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Jeudi 31 mai 2012, 17:34


Voici une histoire écrite par Trimor et dont le titre est Océan - chapitre 36 - Retour à Calasta.

CHAPITRE 36
Retour à Calasta


- Mr Odell, ferlez moi cette voile, je ne veux pas la voir battre comme ça dans le vent !
- A vos ordres.
Le second partit immédiatement faire exécuter la demande de la capitaine. Depuis le matin la jeune fille était d’une méchante humeur, rien ne semblait aller sur le navire, une voile un peu molle, un cordage qui trainait par terre, une saleté sur le pont. Portyd savait très bien pourquoi elle était dans un tel état, normalement aujourd’hui l’Aurore Boréale et le Madelan devait être en vue du port de Calasta.
La jeune fille avait ordonné un nettoyage complet du navire, rien ne devait dépasser où être abimé par l’eau de mer. Les marins aussi devaient être dans une tenue correcte, comme tous les officiers d’ailleurs. Zeïna avait enfilé son grand uniforme, les cheveux attachés en une queue de cheval et le tricorne enfoncé sur la tête.
L’équipage savait très bien que cette arrivée était particulièrement importante pour la jeune fille. Elle jouait l’avenir de toute sa compagnie, elle voulait montrer avant tout que le navire revenait avec les calles pleines et qu’il était bien entretenu.
La voile fut ferlée avec empressement et habileté, un marin terminé d’attacher un cordage bien serré pour éviter que cela recommence. La capitaine hocha la tête satisfaite.
- Tout le navire est il prêt Mr Odell ?
- Oui Capitaine, c’est la troisième fois que vous me le dites et tout est parfaitement prêt.
La jeune fille s’excusa.
- Désolée, je n’aurais pas cru être encore plus stressé à mon retour qu’à mon départ.
- Ce n’est rien, c’est normal.
Le second désigna l’Aurore Boréale puis le Madelan.
- Honnêtement, vous ne croyez pas que vous allez les surprendre tous ces bourgeois et ces nobles, vous êtes parti avec un équipage restreint et peu expérimenté, vous revenez avec deux navires, les calles pleines de marchandises hors de prix, et en plus avec une somme colossale en pièces d’or.
Zeïna sourit.
- C’est vrai que dépeint ainsi, je trouve le bilan plus qu’honorable.
- Aller ne vous en faite pas, je suis sûr que tout va bien se passer.
Ils échangèrent un sourire entendu.
- Le bateau a senti une odeur familière, il a accéléré, lança Acoya en apparaissant devant eux deux.
Le second fit un pas en arrière.
- Combien de fois je t’ai dit de ne pas faire ça ?! Lança-t-il en se remettant d’aplomb.
L’elfe se mit à réfléchir.
- Quatre vingt treize fois je crois, j’en au peut être oublié une ou deux.
Portyd et Zeïna la fixèrent incrédule.
- Tu les comptes ? Demande la jeune fille.
- Oui, je trouve très amusant l’expression que fait Portyd quand je le surprends.
Le second poussa un soupir à fendre l’âme.
- Mais pourquoi nous l’avons prit avec nous.
- Parce que je suis une pilote hors pair, et parce que je ne voulais pas être séparé de ce merveilleux bateau, et de sa magnifique capitaine.
L’elfe enlaça soudainement Zeïna qui sentit le rouge lui monter aux joues. Acoya repartit tout aussi rapidement qu’elle était arrivée, laissant la capitaine troublée et le second sidéré. Un appel du haut du grand mat les rappela à la réalité.
- Calasta drrrrrrroit devvvannnntt !!!
L’homme oiseau sautait sur lui-même perché sur le nid de pie, il était plein d’enthousiasme de revenir à la grande cité des humains.
- Enfin nous sommes de retour, lâcha Portyd en soupirant.
Calasta s’ouvrait devant eux avec toujours le même panorama, une ville grimpant sur les collines alentours, une forêt de mât de bateau de toutes les tailles couvrant la baie. Les mouettes voletaient devant la proue en poussant des cris stridents.
Zeïna se revit il y presque un an, toute jeune arrivante par le bateau venu du continent. Sur le pont elle portait un regard mélancolique où brillait l’espoir d’une nouvelle vie. Et maintenant elle revenait de nouveau dans ce port aux commandes de son navire et son équipage, le pendentif de capitaine marchand brillant à son cou.
- Bon retour chez vous, fit le second en souriant.
- Vous aussi Portyd.
Une vague d’écume jaillit de la proue du navire comme pour saluer son port d’attache.


La nouvelle avait fait le tour de la cité en peu de temps, la fille capitaine et son navire étaient revenus à Calasta. Et en plus elle ramenait aussi un deuxième navire, les calles pleines de marchandises. Une foule impressionnante s’était déjà réuni sur le quai de l’Aurore Boréale, le navire avança au maximum pour que le Madelan puisse lui aussi se mettre à quai.
Zeïna sentit une poussée de fierté l’envahir, elle ne voyait plus le visage moqueur des gens à leur départ, mais elle les voyait maintenant plein d’admiration et de surprise. La jeune fille se tourna vers le second.
- Mouillez l’ancre !
- Ancre mouillée, lui répondirent les marins en cœur.
Les cliquetis de la chaîne retentirent dans tout le bateau, un signe que chaque membre de l’équipage apprécié, le moment de l’escale. La passerelle fut abaissée, et Zeïna put enfin descendre à terre. Pour l’occasion, en plus de son grand uniforme et de sa médaille de famille, elle arborait fièrement la médaille qu’elle avait reçue des mains du roi des elfes.
Une personne sortit de la foule pour embrasser la jeune fille, Tyrande avait les larmes aux yeux en la voyant enfin de retour.
- Zeïna, je suis heureux de vous savoir de retour.
- Moi aussi, Tyrande, je suis contente d’être revenue.
Yars Hapos s’approcha à son tour, le vieil homme arborait un impressionnant sourire.
- Je savais bien que d’investir pour les Dé Feryo était une très bonne chose.
- Je ne vais pas vous contredire.
- Bon retour Capitaine.
- Merci Mr Hapos.
Le gérant regarda les navires.
- Pourquoi revenez-vous avec un autre navire ? J’ai vu que c’était bien vos officiers qui les commandaient.
- Il est bien à moi, c’est un cadeau offert par le roi des elfes des mers.
- Les elfes ?!
La jeune fille sourit.
- D’ailleurs, vous pourrez annoncer aux acheteurs potentiels que nous allons faire une vente exclusive de produit elfique.
- Vous ramenez la légendaire soie des elfes ! Lança Yars
- Entre autre, vous verrez les stocks avec ma commis.
Le vieil homme afficha un sourire carnassier.
- Ma petite demoiselle, je sens que nous allons faire de très bonnes affaires ensemble, mais avant je voudrais bien que tu me parles un peu de ce qui s’est passé, j’ai eu vent que vous étiez la cible des pirates du « Démon ».
La capitaine hocha la tête.
- Oui en effet, nous avons du les combattre, mais nous en sommes revenu vainqueur, et je pense qu’avec ce qui s’est passé au Royaume des elfes notre popularité ne se soit pas vraiment arrangée.
Les deux hommes se regardèrent, ils n’arrivaient pas à croire les paroles de la jeune fille.
- Tyrande, tu ne crois quand même pas qu’elle est plus folle que son père ?
- Je suis justement entrain de me le dire.
Zeïna éclata de rire.
- Et bien, je ne pensais pas à ce point, pour le moment je souhaiterais débarquer mes marchandises le plus rapidement possible, beaucoup de mes marins ont de la famille ici, et je voudrais qu’il est un peu de liberté pour en profiter.
- Je vais chercher les équipes de manutentionnaires, j’ai justement fait rénover l’entrepôt, je pense qu’il va beaucoup nous servir maintenant.
La capitaine hocha la tête et remonta à son bord, il y avait encore du travail avant de pouvoir penser au repos.


Sur les hauteurs de la cité, les plus riches familles avaient édifié de véritable palais, ornés de jardins et de fontaines rivalisant de beauté. L’une des plus belles demeures était celle des Varousis Aras, ils s’étaient enrichis depuis plusieurs générations grâce au commerce. Ils étaient à la tête d’une vingtaine de navires qui sillonnait l’Archipel pour leur compte.
Des cris de rage retentirent dans un des jardins, le serviteur qui venait de porter le message tentait de se faire tout petit.
- La Dé Feryo est de retour à Calasta chargée de richesse !
Jasper Dé Varousis Aras jeta le verre de vin qu’il avait en main, il s’écrasa sur le sol en projetant des gouttelettes écarlates partout.
- Déjà qu’elle avait dés le début doublé mes navires en arrivant en première après la grande tempête, mais voilà qu’elle revient auréolé de gloire dés son premier voyage.
Un homme plus âgé arriva, attiré par les cris de colère, il ressemblait beaucoup au jeune homme mais avec un regard plus posé et plus calculateur.
- Mon fils, que t’arrive t’il encore ?
- Père, tu n’as pas entendu la nouvelle.
- Le retour de l’Aurore Boréale au port je suppose.
- Oui évidemment, cette petite garce qui m’avait humilié devant tout le monde.
Le père soupira.
- Réfléchis un peu avant de parler, c’est à cause de ton emportement que tu es passé pour un idiot.
Jasper Dé Varousis Aras serra les dents mais il ne répondit pas, son père avait le pouvoir et il dépendait trop de lui.
- Je suis désolé père.
- Bien, te voilà plus raisonnable, mais ne crois pas que le retour des Dé Feryo dans le port soit pour moi une bonne nouvelle, surtout que j’ai l’impression que la demoiselle à les dents longues.
L’homme se retourna vers la baie couverte de bateaux.
- Mes contacts m’ont appris quelques petites choses sur elle et son voyage, notamment sur le fait qu’elle aurait mis les mauvaises personnes en colère.
- Tu parles des pirates ?
Le père foudroya du regard son fils.
- Tu ne dois pas prononcer ce mot en public.
Le jeune homme baissa la tête.
- Mais tu as raison, reprit le noble, je vais attendre un peu avant de prendre une décision, elle n’est pour le moment qu’une petite épine dans mon pied, si cette épine devait grandir un peu trop, je pense que je devrais agir, tout comme j’ai fait pour le père.
L’homme quitta la terrasse pour retourner à ses affaires, le jeune noble seul n’avait pas oublié sa colère. Après tout la jeune fille allait surement rester quelques temps ici, il trouverait bien le moyen de se venger.


En fin d’après midi l’Aurore était en grande partie déchargée, tout comme le Madelan. Tyrande avait bien travaillé, grâce à ses efforts le capitaine du port avait envoyé beaucoup de manutentionnaires pour aider au débarquement des marchandises.
Le contenu des calles des navires avait fait grand bruit, Yars Hapos ne s’était pas gêné pour en divulguer l’information au plus grand nombre. Le vieil homme avait une part sur la marchandise, et le produit de la vente allait lui permettre de gagner une véritable fortune. Il s’ne frottait déjà les mains, il avait même promis de financer le prochain voyage de l’Aurore.
Sur le pont, Zeïna avait réuni tout l’équipage pour un dernier discours avant de les laisser enfin se détendre à terre.
- Nous sommes de retour à Calasta, le port d’attache de l’Aurore, je peux déjà vous affirmer que se fut une très bonne campagne, vous aurez tous une très bonne prime.
Les marins poussèrent une exclamation de joie, la promesse d’une bourse bien garnie les rendait plus qu’heureux.
- Je sais que nous avons passé des moments difficiles depuis notre départ, avec ceux qui ont embarqué ici, ou bien d’un autre port, nous avons traversé les difficultés ensembles. Je vous remercie tous pour votre excellent travail, vous êtes tous libre ce soir, la distribution des salaires se fera demain au comptoir Dé Feryo.
Les membres de l’équipage applaudirent, une soirée de virée sur les quais était une bonne chose pour fêter leur retour. Certains allaient découvrir pour la première fois la cité, d’autres allaient enfin retrouver leur famille.
Zeïna se tourna vers ses officiers, ils étaient réunis derrière elle, attendant leurs ordres.
- Vous êtes libres aussi vous savez.
- Il faut bien quelqu’un pour garder le navire non ? Fit Portyd.
- Va donc retrouver ta femme et tes filles mon grand, lança Cryanne, je reste à bord avec Nefrita et tous mes compagnons.
- Tu es sûre ? Demanda le second.
- Ne t’en fait pas mon chou, je ne sais pas encore si certaines personnes de la ville m’en veulent encore, alors je préfère y aller doucement.
Portyd sourit.
- Merci Cryanne.
- Embrasse tes filles de ma part ça m’ira.
Derrière la jeune fille, quelqu’un se racla la gorge pour annoncer sa présence, elle se retourna pour découvrir Mahalo, le chef des pécheurs qui avaient été capturés par les pirates. Ces compagnons étaient tous réunis derrière lui.
- Je voulais vous remercier pour nous avoir ramené jusqu’ici.
- Il ne fallait pas, je vous en avais fait la promesse.
- Pour les Nareifens, une personne de confiance est comme un frère ou une sœur pour nous. Nous allons nous mettre en quête d’un bateau qui nous ramènera chez nous, merci beaucoup Capitaine Dé Feryo.
- Demain je vous donnerais une lettre de recommandation, vous trouverez plus facilement un navire ainsi.
- Merci encore Capitaine, j’espère qu’un jour nos chemins se croiseront de nouveau.
- Moi aussi Mahalo
Les pécheurs serrèrent tous la main de la jeune fille avec beaucoup d’émotion, Zeïna perdait de très bons membres d’équipage, mais elle était contente de savoir qu’ils allaient enfin retourner chez eux.
- Dommage, c’était de sacrés marins, lança Portyd.
- Je suis d’accord, nous aurons du mal à en trouver des aussi bons.
La capitaine sourit.
- Et vous Gouran, qu’allez vous faire ?
- Je vais surement voir ma famille, répondit le médecin.
- Je croyais qu’il t’avait chassé comme un malpropre, fit Lantis amère.
Gouran Dé Hydalis haussa les épaules.
- Les gens changent, j’ai reçu une lettre de mon père lors de la dernière escale que nous avons faite, il voulait savoir si j’étais encore vivant, alors je vais lui prouver que je le suis.
- Bon courage avec eux, répondit le garde du corps.
Le vaisseau se vida peu à peu de ses occupants, sur le pont, Cryanne et des compagnons les regardaient partir avec un peu de jalousie.
- Et bien, dire que Portyd n’avait aucunes confiances en toi au départ, quel changement maintenant, lança Nefrita Hagus.
- Ce n’est pas un mauvais bougre, il a juste des principes, je n’allais pas l’obliger à rester sur le bateau alors que je pouvais le garder.
La commis sourit.
- Il paraissait plutôt content d’aller revoir sa famille c’est sûr.
- Je me serais bien rendu à terre moi aussi, se plaignit Trachedo Yago.
- Nous devons savoir si nous ne risquons rien avant, répondit la métis, tu le sais bien.
- Mouais.
- Et en plus tu ne fais que geindre, regarde Hina, elle ne dit rien, ni Akena, ni Nefrita et ni la belette.
- Tu es pire qu’un gosse, renchérit la commis.
L’homme fit la moue.
- Vous n’êtes pas gentil, enfin nous n’avons pas le choix, il faut bien des gens pour surveiller le bateau et pour recueillir les marins ivres.
Cryanne tiqua sur la dernière phrase.
- Si je te prends à vider les poches de nos camarades qui rentrent dans cet état, je te rase la tête, c’est compris !
Trachedo Yago porta la main sur sa tête horrifiée.
- Tu n’oserais pas tout de même.
- Tu veux parier, renchérit la métis.
Tout le monde se mit à rire


Portyd marchait rapidement, il avait quitté le bateau avec plus d’empressement que d’habitude. En effet, bien souvent, le second devait rester à bord pour garder le navire la première nuit à quai. Mais cette fois il était libre, il allait pouvoir voir sa famille dés le premier soir de l’arrivée.
L’homme atteignit rapidement l’entrée de « La Vague Hurlante » l’auberge que tenait sa femme, il fit une pause pour reprendre son souffle. Lui qui avait l’habitude de naviguer depuis de nombreuses années, voilà qu’il avait l’air d’un jeune mousse qui revenait de son premier voyage après de longs mois de navigation. Il était vrai qu’il n’avait pas pris la mer depuis pas mal de temps avant que la fille de Rodéric prenne la suite.
Ajustant son baluchon sur l’épaule, le second entra dans l’établissement. A l’intérieur il y avait déjà beaucoup de client, Portyd était content, l’auberge de sa femme n’avait pas perdu de son charme ni de son attrait. Il vit ses deux grandes filles au service comme toujours, elle n’avait pas changé, toujours aussi belle.
- Mais que vois je, ce ne serait pas mon mari ! S’exclama une voix puissante depuis le comptoir.
La foule s’écarta d’elle-même, regardant dans la direction de l’entrée.
- Je n’ai quand même pas tant changé en quelques mois au point que tu es du mal à me reconnaitre Karia.
- Espèce d’imbécile va, répondit la femme.
Elle quitta son poste pour se jeter dans les bras de son mari, ses filles au service en firent autant, abandonnant leur poste. Les buveurs poussèrent des clameurs en direction de la petite famille.
- Nous ne pensions pas te voir, fit Mizie
- J’avais parié que tu resterais sur le navire ce soir, renchérit Jyza
- Et bien tu vois, j’ai trouvé une remplaçante et c’est dommage pour toi mais tu as perdu.
Les deux filles rirent de bon cœur.
- Allez viens donc au comptoir, tu as intérêt à tout me dire sur ce qui s’est passé sur l’Aurore !
- Et bien ma femme, aurais tu peur de quelque chose ?
Karia fit une grimace dans sa direction.
- Venant de toi je m’attends à tout.
- Et bien, quel accueil.
- Et encore elle est dans un bon jour, rajouta Jyza
Le second sourit, sa femme avait peut être mauvais caractère mais il était bien content de se retrouver chez lui.


Dans une autre rue venant du port, un jeune homme hésitait à rentrer dans une auberge qui se trouvait en face de lui. Alek avait prit la petite ruelle qui menait à la porte arrière de l’établissement de ses parents. Il préférait faire preuve de discrétion pour rentrer chez lui.
Le jeune cuisinier souhaitait surtout éviter de tomber sur son père dés qu’il passerait le pas de la porte de l’auberge. Depuis plusieurs jours il s’était imaginé son arrivée, mais presque à chaque fois le scénario se terminait mal. Il avait alors demandé conseil à Hina, la jeune fille lui avait seulement dit d’entrer et d’être poli. Il avait écarquillé les yeux de stupeur en entendant ce qu’avait proposé son amie, cela ne l’avait pas vraiment aidé.
Maintenant il se tenait devant la porte arrière dans la ruelle, son sac à ses pieds et des doutes plein la tête. Qu’est ce qui allait arriver pour lui en franchissant la porte ? Peut être que son père lui en voulait tellement qu’il allait le jeter dehors comme un mendiant ? Il avait toujours le bateau pour vivre, mais l’idée ne lui plaisait guère.
Soudain la porte s’ouvrit devant lui, et son père surgit en portant un saut d’ordure à jeter. Leurs regards se croisèrent et le temps se figea, Alek n’arrivait plus à bouger un muscle tandis que son père semblait dans la même position. Quelques secondes s’écoulèrent sans que rien ne se passe, le jeune homme se décida à parler.
Alors qu’il allait ouvrir la bouche, son père lâcha son saut sur le sol et entoura son fils de ses bras en le serrant contre lui.
- Alek, mon fils, tu es enfin revenu.
Il entendait son père pleurer, c’était la première fois qu’il le voyait ainsi.
- Père, je … Je croyais que tu étais fâché contre moi.
L’homme se releva en essuyant bruyamment ses larmes.
- Bon au début un peu, tu m’avais désobéi tout de même !
Le père afficha alors un visage plus doux.
- Mais je me suis rendu compte que ta mère avait raison tu dois vivre ta vie.
- Merci père.
L’homme essuya de nouveau ses yeux pour éviter que quelqu’un d’autre soit témoin de son petit moment de faiblesse.
- Evidemment cette discussion doit rester entre nous.
Le jeun homme rit.
- Oui ne t’inquiète pas.
- Bon, allez viens Alek, je suis persuadé qu’il y a là bas quelques personnes qui meurent d’envi de te serrer dans leurs bras.
Le père saisit le sac de son fils d’une main et l’entraina à l’intérieur en lui entourant les épaules de celle encore libre.
- Elda, tu ne devineras jamais qui est là !
Le jeune homme avait oublié ses hésitations, il était de retour dans sa famille.


Sur le port, deux personnes regardaient la mer en direction du large tout près d’une bite d’amarrage. Ils formaient un étrange couple silencieux face à l’océan que les passants montraient du doigt.
- Tu te souviens Lantis, c’est là que nous nous sommes rencontrés la première fois.
L’homme sourit.
- Si je m’en souviens, vous avez débarqué devant moi sans prévenir.
La jeune fille le regarda fixement.
- Lantis, nous ne sommes plus à bord, oublie un peu le vouvoiement s’il te plait.
Zeïna afficha un grand sourire, troublant toujours autant le maître d’arme de l’Aurore Boréale.
- Oui, excuse-moi, d’ailleurs c’est avec ce même sourire que tu es arrivée.
La capitaine gloussa.
- Je n’avais vraiment peur de rien, je ne te connaissais même pas et je t’ai demandé ma route, comme ça.
- Et pourtant à cette époque, je n’étais pas beau à voir, je buvais tellement que je ne savais même plus si nous étions le jour ou la nuit.
- J’ai bien fait de venir te voir alors, regarde toi.
Lantis rit doucement.
- Ah ça j’ai totalement changé, et c’est en grande partie grâce à une jeune fille venue du continent avec pleins de rêves fous en tête.
Zeïna éclata de rire, un son cristallin qui charmait l’homme à ses côtés.
- Ces rêves ne le sont plus, car aujourd’hui ils sont en passe de se réaliser, tu ne crois pas ?
- Tu es sur la bonne voie en tout cas.
Un bruit sourd de chute retenti soudainement, ils se retournèrent tous les deux pour voir ce qu’il se passait. Acoya les accompagnait, pendant qu’il discutait l’elfe s’était rapprochée d’un empilement de caisse. Poussée par sa curiosité maladive, elle avait grimpé sur l’amoncellement et bien sûr tout s’était écroulé, l’entrainant avec.
Maintenant, les marins et les dockers commençaient à la prendre à partie, tandis que l’elfe affichait un grand sourire. Elle ne voyait pas le mal, et encore moins dans quel problème elle venait de se mettre.
- Oh Acoya, ce n’est pas vrai.
Zeïna poussa un soupir à fendre l’âme, mais elle garda le sourire et courut à la rescousse de l’elfe. Lantis la regarda partir, leur discussion avait éveillé de vieux souvenirs chez le maître d’arme. Il toucha la bite d’amarrage, c’était un endroit où il avait sombré dans un abime sans fond. La voie douce et le sourire d’une jeune fille l’avait sauvé, et depuis ce temps là était du passé.
Lantis se promit de toujours suivre Zeïna, de tout faire pour la protéger quitte à mettre sa propre vie en jeu. Elle était maintenant le centre de sa vie, et jusqu’à sa mort, l’homme allait vouer son existence à celle de cette jeune fille. Il fit définitivement ses adieux avec son passé douloureux pour ouvrir son cœur à l’avenir, un destin qui serait à jamais lié à celui de Zeïna Dé Feryo, Capitaine de l’Aurore Boréale.
Le maître d’arme rejoignit l’attroupement à grandes enjambées, une nouvelle lueur dans les yeux qu’il garderait pour toujours.


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L'équipage de l'Aurore est enfin revenu à son port d'attache, les retrouvailles des familles, des amis, mais aussi le retour des ennemis qui se dévoilent.
Petite pause pour Ocèan, le temps que je finisse mon autre projet
Bonne lecture ^^
 
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