan, il affichait un sourire de satisfaction sur le visage.
- Je vous présente Onèan Terrenoir, le premier Mage Paladin du renouveau des anciens ordres.
Le jeune homme se redressa faisant bruler plus fort la salamandre qui siffla de défi en direction des spectateurs.
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Dans un chemin boueux au milieu de bosquets éparses, une petite troupe avancée, la tête baissée, sans échanger de paroles. Les pas étaient lourds, s’enfonçant dans la terre meuble et humide du sentier. Elifain glissa dans une flaque de boue et manqua de tomber, Brom à coté d’elle la rattrapa avant qu’elle ne s’affaisse sur le sol.
- Merci, répondit l’elfe en affichant un sourire fatigué.
Le forgeron l’aida à se remettre debout, elle était exténuée, comme tout le monde à divers degrés. Depuis trois jours et deux nuits, les compagnons fuyaient la cité de Paragahi, ne prenant que quelques heures de repos. Ils espéraient mettre le plus de distance possible entre eux et leurs poursuivants, les membres de l’Inquisition.
Mais après une telle marche forcée, ils commençaient tous à atteindre leurs limites, ils avaient besoin d’une nuit de sommeil pour récupérer.
- Nous n’allons pas continuer ainsi, lança Yurda à Lynaïs qui était en tête.
La jeune fille marchait toujours au même rythme et répondit sans se retourner.
- Nous devons prendre plus d’avance, encore une journée de marche.
- Regarde autour de toi, tout le monde est exténué, à ce rythme nous ne tiendrons pas plus de quelques heures.
- Nous avons l’Inquisition après nous.
L’écuyer saisit le bras de l’archère pour la stopper.
- Et que feras-tu s’ils nous attaquent maintenant, nous ne pourrons jamais les repousser dans l’état où nous sommes.
Lynaïs fixa d’un regard noir le jeune homme, puis elle regarda les autres, et elle se rendit compte que ses compagnons étaient exténués. Ses jambes étaient parcourues de courbatures et de douleurs qui la faisaient souffrir. Elle devait bien s’en rendre, la jeune fille baissa la tête.
- Désolée, tu as raison, il nous faut un abri.
- Se n’est rien, répondit Yurda, je comprends le danger que nous courrons, mais se n’est pas en fonçant tête la première que nous parviendrons à nos fins.
Il se tourna vers Impa.
- C’est bien dans cette zone qu nous avons vu des ruines non ?
- Si, une ancienne ferme fortifiée, elle pourrait nous servir d’abri pour cette nuit.
- Alors allons y pour ce soir.
Le groupe se remit en route avec un peu plus d’entrain, le repos proche faisait renaître un peu de vigueur dans les corps fatigués. Moins d’une heure après, ils furent en vu du lieu de campement. Comme l’avait du Yurda un peu plus tôt, le bâtiment était une ancienne ferme fortifiée qui n’était plus qu’une ruine maintenant, il y avait deux entrées, l’une était impraticable barrée par un tas de terres et de gravats la condamnant. Au nord, l’un des murs était en partie écroulé, un accès supplémentaire à la ferme.
Le groupe pénétra dans l’enceinte, ils se dirigèrent vers la maison principale qui avait encore un toit. Ils firent entrer aussi le cheval pour ne pas le laisser à l’extérieur, les jeunes gens se relâchèrent enfin.
- Nous ne pouvons pas faire de feu pour le moment, lança Yurda, nous ne savons pas si nos poursuivant sont près ou pas.
- C’est dommage, j’aurais bien voulu manger chaud, répondit Fared en laissant tomber son paquetage au sol.
- Je sais bien, mais mieux vaut ne pas prendre de risque.
- Les nuits ne sont pas encore froides, fit Lynaïs, il faut en profiter, nous allumerons un feu une fois en forêt.
Les compagnons se dispersèrent au réez de chaussée de la battisse, chacun trouvant une place pour la nuit. Yurda se remit pourtant debout pour sortir à nouveau.
- Je vais prendre le premier tour de garde, annonça t’il.
- Je te remplacerais, répondit Lynaïs.
L’écuyer hocha la tête avant de sortir. Les compagnons se préparèrent à passer leur première nuit de repos après de longues journées de marches presque ininterrompues.
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Les hommes en noirs avançaient rapidement sur le sentier forestier, les chevaux galopaient presque, poussés par leur cavalier. Keridan était à leur tête, il faisait tout pour accélérer le rythme, il voulait retrouver les fuyards pour se délecter de leur capture. Surtout, le jeune noble jouait gros sur cette affaire, il avait eu en charge la poursuite par le grand maître de l’Inquisition de Paragahi.
- Ils ne sont plus très loin, lança l’homme qui chevauchait à ses cotés.
Solas était un inquisiteur envoyé spécialement avec lui et ses hommes pour l’aider. Il était particulièrement inquiétant, restant sans arrêt en retrait, marmonnant seul dans son coin. L’homme gardait sa capuche sur sa tête comme pour se protéger de la lumière du soleil.
- Vous ne pensez pas qu’ils ont prit plus d’avance ?
- Ils sont à pied, et ils n’ont pas du beaucoup s’arrêter, ils doivent maintenant être tellement fatigués qu’ils vont devoir s’arrêter tôt ou tard.
L’inquisiteur se mit à sourire, glaçant le sang du noble.
- J’ai un moyen à moi pour pouvoir les trouver, et je peux vous assurer Cerissac que nous nous approchons de plus en plus d’eux.
- J’ai hâte.
Le jeune noble éperonna sa monture pour la faire accélérer, il voulait les avoir enfin au creux de sa main.
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Sir Nartero reposa le livre, il l’avait entièrement lu et il avait enfin tout compris. Son écuyer savait beaucoup de choses qu’à son tour il comprenait maintenant, et surtout pourquoi l’Inquisition faisait tout pour faire taire ceux qui était au courant. La vérité était terrible, tous ces mensonges, lui un chevalier protecteur il avait été abusé par ses supérieurs, par l’Empereur lui-même qu’il servait toujours avec diligence.
Le chevalier était vraiment écœuré, il ne voulait plus se battre pour des personnes qui se moquaient bien d’eux et de tous les habitants du Conglomérat. Mais que pouvait il faire lui seul, au fond d’une cellule ? L’homme sentait la douleur de ses blessures, il serra les dents, au moins il était vivant même enfermé ici.
Des pas raisonnèrent dans le couloir, et une clé tourna dans la serrure. Sir Nartero se redressa contre le mur, il prit garde de cacher de nouveau le livre dans sa chemise. Un garde entra dans la cellule, mais il s’écarta pour laisser la place à une personne derrière lui, c’était Sir de Partdois. Le commandant des chevaliers de Paragahi demanda à rester seul avec le prisonnier, après un instant de silence le garde sortit en refermant la porte.
- Edwin, qu’est ce qui vous a pris ?
Sir Nartero soupira en baissant la tête.
- Je me suis laisser emporter, mais je ne regrette rien.
- J’ai tenté de vous faire sortir d’ici, mais les chefs de l’Inquisition ne veulent rien savoir.
Le commandant secoua la tête.
- Je n’aime pas ses hommes en noir, mais ils ont beaucoup de poids dans le Conglomérat.
Le chevalier prisonnier releva soudainement les yeux en le fixant, pouvait il lui faire confiance ? Il décida de tenter le coup, il n’avait rien à perdre.
- Sir De Partdois, ne trouvez vous pas parfois qu’ils essayent de nous cacher des choses ?
Le commandant le regarda sans comprendre.
- De quoi voulez vous me parler ?
- L’Inquisition.
- Vous avez déjà eu beaucoup d’ennuis, n’en rajoutez pas.
- Sir Rodéric Terrenoir a disparu, puis son fils, maintenant ils n’hésitent pas à attaquer les gens sans raison, en pleine rue.
Le commandant resta dubitatif.
- Je ne vois où vous voulez en venir.
Sir Nartero retira le livre caché de ses vêtements et le tendit à son officier.
- Lisez ça et vous comprendrez, mais surtout ne le montrez pas à l’Inquisition, ni même à une autre personne si vous n’avez pas entièrement confiance en elle
Sir De Partdois hésita, puis il saisit le livre et le mit dans sa poche. Il ne savait pas pourquoi il le faisait, mais l’homme connaissait trop ce chevalier pour savoir qu’il n’avait jamais prononcé une parole qui puisse le désigner comme un traitre comme l’accusait l’Inquisition.
- Reposez vous pour le moment, je vous ferais venir de la nourriture et des soins, ayez confiance je ne vous laisserais pas enfermer ici.
- Merci Commandant, lisez le et vous comprendrez.
L’homme salua le chevalier et sortit de la cellule. A nouveau seul, Sir Nartero se laissa aller contre le mur de la prison, il avait posé la première pierre en espérant avoir fait le bon choix.
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