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Jeudi 31 mai 2012, 17:35


Voici une histoire écrite par Trimor et dont le titre est Chevalier - chapitre 67 - La quête de l'armure.

Bonjour à vous ^^

Les aventuriers se retrouvent maintenant parmi les koradjis du clan de la Grande Cascade. Brom à découvert ses pouvoirs de forgeron mystique, Oroky avait une nouvelle fois raison avec ses prévisions. Leur amie Miko se réjouit de les avoir avec elle, et ne sachant pas combien de temps ils vont rester, elle sera leur guide pour leur séjour.
Mais les légendes peuvent resurgir du passé pour faire repartir les aventuriers dans de nouvelles quêtes.

Bonne lecture ^^


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CHAPITRE 67
La quête de l'armure


Plusieurs jours s’étaient écoulés depuis que le groupe d’étrangers était arrivé dans le clan de la Grande Cascade. La grande fête qui avait eu lieu le soir de leur arrivée avait permis de montrer aux voyageurs qu’ils étaient les bienvenus. Peuple ouvert et accueillant, les koradjis du clan de la Grande Cascade étaient connus pour leur hospitalité, même envers les autres races.
Tous avaient pu ainsi trouver sa place dans la vie des villageois. Karez et Impa et Fared accompagnaient les patrouilles dans la forêt, avec l’aide des chasseurs koradjis et les conseils de l’elfe, les deux jeunes gens apprenaient à se déplacer dans les bois. Avec le temps, les deux écuyers comprirent l’importance de leurs gestes et de leurs pas sous la houlette de leurs hôtes.
Anya et Lynaïs se laissaient guider par Miko qui leur montrait tous les endroits qu’elle aimait par-dessus tout. Terla était désespérée, elle connaissait assez son apprentie pour savoir qu’elle cherchait avant tout à éviter ses travaux quotidiens. Les trois jeunes filles devenaient très amies, l’humaine et la koradji en profitaient pour mieux se connaitre. Elles se rendirent compte qu’elles avaient beaucoup en commun, plus qu’elles ne l’auraient cru.
Elifain était le plus souvent rendu dans la forge du village, bien au-delà de ce qu’aurait cru le reste de ses compagnons. Elle passait beaucoup de temps à regarder Brom travailler sous les ordres de Noake. Le koradji n’avait rien dit sur la présence de l’elfe, elle restait le plus souvent silencieuse à observer les gestes du jeune homme.
Brom commençait à comprendre la magie d’un forgeron mystique, il n’arrivait pas à la faire jaillir de ses mains, mais le jeune homme faisait de grands efforts pour y parvenir. Il se trouvait revenu des années en arrière, au début de son apprentissage avec son père, il devait alors faire attention à chacun de ses gestes.

Yurda et Onèan était non loin de la forge, observant Elifain penchée sur l’ouvrage de Brom très concentré.
- Tout le monde à trouver de quoi s’occuper, commenta l’écuyer le plus âgé.
- Je croise à peine Anya ou Lynaïs dans la journée, elles disparaissent presque toute la journée avec Miko.
- C’est vrai qu’elles passent beaucoup de temps ensemble.
Yurda repensa à l’apprenti shaman, il sentit le rouge le monter aux joues et chassa très vite ces pensées pour pas qu’elle ne le trahisse.
- Pourquoi n’as-tu pas suivi Impa, Fared et Karez dans les bois ? Demanda Onèan.
- Courir dans les bois, ce n’est vraiment pas ce que je préfère, répondit son camarade, et toit alors ?
- Je dois m’exercer au contrôle de la salamandre pour comprendre son fonctionnement et m’améliorer dans son utilisation.
- Et bien, si tu le veux bien, allons nous entrainer à l’épée alors ? Lança Yurda pour enchaîner avec les paroles d’Onèan.
- Oui avec plaisir, tu commences à devenir particulièrement doué pour réagir plus rapidement que ma magie, avec toi je progresserais plus rapidement que pendant mes entraînements solitaires.
Les deux jeunes gens traversèrent le village pour se rendre sur les bords du lac, un peu plus loin des habitations. Ils commencèrent leur entrainement comme au temps où ils étaient tous ensemble dans la caserne de Paragahi. Des enfants du clan se rassemblèrent non loin d’eux pour les regarder, les écuyers les laissaient faire tant qu’ils ne s’approchaient pas trop près, ils ne voulaient pas les blesser par inadvertance.
Un très vieux koradji les observa à son tour, il s’assit sur un rocher en tenant devant lui la canne qui lui servait à marcher. Au bout de quelques minutes, Onèan fit apparaitre sa salamandre à la pointe de son épée, soulevant des exclamations de joie des enfants. Leur combat se poursuivit pendant une petite heure, Yurda commençait à connaitre le pouvoir de son ami, il lui tenait presque tête. Onèan lui pouvait perfectionner ses techniques et en inventer d’autres, les deux jeunes gens gagnaient beaucoup dans leurs affrontements amicaux.
Ils s’arrêtèrent enfin, exténué et couvert de sueur, ils avaient besoin de prendre un peu de repos. Ils rangèrent leur épée dans leur fourreau allèrent se rafraichir dans le lac. Les enfants venaient alors les voir pour leur poser plein de question.
Yurda qui avait toujours cru connaitre les koradji sanguinaires les voyait maintenant sous un jour nouveau. Ils étaient amicaux et plein de surprise, tout comme les humains ils vivaient en famille et aimaient la paix et la tranquillité. Ils riaient et faisaient la fête, pleuraient aussi quand l’un des leurs disparaissaient. Le jeune homme avait un regard neuf, comme tous ses amis venus avec lui, il allait tout faire pour partager sa vision aux habitants du Conglomérat.

Onèan remarqua en se retournant le vieux koradji qui lui sourit en lui faisant un signe. Le jeune homme vint à sa rencontre en le saluant poliment.
- Bonjour vieil homme.
- Bonjour à toi, appelle-moi Jurry.
Le jeune homme sourit.
- Bien sûr Jurry, je ne vous avais pas remarqué.
- Ce n’est pas grave, j’ai préféré vous regarder, je n’avais encore jamais vu combattre un mage paladin à part dans les récits de mon père.
Le jeune homme fut intéressé par les paroles du koradji.
- Qu’est ce qu’il vous a raconté ?
- Des batailles surtout, les flammes, les éclairs, l’eau, tous les éléments volant des les airs pour repousser l’ennemi.
- Je voudrais bien en savoir plus, je ne connais presque rien de ces histoires.
Jurry hocha la tête.
- Raconter des histoires, c’est bien l’une des seules choses qu’il me reste à mon âge, par exemple, sais tu ce qui différenciait les mages paladins des autres chevaliers à part la magie évidemment.
Onèan fit non de la tête.
- C’était leur tenue de combat, là où les chevaliers étaient bardés de fer, eux ne portait qu’une épaisse cote de maille avec un tabard portant leur armoirie. Ils avaient aussi des casques ouverts munis de cornes ou d’ailes qui les grandissaient encore plus.
- Je ne savais pas que les mages paladins portaient une tenue différente des chevaliers, je ne l’aurais pas imaginé.
- Bien sûr que si mon garçon, ces armures sont spéciales, elles sont plus légères pour privilégier la vitesse, mais elles doivent également être assez résistantes à la magie pour ne pas être endommagé par celui qui la porte.
- Mais comment trouver une telle armure aujourd’hui.
Jurry leva une main en l’air en hochant doucement la tête.
- C’est un savoir qui s’est perdu, peut être que notre forgeron Noake pourrait t’en dire plus, mais cela m’étonnerait beaucoup.
- Bonjour monsieur, intervint Yurda, excusez moi de venir ainsi vous interrompre, mais ces armures, ou sont elles passées maintenant ?
- Voilà une question pertinente jeune homme, elles étaient enterrées avec son porteur le plus souvent, ou bien transmis de père en fils.
Onèan eut une idée et en fit part au vieil homme.
- J’ai entendu que les anciennes magies ont perduré dans ces bois, bien plus longtemps après l’arrivée de l’Empereur. Peut être que nous pourrions retrouver la trace de l’un des derniers mages paladins en armure ?
Jurry se mit à réfléchir en caressant son bouc.
- Ton idée n’est pas mauvaise.
Il se leva en geignant, s’aidant de sa canne.
- Suivez moi tous les deux, il faut que je vois avec quelques uns de mes amis du conseil du village.

Les deux jeunes gens se rendirent compte alors qu’ils avaient déjà vu le koradji lors de leur premier rencontre avec le chef dans la maison des ancêtres. Ils se trouvèrent bien idiot de ne pas l’avoir reconnu, ils suivirent alors le vieil homme dans le village tout proche. Le trio s’arrêta dans plusieurs maisons, leur nombre grossissant par la même occasion. Arrivé à la quatrième, ils se trouvaient entourés d’une demi-douzaine d’anciens, discutant d’abondance.
- Alors Nohok, c’est toi la mémoire du village, fit Jurry, tu ne te souviens pas de quelque chose.
Le koradji n’avait plus un cheveu sur la tête, sa peau était parcheminée par le temps. Il était assis dans un grand fauteuil, ses yeux plissés avaient presque disparu sous les replis de son visage ridé. Il leva soudain la main avec son index levé.
- Mon grand père m’a parlé une fois d’un koradji se servant de la magie comme un mage paladin, c’était un héros pour notre peuple, il avait tout appris de son maître qui était humain comme vous deux.
La voix du koradji était chevrotante et lente, le suivre jusqu’à la fin de ses phrases en devenait presque difficile.
- De quoi tu parles, lança une vieille femme près d’Onèan, tu es entrain de mélanger les légendes à la réalité.
- Non je ne perds pas la tête, fit Nohok d’une voix forte.
Il se mit à tousser à cause de l’accès de fureur, son arrière petite fille assise près de lui le fit boire un verre d’eau pour retrouver son souffle.
- Laisse-le continuer Viga, répondit Jurry.
La vieille femme pesta en secouant la tête, mais elle se tut. Nohok reprit donc la parole en cherchant ses souvenirs.
- Il s’appelait … Hadak, oui voilà, Hadak.
L’ancêtre se cala dans son fauteuil pour poursuivre.
- Cet homme voulait combattre un sorcier, un de ses amis qui avait perdu la tête causé par le malheur et la douleur. C’était un nécromancien avec du sang mêlé d’humain et de koradji, il s’était établi au centre de la forêt, plus au sud d’ici sur les anciens territoires. Il levait une grande armée pour attaquer le Conglomérat, il n’hésitait pas à tuer pour obtenir plus de corps, humain, elfes, orcs, hommes sauvages, et même koradji.
Il fit une pause pour reprendre son souffle, personne ne parla pour laisser le vieil homme reprendre la suite de son récit.
- Hadak partit alors en croisade, emmenant avec lui quelques courageux, le héros voulait en finir par le sorcier. Il portait alors cette armure spéciale que possèdent les mages paladins, il étincelait sous les rayons du soleil. Ce qui se passa durant le combat fut raconté par les quelques survivants, le nécromancien et le mage paladin s’affrontèrent dans la tour du sorcier. Le combat fut si intense que le bâtiment explosa sous les afflux de magie. Le nécromancien était mort, mais le héros rendit l’âme également entre les bras de ses alliés. Il est dit que son corps et ceux de tous les courageux morts durant ce combat ont été emportés par un gardien qui a fait des restes de la tour un tombeau éternel sous sa protection.
Nohok poussa un soupir de contentement en achevant le récit, Onèan et Yurda n’en avaient pas perdu une miette.
- Mais se n’est qu’une légende, fit Viga en croisant les bras sur sa poitrine.
- Toutes les légendes ont une part de vérité, lança Iko un autre vieux koradji.
- Il est vrai que beaucoup de légendes se sont avérées vrai, lança Aba la deuxième femme du groupe, surtout que cette partie de la forêt est dangereuse, les morts vivants sont bien là.
- Justement, c’est dangereux, nous n’allons pas envoyer ces gamins vers une mort certaine, s’emporta Viga.
Les koradjis se mirent à se disputer avec force, c’était à celui qui arriverait à crier plus fort que les autres. Les deux humains ne savaient plus où ils devaient se mettre, seul Nohok ne parlait pas s’étant endormi malgré le bruit.

Merkla, le chef du village, débarqua alors dans cette tempête déchaînée, ne sachant pas comment arrêter tout ça. Il baissa alors la tête tentant de conserver son calme, il prit alors une profonde inspiration.
- Silence ! Hurla-t-il à plein poumon dans la pièce.
Les cris s’arrêtèrent nets, toutes les têtes se tournant dans la direction du chef du village. Nohok se réveilla alors en sursaut, manquant de tomber de son fauteuil.
- Mais tu n’es pas bien de crier ainsi sous mon toit !
- Désolé Nohok, mais je tentais de mettre un peu d’ordre ici, répondit Merkla.
Nohok hocha la tête en chantonnant, le chef se mit les poings sur les hanches en fixant les personnes âgées réunit dans la maison.
- Je pense que vous avez passé l’âge de vous disputer comme des enfants non ?
- Mais c’est que le jeunot voudrait nous faire la morale, ricana Viga.
- Tu étais pourtant bien pire quand tu étais enfant, renchérit Aba.
Merkla respira profondément.
- Pourquoi vous vous disputiez ?
Les koradjis se regardèrent interrogatifs.
- Nous discutions entre nous, rien de plus, fit Jurry.
- Mais oui, un simple échange de point de vue, répondit Viga.
Les vieilles personnes se mirent à rire au dépend du chef du village, les deux écuyers eurent soudain pitié du koradji.
- Expliquez-moi alors, dit seulement Merkla résigné.
- Nous cherchons le moyen de trouver une armure pour le jeune Onèan, expliqua Jurry, une armure de mage paladin, comme ceux de l’ancien temps.
- Et vous croyez qu’il en existe encore une ?
- Justement, fit Noyuke un autre des anciens, nous avons trouvé une piste, mais nous devons nous mettre d’accord.
Jurry expliqua au chef toute l’histoire depuis le départ, comprenant enfin Merkla croisa les bras en réfléchissant.
- La forêt des morts existe bel et bien au centre de la forêt de Veraï, mais je ne savais pas comment elle avait été créée.
- C’est une légende, mais si elle est vraie il n’y a que là que ce jeune mage paladin retrouve une armure intacte, acheva Jurry.
- Cet endroit est très dangereux, les morts vivants y sont très nombreux heureusement il ne quitte jamais cette partie de la forêt, comme attirés par quelque chose.
Onèan prit alors la parole.
- La tour existe alors ?
- Oui, répondit Merkla, elle est sur une colline qui surplombe la forêt, mais le bâtiment se trouve au centre de la zone des morts.
L’écuyer se tourna vers son ami, celui-ci comprit sa question muette.
- Jusqu’où tu vas nous emmener toi, il faudra en parler aux autres mais nous pouvons toujours tenter le coup.
Le chef regarda alors les jeunes gens.
- Vous voulez aller voir, mais ce n’est qu’une légende !
- Je ne trouverais nulle part ailleurs une autre chance.
Merkla finit par hocher la tête.
- Je vais voir avec mes éclaireurs pour le renseigner sur le terrain, je vais bien voir si l’aventure est possible.
- Merci Chef Merkla, lança Onèan.
Les vieux koradji poussèrent une exclamation de joie, ils étaient encore plus excités par l’aventure que les jeunes gens.


Le soir venu, le jeune écuyer réunit tous ses compagnons dans leur logement, même Brom était venu. Il devait retourner à la forge dés que se serait fini, Noake l’attendait pour continuer sa formation accélérée.
- Alors pourquoi nous demander de tous nous réunir aussi cérémonieusement ? Demanda Elifain à moitié couchée sur le sol.
Onèan prit la parole après un instant de réflexion.
- J’ai découvert que les mages paladins ne pouvaient pas porter les mêmes armures que les chevaliers, elles doivent être plus légères et plus résistantes.
- Et c’est pour ça que tu nous as demandé de venir, plaisanta Karez.
- Attend un peu qu’il finisse, lança Impa.
- Je suis désolé, je ne suis vraiment pas doué pour parler à une assemblée, avoua Onèan, je vais aller au but.
- Il serait temps, répondit Karez qui reçut une avalanche de reproche.
L’écuyer reprit la parole une fois le calme revenu.
- Ces armures donc sont particulières, et elles ont disparu depuis longtemps, mais grâce aux anciens du village il reste l’espoir d’en trouver une intact. Le corps d’un ancien mage paladin repose dans une tour au centre de la forêt de Veraï.
L’assemblée fut soudain plus attentive.
- J’ai décidé d’aller voir par moi-même si cette armure existe belle et bien.
- Et tu voudrais que nous t’accompagnons, acheva Lynaïs.
Onèan sourit, son amie était toujours aussi directe.
- Tu as compris, mais avant que vous preniez votre décision, je dois vous dire les dangers que nous allons affronter. La tour se trouve dans une zone de la forêt qui est maudite, elle est infestée de morts vivants, de plus les corps du mage paladin et de ses compagnons d’armes sont sous la surveillance d’un gardien que personne ne peut nous décrire.
Il acheva sa tirade par une phrase toute simple.
- En sachant tout cela, voulez vous toujours m’accompagner ?
Le silence lui répondit, l’écuyer savait très bien qu’il en demandait peut être beaucoup trop à ses camarades. Il regarda Anya qui lui sourit, il savait qu’il pouvait toujours compter sur elle, quoi qu’il advienne.
- Onèan, l’interpella Lynaïs, tu crois vraiment que je vais te laisser partir quelque part seul alors que j’ai eu tant de mal à te retrouver ? Tu rêves oui, tu devras me supporter !
- Je voudrais bien voir si notre entrainement a porté ses fruits, fit Yurda songeur.
- Je n’ai encore jamais vu de vrais morts vivant, lança Elifain toute joyeuse.
Impa et Fared se regardèrent puis ils se tournèrent en direction de Karez qui cherchait à éviter leur regard. Il finit par abdiquer en poussant un soupir rageur.
- J’ai compris, j’ai compris, nous seront tous les trois de la parti, dit l’elfe ronchonneur.
Brom fit une mine toute triste.
- Je ne peux même pas vous accompagner, Noake me tuerait si je le lâchais en pleine formation, mais je suis maudit, ce n’est pas vrai !
Excepté le forgeron qui ne pouvait pas partir mais qui en mourrait d’envi tout de même, ses compagnons avaient répondu affirmativement à sa demande. Anya prit la parole en dernier en souriant.
- Alors nous partons quand ?
- Demain ou après demain, quand Merkla nous aura trouvé un guide pour nous emmener jusqu’à la frontière de la zone.
- Donc peu de temps pour nous préparer, lança Yurda, ça ne sera jamais aussi rapide que lors de notre départ de Paragahi.
- Le jour où tu es sorti de ta chambre en caleçon quand je suis venu te réveiller, je me souviens que tu agitais ton arme en tout sens en cherchant un ennemi imaginaire, ricana Impa.
Les jeunes gens éclatèrent de rire alors que l’écuyer sentit le rouge lui monter aux joues.
- Toi je t’avais dit de te taire !
Le jeune homme sauta à la gorge de son camarade qui se mit à rire de plus belle, imité par tous les autres. Onèan ne doutaient plus de ses compagnons, ils venaient de lui prouver qu’ils pouvaient compter sur eux. La quête de l’armure perdue allait maintenant commencer.


Les bois étaient encore plus sombres dans cette partie de la forêt de Veraï, les compagnons n’auraient pas cru trouver un endroit aussi lugubre. Ils regardaient à travers les branches pour tenter de distinguer un peu plus ce qui se passait devant eux, mais c’était peine perdu avec cette obscurité.
Les deux guides koradjis qui les accompagnaient s’étaient arrêtés dans une petite clairière dégagée où un peu de lumière leur parvenait. Leur départ datait d’une semaine déjà, ils quittaient au bout de trois jours le territoire du clan de la Grande Cascade pour plonger au cœur de la forêt ancienne et méconnue.
Honnat, le koradji le plus âgé des deux guides leur fit le point sur la situation.
- Nous sommes arrivés dans les anciens territoires, nous évitons habituellement d’aller si bas car même pour nous, la forêt de Veraï est très dangereuse et mystérieuse.
La nouvelle ne fit pas sourire la troupe qui les accompagnait.
- Et ici nous nous trouvons juste à l’entrée de la forêt des morts ? Demanda Karez.
- En effet, répondit Honnat, il suffit de traverser ses arbres et vous serez dans la zone maudite.
Le koradji fit un tracé sur le sol pour dessiner une carte pour les aventuriers, ils se penchèrent tous sur le croquis pour bien se le mettre en tête.
- La zone est circulaire, la tour en est le centre, sur un kilomètre environ vous ne trouverez que des morts vivants. Il faudra que vous vous méfiiez aussi du brouillard.
- En pleine journée, il n’y en a pas, fit remarquer Yurda.
Le guide secoua négativement la tête.
- Cette endroit est étrange, une brume opaque envahit sans prévenir la forêt et les morts vivants en profitent pour fondre sur vous.
- Et bien, une partie de plaisir en perspective, dit Lynaïs.
Tous se relevèrent, ils étaient tendus et nerveux à l’idée de se lancer dans une telle aventure, mais ils le faisaient tous par amitié, et pas un n’aurait songé à rester en arrière en laissant les autres partir.
- Nous vous attendrons ici, ajouta Honnat, nous ferons un grand feu dés que vous serez partie pour vous indiquer l’endroit où nous sommes.
- Les morts vivants ne risquent t’ils pas de vous attaquer ? Demanda Onèan.
- Non ne vous inquiétez pas, comme l’a dit notre chef, ils ne quittent pas cette zone sans que nous ne sachions pourquoi.

Les aventuriers firent un dernier signe de la main aux guides, puis ils se présentèrent à l’orée de la forêt des morts. Onèan et Karez se portèrent en avant, Yurda et Elifain se placèrent à l’arrière pour les couvrir. Les elfes avaient une meilleure vue parmi le groupe et ils pourraient aisément les prévenir en cas de danger même à travers le feuillage.
Dés qu’ils pénétrèrent dans la zone, les compagnons sentirent un frisson glacé les parcourir. Ils sentaient qu’ils avaient franchi une frontière entre la vie et la mort, les arbres eux même semblaient atteint d’une maladie qui les tuait lentement. L’herbe craquait sous chacun de leur pas, et les buissons d’épines poussaient un peu partout, griffant les aventuriers qui avaient osé pénétrer ce lieu oublié de tous.
- Sur le sol, intervint Karez à voix basse, des traces de pas récentes.
- Elles sont étranges, répondit Onèan, comme si celui qui les avait laissées trainait des pieds en avançant.
- Il devait surement le faire, renchérit l’elfe.
Machinalement, il encocha une flèche, imité par les autres archers. Les guerriers tirèrent leur épée, et Anya serra sa lance avec plus de fermeté.
- Nous devons accélérer, lança Yurda, il ne faut pas rester ici ou nous allons être repérés trop rapidement.
- Je crains qu’il ne soit déjà trop tard, fit Elifain tout près de lui.
Le chevalier écarquilla les yeux de surprise, un gémissement retentit soudain tout près d’eux, suivi de raclement de pied et de claquement d’os.
- Ils sont sur nous, cria Onèan, il faut courir maintenant, Impa, Fared avec moi, nous allons ouvrir le chemin !

La salamandre apparut sur l’épée du mage paladin quand les premiers morts vivants apparurent devant eux. Ils n’avaient plus rien à voir avec des êtres vivants, de la chair pourrissante encore accrochée sur les os, les créatures avançaient vers leur proie en tendant les mains pleines de griffes dans leur direction. Malgré leur apparence, il était encore possible de distinguer la race des morts vivants, beaucoup d’humains, mais aussi des elfes, des orcs, des koradjis.
Onèan poussa un cri de guerre et chargea droit devant lui, il donna un revers de son épée et utilisa son pouvoir comme un fouet qui balaya le premier rang. Le feu était une arme parfaite contre les morts vivants qui étaient affaiblis à son contact. Impa et Fared protégeaient ses flancs en écartant tous les dangers qui pouvaient surgir.
Les autres suivaient au pas de courses les trois écuyers, les archers se retournaient de temps à autre pour tirer des flèches magiques. Le premier visait droit devant lui, éclairant la zone pour les autres qui en profitaient pour viser les paquets les plus compacts. Anya et Yurda les protégeaient en éliminant toutes les créatures qui s’approchaient trop d’eux ou qui avaient échappé à leurs compagnons à l’avant.
La seule chance des jeunes gens était de courir, ils savaient très bien que les morts vivants étaient plus lents qu’eux. Ils progressèrent ainsi toujours tout droit en direction de la tour, plus ils avançaient plus le nombre des morts vivants augmentait.

Onèan trancha en deux une autre créature face à lui et projeta sa salamandre sur deux autres sur le coté. Il voulut reprendre sa progression, mais il se rendit compte que les griffes du mort vivant qu’il venait de terrasser étaient serrés autour de ses chevilles. Le monstre tentait de remonter sur lui, son crane grimaçant tourné vers lui.
Le mage paladin essaya de se débarrasser d’un coup de pied, mais déjà d’autres arrivaient sur lui. Tomber signifiait mourir, tout comme de s’arrêter. Une flèche enflammée tirée par Lynaïs percuta le groupe de mort vivant qui voulait s’en prendre à lui, Anya trancha de sa lance la créature qui s’accrochait aux chevilles de son amant.
Onèan fit un signe muet de remerciement aux deux jeunes filles, il reprit alors sa progression. La fatigue se lisait sur les traits des aventuriers mais ils ne pouvaient pas se reposer, pas maintenant. La salamandre s’enroula autour d’un mort vivant et le transforma en torche, les bras levés pour tenter d’enlever les flammes qui le dévoraient, la créature mit le feu à plusieurs autres zombis. La trouée qui se forma dans leur rang montra un sentier de pierre qui montait sur une colline.
- La tour ! Lança Impa dans un souffle.
Les compagnons se ruèrent sur le chemin, accélérant encore le pas.

Après quelques instants, ils se rendirent compte avec stupeur que les morts vivants ne les suivaient pas, les créatures se contentaient de s’amonceler sur le chemin en tendant les bras vers eux mais sans oser poser un pied sur la rampe de pierre usée.
- Ils ont peur du gardien, raisonna tout haut Elifain.
- Ils ne sont pas les seuls, rajouta Fared en regardant en direction de la ruine un peu plus haut.
- Nous ne l’avons pas encore vu, il n’est peut être pas si effrayant que cela, tenta Lynaïs pour détendre l’atmosphère.
De la puissante tour d’autrefois, il ne restait que la base et un étage. Des pierres carbonisaient jonchées le sol, les reste de l’ancienne tour lors de l’explosion durant le combat magique. L’endroit était glaciale, le silence était pesant, même les gémissements des morts vivants semblaient se taire à l’approche de la ruine.
Les guerriers formèrent un rempart à l’avant tandis que les archers se déployèrent à l’arrière. En cas de combat, ils devaient se tenir près à répliquer en premier face à l’ennemi, ne sachant pas quelle apparence aurait leur adversaire.
Les aventuriers avaient presque atteint le sommet de la colline, l’accès à l’intérieur de la tour était visible. Le grand portail d’entrée avait été arraché de ses gonds, révélant une bouche obscure bien trop sombre pour distinguer quelque chose.

Onèan se figea soudain, tout comme le reste de ses compagnons, une forme gigantesque se détachait de l’ombre. Les écuyers se mirent en position l’épée dressée, la salamandre fixait en ondulant l’ennemi, Anya se coula sur le coté, préférant les attaques aux angles morts. Les trois archers encochèrent une flèche qui se changea en leur élément de prédilection en même temps, ils étaient prés à le recevoir.
Le gardien apparut alors devant eux, c’était un manticore aux proportions incroyables. Sa taille atteignait deux hommes debout à l’encolure, son corps était semblable à celui d’un lion avec un visage humain entouré de sa crinière de fauve. Une queue se scorpion rouge vif se balançait sur les cotés, une goutte de venin perlant à la pointe du dard.
Le manticore déploya ses ailes d’aigle à l’air libre, projetant de la poussière sur les aventuriers tétanisés. La créature regarda un à un les importuns venu ici troubler sa quiétude, il remarqua les flèches magiques des archers et surtout la salamandre qui lui lançait des regards noirs de défi.
- Alors, qu’avons-nous là ? C’est donc vous qui agitez autant ces satanées zombis.
La voix du manticore était chaleureuse, comme celle d’un vieil homme, contrastant avec son apparence. Ne recevant pas de réponse, le gardien pencha sa tête sur le coté.
- Vous ne parlez donc pas le commun ou vous êtes sourd peut être ?
Les aventuriers ne savaient pas quoi dire, Onèan finit par abaisser son épée, laissant sa salamandre l’entourer en position moins agressive.
- Nous vous comprenons très bien gardien.
- Et bien quand même, je n’ai pas eu le loisir de discuter avec des êtres vivants depuis longtemps, mes voisins ne sont pas très loquace je dois dire.
Il se mit à rire, puis il se pencha en direction du jeune homme, ses compagnons serrèrent plus fort leurs armes. Anya était prête à bondir pour secourir Onèan, les jambes fléchies elle fixait l’énorme créature avec crainte.
- Tu es bien un mage paladin, encore peu expérimenté, mais tu fais bien parti de cette caste.
- Ou … Oui, répondit le jeune homme en déglutissant.
- Les humains ont-ils retrouvé le chemin de l’ancienne magie ?
L’excitation était visible dans sa voix.
- Pas tous Gardien, je suis le premier de ma génération, tout comme mon amie Lynaïs à l’arrière.
Le manticore observa alors les archers, remarquant qu’une humaine se tenait au coté des elfes. Il se releva et s’assit sur le sol, repliant ses ailes sur ses flancs.
- Ce serait donc enfin le moment, se dit-il à lui-même.

Les aventuriers ne savaient toujours pas s’ils devaient encore craindre une attaque. Voyant leur hésitation, le gardien fit un geste de la patte dans leur direction.
- Vous n’avez pas besoin de rester ainsi, si j’aurais voulu vous éliminer, vous feriez déjà parti de la cohorte des morts vivants en bas.
Les compagnons comprirent qu’il n’y avait aucun mensonge dans ses paroles, avec sa taille prodigieuse, il les aurait battus facilement. Les compagnons baissèrent tous leur arme, la magie s’estompant d’elle-même, et ils attendirent la suite.
- Alors, que me vaut le plaisir de votre visite ? Demanda le manticore. Je suppose que vous n’avez pas fait tout ce chemin pour juste venir me voir.
- Nous sommes venus récupérer l’amure du mage paladin qui est mort ici même et que vous garder, répondit Onèan.
La créature hocha la tête, elle s’en doutait un peu.
- Je garde ce lieu depuis de nombreuses années à un tel point que j’en ai perdu le compte. Je suis là pour protéger la sépulture d’un héros, et faire en sorte qu’elle ne soit en aucun cas violée par des pilleurs ou des voleurs de tous horizons. Pourquoi devrais-je te laisser prendre l’un des biens les plus précieux que le protège ?
- Noble gardien, intervint Anya, la région toute entière va bientôt connaitre de grands changements, et nous avons besoin des armes de l’ancien temps pour mener à bien ces bouleversements.
- Je sais bien que le temps est venu, je connais aussi la prophétie, et votre venue en est la preuve. Humains, elfes et koradjis sont enfin réunis pour combattre le mal qui a prit racine dans ces terres. Mais je veux être sûr que vous êtes bien ceux qui réaliseront cette prophétie, je vais vous demander une preuve de votre courage.
- Que voulez vous en échange ? Demanda Onèan.
- Vous connaissez l’histoire de cette tour et le combat du héros, mais comme vous le voyez les morts vivants sont toujours là. Ils ont été créés à partir d’une pierre de nécromancie, un catalyseur qui permet à ces créatures de vivre. Je veux que vous détruisiez cet artefact pour mener enfin à bien la quête de Hadak le héros.
Les compagnons se regardèrent, ils n’avaient pas grand choix.
- Et où se trouve cette pierre ?
Le manticore pointa d’une patte le pied de la tour.
- En bas de ces ruines, les morts vivants se réunissent autour d’elle pour la protéger comme au temps de leur création.
- Et comment la détruire ? Demanda Lynaïs.
- La magie combat la magie, elle seule peut briser la pierre, à vous de mener à bien cette quête, et je vous laisserais emporter les armes de l’ancien temps.
Le gardien se coucha alors sur le sol, montrant qu’il attendait maintenant qu’ils agissent. Les compagnons se regroupèrent pour mettre au point une tactique de combat.
- Comment la détruire avec tous les morts vivants ? Lança Impa.
- Si nous allons la bas, ils vont tous nous tomber dessus, renchérit Karez, c’est du suicide.
- Mais nous n’avons pas le choix, fit Onèan, nous ne pouvons pas combattre le gardien.
Yurda regarda en direction du bas de la pente, quelques zombis étaient encore visibles alors que les autres avaient du se regrouper autour de la pierre. Il eut alors une idée qu’il partagea avec ses camarades.
- J’ai trouvé un moyen de nous permettre de détruire la pierre, fit l’écuyer.
- Quel est-il ? Demanda Onèan.
- Les morts vivants sont attirés par la pierre, mais ils sont aussi toujours affamés et la faim est plus forte que l’attraction de la pierre de nécromancie. Nous devons nous séparer en deux groupes, le premier qui fera diversion à l’opposée de l’endroit où se trouve l’artefact, le deuxième ira la détruire.
- C’est risqué, mais très bien pensé, lança Karez.
- Alors nous allons faire ça, lança Onèan, il faut former les groupes maintenant et mettre notre plan à exécution.

Il fut décidé que Yurda prendra la tête du premier groupe, et le mage paladin le deuxième, Anya et Lynaïs l’accompagnant. Avant de se séparer, les camarades se firent des signes d’encouragement, l’opération allait être difficile.
Onèan et ses deux amies descendirent la pente de moitié et restèrent vue de l’endroit où se trouvait la pierre selon les indications du manticore. Ils virent un nombre incroyable de zombis qui restaient debout, entourant un tas de gravât, ils ne pouvaient pas voir leur objectif d’où ils se tenaient. Les trois aventuriers patientèrent de longues minutes, les muscles tendus, prêts à bondir.
Soudain, les morts vivants se mirent à bouger, se dirigeant vers la même direction, l’attaque du premier groupe venait de commencer. Ils attendirent que le plus de zombis partent, pensant à leurs compagnons qui devaient affronter toute la horde seule.
- Nous ne pouvons plus attendre, murmura Onèan, moi et Anya nous chargeons en premier, dés que tu vois la pierre, tire un projectile magique sur lui.
- Très bien, répondit Lynaïs, vous pouvez me faire confiance.
- Tu es prête Anya ? Demanda l’écuyer.
La jeune fille hocha la tête sans dire un mot. Sans plus de cérémonie, les deux guerriers plongèrent en direction des gravats. Des morts vivants surgirent alors des fourrais, ils étaient encore nombreux à être restés pour garder la pierre. Onèan se fraya un passage dans leurs rangs à coup d’épée, comptant que sa salamandre pour le protéger. Le serpent de feu frappait tout ce qui se trouvait autour de lui, visant les yeux pour aveugler les créatures. Anya se servait de son agilité et de sa rapidité, elle tranchait les jambes des zombis, ses yeux devenus deux perles incandescentes.
Lynaïs tiraient des flèches sur les créatures pour accompagner l’attaque de ses compagnons, mais elle n’oubliait pas son objectif. Elle cherchait des yeux cette pierre, ne sachant pas vraiment à quoi elle pouvait bien ressembler. Onèan acheva un nouveau zombi quand ses yeux tombèrent sur une obsidienne d’un noir si profond que son âme semblait être aspirée à l’intérieur. Il comprit qu’il venait de trouver la pierre de nécromancie.
- Lynaïs ! Cria l’écuyer. La pierre est là !
De la pointe de l’épée, le jeune homme lança la pierre en l’air pour la rendre visible aux yeux de l’archère. L’humaine la repéra immédiatement, elle tendit son arc à le rompre, faisant naître une flamme d’une puissance qu’elle n’avait encore jamais créé. La magie était difficile à contrôler, mais Lynaïs ne perdit pas son calme, elle visa avec soin et lâcha la corde avec un claquement bref. Le missile magique percuta la pierre de nécromancie en plein centre, l’artefact explosa, projetant les trois compagnons sous l’effet du souffle.
Les morts vivants se figèrent autour d’eux, et ils tombèrent en poussière la pierre ne contrôlant plus les corps corrompus. De l’autre coté de la colline, le premier groupe poussa des cris de victoire en voyant les zombis s’effondraient. Ils avaient réussi à tenir assez longtemps pour que leurs amis puissent détruire l’artefact.

Les aventuriers se retrouvèrent devant la tour, fêtant leur retrouvaille. Par chance ils ne souffraient que de blessures superficielles, la victoire était complète. Onèan se tourna vers le gardien qui s’était rassit, le manticore affichait un sourire.
- Gardien, nous avons réussi, la quête du héros Hadak est maintenant achevée.
- J’ai senti la disparition du mal, grâce à vous jeunes gens, l’âme du héros et de ses compagnons peuvent enfin se reposer dignement.
- La forêt des morts va donc disparaitre, lança Anya.
Le manticore soupira.
- Je voudrais comme vous que cela soit aussi simple, mais le mal a rongé trop longtemps ce bois pour qu’il se restaure aussi facilement. Il faudra de longues années pour purger complètement le mal.
- Gardien, intervint Onèan, pourrais-je avoir cette armure maintenant ?
- Tu le peux, suivez moi.

Le manticore rentra dans la tour, les aventuriers le suivirent en gardant le silence. Le plancher de l’étage encore intact de la tour était percé de plusieurs trous qui laissaient la lumière parvenir jusqu’au sol. La surprise se peignit alors sur leur trait quand ils découvrirent le mausolée qui prenait la place en son centre.
Sur un piédestal en pierre de plusieurs mètres de hauteur trônait le corps inanimé du héros, le temps ne semblait pas avoir eu de prise sur lui, le corps était encore intact, recouvert de fleurs blanches qui n’avaient pas dépéri également. Juste en dessous, dans le même état que le héros, ses compagnons d’armes étaient couchée dans des cercueils de pierre, ils semblaient dormir d’un sommeil paisible et sans fin.
- Vous êtes les premières personnes à voir de vos yeux la sépulture, fit solennellement le manticore, depuis ce jour funeste où ils sont morts. Vous la nouvelle génération, contemplez les héros des anciens et honorez leur mémoire.
Elifain remarqua soudain l’un des corps allongés, c’était une jeune femme aux cheveux blonds et aux oreilles en pointe parfaitement visible.
- Mais c’est une elfe ? lança-t-elle.
- Tu as bien vu, expliqua le gardien, les compagnons d’Hadak étaient koradjis, humains et elfes, tout comme vous ils représentaient tous les peuples unis.
Le manticore les fixa les uns après les autres.
- Je voulais que vous voyez de vos yeux ce qu’était les temps anciens, tous les peuples étaient unis, à vous maintenant de poursuivre cette union pour le bien de tous.
Les jeunes gens étaient mués, ils se sentaient investis d’une nouvelle force dont ils n’avaient encore pas pris la véritable mesure.
- Par la mémoire de ces héros, reprit le gardien, je vais vous confier les trésors des temps anciens, en espérant que vous chassiez le mal de ces terres.
D’une griffe il tendit un arc à Elifain très surprise et pleine de curiosité.
- Voici l’arc de Dame Livianne qui repose ici même, cette arme est capable de tirer plusieurs flèches à la fois, il a été créé il y a des siècles dans ta forêt.
L’elfe saisit l’arc avec d’infinies précautions, il était fait d’une seule branche, parfaitement polie, couvert d’inscription en ancien elfique, les deux extrémités se terminaient par des lys sculptés. Elle reconnaissait sans mal l’artisanat de sa patrie, mais elle n’avait encore jamais vu un travail aussi beau et aussi soigné.
- Pour toi jeune koradji, reprit le manticore en regardant Anya, voici une armure alchimique que portait jadis Elman, le shaman combattant, puisse celle-ci te protéger aussi bien qu’elle a protégé son propriétaire jusqu’à sa mort.
L’armure était faite de plusieurs pièces de cuir épaisses d’un animal que la jeune fille ne connaissait pas. Elle protégeait son porteur tout en le laissant libre de ses mouvements, elle était étrangement légère dans les bras de la koradji.
- Yurda Nethael, toi qui aspires à devenir chevalier, prend l’épée de Sir Tridian, homme de bien qui préféra quitter ses maîtres pour combattre pour la vraie justice, elle ne s’émoussera jamais.
L’épée était faite d’acier trempé, aussi brillant que de l’argent, c’était une lame large avec une garde longue qui se maniait à une seule main, une épée parfaite pour un chevalier.
- Jeune archer mage humaine, je te confie ce médaillon de mon trésor personnel, j’ai lu dans ton destin et je pense qu’il te sera très utile, ne le quitte jamais.
Lynaïs prit le médaillon, il était en forme de losange au bout d’une chaîne en or. Sur la face avant, un étrange symbole était gravé, deux mains ouvertes portant une boule lumineuse. Le manticore fit apparaitre ensuite neuf anneaux en argent avec un filet rouge incrusté à l’intérieur.
- Voici des anneaux de protections à la magie, j’en ai rajouté un pour votre ami le forgeron qui n’a pas pu être présent.
Les aventuriers le fixèrent, tandis que le gardien souriait largement très fier de lui.
- Enfin, acheva-t-il, jeune mage paladin, je te confie l’armure de Hadak le héros koradji, le tabard et le casque prendront tes couleurs et des insignes quand tu l’enfileras, son défunt propriétaire te la donne pour que tu poursuives son rêve de liberté.
Onèan saisit la cotte de maille et les pièces d’armure, le casque portait deux grandes ailes de rapaces et sur le tabard, deux oiseaux de proie se tenaient dos à dos les serres dressées. L’armure semblait à la bonne taille, mais le jeune homme verrait plus tard pour la faire mettre ajuster. Il avait réussit, il tenait entre ses mains la marque qui ferait de lui aux yeux du monde entier un mage paladin.
- Nous vous remercions Gardien pour vos dons, et merci à vous également Hadak et à tous vos compagnons d’armes, nous ferons en sorte de perpétuer vos âmes et votre bravoure par nos actes.
Le jeune homme s’inclina alors devant le manticore et les tombes, imité par ses amis. Le gardien les regarda étonné, il ne s’attendait pas à ce que les jeunes gens montrent une telle marque de reconnaissance.
- Relevez-vous, et partez pour rejoindre les terres des clans des koradjis, l’heure approche, bientôt il vous faudra faire preuve de tout votre courage pour affronter les épreuves à venir.
Sur ces paroles énigmatiques, les aventuriers quittèrent la tour en prenant le chemin de retour. Ils savaient qu’ils n’auraient pas de morts vivants à affronter, ils marchèrent dans la direction où brulait le feu allumé par les deux guides koradjis qui les avaient menés là. Les compagnons n’osaient pas parler entre eux, encore sous l’effet de la cérémonie, ils sentaient en eux que beaucoup de chose allaient bientôt changer.

 
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Il y a 1 commentaire
Dark fullmetal le 19/02/2011 à 12:31:28
Hello =D
Super chapitre! =D j'ai adoré leur avancée jusque dans la tour et aussi le manticore! j'ai aussi pris plaisir à imaginer la sépulture ^^ sans oublier ce que le gardien leur a offert =)
En bref, j'ai adoré!! Haaaan, puis Yurda qui en pince pour Miko =3= il n'a pas intérêt à trainer celui-là xD

J'attaque bientôt la suite mais je suis impatient de voir comment vont se dérouler les choses du côté de Mel, Patinil et Ekart =D
Byeee neeeee à bientôt ^^

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