Bonjour les lecteurs ^^
Magie, magie, magie, voilà ce qui perce le quotidien d'Ekart, il découvre ses pouvoirs et ce qu'il peut en faire. Avec Rosaline, il apprend aussi à ouvrir son coeur vers les autres, et le jeune homme n'imagine jusqu'où cette adolescente peut l'emmener.
Patinil est passée à la seconde étape, elle est tout aussi difficile et douloureuse. Mel souffre avec elle, accompagnant son amie de tout son coeur et toute son âme. Un lien puissant lie peu à peu les deux jeunes filles, forgée dans la douleur.
Bonne lecture ^^
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CHAPITRE 56
Le légendaire ouvrage - Naissance
Après leur petite aventure au sixième étage interdit, Ekart et Rosaline devinrent de véritables amis. Le diplomate aidait l’adolescente à prendre confiance en elle pour répondre aux attaques de ses camarades. De son coté, Rosaline aidait le jeune homme à avancer plus vite dans les cours, en lui expliquant des choses qu’il ne connaissait pas encore sur la magie.
Bien que difficile au départ, une amitié s’était doucement formée entre les deux jeunes gens. Ces liens ne plaisaient pas à tout le monde dans leur groupe d’élèves, en particulier Merti et sa bande. Malgré les remontrances et la punition qu’il avait reçue à cause de son inconscience, le jeune homme restait toujours aussi imbu de lui-même. Il en avait même gardé un sentiment de vengeance envers ceux qui l’avaient dénoncé au premier maître.
Maintenant il cherchait un moyen de leur rendre leur monnaie de la pièce. L’adolescent avait réussi à trouver une clef qui lui donnait accès au bureau du professeur des enchantements, une mine d’or pour trouver des idées intéressantes.
- Merti, il ne faut pas que nous restions ici, c’est dangereux, lança Naka.
L’adolescent ne tenait pas en place.
- Mais de quoi tu as peur, répondit Merti, Shila est occupé avec Kilan.
Leur ami lui avait demandé de revoir quelques sorts, l’homme aimé tellement son métier, qu’il n’hésitait jamais à rester longtemps après les cours pour poursuivre son enseignement. Pourtant Naka jetait des coups d’œil nerveux dans le couloir en se serrant les mains d’angoisse.
- Tu vas arrêter de t’agiter ainsi.
- Mais nous risquons le renvoi.
Merti laissa tomber cet imbécile et poursuivit sa fouille. Il avait une baguette très intéressante qui détectait tous les sorts de protections, il ne voulait pas tomber sur un piège. L’adolescent trouva un tiroir étrangement bien protégé, il chercha dans sa poche et en retira un sort de dissipation. Merti avait de la chance d’avoir un grand frère qui faisait souvent le mur à la maison, il payait son silence avec des sorts très utiles.
Le jeune homme lut lentement, prononçant chaque syllabe qui disparaissait au rythme de sa diction. Quand tous les mots eurent disparu, un cliquetis retentit, le tiroir était ouvert et les sorts devenus inopérants. Merti afficha un grand sourire, il n’attendit pas plus longtemps et il l’ouvrit doucement pour voir son contenu.
Une liasse de parchemins était retenue par un ruban rouge. Il le sortit et il se mit à les feuilleter lentement, en lisant les titres. Ses yeux s’illuminèrent soudainement, il tenait enfin quelque chose de très intéressant. Sans attendre, il prit la feuille et remit le feuillet dans le tiroir avant de le refermer consciencieusement. Le sort se remit automatiquement comme si rien ne s’était passé, une chance pour effacer toutes les traces du passage des rodeurs.
Les deux élèves quittèrent le bureau en prenant garde de bien refermer la porte, il ne fallait surtout pas laisser une trace de leur passage qui pourrait montrer qu’ils y avaient pénétré sans autorisation et surtout en l’absence du professeur.
- Tu es sûr que tu as tout rangé ?
- Mais tu vas arrêter d’avoir peur pour rien, j’ai enfin trouvé ce qui me permettra d’avoir ma vengeance.
- Tu … Tu as prit quelque chose dans son bureau ? Mais tu es fou !
- Il n’y a aucun risque, en plus ce document je ne vais pas le garder longtemps.
- Mais qu’est ce que s’est ?
- Un appât qui fera mordre un gros poisson à coup sûr.
Merti souriait, il avait trouvé un document très précieux et ces deux imbéciles allaient tomber dans son piège pour son plus grand plaisir.
- Par contre il faut qu’ils mettent ma main dessus sans que cela vienne d’un de nous, mais comment allons nous faire ?
Naka secoua la tête sans savoir quoi répondre. Les deux élèves rejoignirent Kilan qui les attendait dans une salle d’étude, il se leva brusquement en les voyant arriver.
- C’est bon, vous ne vous êtes pas fait prendre ?
- Si nous sommes là, c’est que tout va bien, railla Merti.
- Et j’espère que je n’ai pas fait ce cinéma avec le vieux pour rien.
- Je te rassure Kilan, j’ai trouvé le moyen de les piéger.
Le jeune homme sourit, contrairement à leur troisième compagnon, lui aussi avait soif de faire payer l’humiliation qu’ils avaient reçue.
- Et c’est quoi ?
- Un grimoire mythique, le livre d’Atye.
- C’était un archimage qui a vécu il y a plusieurs siècles non ? Fit remarquer Naka.
- Oui tu as tout à fait raison, répondit Merti, et la cachette de son célèbre grimoire est indiquée ici.
Kilan bondit sur place.
- Alors autant allez le chercher nous même !
Merti poussa une exclamation de moquerie.
- Et toi tu irais voir ce qui se passe dans les parties les plus anciennes et les plus reculées de la grande bibliothèque ?
Les deux élèves blanchirent.
- Tu veux dire les allées les plus éloignées ? Demanda Naka. Celles où des mages auraient disparu sans laisser de traces ?
- En effet, et c’est là que nous allons envoyer ces deux gêneurs.
- Tu es sûr qu’ils se laisseront prendre au piège ?
- Un livre aussi précieux, c’est assuré.
Naka souleva un problème important.
- Mais comment leur donner le parchemin sans qu’ils ne se doutent de quelque chose.
- Il faut faire en sorte qu’ils tombent dessus par hasard.
Kilan releva la tête subitement.
- Pourquoi ne pas la glisser dans le sac de miss je sais tout pendant la pause ?
- Elle pourrait tomber dans le panneau facilement, rajouta Merti, elle est toujours prête à s’enflammer pour tout ce qui est ancien et qui peut la mettre en valeur. En plus, elle traine tout le temps de vieux livre dans son sac, elle ne se doutera pas qu’il a été mit ici par l’un de nous.
Le jeune homme tapa dans ses mains.
- C’est décidé, reprit il, demain je glisserais le parchemin dans ses affaires sans qu’elle ne le voit pendant que vous les occuperez.
Les conspirateurs mirent au point leur piège avec application.
- Tu ne trouves pas étranges ces excuses présentées par ces deux là ? Demanda Ekart.
- Ils sont peut être devenus raisonnables, répondit Rosaline.
- Tu ne devrais pas croire que tout le monde est gentil.
L’adolescente haussa les épaules.
- Tu n’as donc pas de cœur ? Ils m’ont paru sincères.
Le diplomate laissa son amie parler, il sentait qu’il y avait quelque chose de pas clair dans leur regard, une lueur qu’il n’aimait pas beaucoup.
Le cours reprit peu après, Rosaline prit un livre dans son sac quand un parchemin s’en échappa. Surprise, l’adolescente se baissa pour le ramasser, elle se mit à le lire. Son visage changea d’expression et elle donna un coup de coude à son ami à coté d’elle.
- Regarde ce que j’ai trouvé dans le livre que j’ai récupéré à la bibliothèque.
Ekart se pencha vers elle pour regarder ce qu’elle lui montrait. C’était un vieux parchemin qui parlait d’un mage nommé Atye, il n’en avait encore jamais entendu parler.
- Qui est cet homme ?
- Tu ne connais vraiment rien à la magie, Atye était un grand mage qui a fait parti des grands maîtres du Concile, il a découvert de nombreux secrets sur d’anciens sortilèges puissants, il en a aussi inventé des centaines.
Le diplomate haussa les épaules.
- Et en quoi ce bout de papier qui raconte sa vie pourrait être intéressant ?
- Mais tu ne te rends pas compte de ce qu’il y a d’inscrit dessus ?!
Ekart leva un sourcil interrogateur au grand désespoir de Rosaline qui soupira de plus belle.
- Une partie de ses travaux n’ont jamais pu être retrouvé, il s’amusait à mettre tout un tas d’énigmes, mais sur ce parchemin se trouve l’endroit où nous pourrions trouver le grimoire perdu d’Atye !
- Comment ce document aussi précieux aurait pu se trouver dans ce livre ?
- Je n’en sais rien mais ce n’est pas le problème, les feuilles volantes peuvent très bien se retrouver coincées entre deux ouvrages sans que cela soit visible.
Ekart resta dubitatif.
- De toute façon nous avons là une opportunité unique de mettre la main sur un livre rare et puissant, quelle découverte pour la magie.
- Et pour toi je présume.
L’adolescente le foudroya du regard, mais elle devait bien se rendre compte qu’il avait raison sur ce point aussi.
- Oui évidemment, mais pour toi aussi, il faut que nous allions le chercher.
- Attends un peu, je me demande bien pourquoi d’un seul coup tu trouves ce parchemin, tu ne te poses pas la question ?
- Non pourquoi ?
Ekart secoua la tête, elle ne retenait jamais rien décidément.
- Je sens que c’est un piège préparé par Merti et sa bande, cela expliquerait pourquoi ces deux là nous ont fait cette grande déclaration.
- Tu vois le mal partout, moi en tout cas après les cours je vais à la grande bibliothèque pour trouver le grimoire, avec toi ou pas !
Rosaline rangea soigneusement le parchemin dans son sac avant de reprendre ses exercices. Le jeune homme ne pouvait pas s’empêcher de penser que tout cela sentait le coup fourré à plein nez. Il se tourna vers Merti pour en avoir le cœur net, étrangement il les fixait avec beaucoup d’attention. L’adolescent replongea soudainement dans ses livres quand il se vit observer par le regard perçant du diplomate.
Ekart fit la moue, il n’aimait vraiment pas ce qui se tramait. Il aurait mis sa main à couper que Merti avait quelque chose à voir avec cette découverte.
- Vas plus vite, ce n’est pas possible à quel point tu es lent ma parole, lança Rosaline qui courrait presque dans les couloirs.
Ekart se demandait encore comment il avait pu se laisser convaincre de participer à cette aventure. Il avait un peu trop baissé sa garde ses temps-ci, il allait devoir reprendre un peu plus de sérieux pour sa future carrière. Pour le moment, le jeune homme suivait son amie en trainant les pieds malgré tout.
Peu après, ils furent dans le hall de la grande bibliothèque qui était ouverte jour et nuit. Ekart se rappela encore la première fois qu’il avait pénétrée dans ce lieu avec le premier maître du Concile, émerveillé par ce qu’il voyait. Là encore, il resta dans l’entrée, contemplant les rangées de livres et les petites barques qui volaient dans les airs portant des livres ou des personnes.
Rosaline se retourna les mains sur les hanches.
- Tu n’as donc jamais vu une bibliothèque ?
- J’ai vu bien plus de livres que toi dans ta courte vie, répondit Ekart avec morgue.
- C’est vrai que tu es si vieux que ça.
L’adolescente marcha vers les barques, le diplomate était médusé, il ne s’attendait pas à la voir se défendre aussi bien. Décidément, il avait baissé sa garde, il allait devoir remédier à ça rapidement.
Le jeune homme rejoignit son amie dans une petite embarcation et la jeune fille fit voler la barque avec attention.
- Tu sais bien les manier, je n’ai pas senti le décollage.
- Je viens souvent ici depuis que je suis à l’école de magie.
- Pour échapper à tes camarades peut être ?
Rosaline fit faire une embardée à la barque qui tomba soudainement, manquant de faire passer par-dessus bord le jeune homme.
- Et bien, qu’est ce qui t’a pris ?
- N’ennuie jamais le pilote, répondit Rosaline.
Ekart sourit, préférant ne rien ajouter.
La barque s’éleva de plus en plus haut dans la bibliothèque, les autres barques filaient à une allure folle, si par malheur deux se percuter, elles seraient réduites en poussière. Le jeune homme se pencha vers l’adolescente.
- Nous devons monter jusqu’où ?
- Selon les indications du parchemin jusqu’au vingtième étage, et ensuite plonger vers la neuvième section.
Après plusieurs minutes de recherche, ils trouvèrent la bonne zone de l’étage. Avec douceur, Rosaline fit atterrir la barque sur un embarcadère adapté. Ils mirent pied à terre et regardèrent autour d’eux, les allées étaient désertes et sombre, beaucoup de poussière et de toiles d’araignée envahissaient les espaces.
- Et bien, il n’y a pas grand monde qui passe par ici, remarqua Ekart.
- Encore un indice qui montre bien que nous avons une chance de trouver le livre ici !
L’adolescente prit la première allée devant elle, le diplomate hésita, regardant la barque derrière lui, puis il suivit son amie. Ils avancèrent sans bruit, soulevant des tonnes de nuages de poussières. La lumière devenait de plus en plus rare, Rosaline prit l’une des lanternes pour éclairer leur chemin.
La section semblait bien plus grande qu’ils ne l’auraient cru, ils arrivèrent à une grande allée centrale qui desservait encore de nombreuses rangées d’étagères. Tout était plongé dans le noir, la lumière de la lanterne n’éclairait pas beaucoup autour d’eux.
- C’est vraiment très grand !
Ekart tournait la tête en tout sens.
- Je ne pensais pas que la bibliothèque était aussi étendue également.
- Il y a d’autres indications sur le parchemin ?
Rosaline approcha la feuille de la lanterne.
- C’est vague, il parle de la gauche, mais je pense que nous devrions aller par là.
Ils marchèrent dans la direction indiquée, après quelques pas, la jeune fille repéra un symbole sur une étagère.
- Là regarde, un corbeau, le même que sur le parchemin, c’est par là c’est sûr !
Ekart opina de la tête, reconnaissait aussi le dessin. Ils prirent l’allée en courant presque, cherchant à trouver d’autres symboles. Tout à leur ouvrage, les deux amis ne se rendirent pas compte qu’ils tournèrent plusieurs fois dans les allées, sans prendre garde de la direction d’où ils étaient arrivés.
Au bout d’un petit moment de recherche infructueuse, le diplomate regarda autour de lui. Il fronça les sourcils en essayant de se repérer, et il fit la terrible découverte.
- Rosaline, nous avons un gros problème.
- Qui y a-t-il ?
- Je crois que nous sommes perdus.
- Mais non, nous avons juste pris cette rangée depuis l’allée centrale.
Ils revinrent sur leur pas et tombèrent sur un cul de sac.
- J’étais persuadé que nous avions pris cette direction ?
- Essayons l’autre sens, répondit Ekart.
A nouveau, ils se remirent en marche, mais ils tombèrent sur un croisement, en regardant sur le sol, aucunes traces n’étaient visibles.
- Qu’est ce que ça veut dire ? Fit Rosaline
Elle commençait réellement à s’inquiéter.
- Endarius m’avait parlé de mage qui avait disparu dans la bibliothèque, mais je n’y croyais pas.
- Qu’allons-nous faire ?
- Continuons.
Le diplomate prit la lampe et marcha en tête, suivi de près par l’adolescente qui ne voulait pas le perdre de vue. Mais malgré les nombreuses tentatives et changement de direction, ils n’arrivaient toujours pas à retrouver le bon chemin, ils étaient bel et bien perdus.
- Quelqu’un va surement nous chercher, Endarius par exemple ? Lança Rosaline.
- Et comment il nous chercherait, nous lui avons dit que nous ne venions pas ce soir, répondit Ekart.
L’adolescente sentit les larmes lui monter aux yeux, elle n’aurait pas cru se retrouver dans pareil situation. Le jeune homme comprenant ce que ressentait son amie, il devait prendre les choses en main et il tenta de la rassurer pour commencer.
- Tu n’as pas à avoir peur, tu me l’as dit toi-même, nous sommes seulement dans une bibliothèque non ?
Rosaline fit un petit sourire en opinant de la tête. Soudain une petite lueur apparut tout près d’eux, le jeune homme bondit de sa place.
- Là un globe lumineux, il y a quelqu’un !
Les deux camarades se mirent à courir dans la direction, ils arrivèrent dans un petit salon au fauteuil de cuir élimé. Le globe de lumière flottait dans les airs nonchalamment, ils cherchèrent du regard la personne qui l’avait invoqué, mais ils ne trouvèrent rien.
- Surement un sort éternel, fit Rosaline dépitée.
- Je me demande ce qu’il peut y avoir dans cette salle de si important pour qu’elle soit éclairée de cette manière.
Ekart se rapprocha des étagères pour voir de quoi il retournait. C’est alors que Rosaline s’exclama derrière lui.
- Oh ! Un rat de bibliothèque !
Le diplomate baissa la tête en soupirant.
- Tu ne crois pas que tu pourrais éviter ce genre de plaisanterie, toi aussi je te signale tu lis beaucoup.
- Mais non, dans le fauteuil, un vrai rat de bibliothèque.
Le jeune homme se retourna et contempla la scène en écarquillant les yeux, incrédules. Dans un des sièges en cuir matelassé, un gros rat noir se tenait assis devant un livre ouvert. Il avait la taille d’un chat adulte, avec des poils rêches et de longues moustaches. Il avait posé ses pattes avant sur ses cuisses comme une personne entrain de lire.
- Alors là je n’y crois pas, lança Ekart en s’approchant du fauteuil.
L’anima se tourna soudainement devant eux, faisant stopper les deux amis qui souhaitaient voir de plus près.
- Vous ne pouvez pas aller voir ailleurs si j’y suis, lança le rat avec une petite voix, je voudrais bien pouvoir lire en paix.
Les jeunes gens se regardèrent stupéfiés.
- Mais il parle, s’extasia Rosaline.
- Evidemment que je parle, tu t’attendais à quoi ?
Le rat se mit à réfléchir.
- Quoi que, je ne devrais pas parler normalement.
- Tu es un mage changé en rat ? Demanda l’adolescente.
- Mais c’est qu’elle m’insulte la gamine, je suis un vrai rat et je m’appelle Mordifère, et je voudrais que tu es un peu plus de respect pour ton ainé, j’ai plus d’un siècle !
Ekart était abasourdi, mais il ne devait pas perdre cette chance.
- Mordifère, tu nous sauves la vie, nous nous sommes perdus en cherchant un grimoire, pourrais tu nous aider à revenir dans l’allée centrale.
Le rat gloussa.
- Vous avez de la chance de tomber sur moi, il n’y a pas grand monde ici, je vais vous aider à revenir à la lumière.
- Merci beaucoup, fit Rosaline.
- De rien, mais vous cherchiez quel livre, je connais une grande partie des ouvrages qui se trouvent ici, j’ai eu le temps avec toutes ses années.
- Le grimoire d’Atye, répondit Ekart.
- Celui là ? Etrange, je ne vois pas ce qu’il a de spéciale, suivez moi.
Le rat sauta de son fauteuil et se mit à trottiner suivi par les deux jeunes gens. Après quelques instants, leur guide s’arrêta devant une étagère.
- La troisième rangée, le sixième en partant de la droite.
Rosaline saisit l’ouvrage avec précaution et l’ouvrit à la première page, Ekart se pencha par-dessus son épaule pour lire en même temps. Ils poussèrent une exclamation de surprise en même temps.
- « Les recettes de cuisines d’Atye » ! Mais qu’est ce que ça veut dire, ce n’était pas un livre de sorts puissants ?
- Atye était très connu pour ses repas qui enchantaient les papilles, toutes ses recettes sont de véritables trésors pour tous les cuisiniers.
Les deux jeunes gens s’étaient bien fait avoir, Ekart prit malgré tout le livre avec lui.
- Nous sommes venus pour lui, se serait dommage de partir sans.
- Bon je vous ramène ?
Peu après, ils se retrouvèrent à l’embarcadère, leur aventure se finissait bien grâce à une drôle de rencontre.
- Merci Mordifère, fit le diplomate, sans vous nous serions encore coincé là bas.
- C’est sûr, ce Merti qui vous a poussé à aller là bas ne vous voulait pas du bien.
- Nous n’en sommes pas sûrs que ce soit lui, lança Rosaline.
- Il y a trop de coïncidences, mais j’imagine sa surprise quand il nous verra avec le livre.
Le rat fit demi-tour.
- Je dois vous laisser, je n’aime pas trop me montrer.
- Attends Mordifère, fit l’adolescente, si nous revenons par ici, nous pourrons te revoir, je suis sûr que tu dois en savoir pas mal sur les ouvrages réunis ici.
Le rongeur la regarda.
- Pourquoi pas, vous me semblez sympathiques pour des humains !
- Alors à une prochaine fois.
Le rat se mit sur ses deux pattes arrière pour les saluer avant de disparaitre.
- Quelle rencontre, fit Ekart.
- Je voudrais bien qu’il devienne mon familier, renchérit Rosaline.
- Rentrons, finit le diplomate, il doit être tard.
Les deux camarades montèrent dans leur barque pour redescendre au niveau du sol. Ekart avait hâte d’être à demain pour voir la tête de Merti, il allait déguster chaque instant avec beaucoup de joie.
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La dernière journée de traitement lourd pour Patinil était enfin terminée, la jeune fille avait enduré la douleur pendant de longues heures. Bien que sa peau fût encore rouge, les cicatrices avaient belle et bien disparu, les souffrances et les larmes étaient du passé. La nuit était tombée dans la vallée cachée des mages.
La diplomate était assise dans un lit, elle était fatiguée après ce traitement difficile. Son visage était marqué et ses yeux rougis par les larmes. Mel était a ses côtés, l’écuyère avait affronté tout autant la souffrance que son amie, jamais elle n’avait lâché prise, elle était restée à ses cotés réconfortant son amie.
- Tu es bien installée ?
- Oui Mel, arrête de t’en faire pour moi, tu commences à ressembler à ma mère.
La jeune fille rougit un peu.
- Je voudrais que tu te reposes, tu en as besoin.
- Je sais, mais toi aussi tu es restée avec moi tout le temps.
La main de Patinil se posa sur celle de Mel.
- La main que tu as posée sur mon cœur était mon seul réconfort pendant ses heures difficiles, je ne l’oublierais jamais.
Les deux jeunes filles se regardèrent dans les yeux, elles ne pouvaient se détacher l’une de l’autre. Elles se rapprochèrent lentement comme attirée, mais elles rougirent et se reculèrent à leur place, Mel au fond de sa chaise et Patinil dans son lit.
Un silence gêné suivi, aucune des deux ne voulant prendre la parole, elles gardaient les yeux baissés en regardant leurs mains jointes. Enfin, les jeunes filles relevèrent en même temps le visage et elles se mirent à parler aussitôt dans une cacophonie complète. Patinil leva une main en souriant pour la faire arrêter.
- Je pense que nous devrions parler une à la fois se serait plus facile à se comprendre.
- Oui tu as raison.
- Tu veux commencer ? Demanda la diplomate.
- Et bien …
Mel hésita, elle ne savait pas comment prendre la parole. Patinil saisit sa chance pour prendre les devants.
- Je vais alors parler en première.
La jeune fille prit une profonde inspiration avant de se lancer.
- Ces derniers jours, sans toi je n’aurais jamais pu tenir face à autant de souffrance, ta présence, ton soutien, ta main posée sur mon cœur.
Elle saisit de nouveau la main de son amie en la serrant dans la sienne.
- Je sens en moi quelque chose de totalement inconnue quand je suis avec toi, je ne l’avais encore jamais ressenti.
Patinil regarda Mel dans les yeux, l’écuyère se rapprocha alors de son amie.
- Je … Je crois que je …
L’écuyère se pencha sur son amie, elle-même s’avança vers Mel en se relevant de ses oreillers. Elles échangèrent un baiser doux, presque du bout des lèvres, elles restèrent quelques instants proches l’une de l’autre avant de s’embrasser de nouveau avec un peu plus d’assurance.
Mel s’assit sur le lit de Patinil pour être plus prêt de la jeune fille, leurs mains étaient toujours étroitement jointes.
- Je ne pensais pas que mes sentiments étaient partagés, fit Patinil d’une petite voix, moi-même je n’étais sûr de rien, c’est la première fois que je suis … Que je suis amoureuse.
Patinil rougit, tout comme Mel.
- Tu n’as pas être gênée, je le suis tout autant.
- J’avais peur que tu ne ressentes pas la même chose, comme tu avais embrassé Onèan.
L’écuyère secoua la tête rapidement en se redressant.
- C’était plus par jeu, je voulais surtout l’embarrasser devant tout le monde.
Les deux jeunes filles rirent, après ses larmes un peu de joie faisait tant de bien.
- A partir de demain je vais m’occuper de toi, tu vas très vite te sentir mieux.
- Je voudrais plutôt que tu penses un peu à toi aussi s’il te plait.
Mel regarda Patinil sans trop comprendre.
- Tu ne m’as parlé d’un projet hier, reprit la diplomate, je voudrais que tu le mènes à bien.
- Tu veux dire pour les armes des gardes ?
- Oui, nous n’allons pas pouvoir rester longtemps, dans une semaine tout au plus nous devrons partir, sinon notre absence sera trop longue, nous sommes ici depuis bientôt un mois.
- Et toi que vas-tu faire ?
- J’ai demandé à Maîtresse Malna de me faire amener des documents depuis la grande bibliothèque pour prendre des notes pour nos recherches.
Mel faisait la moue.
- J’aurais cru passer un peu plus de temps avec toi, pour approfondir nos sentiments.
Patinil caressa la joue de son amie avec tendresse.
- Nous aurons encore sûrement de nombreuses journées ensemble, mais pour le moment je veux que tu suives ta route toi aussi.
- Comme tu veux, je vais suivre tes conseils, répondit Mel.
L’écuyère se pencha vers Patinil et déposa un baiser tendre sur ses lèvres.
- Pour l’instant tu devrais prendre du repos, Malna a été catégorique la dessus.
- Par la faute de qui suis-je encore réveillée ?
Les deux jeunes filles échangèrent un sourire.
- Couchez vous Miss Ojir.
- Oui mademoiselle Davard.
Patinil s’enfonça sous les couvertures, Mel ne put s’empêcher de caresser les cheveux de sa compagne.
- Bonne nuit.
- Bonne nuit Mel.
Avant de retourner dans sa couche, l’écuyère garda le plus longtemps possible sa main dans celle de la diplomate. Elles s’endormirent tourner l’une vers l’autre dans leur lit respectif comme pour ne pas se quitter des yeux même une fois endormie.
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