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Jeudi 31 mai 2012, 17:35


Voici une histoire écrite par Trimor et dont le titre est Chevalier - chapitre 68 - Des signes qui ne trompent pas.

Bonjour, bonjour ^^

Le drame a été évité de justesse, la délégation de la forteresse a pu s’extirper des griffes de l'Inquisition. L'intervention des villageois de Barigne et surtout de Nertas a été providentielle. Le combat était risqué, mais ils ont pu s'en sortir, évitant de peu la destruction totale.
Mais la présence des orcs cache un danger bien plus grand que tous n'imagine.

Bonne lecture ^^


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CHAPITRE 68
Des signes qui ne trompent pas


- Aie !
Mel se crispa en poussant un cri de douleur, Patinil se rassit en soupirant un coton imbibé de rouge dans la main.
- Comment veux tu que je te soigne si tu bouges tout le temps !
- Mais j’ai mal moi, tu pourrais être plus douce.
- Tu es surtout douillette, si tu continues je demande à Nertas de s’occuper de toi.
Mel avait du retiré tout ce qu’elle avait en haut pour que sa compagne puisse la soigner, gardant son bras serré pudiquement sur sa poitrine. Elle pensa à ce vieux mage entrain de la reluquer, un frisson de lui parcourut l’échine qui n’échappa pas à la diplomate.
- Bon alors tu te laisses faire ?
- Oui, fit Mel résignée.
L’écuyère laissa Patinil soigner avec de l’alcool la longue estafilade qu’elle avait sur le flanc en serrant les dents. Heureusement qu’elle avait pu éviter en partie l’attaque, elle serait morte si elle n’avait pas fait preuve de réflexe. Après quelques instants, la diplomate put enfin appliquer une compresse propre et un bandage sur la blessure. Elle termina ses soins avec application dans un silence consciencieux.
Une fois achevée, Patinil se retourna pour laisser son amie se rhabiller. Mel était encore trop pudique pour laisser sa compagne la regarder, bien qu’elle ait déjà vu la diplomate entièrement nue. Patinil préférait la laisser avancer à son rythme, elles avaient tout leur temps pour apprendre à mieux se connaitre.
- Merci pour les soins, fit l’écuyère quand elle fut prête.
- Se n’est rien, répondit la diplomate, je pouvais faire ça pour toi après tout ce que tu as fait pour moi, et Nertas a déjà beaucoup de travail.

Mel hocha la tête, bien que le combat ait été remporté, il n’avait pas été gagné sans perte. Ils comptaient un mort dans leur rang, un soldat de la forteresse du Corbeau, Dyante Habifa, un ami proche de Caner Tyuro. Ekart avait été grièvement blessé par le grand inquisiteur, deux autres soldats étaient blessés, dont un gravement, et un des villageois qui les avaient délivrés était blessé également.
L’écuyère était très affectée par la mort du soldat, c’était la première fois qu’elle voyait un homme sous ses ordres mourir. Elle sentait dans sa poitrine comme une boule qui l’empêchait de respirer.
- Mel, tu as besoin de te reposer, tu es toutes pâle, lança Patinil inquiète.
La jeune fille lui sourit sans répondre.
La diplomate prit soudain Mel dans ses bras, la surprenant. Les deux filles n’avaient pas la même taille et le visage de Patinil était enfoui dans le cou de sa compagne. L’écuyère pouvait sentir le doux parfum venant de la chevelure blonde de son amie. Son cœur s’apaisa lentement et elle se détendit tout contre son amante.
- J’ai eu peur pour toi, murmura Patinil d’une petite voix.
- Moi aussi, répondit Mel.
Les deux jeunes filles restèrent quelques instants l’une contre l’autre, profitant de cette chaleur pour apaiser leurs craintes. L’écuyère se dégagea doucement pour faire face à sa compagne et déposa un baiser tendre sur les lèvres entrouvertes de la diplomate.
- Il n’y a plus à avoir peur maintenant.
- Tu as raison, répondit la diplomate, il faut aller de l’avant.
Elles s’embrassèrent à nouveau, profitant de leurs moments d’intimité jusqu’au bout. A contre cœur, les jeunes filles se séparèrent et sortirent de la chambre libre qu’elles avaient pu trouver dans la maison très encombrée.

Après leur sauvetage par Nertas et les habitants de Barigne, les membres de l’expédition diplomatique avaient été soignés sommairement sur place. Puis à l’aide de civières, les montagnards les avaient transporté jusqu’au village pour leur permettre de se reposer et recevoir de meilleurs soins.
Le mage avait pris immédiatement les directions des opérations, s’occupant des deux cas les plus graves qu’il avait. La maison du chef du village était la seule assez grande pour recevoir tout le monde, elle s’était transformée en un petit hôpital, envahi par toutes les personnes de bonne volonté voulant les aider.
Les deux jeunes filles traversèrent l’étage en essayant de ne pas gêner les allers et venues incessant de chambre en chambre de femmes portant des linges propres ou des bassines d’eau. Elles purent descendre au réez de chaussée où Gero Proxin avait réuni plusieurs personnes du village, le sergent Caner Tyuro était présent également, dans un coin il semblait perdu dans ses pensées.
- Je vois que vous allez mieux vous aussi, fit Mel.
Le soldat se redressa en entendant l’écuyère, il afficha un petit sourire.
- J’ai encore eu de la chance quelques égratignures, rien de grave, et vous Ecuyère Davart, je vois que vous allez mieux aussi.
- Oui merci, je voulais vous dire, je … Je suis désolé pour votre ami.
Caner Tyuro se rembrunit.
- C’est le destin d’un soldat, c’est une profession qui comporte des risques nous n’y pouvons rien. Il faut honorer leur mémoire pour que des gens se souviennent de leur sacrifice, et qu’il ne soit pas oublié.
Il remarqua la tristesse voilée dans les yeux de l’écuyère, il reprit alors la parole.
- C’est la première fois qu’un homme sous vos ordres meurt j’imagine.
Mel sursauta, il l’avait découvert facilement, elle aurait voulu prendre la main de Patinil mais elle ne le pouvait pas en public. Sa compagne qui était restée muette sentit son trouble, elle préféra garder le silence.
L’écuyère hocha la tête en réponse à la question, Caner Tyuro ferma les yeux en prenant une profonde inspiration. Il lui répondit en gardant son calme et sa posture.
- La première fois est la plus difficile, que se soit pour les soldats comme pour les officiers ou les chevaliers. Après, il faut avouer qu’avec l’habitude vous vous sentirez moins troublé par ces disparitions.
Le sergent ouvrit les yeux pour fixer la jeune fille.
- J’ai vu des hommes plongés dans l’alcool pour combattre cette douleur, j’en ai vu d’autre devenir plus froid que de la glace. Chacun réagit à sa manière, trouvez ce qui vous permettra de laisser sortir cette douleur et alors vous n’aurez plus aussi mal qu’aujourd’hui.
Le soldat était un vétéran, ayant combattu sur bien des champs de bataille, il avait surement vu déjà d’autres de ses camarades mourir sous ses yeux. Mel respectait son jugement et elle écoutait toujours les conseils que de telles personnes pouvaient lui donner pour sa vie future de chevalier. Elle le remercia d’un signe bref de la tête en conservant une attitude sérieuse.
- Merci pour vos conseils, ils m’aideront beaucoup.
- A votre service Ecuyère Davart, vous êtes une personne jeune mais vous savez recevoir l’aide de vos ainés, j’apprécie votre état d’esprit.
Il se permit l’un de ses rares sourires.
- Pour le moment, vous devriez rejoindre Gero Proxin, il est en pleine réunion pour savoir ce que le village doit faire pour la suite des événements.

Saluant le sergent, les deux jeunes filles se rapprochèrent du petit groupe de villageois. Les conversations s’arrêtèrent à leur arrivée, et Gero Proxin les accueillit avec un grand sourire, il se leva de son siège pour leur faire face.
- Ecuyère Davart, je vois que les soins de Mademoiselle Ojir ont été d’un grand secours pour vous.
- Je vous remercie Monsieur Proxin, des nouvelles de notre compagnon Ekart et des autres blessés ?
- D’après ce que j’ai entendu, Nertas est toujours à son chevet, les deux autres soldats sont sortis d’affaire et ils se reposent actuellement dans une chambre.
- Et le jeune Honan ainsi que les autres villageois blessés dans l’attaque ? Demanda Patinil
Gero Proxin fit un hochement de la tête.
- Ils vont bien également, merci de vous préoccuper d’eux.
- Ces hommes ont risqué leur vie pour nous sauver, répondit la diplomate, il est normal que je me renseigne sur leur santé.
L’un des hommes présenta un fauteuil pour les jeunes filles, Patinil s’installa en souriant tandis que Mel restait debout près d’elle.
- Le sergent Tyuro nous a dit que vous faisiez le point sur la situation, voulez-vous nous en parler peut être ? Fit la diplomate.
Elle avait prit une voix très calme, avec un ton neutre et détaché.
- Oui, je voulais faire avec vous le point de tout ce qui s’est passé, répondit Gero Proxin.
- Nous vous écoutons alors.
Le chef du village reprit sa place, il utilisa quelques instants pour tout mettre en place avant de commencer.
- Une fois l’attaque terminée, j’ai envoyé une première équipe pour vous transporter jusqu’au village, d’autres hommes sont restés pour cacher les cadavres des hommes de l’Inquisition comme la dernière fois.
- J’espère qu’il n’y aura pas d’autres groupes à leur suite, observa Mel.
- Ne vous inquiétez pas, intervint un des hommes avec eux, nous savons comment cacher des corps dans la montagne sans que personne ne puisse jamais les retrouver, de la même manière que les précédents.
Le ton de l’homme était lourd de sens, les jeunes filles devaient être prudentes avec les montagnards.
- Une fois toutes les traces effacées, reprit Gero Proxin, j’ai envoyé plusieurs groupes en éclaireur pour voir ce qui se trouvait en contrebas. Nous avons récupéré ainsi vos affaires et les chevaux de bât utilisé par l’Inquisition.
- Je suis contente de récupérer notre travail, répondit Patinil, ils nous avaient confisqué tous les documents diplomatiques.
- Est-ce que vos hommes ont pu aller plus loin ? Demanda Mel.
Le chef hocha la tête.
- J’ai laissé des éclaireurs partirent un peu plus en avant, ils devraient revenir en fin de journée.
- Vous les avez bien prévenus pour les orcs, lança l’écuyère.
- Ils sont au courant, je leur ai dit de ne surtout pas se mettre en danger et de fuir au moindre danger.
- Vous avez bien fait, ceux qui ont attaqué le campement de l’Inquisition avait l’air nombreux.
- J’ai fais aussi renforcé les gardes à l’entrée et à la sortie du village, je vais faire dresser des barricades à partir de demain. Les routes ne sont plus sûres et je ne veux pas voir une horde d’orcs ou de barbares fondre sur nous.
Les hommes assemblés hochèrent la tête, Patinil réfléchissaient à ce que venait de dire Gero Proxin, il avait raison les routes n’étaient plus sûres. Avec leur groupe diminué et avec tous ces blessés ils ne pouvaient pas espérer se rendre à la forteresse aussi rapidement qu’ils l’auraient souhaité.

La soirée arriva, les hommes étaient partis dans leur maison et l’agitation avait peu à peu laissé place à une veillée silencieuse. Dans le salon, Mel s’était endormie dans un fauteuil, Caner Tyuro avait fait de même sur une chaise. Patinil était fatiguée aussi mais elle n’arrivait pas à trouver le sommeil, sa main couverte de cicatrice la démangeait beaucoup sans qu’elle ne sache pourquoi.
La jeune fille se leva sans faire de bruit, elle avait besoin de marcher. Elle vit Nertas qui descendait de l’escalier menant à l’étage, elle le salua avec un grand sourire.
- Nertas, vous êtes vraiment un ange gardien pour nous.
Le mage ermite s’empourpra devant le sourire de la diplomate, il baissa la tête en grommelant, cherchant à cacher sa gêne.
- Il ne faudrait pas vous y habituer, ronchonna t’il.
- Nous y ferons bien attention.
Le mage poussa un soupir, puis il la regarda.
- Tu n’es donc pas fatiguée ? Tous tes compagnons prennent du repos même ton amie écuyère qui est pourtant pleine d’énergie.
- Je n’arrive pas à dormir, je ne sais pas trop pourquoi.
Il remarqua qu’elle frottait sa main gantée.
- Les douleurs reviennent ? J’ai un onguent si tu le désires.
- Non, non, ne vous inquiétez pas, il me reste encore la décoction de Dame Malna, je vous remercie.
Le mage hocha la tête, préférant ne pas en savoir plus.
- Je voudrais fumer un peu, mais le salon est pris, je vais dehors si tu veux me tenir compagnie ?
- Se sera avec plaisir Nertas.
Le mage alluma sa pipe une fois dehors et poussa un soupir d’aise.
- Comment vont Ekart et les soldats ? Demanda Patinil.
- Pour les deux hommes je n’ai pas eu de mal, même si l’un d’eux était plus gravement touché, les soins étaient simples. Mais pour ce jeune imbécile, les blessures étaient bien plus profondes.
Il prit une longue bouffée avant de continuer son explication.
- Il avait une grave hémorragie et j’ai bien cru qu’il n’allait pas survivre tant il a perdu de sang. Mais cette tête de bois a une sacrée envie de vivre, il a tenu le choc et j’ai pu le remettre sur pied. Par contre il ne doit plus bouger pendant plusieurs jours au risque de mourir une bonne fois pour toute.
Patinil était soulagée, même si Ekart avait besoin de repos, il était maintenant hors de danger.
- Vous faites toujours autant de miracle.
- Il ne faut pas dire ça, j’ai seulement de la chance tu sais, les miracles n’existent pas.

Une agitation soudaine régna à l’entrée du village, de nombreuses torches s’étaient rassemblées. Le mage plissa les yeux, il n’aimait pas voir autant de mouvement juste après les combats qui s’étaient passés.
- Je pense que nous devrions voir ce qui se passe, le devança Patinil.
- Je crois que tu as raison jeune fille.
Ils se rendirent rapidement à l’entrée du village, les discutions vives s’entendirent bien avant leur arrivée. Il semblait que les éclaireurs étaient revenus de leur périple, et ils ne ramenaient pas de très bonnes nouvelles. Gero Proxin était au milieu, il tentait de ramener le calme parmi les villageois, sans grand succès.
Nertas arriva dans le groupe, il fonça directement en plein centre comme un taureau furieux, les conversations stoppèrent nettes.
- Et bien voilà, fit le mage, nous allons pouvoir mieux nous comprendre.
Patinil retint sa méthode pour remettre le calme dans un groupe, voilà qui pouvait servir pour plus tard. Gero Proxin adressa un signe de remerciement à Nertas de la tête qui haussa les épaules en toute réponse.
- Alors, reprit le mage, pourquoi autant d’agitation ?
- Les éclaireurs sont de retour, et ils ne portent pas de bonnes nouvelles.
Tout le monde se mit à parler en même temps pour répondit au mage qui se frotta le front pour tenter de garder son calme.
- Un seul à la fois s’il vous plait ! Lâcha Patinil d’une voix ferme et forte.
Elle surprit tout le monde, Nertas soupira d’aise. Le chef des éclaireurs prit alors la parole pour donner enfin une explication à toute cette agitation.
- Nous avons trouvé sans mal le lieu du campement où vous étiez retenu, fit l’homme, ensuite nous poussé un peu plus en avant pour se rendre compte de la route. En passant non lui d’une saillie, nous avons repéré une bande importante d’orcs qui avait établi un campement en plein milieu d’un carrefour.
Patinil serra les dents, la route était bloquée, il était impossible de la traverser.
- Ce n’est pas tout, reprit l’éclaireur, parmi les orcs, nous avons clairement vu des hommes, des barbares Taugres à juger de leurs vêtements et leurs armes.
Cette fois la surprise était grande, même Nertas n’affichait plus son petit sourire en coin. Le mage était devenu soudainement très grave.
- Tu es sûr de ce que vous avez vu ? Demanda Nertas.
- Oui monsieur, aussi sûr que je vous vois devant moi.
Le mage tritura sa barbe d’une main nerveuse.
- Proxin, reprit-il, double la garde et met tout le village en alerte.
Le chef hocha la tête puis il donna des ordres, les groupes se dispersèrent. Patinil interpela le mage en retournant vers la maison du chef du village.
- Nous ne pouvons plus prendre la route n’est ce pas ?
- Il ne vaut mieux pas, des taugres et des orcs côte à côté, c’est grave très grave.
- Je sais aussi ce que cela veut dire, nous avons étudié l’histoire du nord avant de venir avec Ekart.
Il se tourna vers elle.
- Une invasion de grande envergure se prépare, renchérit Patinil.
- J’en ai bien peur, répondit Nertas.
- Il faut que nous rejoignions la forteresse du Corbeau pour les prévenir, pour qu’ils envoient des troupes pour aider ce village et tous les autres dans la montagne.
Le mage se moqua de la jeune fille.
- Et tu veux aller les voir avec quelle armée ? En plus ils sont surement au courant.
- Je n’en suis pas aussi sûr, des marchands nous ont dit à Grangorff que l’Inquisition avait fait stopper les patrouilles.
Nertas se figea.
- Ces marchands pouvaient ils avoir raison ?
- C’est eux qui nous ont prévenus pour les membres de l’Inquisition qui nous cherchaient, nous avons pu cacher les documents et les preuves de notre passage à Alantaria grâce à cela.
Le mage se mit à réfléchir à toute vitesse, cette fois l’affaire prenait des proportions très inquiétantes.
- Essaye de dormir, tu vas avoir besoin de toutes tes forces demain.
- Vous avez une idée ?
- Non pas vraiment, mais je dois en trouver une le plus rapidement possible.
Nertas poussa la jeune fille en direction de la maison et la fit entrer. Il se mit à marcher dehors en direction de la montagne, il avait besoin de réfléchir. Dans l’habitation, Patinil était tout aussi pensive, elle allait avoir du mal à trouver le sommeil avec tout ce qui se bousculait à cem moment dans sa tête.
La diplomate se dirigea vers le salon, elle regarda Mel endormie, puis elle s’installa tout contre sa compagne, se glissant sous la couverture que la jeune fille avait posée sur son amie. Se blottissant contre l’écuyère, Patinil finit par trouver le sommeil en écoutant la respiration de sa compagne la bercer, oubliant un instant toutes les questions qui l’assaillaient.


Patinil ouvrit un œil, elle avait été réveillée en sursaut par un mouvement brusque. Mel soupira en la regardant avec douceur.
- Je suis désolée, je ne voulais pas te réveiller.
- Se n’est pas grave, répondit elle en se frottant les yeux, quelle heure est t’il ?
- C’est le matin, le soleil ne doit pas être levé depuis longtemps je crois.
Les jeunes filles se redressèrent du canapé, Caner Tyuro n’était plus visible sur sa chaise. Des voix raisonnées dans la salle à manger toute proche. Elles se levèrent en s’étirant, les muscles endoloris, puis après un arrangement rapide leur mise elles ouvrirent la tenture qui les séparaient de la salle commune.
Gero Proxin, Nertas et Caner Tyuro étaient attablés, ils avaient interrompu leur discussion en voyant arriver les deux jeunes filles.
- Bonjour mesdemoiselles, fit le chef du village, j’espère que nous ne vous avons pas réveillé ?
- Bonjour Monsieur Proxin, répondit Patinil, non ne vous inquiétez pas.
Elles s’installèrent à la table, Dakie, la femme du chef, leur apporta des tasses de boissons chaudes. La discussion put reprendre et Mel fut mise au courant des dernières nouvelles données par les éclaireurs. L’écuyère poussa un grognement rageur.
- Avec eux nous n’allons pas pouvoir rentrer à la forteresse.
- En tout cas, pas maintenant, renchérit Caner Tyuro.
- Vous n’avez pas trouvé une solution ? Demanda Patinil à Nertas.
Le mage avait l’air très fatigué, il ne semblait pas avoir dormi de la nuit. Ces cheveux étaient en bataille, de grosses poches sous les yeux.
- J’ai peut être une solution, mais je ne l’ai encore jamais fait avec autant de monde à la fois.
Tout le monde se tut pour écouter le mage.
- Je voulais attendre que vous soyez réveillée pour vous en faire part, commença Nertas, je pourrais tenter de vous téléporter grâce à un sort depuis le village de Barigne jusqu’à la forteresse du Corbeau.
- Un sort pourrait faire ça ? Lança Mel éberluée.
Le mage hocha la tête.
- La téléportation est facile pour une personne, pour un groupe entier il faut beaucoup de magie et d’énergie.
- Et se serait possible avec le groupe entier, y compris les blessés ? Demanda Patinil.
- Oui, mais je dois méditer pendant une journée entière.
L’écuyère prit la parole.
- Nous n’avons pas le choix, il faut essayer pour prévenir la forteresse.
Nertas se leva de table.
- Je vais me reposer et étudier le sort, je vais avoir besoin de toutes mes facultés magiques, je ne dois être dérangé sous aucun prétexte.

Le mage monta les escaliers et s’enferma dans une petite chambre en haut. Ils ne restaient plus qu’à patienter et attendre que le soir arrive. Les deux jeunes filles terminèrent de manger, puis elles se rendirent au chevet d’Ekart. Le jeune homme était réveillé mais il suivait pour une fois les prescriptions du mage et il ne cherchait pas à bouger. Il sourit en voyant ses amies entrer pour prendre de ses nouvelles.
- Bonjour Ekart, fit Patinil.
- Bonjour toutes les deux, je vois tu te portes bien, lança le diplomate en direction de Mel.
- Une blessure légère, rien de plus, et toi alors ?
Ekart sourit.
- Je dois bien avouer que j’ai bien failli tirer ma révérence, j’ai eu le droit à un sermon de la part de Nertas sur mes pouvoirs magiques limités et sur ma bêtise.
- Aurais-tu enfin écouté quelqu’un ? Plaisanta Patinil.
- Il est très persuasif je trouve.
Ils rirent en même temps, pensant au vieil ermite et à son caractère bougon.
- Qu’est ce que j’ai loupé sinon ? Demanda Ekart. Je sais que nous avons eu un seul mort fort heureusement, mais je n’en sais pas plus.
Les deux jeunes filles lui racontèrent les dernières nouvelles des jours passés, le diplomate écouta ses amis sans les interrompre pour bien comprendre tout ce qu’il avait manqué. Il attendit la fin de leur compte rendu pour réagir.
- Les orcs et les Taugres ensemble, comment ont-ils pu mettre de coté leur haine viscérale pour s’allier ?
- Je me pose aussi la question, répondit Patinil, ces deux peuples se font la guerre depuis toujours.
- L’Inquisition a quelque chose à voir avec cette étrange alliance, je le sens.
- Pourquoi seraient ils les instigateurs de l’alliance ? Demanda Mel. Si le Nord est envahi, c’est le Conglomérat qui est en danger !
- C’est juste, renchérit Patinil, en quoi cela leur serait bénéfique.
- Un pacte pour éliminer un ennemi de l’Inquisition ou des témoins gênants ?
La diplomate écarquilla les yeux en entendant les paroles d’Ekart.
- Tu ne crois pas qu’ils iraient jusqu’à massacrer des populations entières rien que pour cacher ce qu’ils font.
- J’ai bien peur qu’avec l’Inquisition, tout est possible, répondit le jeune homme.
Un silence pesant s’installa dans la pièce, tous réfléchissaient à ce que tout cela pouvait bien signifier.
- De toute façon, nous devons retourner à la forteresse, conclut Mel, le commandant doit être mis au courant, c’est mon devoir en tant qu’écuyère de l’Ordre de la chevalerie.
- L’Inquisition pourrait nous mettre des bâtons dans les roues, fit observer Patinil.
- Maintenant nous sommes rodés avec leur traquenard, répondit Ekart, nous les verrons venir bien avant qu’ils ne nous tombent dessus.
Il fit un geste vague en l’air, malgré la blessure, le jeune homme restait toujours le même au grand dam de ses amies qui soupirèrent.


Le lendemain matin, tous les membres de l’expédition étaient réunis devant la maison du chef du village. Ekart était allongé dans une civière, solidement attaché pour qu’il ne tombe pas, les deux autres blessés se tenaient debout, l’un avait le bras en écharpe contre son torse, et l’autre avait une béquille en bois. Ils avaient réuni leurs affaires dans plusieurs, allégeant au maximum leur bagage pour ne pas les surcharger inutilement.
Gero Proxin tendit un paquet à Mel.
- Nous ne pouvons pas emporter beaucoup de chose vous savez, fit la jeune fille un peu gênée.
- C’est l’étendard des orcs que nous avons prit sur les corps de ceux tué par l’Inquisition, répondit le chef du village, vous aurez ainsi une preuve à fournir.
- Merci Monsieur Proxin, je n’avais pas pensé à cela.
L’homme sourit en hochant la tête.
Nertas apparut alors, il affichait un visage sérieux et concentré, parfaitement reposé, les cernes avaient complètement disparu. Il regarda le groupe réuni devant la maison, des villageois s’étaient attroupés pour voir le sort, même pour eux qui y étaient plus habitués, la magie attirait leur curiosité.
- C’est bien, fit le mage, vous avez allégé au maximum vos bagages, se sera plus simple pour moi.
- Ekart nous a précisé que le poids était le principal problème en plus du nombre, expliqua Mel.
Nertas regarda le jeune homme dans sa civière.
- Si seulement tu avais autant d’intelligence que de bon sens.
- Je préfère l’intelligence, répondit Ekart tout sourire.
Le mage poussa un grognement dégoutté, il se borna à ignorer le diplomate et il se concentra de nouveau.
- Bon, dans un premier temps vous allez vous rassembler en un groupe compact.
Les membres du groupe obtempérèrent avec diligence, Nertas s’adressa au villageois.
- Ecartez vous encore un peu, je ne voudrais pas emporter l’un d’entre vous en même temps.
Les habitants se reculèrent vivement en poussant des petits cris d’effrois. Content de son effet, le mage se permit de sourire, un peu de détente lui faisait le plus grand bien.
- Adieu, fit Gero Proxin en les saluant, j’espère que vous allez pouvoir prévenir la forteresse à temps.
- Nous ferons le plus vite possible, répondit Patinil dans sa direction.

Après quelques signes en direction des villageois, les membres de l’expédition diplomatique se murèrent dans le silence. Nertas se concentrait depuis plusieurs minutes déjà, le mage jeta une poudre en l’air au dessus du groupe compact et il se mit à psalmodier un sort d’une voix forte et autoritaire. Les mots se suivaient les uns aux autres, se répercutant dans les airs, et brisant le silence qui les entouraient.
Peu à peu, le monde se mit à tourner pour les voyageurs, la nausée les prit mais ils restèrent bien groupés comme l’avait exigé Nertas. Ils préfèrent fermer les yeux pour ne pas s’évanouir, un sifflement continu leur agressa les oreilles. Après quelques instants, le silence revint autour d’eux et la plainte du vent avait remplacé le sifflement aigue.
Les voyageurs ouvrirent alors les yeux, ils avaient quitté le village et ils étaient en vu de la forteresse. Nertas avait réussi, ils étaient arrivés à destination en quelques instants sans craindre la présence des orcs. Le mage se retourna en souriant, il paraissait vidé de ses forces, mais il tenait encore debout.
- Vous êtes arrivés à destination !
L’homme chancela légèrement, Mel et Patinil se précipitèrent à ses cotés pour le soutenir. Mais l’ermite les repoussa gentiment, en écartant les bras.
- Juste un petit étourdissement, j’ai dépensé beaucoup de magie d’un coup, et j’ai besoin d’un peu de temps pour remettre mes idées en place.
- Si vous voulez, vous pouvez vous reposer dans l’auberge au pied de la citadelle, fit Mel, j’arriverais sans problème à vous avoir une chambre discrète.
- Non, je ne préfère pas m’approcher trop des représentants du Conglomérat, je ne voudrais pas tomber sur un agent de l’Inquisition.
- Ici il y a moins de risque, répondit Patinil.
Le mage rejeta l’offre une nouvelle fois d’un mouvement de la main.
- Arrêtez un peu de penser à moi et rejoignez la forteresse, si j’ai un conseil à vous donner, si vous voulez faire envoyer une patrouille de reconnaissance, envoyez là vers les plaines et les hauts plateaux près de la forêt de Veraï. Si les chefs de clans barbares et orcs se sont réunis, ils ont du dresser un camp pour pouvoir discuter des modalités de leurs alliances.
Mel et Patinil hochèrent la tête.
- Nous essaierons de le faire, fit la diplomate.
- Bonne chance, fit Nertas.

Il salua le groupe et partit en direction des montagnes d’un pas assuré en sifflotant, il ne semblait pas craindre de mauvaises rencontres malgré la présence des orcs. Le groupe se mit en marche à son tour, Mel et Caner Tyuro soulevant la civière d’Ekart et les deux soldats blessés que Patinil aidait quand elle le pouvait. Grâce au sort de téléportation, ils ne mirent pas longtemps à atteindre l’Auberge de la forteresse qui se trouvait au pied de la passe.
Leur arrivée fut annoncée bien avant qu’ils n’atteignent le bâtiment, un groupe de soldats mené par un chevalier vint à leur rencontre. Mel connaissait l’arrivant comme la plus part des chevaliers de la forteresse, ils stoppèrent leur progression, déposant avec soin la civière sur le sol.
- Bonjour Sir Jundell, fit l’écuyère quand l’homme arriva à sa hauteur.
Le dénommé descendit de son cheval pour accueillir le groupe.
- Ecuyère Davard, nous ne pensions plus vous revoir, cela fait si longtemps que vous êtes parti.
- Nous avons un peu traîné en route, avoua la jeune fille.
- Sir Gaudric tanne le commandant depuis des jours pour monter une expédition de recherche, il sera heureux de vous revoir.
Sir Jundell vit alors l’état des hommes et du diplomate.
- Mais que s’est-il passé ?
- Nous avons été attaqué en chemin entre Barigne et ici, expliqua Mel, les orcs.
Le chevalier afficha un air grave.
- C’est bien ce que le commandant craignait, venez vous réchauffez dans l’Auberge, vous devez en avoir besoin.
Les soldats prirent en charge les blessés pour les transporter en lieu sûr.
- Hélas nous n’avons pas le temps, intervint Patinil, nous devons voir immédiatement le commandant Hyuraze, il y a plus grave que les orcs.
Sir Jundell regarda la jeune fille, il avait cru comprendre que s’était une diplomate envoyée par la capitale. Il devait donc la traiter avec les usages qui étaient dus à sa fonction.
- Mademoiselle, sauf votre respect, je ne vois pas ce qui peut être plus grave que les orcs.
- Nous avons vu sur la route une bande de Taugres et d’orcs associée.
Le chevalier comprit alors ce que voulait dire la jeune fille.
- Ecuyère Davard, pouvez vous monter à cheval ?
Mel hocha la tête.
- Prenez ma monture alors, et emmenez la diplomate auprès du commandant, il doit être mis au courant de ça.

Laissant Caner Tyuro et les blessés aux soins du chevalier et de ses hommes, Mel grimpa sur le cheval du chevalier et elle aida sa compagne à monter.
- Accroche toi bien, fit l’écuyère, je ne suis pas aussi doué qu’Onèan sur un cheval mais quand l’urgence l’exige je me défends.
Patinil mit ses bras serrés autour de la taille de la cavalière qui frappa les flancs de la monture sans attendre. Le chemin menant à la citadelle était bien entretenu mais il devenait étroit par endroit, un chariot pouvait basculer dans le vide tout comme un cavalier malchanceux. Mais Mel avait fait souvent la route entre l’auberge et le bastion, elle en connaissait donc les passages plus dangereux que les autres.
Il ne leur fallut que quelques minutes pour arriver devant les portes de la forteresse, le cheval avait de la sueur sur les flancs, sa respiration lourde. Les gardes à l’entrée furent surprit de voir arriver un cheval à toute allure sur eux, l’écuyère revint au pas pour ne pas les effrayer. Les soldats la reconnurent en écarquillant les yeux, après quelques mots rapidement échangés, elles pénétrèrent dans la cour intérieure.
Les jeunes filles descendirent du cheval immédiatement, Mel guida alors son amie en direction du donjon où se trouvait le bureau du commandant. La rumeur de leur retour commença à se répandre dans la forteresse, quand elles toquèrent à la porte du maître de la citadelle.
- Entrez, lança l’homme depuis son bureau.
La porte s’ouvrit presque en même temps qu’il venait de parler, l’officier regarda avec des yeux ronds les deux jeunes filles, étonné d’une telle entrée fracassante.
- Bonjour Commandant, fit Mel en se tenant au garde vous.
- Ecuyère Davard, vous êtes enfin de retour, et vous êtes là aussi Mademoiselle Ojir, un sourire que l’on ne peut pas oublier.
- Je suis désolée pour une intrusion aussi brutale dans votre bureau, Sir Hyuraze, mais je dois vous parler au plus vite.
L’homme se leva alors de son siège en désignant un fauteuil devant lui.
- Prenez place je vous en pris, pourquoi un tel empressement ? Je ne vois pas votre compagnon également.
Patinil s’installa avec grâce dans le siège indiqué, elle fixa tout de suite son interlocuteur dans les yeux. Mel resta debout derrière son amie, elle avait refermé la porte et était restée un peu en retrait.
- Je serais direct, je crains qu’une invasion massive survienne venu du Nord et fonde sur le Conglomérat.
Le sourire de l’officier disparut aussitôt.
- Comment pouvez-vous affirmé ceci ?
Sans dire un mot, Mel s’avança sur le bureau et déposa l’étendard bien en vue.
- Voilà une des preuves mon commandant, fit l’écuyère en se remettant à sa place, toujours au garde à vous.
Le commandant identifia tout de suite le blason, le clan de la Gorge Tranchée, l’un des plus puissants parmi les orcs.
- Expliquez-moi un peu comment vous avez pu tomber sur cela.
Patinil raconta alors l’attaque des orcs, elle remplaça les hommes de l’Inquisition par les monstres, louant ainsi le courage des habitants de Barigne. Le commandant Hyuraze écouta attentivement le récit, il tiqua à l’évocation du groupe de barbares Taugres et d’orcs rassemblés dans un même campement.
L’homme se leva de son siège et se mit à faire les cent pas devant son bureau, il était maintenant très préoccupé par ces mauvaises nouvelles.
- C’est grave en effet, fit l’officier, comment avons-nous pu laisser passer une chose pareille, et vous me dites que vous n’avez pas croisé le groupe du Grand Inquisiteur Mahers sur le chemin du retour ?
Mel sentit son cœur battre la chamade, mais la diplomate garda son calme et lui répondit avec la même voix neutre et détachée.
- Nous ne les avons pas aperçus, nous avons bien croisé des marchands qui les avaient rencontrés mais nous non, j’ai peur qu’ils soient tombés sur les orcs que nous avons affronté. Si c’est vraiment le cas, ils ont du succomber à l’attaque de ces pillards.
- C’est à craindre en effet, même si je dois bien avouer que ce Mahers ne me préoccupe guère, il était véritablement détestable.
Patinil reprit la parole pour changer de sujet.
- Vos patrouilles n’ont-elles pas vu des traces dans la montagne ?
Le commandant Hyuraze secoua la tête.
- Un important contingent de l’Inquisition est arrivé il y a quelques semaines, j’ai reçu l’ordre de stopper toutes mes patrouilles. Si je désobéissais, je risquais la mise à pied immédiate et mon renvoi des Chevaliers Protecteurs.
La diplomate en était sûre maintenant, l’Inquisition avait quelque chose à voir avec l’apparition des guerriers des plaines.
- Je pense que vous devriez désobéir, se risqua Patinil.
L’homme regarda son interlocutrice la bouche ouvert.
- Vous voulez que je désobéisse à un ordre du Grand Maître Inquisiteur Aménor de Lancaster.
- Si une invasion se prépare, des centaines de civils innocents seront tuées sans que vous ne puissiez l’empêcher, il en va de la sécurité du Conglomérat !
Le commandant s’était arrêté.
- Si par malheur cela arrivait, reprit Patinil, vous seriez le premier incriminé et montré du doigt pour votre échec.
- Je … Je suis toujours resté droit, j’ai toujours respecté les ordres.
- Justement, vos ordres sont de protéger la frontière Nord du Conglomérat, l’Inquisition vous a donné un ordre qui vous empêche de mener à bien votre mission.

Le Commandant Hyuraze savait bien que la jeune fille avait raison. Se faire rappeler ainsi son devoir par une diplomate aussi jeune venu de la capitale ne lui plaisait pas, il regarda avec sévérité son interlocutrice.
- Qu’essayez vous de faire ?
Patinil s’inclina tout de suite.
- Je suis désolée si mes paroles ont pu vous blesser, veuillez me pardonner.
L’homme se redressa.
- Je comprends que vous soyez choqué après votre attaque, les orcs sont des créatures brutales et dangereuses. Je dois aussi m’excuser pour mon excès d’autorité, mais je n’ai pas aimé la manière dont cet inquisiteur m’a traité. Qu’il soit un grand maître ou pas, mon grade et ma noblesse me permette de recevoir plus de politesse qui sied à mon rang.
- Je comprends tout à fait, fit la diplomate, j’ai moi-même rencontré des inquisiteurs à la capitale et ils étaient tous d’une fréquentation exécrable.
Mel se risqua à intervenir.
- Si je peux me permettre mon Commandant, un petit groupe discret ne devrait pas être un problème, il passerait inaperçu dans les montagnes.
L’officier regarda la jeune fille.
- Je vois que cette expédition vous a fait du bien Ecuyère Davard, vous osez enfin vous imposer, c’est une bonne chose, un chevalier protecteur doit toujours faire preuve d’initiative.
Mel sourit en se redressant au garde à vous.
- J’en ai assez de rester inactif comme ça, reprit le commandant en frappant la table de ses deux mains ouvertes, ces indices sont trop préoccupants pour ne pas les prendre au sérieux. J’ai déjà perdu un soldat par mon manque de réaction, avec des patrouilles régulières, ce genre d’incident ne serait jamais arrivé. Je dois reprendre en main la frontière que mes supérieurs m’ont donné à surveiller, et personne ne devrait me dire le contraire, pas même un inquisiteur.
Il se tourna vers son invitée en souriant.
- Je vous remercie Mademoiselle Ojir pour vos renseignements, je vais envoyer un chariot ramener les blessés et votre confrère pour qu’ils soient soignés sous la protection de ces murs.
- Je vous remercie Sir Hyuraze.
L’officier se tourna vers Mel
- Ecuyère Davard, je suis satisfait de votre travail, vous avez protégé ces diplomates avec courage, je ferais en sorte que cette mission réussie soit notée dans vos états de service.
- Merci mon Commandant.
Le maître de la citadelle s’appuya sur son bureau.
- Vous pouvez disposer, j’ai beaucoup de travail qui m’attend.
Les jeunes filles saluèrent le commandant et quittèrent la pièce. Elles avaient réussi, maintenant que la forteresse était prévenue celle-ci allait être en état d’alerte. Maintenant, une question les taraudait, avaient elles pu le prévenir à temps ?

 
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Il y a 1 commentaire
Dark fullmetal le 24/02/2011 à 17:56:44
Kikoooo =D
Mais c'est que ça part vraiment en vrille dans les terres du Nord =O
Si les barbares prévoient vraiment d'envahir le Conglomérat ça va provoquer un bain de sang ><
Fiouu, cela dit je suis content qu'Ekart s'en soit sortit ^^ j'ai vraiment eu peur pour lui lors de son combat contre l'inquisiteur ><

Allez à bientôt =D bon courage pour la suite (bon, j'ai deux ou trois chapitres de retards mais n'en tenons pas rigueur xD) et puis encore un excellent chapitre =D Bye neeee ^^

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