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Jeudi 31 mai 2012, 17:34


Voici une histoire écrite par Trimor et dont le titre est Chevalier - chapitre 59 - Obligations - Entrée à Veraï.

Bonjour à vous les lecteurs ^^

Bon je vous poste la suite des chapitre modifiés, nous arrivons dans une zone qui demande moins de modifications, les chapitres ressemblent beaucoup aux originaux. Je ne change là que quelques paragraphes de ci de là ^^
La grande fête des shamans bat son plein, Onèan et Anya se sont retrouvés au milieu des fêtards malgré les excès de l'alcool. Mais, maintenant, qu'est ce qui attend le tout nouveau mage paladin ?
Pendant ce temps, le groupe de sauvetage s'est remis de leur attaque et ils s'apprêtent à pénétrer dans la forêt de Veraï, la peur vissée dans l'estomac.

Bonne lecture ^^


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CHAPITRE 59
Obligations - Entrée à Veraï


Les lendemains de fête peuvent parfois réserver quelques surprises, et Onèan venait de le découvrir à ses dépends. Grisé par l’alcool, il s’était endormi contre Anya sans même s’en rendre compte. Mais au lever du jour, quand ses paupières s’étaient ouvertes, il lui avait semblé que deux poignards lui transperçaient les yeux jusqu’au plus profond de son crane. Un concert assourdissant de tambour cognait dans sa tête à le rendre presque fou.
Le jeune homme plongea le visage dans l’eau glacé du lac, mais avec guère de résultats. Il se prit la tête en gémissant, il avait vraiment abusé hier soir, au point que certains moments de la soirée étaient encore flous.

Anya était assise sur la berge, un peu moins malade que son compagnon, elle avait tout de même besoin d’émerger de sa torpeur. Elle interpela l’écuyer d’une voix rauque et cassée.
- Tu te sens mieux ?
Onèan s’assit lourdement sur le sol en soupirant.
- Pas vraiment, enfin un peu ma tête ne tourne plus autant, mais j’ai l’estomac chamboulé et il me semble qu’une bataille se livre dans ma tête.
Anya lança un rire moqueur.
- Alors on veut jouer au dur et ça ne tient pas l’alcool.
- S’il te plait Anya, je t’ai dit que j’étais désolé, même si je ne sais pas trop encore de quoi je dois le faire.
- Tu n’auras qu’à demander à Oroky, c’est lui le fautif.
- Alors pourquoi tu me fais une scène pareil si c’est lui le coupable.
- Parce que tu pouvais très bien dire non.
Le jeune homme rentra la tête entre les épaules, elle n’avait pas tout à fait tord. Il se releva pour s’assoir à coté de la jeune fille, il glissa sa main dans la sienne.
- Tu ne vas pas continuer à bouder.
- Je fais ce que je veux !
La koradji fixa le jeune homme avec des yeux hautains, mais elle sourit en déposant un baiser sur sa joue.
- Je plaisante évidemment, la fête est finie, mais la prochaine fois, ne bois pas autant.
- C’est promis, répondit Onèan.
- Je t’aurais à l’œil en tout cas, tu peux en être sûr.
- Donc tu resteras collée à moi ?
- Aussi près que possible.

Ils se serrèrent l’un contre l’autre en silence. Après ce petit moment de paix, le jeune homme prit la parole.
- Et maintenant, que devons nous faire ?
- Tu me le demandes, mais je n’en sais rien, tu connais Oroky maintenant.
L’écuyer hocha la tête.
- Alors là oui, j’ai appris ce que je devais faire pendant cette cérémonie que le soir d’avant, alors pour la suite du programme, nous devrions être courants ce matin même.
- J’imagine que tu vas devoir répondre à pas mal de questions, lança Anya, après ta démonstration de hier soir.
- Je pense, surtout venant des anciens du conseil des shamans, Sekti m’a fait répéter de nombreuses fois l’invocation de mon pouvoir.
- Elle s’est beaucoup améliorée d’ailleurs.
- Oui, j’ai compris ce qu’elle attend de moi, et nous nous faisons confiance.
Le jeune homme prit son épée dans son fourreau qu’il avait posé là avant de s’endormir. Il tint l’épée rengainée devant lui.
- Je dois lier nos pensées pour que la salamandre m’obéisse, je ne dois faire qu’un avec elle. Maintenant quand je me bas en l’invoquant elle suit mes coups et anticipe ma protection en regardant autour de mois.
Il souleva l’épée au niveau de ses yeux.
- J’ai encore beaucoup à apprendre pour connaitre tout ce que je peux faire de ce pouvoir, mais cela viendra avec le temps et la pratique. Je dois continuer à ouvrir mes pensées en direction de la salamandre pour qu’elle me fasse pleinement confiance.
La koradji le regarda fixement avec intensité, le jeune homme reposa son épée avec un air pensif.
- Qu’y a-t-il ?
- Tu as changé, fit-elle.
- Comment ça ?
- Je ne serais pas trop te dire, mais c’est en toi, dans tes paroles.
Onèan s’inquiéta.
- Cela te pose problème ?
Anya sourit.
- Non, ne t’en fait pas.
La jeune fille déposa un baiser sur la joue de l’humain pour le rassurer.
- Tu vois bien.

Le jeune homme sourit. Alors qu’il se penchait vers sa compagne, des bruits de pas se firent entendre. Ils s’éloignèrent avec précipitation en se tenant bien droit à leur place. Miko apparut devant eux tout sourire.
- Je vous ai trouvé, je savais bien que je vous avais vu partir dans cette direction hier soir.
Les jeunes gens tentaient de faire bonne figure.
- C’est un très bon endroit je trouve, lança la koradji avec amusement.
Le rouge monta aux joues des amoureux prit sur le fait.
- Tu … Tu nous cherchais ? Demanda Anya pour changer de sujet.
- Oui, répondit aussitôt Miko, enfin surtout Onèan, il est attendu par les sages pour un entretien.
- Que me veulent-ils ?
- Ils ne m’ont rien dit moi, je suis juste envoyée pour vous chercher.
Les jeunes gens se levèrent et ils ramassèrent leurs affaires pour suivre la jeune fille. Elle ne semblait pas affecter par la fête et les abus qu’ils avaient tous faits. Voyant leur mine blafarde, Miko s’arrêta et leur tendit deux morceaux de racines.
- Mâchez ça, c’est le meilleur remède pour les petits problèmes d’estomac.
Ils prirent l’ingrédient avec empressement, le goût était particulièrement amer mais peu à peu le jus apaisa l’estomac des deux jeune gens. Onèan poussa un soupir de contentement, il n’aurait jamais cru que ce petit bout de racine puisse lui faire autant de bien.
- C’est un petit secret des shamans pour toujours être d’attaque.
- Il faudra que je pense à en avoir une réservé, lança l’écuyer.
- Parce que tu comptes recommencer ?
Le ton de la voix d’Anya était lourd de sens, le jeune homme fit un sourire gêné.
- Évidemment, je n’en aurais plus vraiment besoin.
Miko pouffa de rire mais préféra se taire pour ne pas en rajouter. La koradji les mena jusqu’à une grande tente qui avait été dressé prés du grand chêne. Avant d’entrer, elle arrêta Anya en lui prenant le bras.
- Il doit y aller seul, je suis désolée.
La jeune fille regarda l’écuyer.
- Encore une fois, nous voilà séparé, j’espère que se sera moins long que la dernière fois.
- Alors avec ces vieilles chouettes, nous ne pouvons être sûrs de rien.
Miko attira Anya vers elle.
- Ne t’en fais pas, ton amoureux ne va pas aller bien loin, en plus je vais t’emmener dans un endroit où tu n’auras pas le temps de t’ennuyer.
- Euh … D’accord.
- Bon, reprit Miko, quand ils te laisseront enfin tranquille, rejoins nous à l’orée des bois au Sud.
- Très bien.

Les deux koradjis quittèrent l’écuyer à la porte de la tente. Le jeune homme les regarda partir avec envi, il se demandait bien ce qu’il l’attendait derrière cette porte en tissu. Après avoir reprit un peu de courage, il souleva la tenture qui fermait l’entrée.
La tente était formée d’une ossature en bois, des poteaux à intervalle régulier pour les murs, et deux poteaux principaux faisant deux fois la taille d’un homme qui supportaient l’ensemble du toit. Une armature de branche fine donnait son maintient au toit, elles partaient du haut des murs pour se reprendre sur les poteaux principaux.
Une mer de tenture et de toiles était attachée sur la structure en bois, tendue à l’extrême ne laissant pas passer de courant d’air. La lumière était donnée par deux puits de lumières astucieusement placé au sommet des poteaux principaux, le dispositif permettait de protéger tout de même l’intérieur de la pluie.
Tous les anciens étaient réunis en demi-cercle, ils avaient cessé de discuter en voyant arrivé le jeune homme qui se sentait très gêné. Ils étaient une dizaine homme et femme, tous avaient un âge plus où moins avancé, bien que le supérieur de l’ordre semblait être plus jeune que les autres. Onèan savait très bien qu’il ne devait pas le juger sur l’apparence, il resta bien droit, attendant que quelqu’un lui adresse la parole.
Maître Nanté lui adressa un signe de la main en souriant pour qu’il approche un peu plus près d’eux.
- Tu peux avancer, nous n’allons pas te manger.
Le jeune homme hocha la tête vivement et fit quelques pas dans leur direction. Il se retrouva au centre de l’arc de cercle que formait les koradjis, encore moins à l’aise qu’en entrant sous la tente.
- Assis toi, ça nous évitera de devoir lever la tête et de nous casser le cou pour te regarder et te parler.
L’humain obtempéra sans prononcer un mot.
- Et bien, il est timide le petit gars, lança l’un des shamans à l’extrémité droite.
- Il est au milieu d’un peuple qui est censé lui vouer une haine farouche, répondit Sekti, tu serais comment à sa place au milieu d’une troupe d’humains Horiu.

Les autres koradjis se mirent à rire, le vieux shaman adressa un clin d’œil à Onèan qui sourit en le remerciant d’un signe de la tête.
- Trêve de bavardage, reprit Nanté, nous sommes là pour lui exposer ce que nous attendons de lui.
Les autres membres hochèrent la tête.
- Onèan Terrenoir, connais tu la légende qui parle du retour de la magie ?
- Un peu, mais seulement quelques brides et quelques passages, mais pas la légende entière en particulier.
- Je vois qu’Oroky est toujours aussi avare d’explications, lança Maître Nanté, enfin, pour faire court, la magie était le lien qui unissait les peuples, les conflits étaient régis par des confrontations et des duels magiques. L’arrivée de l’Empereur et de son armée changea l’harmonie qui régnait, et la magie fut bannie des terres humaines, les pratiquants traqués comme des bêtes.
Il fit une pause avant de reprendre la parole.
- C’est alors qu’une prophétie nous parvint, quand la magie renaîtra entre les mains des humains, alors les terres par de là la forêt connaitront de nouveau la paix et la justice qu’elles connaissaient avant l’arrivée de l’empereur et de l’Inquisition.
L’écuyer avait écouté avec attention le discours du maître, il connaissait quelques parties de l’histoire, il avait maintenant plus de détails.
- Tu comprends mieux pourquoi nous prenons avec autant de sérieux les paroles d’Oroky. Nous attendons depuis longtemps l’arrivée de ceux qui nous montrons la voix vers un nouvel avenir pour toutes les peuples.
- Et qu’en pensez-vous ? Lança Onèan.
Le maître sourit, les autres ricanèrent derrière eux en échos.
- Je suis content qu’Oroky ne prenne pas souvent d’apprentis, s’ils sont tous comme toi nous aurions des soucis à nous faire. Tu as tout de même abordé la bonne question, nous sommes beaucoup encore à douter même si ta salamandre est une bonne preuve.
- Alors que voulez vous savoir de plus ?
- Seras tu capable de mener le combat que tu devras affronter ?
Le jeune homme ne comprenait pas.
- Où voulez vous en venir ?
Sekti prit la parole à son tour.
- Ta détermination ira-t-elle contre les humains, ceux de ton peuple, les combattre et les tuer ?
- Evidemment, s’il faut je combattrais l’Inquisition par les armes.
Le vieux shaman hocha la tête.
- Je sais bien, mais pourras tu aussi te battre contre les chevaliers protecteurs ou contre tes amis même.
- Mes amis ?
- Oui, tu dois en être bien conscient, tu as une lourde charge sur les épaules et tu n’as pas le droit de reculer. Tu auras maintes combats à mener une fois ta décision prise, et beaucoup contre les habitants du Conglomérat.
La révélation venait de laisser le jeune homme sans voix, il ne pensait pas qu’il devrait aller jusque là. L’écuyer savait qu’il devrait combattre et sûrement tuer pour y parvenir, mais pas contre ses amis ni même contre son propre ordre des chevaliers.
Voyant le choque sur le visage de l’humain, Maître Nanté se leva de son siège et marcha en direction de celui-ci.
- Je pense que tu as besoin de prendre un peu de temps pour trouver la réponse, reviens nous voir plus tard, tu pourras alors nous la donner.
Onèan regarda le koradji et hocha la tête machinalement.
- Je reviendrais, répondit l’écuyer.

Il quitta la hutte sans un mot de plus, perdu dans ses pensées, le jeune homme n’avait pas été si loin dans sa réflexion. Maintenant il devait se rendre compte de ses choix, allait-il se battre contre son ami et tuteur dans la chevalerie Sir Nartero un jour ?
L’écuyer marchait presque par automatisme dans la direction que lui avait indiqué Miko plus tôt. Il ne s’en rendait même pas compte tant l’entretien avec les shamans l’avait chamboulé. Les quelques koradji qu’il rencontra le regardèrent un peu étonné devant son visage plein de sérieux. Une voix l’appela le faisant revenir à la réalité de ce qui l’entourait.
- Onèan, par ici !
Le jeune homme vit l’apprenti du clan de la cascade lui faire des signes, il se dirigea dans sa direction. Il fut accueilli par le sourire d’Anya et l’air surpris des autres koradjis.
- Ils ne t’ont pas retenu trop longtemps à ce que je vois.
- Mais non, répondit évasement l’humain gardant pour lui ses réflexions, que faites à cet endroit ?
- Nous préparons des potions, lança Miko toute fière, c’est le meilleur moyen d’apprendre rapidement de nouvelles recettes, tu veux essayer ?
- je ne sais pas si je parviendrais à réaliser de bons mélanges, mais je veux bien voir si je peux le faire.
Onèan s’assit à coté des deux filles et il se mit à l’ouvrage. Il suivait leurs indications, et peu à peu avec le temps les autres koradjis se firent à la présence de l’étranger. Les échanges recommencèrent comme si rien ne s’était passé, et les conseils se donnaient en même temps. Le jeune homme remarqua que l’un d’eux pourtant ne le quittait pas des yeux, restant silencieux. L’écuyer se pencha vers Anya en parlant à voix très basse pour qu’ils ne soient que les deux à comprendre.
- Tu sais pourquoi il me fixe ?
- Non, je ne le connais pas, murmura t’elle, je crois que c’est un membre de la tribu des Griffes Sombres.

Voulant en avoir le cœur net, Onèan lui sourit et l’interpella d’une voix posée.
- Tu veux me demander quelque chose peut être ?
Le koradji le fixa avec encore plus d’intensité, de la colère naissant lentement.
- Tu ne devrais pas être là !
Le ton de sa voix fit cesser toutes conversations autour d’eux.
- Tu n’es qu’un sale humain, reprit il, tous des monstres et des êtres abjectes !
Surprit, Onèan garda quelques instants le silence ne sachant pas comment réagir à pareille agression. Il réussit tout de même à prendre la parole avec une voix la plus assurée possible pour tenir tête à son interlocuteur.
- Nous ne sommes pas tous ainsi, comme tu le crois.
Le koradji se leva brusquement.
- Tu es comme tous les autres, un fourbe, tu n’es qu’un espion venu dans le seul but de nous détruire.
Des murmures parcoururent les autres participants, ils ne savaient pas ce qu’ils devaient bien faire. Anya allait se lever pour répondre, mais Onèan l’arrêta avant de prendre à son tour la parole.
- Je ne suis pas un espion, je suis venu découvrir la magie pour combattre à mon tour l’Inquisition et ceux qui cachent toute la vérité.
- Tu mens ! Toi et ton engeance ont tué mon père !
Avant qu’une personne n’intervienne, le koradji bondit sur l’humain désarmé pour le battre comme plâtre. Les autres se levèrent mais ils ne parvenaient pas à les séparer, Miko allait appeler des secours quand le combat cessa soudain. Anya poussa un hoquet de stupeur et de peur mêlé, le koradji tenait la gorge de l’humain dans sa gueule, le silence se fit dans la clairière.
- Alors qu’attends-tu ? Tu peux me tuer vas-y !
La mâchoire se referma un peu plus, Onèan déglutit avec plus de difficultés.
- Moi aussi j’ai perdu mon père à cause de l’Inquisition, reprit il avec une conviction affirmée, et je viens à peine de me rendre compte que ma quête de vérité et de justice me poussera à attaquer ceux qui étaient de mon coté, les chevaliers, les soldats du Conglomérat, et peut être même mes amis !
La pression diminua, l’écuyer poursuivit alors comprenant qu’il marquait peu à peu l’esprit de son adversaire.
- Je commence à peine à comprendre tout le mal que nous avons fait, tous ces morts inutiles. Je ne peux rien faire pour retourner en arrière, mais je comprends maintenant mon devoir et ce qu’impliquent mes choix.
Le koradji se releva et regard l’humain, son regard avait complètement changé, de la tristesse était visible.
- Je devrais combattre mes compagnons, mes amis, mais si je n’agis pas contre moi-même alors rien ne changera.
Le silence se fit dans la clairière.
- Je suis désolé, lança le koradji, en agissant ainsi j’ai fait honte à mes ancêtres.
- Tu n’as pas à t’excuser, ton intervention m’a ouvert les yeux et m’a beaucoup aidé.
- Layon du clan des Griffes Sombres, j’ai une dette envers toi dorénavant.
Le koradji se leva et quitta le groupe la tête basse sans dire un mot de plus. Anya et Miko aidèrent le jeune homme à se rassoire après la terrible agression.
- Tu vas bien, s’inquiéta Anya.
- Quelques contusions rien de plus, je dois vous laisser, je dois retourner voir le conseil des shamans immédiatement.
- Pourquoi aussi vite, tu venais juste de nous rejoindre ?
- Je suis désolé, je reviens juste après, ne t’en fait pas.
Onèan caressa la main de la jeune fille avec discrétion pour la rassurer. Il salua les autres participants puis il quitta la clairière marchant à grand pas en direction de la tente. Son regard n’avait plus rien à voir avec l’allée, cette fois il ne doutait plus, pour le bien des koradjis et des habitants du Conglomérat, il irait jusqu’au bout.


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Les branches des grands arbres à l’orée de la forêt de Veraï se courbaient vers le sol comme pour attraper ceux qui osaient s’en approcher. Le groupe de sauvetage avait enfin atteint leur objectif sans rencontrer plus de problème après l’attaque de l’Inquisition dans la ferme en ruine. Bien qu’ils n’aient pas relâché leur surveillance, aucun signe de poursuite par une troupe ne fut perçu tout au long de la marche.
Maintenant ils se tenaient face à la forêt de Veraï, contemplant cette frontière végétale, Brom regardait les arbres comme un obstacle insurmontable. Elle était encore plus effrayante d’aussi près que lors de leurs escapades quand ils étaient enfants.
- Dire que j’ai toujours fait en sorte de me tenir éloigné de ces bois, et me voilà prêt à y pénétrer.
Le forgeron frissonna malgré lui.
- Le plus dur c’est au départ, fit Impa, après on s’habitue à l’atmosphère, il faut respirer et garder son calme.
- Mieux vaut que je descende du cheval, lança Elifain, les branches basses gêneront ma progression et je vous ralentirais.
- Tu es sûre que tu as suffisamment récupéré ? Demanda Lynaïs.
- Arrête de me materner, je vais beaucoup mieux, au pire je m’appuierais sur l’encolure du cheval pour avancer.
L’elfe avait été fortement ébranlé par l’éclair lancé par l’inquisiteur, elle avait du attendre plusieurs jours avant de retrouver tous ses sens. Yurda avança d’un pas décidé dans la direction des arbres, il scruta la frondaison et il hocha la tête.
- Il n’y a pas l’air d’y avoir de dangers dans l’immédiat, autant y aller tout de suite, cela ne sert à rien d’hésiter.

Le groupe se mit en marche en gardant le silence, ils furent saisit tout de suite par la pénombre qui y régnait, même les elfes pourtant habitués à vivre en forêt. Après une bonne distance de marche, les arbres commencèrent à se clairsemer pour laisser plus de lumière parvenir jusqu’au sol. Les compagnons se sentirent plus à l’aise, la forêt semblait ériger d’elle-même un rempart pour se protéger.
Impa menait la marche, il les guidait en direction du lieu où il avait bivouaqué avec le reste de l’expédition armée quelques temps plus tôt. Avec un petit groupe, la marche était plus rapide et plus aisé, ils arrivèrent bientôt à l’ancienne forteresse bien avant que le soleil se couche. L’écuyer avait une bonne mémoire des sentiers, et les traces laissées par le contingent étaient encore parfaitement visibles.
- Cette forteresse devait être impressionnante, remarqua Yurda en touchant une paroi, les murs sont épais et encore debout malgré le temps qui a passé.
Karez regardait les arbres dans l’enceinte en pleine réflexion, Elifain semblait elle aussi surprise de ce qu’elle voyait.
- Tu as remarqué, fit l’elfe à son amie.
- Oui j’ai vu aussi.
- Qui y-a-t’il ? Demanda Lynaïs un peu inquiète.
- Cette forêt n’est pas naturelle, répondit Karez, comme si elle avait poussé en très court laps de temps, presque instantanément.
- Comme par magie ?
- Peut être, fit l’archer, ces bois sont plus mystérieux que nous pensons, même pour nous les elfes, Veraï est très secrète. J’ai l’impression que quelqu’un voulait cacher ces ruines et peut être plus.
Impa intervint.
- Les hommes de l’Inquisition ne voulaient pas que nous quittions l’intérieur de la forteresse seul, c’était trop dangereux selon eux.
- Nous devrions profiter du temps qu’il nous reste avant la nuit pour faire quelques recherches aux alentours, lança Yurda.
- Nous ne pouvons pas nous lancer maintenant sur la piste d’Onèan, ajouta Lynaïs, un peu d’exploration nous en apprendra un peu plus sur le terrain.
Les jeunes gens traversèrent la citadelle en restant sur leur garde, observant chaque recoin sombre. Arrivée à l’autre mur d’enceinte, Elifain, la plus agile, grimpa sur rapidement le parement de pierre pour surplomber la forêt. Elle porta la main au dessus de ses yeux pour se protéger de la lumière puis elle observa le paysage. Elle remarqua l’étrange disposition de la forêt, elle suivait des lignes droites.
- Tu avais raison Karez, il y a quelque chose de camoufler sous les bois, dit-elle en redescendant.
- Si nous allons là bas, il faudra faire attention, lança Impa, c’est de ce coté que les hommes sauvages nous ont attaqués.
- Gardons une formation serrée et surtout ne nous éloignons pas trop de la protection de la forteresse, ordonna Yurda.
Les autres acquiescèrent en hochant la tête, et le groupe se mit en route. Ils passèrent par l’ouverture d’un mur effondré et progressèrent lentement sur une pente douce. Ils n’étaient pas tranquilles et ils gardaient la main sur leurs armes en cas d’ennuis.

Après quelques minutes de marches, Karez qui était en tête leva le bras en l’air pour les faire stopper, il désigna une stèle devant eux. C’était une grande pierre plate, taillée par l’homme, elle était recouverte de mousse et de lichen. Des inscriptions étaient encore lisibles sous la végétation envahissante, laissant présager un message gravé à sa surface.
Les jeunes gens s’approchèrent, Lynaïs curieuse frotta la surface pour enlever la couche de mousse qui recouvrait la pierre. Elle découvrit plusieurs mots qu’elle eu la surprise de comprendre. Sur cette découverte, tous se mirent à retirer la mousse pour voir dans son ensemble le texte gravé. Après quelques instants d’un labeur fébrile, ils purent contempler la stèle dans son ensemble, émerveillés et étonnés.
Sur la plaque ce n’est pas un, mais trois textes étaient inscrits, apparemment le même mais écrit en plusieurs langues. Malgré le temps, les intempéries et la végétation, les gravures étaient encore bien lisibles sur la surface de la pierre.
- Le premier paragraphe est en elfique, remarqua Elifain, le deuxième dans un langage qui se rapproche mais je ne le comprends pas. Les derniers est en commun, la langue humaine, mais avec une étrange orthographe.
- C’est du langage ancien, lança Yurda.
Les deux autres écuyers le regardèrent fixement.
- Qui y-a-t’il ? Vous paraissez si étonnés que je connaisse ce genre de chose.
- Et bien, je ne trouve pas que cela colle avec le personnage, répondit Impa.
- Je dirais même que de te voir le nez dans un livre est presque une image impossible à croire pour toi, renchérit Fared.
Ils pouffèrent de rire sous le regard courroucé du jeune homme.
- Tu pourrais peut être nous traduire ce qu’il y a d’écrit Elifain, demanda Lynaïs pour changer de sujet.
Le silence se fit pour laisser l’elfe parler, Yurda marmonnait encore un peu mais il se calma pour entendre la traduction.
- C’est une formulation très alambiquée, lança Elifain, je vais vous faire une version plus courte se sera plus compréhensible : « Ami voyageur, toi dont les pas te mènent aujourd’hui sur ses terres de paix et d’harmonie, soit le bienvenu à Yghasia la cité des peuples réunis »
A la fin de la traduction, les yeux des jeunes gens s’agrandirent au fur et à mesure qu’ils comprenaient mieux les paroles. Lynaïs fixait la plaque stupéfaite de cette découverte.
- Nous venons de trouver les ruines d’une cité où les humains, les elfes et les koradjis vivaient ensembles !
- Pourquoi les koradjis ? Demanda Brom.
L’archère désigna le dessin en partie révélé en bas de la stèle, il représentait trois personnes se tenant par la main, un humain, un elfe et un homme à tête de loup, un koradji.
- Mais ça remet en cause tout ce que nous savons sur l’histoire du Conglomérat, fit Yurda avec surprise.
Cette découverte pouvait à elle seule ébranler les fondements même de l’Empire, et les jeunes gens en prenaient rapidement la mesure.


Sans le savoir, le groupe était observé à bonne distance. Caché dans un bosquet à la limite de la citadelle, Keridan et Pearce tentaient de savoir ce qui se passait plus bas.
- Je me demande ce qu’ils ont découvert, ils semblent bien énervés.
- Moi je préférerais savoir ce qu’ils sont venus faire ici !
Le noble ne voulait toujours pas en démordre, après son attaque ratée, il voulait absolument leur mettre la main dessus. Malgré le danger que cela représentait, ils avaient suivi le groupe en pénétrant dans la grande forêt de Veraï.
- Que faisons-nous maintenant ? A deux nous ne pouvons pas faire grand-chose.
- Je veux les garder à l’œil, si jamais nous avons une chance d’agir nous le ferons, nous leur tomberons dessus pour les faire payer.
- Et s’ils s’enfoncent encore plus dans la forêt ?
- Nous les suivrons évidemment.
Pearce commençait à douter de cette chasse insensée, mais il ne disait rien, préférant garder ces doutes pour lui. Les deux membres de l’Inquisition continuèrent de les observer en silence sans jamais ne les quitter des yeux.


Dans d’autres fourrais situés cette fois dans l’ancienne cité en ruine, une paire d’yeux regardait avec attention les nouveaux venus, les détaillants de la tête au pied. Le regard se fit plus acéré quand il se posa sur les armes, il avait la réponse à la question muette qu’il se posait. Les yeux se plissèrent et un gloussement se fit entendre, venu du fond d’une gorge.
L’étrange regard disparut alors dans l’ombre sans émettre aucun bruit comme s’il n’avait jamais existé.

 
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