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Jeudi 31 mai 2012, 17:34


Voici une histoire écrite par Trimor et dont le titre est Océan - chapitre 35 - Joie et larmes mêlées.

CHAPITRE 35
Joie et larmes mêlées


Deux marins elfes tiraient de concert pour amener les voiles, le bateau arrivait enfin à destination après une semaine de voyage qui avait paru un mois entier pour l’équipage et surtout pour les passagers. Ils avaient hâte de retrouver enfin la capitale Malath’Rhyne libérée du joug du dictateur qui les avaient chassé.
- Maman regarde au sommet de la grande tour, c’est les couleurs du Royaume !
Noralia était perchée sur une vergue pour voir de plus haut l’horizon. Loralia Da’Hine la laissait faire, elle avait vite compris que sa fille avait pris l’habitude des navires depuis son séjour en mer. L’elfe s’approcha du bastingage en souriant, elle voyait le faucon voler au ras des vagues sur fond or flotter de nouveau sur le château.
- Je les vois Noralia, je les vois.
La reine sentit les larmes couler sur ses joues, elle avait tant espéré revoir un tel spectacle. Son cœur était rempli de joie comme rarement elle en avait connu. La princesse était toujours sur son perchoir, elle tourna son regard vers la baie protégée par les digues. La petite fille fit presque un bon sur place.
- Je vois les bateaux dans le port, il y a l’Aurore Boréale avec pleins d’autres navires.
Le corsaire était amarré dans un coin de la baie, des réparations étaient en cours.
- Maman, j’aurais le droit de monter à bord ?
- Nous verrons plus tard, pour le moment nous devons accoster.
La goélette qui les transportait passa enfin entre les deux tours de surveillance de la rade. Une flèche enflammée fut tiré depuis l’un des deux sommets, annonçant à tous leur arrivée. En peu de temps une foule s’amoncela sur quai, des cris de joie et de réjouissance retentissaient de toute part. Les habitants de la capitale accueillaient le retour de leur reine chez elle. Loralia ne put retenir ses larmes à nouveau, sa fille tout près d’elle rayonnait.
Le bateau se rangea doucement sur le bord, les amarres lançaient depuis le pont furent attachées solidement. Enfin une passerelle fut jetée, permettant le débarquement des passagers. Une haie d’honneur de soldats se dressa pour protéger l’arrivée de la reine. Quand elle posa le pied sur le quai, la foule poussa de grandes exclamations de joie et une pluie de pétale s’abattit.
Un carrosse arriva au même moment, s’arrêtant juste devant la haie de guerriers au garde à vous. La porte s’ouvrit, laissant le passage à Meklio Da’Hine son fils et à un autre elfe que la reine avait attendu des mois entiers pour pouvoir à nouveau prendre dans ses bras. L’homme était grand, se tenant bien droit malgré l’émotion et la fatigue des jours passés enfermés, son visage était émacié mais souriant. Des cheveux d’un vert tendre parsemés de gris et brossés avec soin lui tombaient sur les épaules. Ses yeux bleus brillaient toujours du même éclat qu’elle avait toujours aimé.
Avec une retenue toute royale, Loralia Da’Hine marcha lentement. Sa fille n’en pouvait plus d’attendre et elle courut se jeter dans les bras de son père qu’elle n’avait pas revu depuis tant de temps. La reine fut enfin devant son époux, qui lui souriait en serrant sa fille contre lui.
- Bon retour parmi nous, lança Lantelo Da’Hine, roi des elfes des mers.
Loralia se mit à pleurer et embrassa son mari sous les ovations de la foule en liesse autour d’eux.


Au même moment, dans la baie Zeïna observait la scène depuis le pont de l’Aurore. La plupart des marins présents à bord en faisait de même, le retour de la reine dans son palais était un grand événement.
- Je crois que cette fois nous avons enfin atteint notre objectif, lança Cryanne qui était à coté d’elle.
- Oui en effet, répondit la jeune fille en souriant, le Royaume des elfes est définitivement libéré des manigances de Koarha et de ses alliés pirates.
- Je me demande si ce grand homme apprécie la prison dans laquelle il se trouve.
- Cela doit le changer de ses luxueux appartements au palais, renchérit Zeïna
- Mais j’ai appris qu’il avait fait appel à ses amis dans les autres ports, lança la métis avec dégoût, ils vont surement payer une rançon pour le faire libérer.
- Après la ruine qu’il vient de connaître, je pense qu’il n’est pas près de recommencer ce genre de chose, fit la capitaine.
Après la victoire de la flotte des elfes contre leur ennemi, le prince avait fait voile vers la capitale pour en reprendre possession. Les soldats que Koarha avait laissé sur place s’étaient tous rendus sans combattre. Ils ne pouvaient pas lutter à la fois contre les assaillants et les elfes de la capitale qui avaient pris les armes en voyant arriver les bateaux.
Tout s’était passé très vite ensuite, avec la libération du roi, la nouvelle se répandit comme une trainée de poudre à travers toutes les îles que comptait le Royaume des elfes. L’écho de cette victoire dépassa même les frontières pour se propager dans l’Archipel. Les petits bastions encore tenus par les forces de Koarha se vidèrent de leurs occupants, ils préféraient fuir plutôt que se battre pour une cause perdu.
La joie explosa dans chaque ville elfe, de la frontière jusqu’au Havre d’Ynala. Une nouvelle période de paix et de prospérité s’annonçait pour le Royaume. De cette terrible occupation, le roi en tira une leçon importante, il allait développer la défense de ses îles. Il voulait ainsi montrer que les elfes ne se laisseraient plus jamais envahir par n’importe qui.
Les nombreux prisonniers qu’ils avaient faits durant les combats et après allaient servir de main d’œuvre pour le renouveau. Les soldats et pirates furent partagés en petit groupe dans la capitale et dans toutes les îles alentours qui avaient souffert de l’occupation. Les maisons étaient reconstruites, des fortins et des défenses construites pour protéger les villes et villages. Une flotte de guerre allait être mise en place pour surveiller les eaux. Les navires capturés seraient utilisés pour cette action en attendant que d’autres soient construits plus tard.

L’Aurore avait jeté l’ancre dans la baie de Malath’Rhyne pour que son équipage puisse enfin se reposer. Les nombreux blessés pendant l’affrontement avaient été conduits à terre pour qu’ils récupèrent plus vite et obtiennent les meilleurs soins possibles. Gouran Dé Hydalis les avait suivit pour prêter main forte aux médecins elfes et surveiller les hommes de l’Aurore.
Sur le bateau, Zeïna avait décidé de laisser les hommes se reposer, ils l’avaient amplement mérité et tous l’en remercièrent. Elle en avait profité pour faire le point sur leur départ depuis Calasta, et le bilan était plus que positif. Dés son premier voyage, la jeune fille allait pouvoir rembourser l’argent prêté et même avec les intérêts. Le renouveau du comptoir Dé Feryo n’était plus un rêve mais une réalité.
La capitaine se détacha du spectacle pour se retourner vers son navire, les charpentiers encore présent commençaient à effectuer les réparations. Les coups de marteau et les appels raisonnaient sur le bateau.
- Même si nous avons encore perdu des marins, nous avons de la chance de nous en être sorti avec si peu de pertes.
- C’est sûr, répondit Cryanne, j’ai bien cru que j’allais voir partir ce vaurien de Yago.
Trachedo Yago était l’un des hommes de l’ancienne bande de la métis, il avait reçu un coup d’épée en travers de l’abdomen. Bien que la blessure soit sérieuse, le médecin avait fait une nouvelle fois merveille.
- Sans le docteur Dé Hyadalis, combien serait mort encore ? Fit Zeïna.
- Cet homme est une bénédiction pour le bord, renchérit Cryanne en souriant.
Les deux femmes quittèrent la proue pour rejoindre le pont principal, elles retrouvèrent Olaf Janferg discutant avec l’un de ses aides.
- Capitaine, les réparations ne seront pas trop importantes, l’Aurore est toujours aussi robuste.
- Voici une bonne nouvelle Maître Janferg.
- Nous pourrons dégager la calle quand vous voudrez, reprit l’homme, avec un peu d’aide ça ne mettra que quelques jours à déposer.
- Dans deux ou trois jours je pense, je vous le ferais savoir.
Le maître charpentier hocha la tête avant de retourner au travail. Zeïna devait penser à l’avenir, l’Aurore allait de nouveau changer de peau pour retrouver son usage primordiale, le commerce.
- Alors jeune fille, quand crois tu que nous allons repartir ? Demanda Cryanne avec familiarité.
- Ce soir, la grande fête pour le retour de la reine va avoir lieu, tous les officiers sont invités au palais, et j’ai décidé de laisser quartier libre à tous les hommes.
- Ils vont apprécier, ça j’en suis persuadé.
La jeune fille sourit.
- Je leur dois bien ça, ils ont fait un travail formidable, je suis fier de mon équipage.
- Et donc, une fois la fête passée, je pense que le départ sera proche ?
Zeïna hocha la tête.
- Une semaine tout au plus, et cette fois nous retournerons à Calasta, avec la cale pleine j’espère.

La capitaine salua son officier avant de se rendre sa cabine. Le soleil inondait sa pièce, Mozemio prenait un bain de soleil sur le bureau, étalé de tout son long.
- Il faut toujours que tu t’installes à cet endroit toi.
Le chat regarda dans la direction de Zeïna, mais il se contenta de s’étirer pour prendre plus de place encore. La capitaine se mit à rire en voyant cela, cet animal était vraiment plus intelligent qu’il ne le paraissait. Hina entra alors, elle tenait son costume d’apparat dans une main, et une brosse dans l’autre.
- Votre veste est prête Capitaine, lança la jeune fille.
Elle accrocha le cintre sur un porte manteau, elle savait très bien que si elle le posait sur le lit, un chat se ferait un plaisir de s’y installer immédiatement.
- Vous en avez encore après ce pauvre Mozemio, renchérit Hina.
- Cette « pauvre » bête se moque bien de savoir que le capitaine doit travailler à son bureau.
- Il ne faut pas le fâcher, je suis sûre qu’il fait ça pour vous obliger à vous reposer.
Zeïna était quelque peu sceptique.
- Je ne suis pas du même avis que toi.
Hina se contenta de sourire en prenant une chemise propre dans le coffre de la capitaine.
- Je vais m’occuper de cette chemise et après je cirerais vos bottes, vous devriez vous coiffer et vous maquiller un peu aussi.
- Je n’aime pas tous ces fanfreluches.
La servante agita un doigt réprobateur sous son nez.
- Il n’est pas question que mon capitaine se rende à un bal royale sans une coiffure et un maquillage impeccable, je m’occuperais de vous juste après ça.
Hina quitta la pièce en prenant au passage les bottes de Zeïna. La jeune fille était restée debout sans répondre à sa servante, voilà qu’elle se faisait mener par le bout du nez par la pétillante rousse. Sur le bureau, Mozemio poussa un nouveau miaulement rauque qui aurait pu passer pour un rire moqueur.
- Tu ne vas pas t’y mettre toi aussi.
Le chat se mit à ronronner sous la chaleur des rayons du soleil. Zeïna sourit, c’était vraiment une bien belle journée.


En cette nuit étoilée, la capitale brillait aussi fort qu’un phare, chaque rue, chaque place, chaque maison était illuminée. Les habitants se seraient cru en plein jour tant la lumière était forte. La grande fête venait juste de commencer, et déjà les rires et les exclamations de joie envahissaient chaque endroit de la ville.
Les quais n’étaient pas en reste, tous les établissements avaient laissé leurs portes grandes ouvertes pour accueillir toujours plus de monde. Le vin et la bière coulaient à flot dans cette immense fête qui réunissait toute une population.
Dans la rade aussi, les bateaux s’étaient parés de leurs plus belles couleurs, les drapeaux flottants sur les cordages. Sur l’Aurore, les officiers présents s’étaient réunis sur le pont, Lantis dans un uniforme neuf, Cryanne que la tenue de lieutenant rendait encore plus belle, et Nefrita Hagus, la commis du bord. Ils devaient rejoindre sur les quais Gouran Dé Hydalis pour arriver ensemble aux portes du palais.
La plus part des marins étaient encore à bord, ils avaient l’autorisation d’aller faire la fête eux aussi seulement quand le capitaine serait parti. Les membres de l’équipage étaient habillés de leurs plus beaux vêtements, ils savaient d’un très bonne accueil les attendait sur le port. La porte qui menait aux cabines s’ouvrit enfin au grand soulagement de tout le monde.
L’apparition de Zeïna laissa bouche bée les marins comme les officiers, Hina qui venait juste derrière elle n’était pas peu fière. Ses bottes étaient aussi brillantes qu’un miroir, le costume d’apparat parfaitement brossé, chaque bouton astiqué avec soin. Le visage de la jeune fille était ce qui retenait le plus l’attention, maquillée avec gout et justesse, Hina avait réussi à faire ressortir encore mieux les yeux bleu azur de la capitaine. Ses lèvres étaient roses et brillantes et les pommettes légèrement poudrées. Les cheveux de la jeune fille était relevés en une coiffure sophistiqué mêlant des rubans bleu ciel rappelant ses yeux.
Voyant le silence et tous les regards tournés vers elle, Zeïna se sentit rougir, mais elle devait faire bonne figure.
- Vous êtes donc tous près, nous allons pouvoir y aller alors.
Elle se tourna vers les marins rassemblés sur le pont.
- Vous avez quartier libre ce soir, faites en sorte de ne pas provoquer du grabuge.
Les marins sourirent en hochant la tête, ils n’allaient pas contredire leur capitaine. Sans attendre, la jeune fille saisit l’échelle de corde et descendit jusqu’à la chaloupe qui les attendait. Un à un tous les officiers furent à bord et ils purent s’écarter du bord. Zeïna relâcha un peu la pression une fois un peu éloigné de l’Aurore.
- Hina est toujours aussi douée, lança Cryanne dans son dos, elle s’est vraiment surpassée, tu es magnifique.
- C’est vrai que la petite à du gout, renchérit la commis du bord en hochant la tête, n’est ce pas Lantis.
Le garde du corps baissa les yeux pour cacher sa gêne.
- Oui, en effet.
- Merci, répondit Zeïna d’une petite voix, mais arrêtez je vous en pris, je ne sais plus où me mettre moi.

La barque toucha le quai où des elfes les saluèrent en chantant. Ils trouvèrent le docteur dans un costume complet qui les attendait à coté d’un carrosse aux armes du royaume des elfes. L’homme les salua en souriant, il fit une petite révérence devant la jeune fille.
- Capitaine Dé Feryo, vous êtes très en beauté, je suis sûr que le roi en sera enchanté.
Elle bredouilla des remerciements gênés avant de monter dans le carrosse, suivi par le reste des officiers. Le chemin jusqu’au palais fut long, les nombreuses personnes dans la rue empêchaient le véhicule d’avancer plus rapidement.
En s’approchant du palais, les avenues furent moins encombrées, et enfin le carrosse déboucha dans la grande place de l’entrée du château. C’était un grand manoir en forme de H, avec une partie centrale et deux pavillons latéraux sur les cotés. Les carrosses se stationnaient devant le grand portail d’entrée pour qu’un serviteur vienne ouvrir la porte des véhicules.
Les officiers de l’Aurore furent guidés jusqu’à l’entrée du palais, là une personne que Zeïna connaissait déjà les prit en main.
- Maître Seshui, fit la jeune fille en s’inclinant légèrement.
Le sénéchal lui répondit par le même mouvement, un sourire pincé sur les lèvres.
- Je vous attendais Capitaine Dé Feryo, je dois vous conduire vous et vos officiers auprès de sa majesté.
- Nous vous suivons alors.
L’elfe s’inclina de nouveau avec rigueur, puis il invita d’un geste les invités à le suivre. Ils pénétrèrent dans le grand hall où d’autres convives étaient réunis. En les voyant, toutes les personnes suivirent le mouvement, les membres de l’Aurore comprirent que le roi n’était pas le seul à attendre leur arrivée. Ils traversèrent tout le bâtiment central avant de déboucher sur les jardins à l’arrière du palais, les festivités allaient se passer à l’extérieur.
Des décorations avaient été installées sur l’ensemble de la végétation, guirlandes et rubans jouaient avec les lumières des torches. Les jardiniers avaient travaillé avec passion pour aménager une grande place au centre pour accueillir tous les invités. L’ensemble était d’une merveilleuse beauté que rehaussait les sculptures et fontaines en pierre et en marbre.
Le sénéchal les arrêta à l’orée de la place, les elfes proches les regardaient avec admiration. Les humains se sentaient oppressés d’être ainsi le centre de toute l’attention.
- Veuillez attendre ici quelques instants s’il vous plait, je viendrais vous chercher.
Zeïna acquiesça de la tête, Maître Seshui les quitta rapidement pour se rendre dans le grand jardin.
- Qu’est ce qu’ils nous préparent ? Se demanda Nefrita Hagus.
- Ils ne m’ont pas vraiment dit ce qu’ils allaient faire, répondit la jeune fille, seulement que nous serions des invités particuliers.
- En clair, nous sommes les vedettes, lança Cryanne en souriant.
Tous les regards se tournèrent vers elle.
- Et bien quoi, vous ressemblez de plus en plus à Portyd, j’aurais bien aimé le voir là, il a toujours une bonne excuse pour se défiler.
- Je pense qu’une demi-douzaine de coups d’épée est une bonne excuse non, lança Gouran Dé Hydalis en souriant.
- Oui, oui, si tu le dis.
Le sénéchal apparut soudainement devant eux.
- Vous pouvez venir, le roi et la reine vous attendent.

Avec solennité, les gens de l’Aurore Boréale suivirent à nouveau Maître Seshui. Ils avançaient sur un tapis de pétales de fleur, de chaque coté, une foule s’elfe était réunie, ils chuchotaient entre eux en les regardant. La jeune fille ne se sentait vraiment pas bien, elle n’aimait pas vraiment les fastes et la foule. Elle avait trop chaud dans son costume d’apparat, son cœur battait la chamade.
Après ce qui fut pour eux un très long moment, les invités spéciaux de la famille royale firent face au roi et à la reine du Royaume des Elfes des mers. Le couple rayonnait dans leurs habits royaux, le roi portait un costume blanc cousu d’or et d’argent mêlé, une épée signant son coté, elle était constellée de pierreries. La reine était vêtue d’une robe diaphragme qui paraissait presque irréelle, la soie particulière des elfes permettait de réaliser de telle merveille. La robe épousait les formes harmonieuses de la reine, le vêtement semblait briller d’une lumière propre qui rehaussait la beauté de l’elfe.
Bien que particulièrement bien habillée et bien coiffée, Zeïna se sentit presque déplacée devant le couple royale. Les deux elfes se tenaient l’un à coté de l’autre et pourtant ils ne semblaient ne faire plus qu’un. La jeune fille sut qu’elle n’avait pas fait tout ça pour quelque chose rien qu’à partir de ce moment, l’harmonie du couple était si belle qu’il fallait être un être sans cœur pour oser la rompre pour le profit.
Le roi s’approcha de la jeune fille qui se redressa malgré elle, l’aura du roi était presque palpable. L’elfe sourit chaleureusement avant de prendre la parole.
- Zeïna Dé Feryo, Capitaine marchand de Calasta, aujourd’hui si notre peuple est à nouveau libre, nous le devons en partie grâce à vous et à tout votre équipage de marins courageux. Les humains nous ont montré leur pire visage, et vous, par vos actes, vous nous avez montré aussi qu’ils pouvaient faire preuve de bonté et d’abnégation.
Lantelo Da’Hine prit les mains de la jeune fille la surprenant.
- Merci pour tout.
Zeïna était devenue toute rouge, elle ouvrit la bouche ne sachant pas quoi répondre devant un tel honneur. Le roi le savait bien, il lâcha les mains de la jeune fille et fit quelques pas en arrière pour se remettre aux cotés de sa compagne.
- En reconnaissance de vos actes, je ne serais pas avare.
Le sénéchal apporta une médaille sur un coussin de velours.
- Capitaine Dé Feryo, je vous fais Chevalier et amie éternelle des elfes des mers.
Il mit le collier autour du cou de la jeune fille, il représentait le blason du Royaume des elfes, un faucon volant au ras des vagues, des petits diamants étaient parsemés sur la surface.
- C’est trop d’honneur pour une seule personne, répondit Zeïna.
- Vous le méritez pourtant, et ce n’est pas tout.
Il lui tendit un premier feuillet de parchemins, fermés par le sceau royal.
- Ceci fait de vous et de votre comptoir commercial notre partenaire exclusif pour tout commerce en direction de Calasta.
La jeune fille écarquilla les yeux, elle ne s’attendait pas à une telle récompense.
- Et enfin ce dernier parchemin, finit le roi, faisant de vous la nouvelle propriétaire du « Madelan ».
Elle regarda le roi, incrédule.
- Sir, je ne peux pas accepter tant de présents.
- Je pense que vous ne vous rendez pas vraiment compte des services que vous nous avez rendu, fit Loralia Da’Hine en intervenant pour la première fois.
La reine se rangea au côté de son mari.
- Vous avez libéré un peuple de la servitude, et je trouve que ces cadeaux ne sont vraiment que peu de chose face à tout ce que vous avez fait.
Zeïna avala sa salive, elle venait en peu de temps de devenir propriétaire de deux choses qui allaient tout changer pour le comptoir Dé Feryo.
- Merci pour votre générosité majesté, je suis honoré par vos présents.
Elle s’inclina tout comme les autres officiers de l’Aurore Boréale derrière elle, le roi la releva avec douceur. Il la fit se retourner face à la foule, elle était entre les deux elfes. La foule présente applaudit à tout rompre, la jeune fille était presque tremblante.
- Maintenant fêtons tous ensemble notre liberté, lança Lantelo Da’Hine, et remercions tous ceux qui ont offert leur vie pour que ce jour arrive enfin.
Le coup d’envoi des festivités était donné, les rires et les larmes se mêlaient en l’honneur des disparus. La fête ne se terminerait qu’au lever du jour, tant que les gorges pouvaient encore rire et chanter.


Sur les quais de Malath’Rhyne, un attroupement s’était formé au niveau de l’Aurore. Le bateau avait pu s’approcher pour pouvoir remplir ses calles de marchandises. Le deuxième navire, le Madelan, faisait de même de son coté, les dernières caisses de vivre étaient embarquées à l’aide de palan accrochés aux vergues.
Le roi et la reine était venu souhaiter un bon voyage à l’Aurore, ainsi que leurs enfants. L’émotion était palpable chez les elfes, tout comme pour l’équipage qui s’était beaucoup attaché à la population. Zeïna descendit par la passerelle pour venir à la rencontre de la famille royale qui était venu les voir.
- Alors vous nous quittez, fit Loralia quand elle fut à leur hauteur.
- Oui Majesté, je dois rallier mon port d’attache, cela fait déjà très longtemps que nous avons quitté Calasta.
- J’aurais aimé vous garder encore un peu, votre compagnie m’était devenu très agréable, et pas seulement à moi d’ailleurs.
Meklio sentant les regards tournés vers lui se contenta de baisser les yeux en faisant comme s’il n’avait pas entendu.
- Il n’est pas bon pour des marins de rester trop longtemps au même endroit, l’ennui est le pire des ennemis, lança la jeune fille en souriant.
Le roi prit la parole.
- Capitaine Dé Feryo, vous serez toujours la bienvenue dans notre cité, n’hésitez pas à revenir par ici.
- Je vous remercie Sir, avec le contrat, je pense que j’aurais bien d’autres occasions de passer par ici.
Zeïna se tourna vers Noralia et Sarn Hacknel. Le chasseur de pirate se tenait derrière elle comme un protecteur.
- Alors Sarn, toujours décidé à rester ici ?
- Oui capitaine, ma place est là, je vais aider le roi à organiser ses défenses.
- Et Noralia pourra vous garder près d’elle.
La petite fille rougit en souriant, tout comme le chasseur de pirate.
- Vous prendrez soin d’Acoya s’il vous plait, demanda la reine, je sais que ma nièce est parfois étrange mais elle est très gentille.
- Ne vous inquiétez pas, elle est plus forte que vous ne le pensez.
A peine remise de ses blessures, l’elfe avait remonté sur le navire pour demander à Zeïna de rester à bord en tant que pilote. Acoya rendait parfois la jeune fille mal à l’aise, elle devait bien se rendre compte qu’elle était avant tout un très bon pilote.
- Sa demande m’a un peu surprise, renchérit la capitaine, mais avec elle, je sais que nous ne nous perdrons jamais.
- Au revoir ma tante ! Lança justement l’elfe, perché au sommet d’une vergue presque à tomber sur le quai.
- Vas-tu descendre de là ! Cria Portyd qui la menaçaient en brandissant de la main.
Zeïna et le couple royale se mirent à rire.
- Evidemment, je pense que mon second va avoir un peu de mal à s’y faire.
- Bon voyage Capitaine Dé Feryo, qu’Ynala vous soit favorable, lança la reine en souriant.
- Que les vents vous soit favorable, renchérit Lantelo Da’Hine.
- Merci beaucoup.
Zeïna serra la main que lui tendait le roi, elle en fit de même avec le prince qui bredouilla un au revoir gêné. La reine lui prit les mains dans les siennes et les serra, Loralia Da’Hine ne pouvait la prendre dans ses bras à cause de son rang même si elle en avait très envi. La princesse ne se gêna pas pour se serrer contre la jeune fille.
- Merci pour tout ce que vous avez fait, fit elle une petite voie, les joues perlées de larmes.
La capitaine serra la main de Sarn Hacknel.
- J’espère un jour pouvoir naviguez de nouveau sous vos ordres.
- Se sera avec plaisir.
Après un dernier salut générale, Zeïna remonta à son bord. Portyd se présenta devant elle, il portait encore des bandages mais il avait repris sa place.
- Tout l’équipage est paré, nous comptons même six marins de plus, des elfes se sont engagés avec nous, cinq hommes et une femme, tous d’anciens marins qui nous avaient déjà accompagné pendant nos campagnes.
- Très bien, ils s’intégreront parfaitement à l’équipage alors.
Elle regarda en direction du Madelan.
- Lantis et Cryanne sont près apparemment, ils viennent de retirer la passerelle.
- Je donne l’ordre du départ.
- Faites donc Mr Odell, lança t’elle en souriant.
Les marins se précipitèrent dans les mats pour descendre les voiles, les deux bateaux s’écartèrent du quai lentement. Les elfes attroupés les saluèrent bruyamment, nombreux était ceux qui pleuraient, tout comme la petite princesse tout contre Sarn.
Zeïna les salua une dernière fois, bien droite sur le pont, la tristesse et la joie se mêlant dans ses yeux. Pourtant, elle avait hâte de revenir à Calasta pour montrer tout ce qu’elle avait accompli. Les Dé Feryo allaient de nouveau être un nom reconnu par tout sur les ports de l’Archipel.


==========================================================


L'Aurore Boréale quitte le Royaume des elfes avec les honneurs et couvert de trésors et de présents.
Tandis que s'éloigne les rivages de la capitale, la premier voyage de Zeïna en tant que Capitaine va bientôt s'achever
Bonne lecture ^^
 
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Il y a 2 commentaires
Dark fullmetal le 17/06/2011 à 14:51:32
Encore un superbe chapitre ^^ j'ai adoré =D
Hmm, mes commentaires sont légèrement court comparés aux précédants ^^' xD m'enfin bon! Tant que je dis au moins que j'ai adoré c'est bon, sinon j'ai l'impression d'oublier quelque chose xD
J'attaque bientôt la suite =D mes fics m'attendent ^^'
Bye neeeeee!!!! >3<
Trimor le 17/06/2011 à 17:59:02
Ce n'est pas grave pour la taille de tes commentaires, au moins tu m'en m'es un ^^
Je te remercie pour tes commentaires
Tu arrives bientôt à la fin du premier arc ^^

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