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Jeudi 31 mai 2012, 17:36


Voici une histoire écrite par Trimor et dont le titre est Chevalier - chapitre 70 - Implications.

Bonjour ^^

L'expédition diplomatique est de retour à la forteresse du Corbeau, grâce à l'aide magique de Nertas, ils ont pu éviter les orcs et les taugres. Une fois arrivée au pied de la citadelle, Mel et Patinil se pressèrent de rendre compte au commandant des lieux. L'affaire est maintenant entre ses mains, que va t'il se passer après ce rapport alarmiste ? Le commandant prendra t'il la nouvelle avec sérieux ?

Bonne lecture ^^


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CHAPITRE 70
Implications


Mel et Patinil descendaient l’escalier qui menait aux appartements personnels du commandant de la forteresse. Elles étaient plongées en pleine discussion sur l’entrevue qu’elles venaient d’avoir avec le responsable de la citadelle. Mel était encore toute auréolée des louanges qu’elle avait reçues, la jeune fille affichait un grand sourire malgré les heures sombres.
Soudain, une grosse voix les interpela depuis le pied de l’emmarchement qu’elles allaient bientôt atteindre.
- Mais c’était vrai, tu es revenue !
Sir Gaudric se jeta presque sur Mel pour la saluer, le chevalier paraissait soulagé de savoir son écuyère enfin de retour après sa mission. Il ne cherchait d’ailleurs pas à le cacher en arborant un grand sourire.
- Tu m’as fait une peur à ne pas revenir plus vite, tu ne pouvais pas faire envoyer un message pour prévenir que vous vous portiez bien.
- Bonjour Sir Gaudric, j’ai cru le comprendre par Sir Jundell que l’attente fut un peu trop longue pour vous.
L’homme fit un geste vague en l’air.
- Celui là, il devrait se mêler de ses affaires, enfin, dis moi donc pourquoi tu es revenue avec tant d’empressement, dans toute la forteresse tout le monde ne parle que de ça.
Mel sourit, sa réputation allait en prendre un coup, la diplomate à ses cotés prit alors la parole.
- Bonjour à vous Sir Gaudric, si elle a fait preuve de tant d’empressement, je pense bien en être la cause.
Le chevalier regarda la jeune fille.
- Vous êtes la diplomate que mon écuyère devait escorter.
- En effet, Mademoiselle Patinil Ojir de la Congrégation des Diplomates, si vous le voulez bien nous allons peut être trouvé un endroit moins passant que cet escalier, même si je sais que les informations vont très vite dans une telle forteresse, je ne pense pas que nous devrions en parler aussi librement.

Sir Gaudric plissa les yeux, il se demandait bien ce qu’elles allaient lui annoncer. Ils se rendirent aux écuries, Mel eut le plaisir de retrouver son cheval qui piaffa en voyant arriver sa maitresse.
Pendant ses retrouvailles, Patinil expliqua tout au chevalier avec le maximum de détails pour qu’il soit au courant de toute l’affaire. L’homme comprit à son tour tout ce que ces nouvelles entraînaient pour l’ensemble de la forteresse.
- Et bien, fit Sir Gaudric, voilà qui n’est pas très bon signe, je suis chevalier depuis longtemps et j’ai eu l’occasion de voir ce que donnait les invasions de barbares et d’orcs, mais les deux à la fois, jamais encore.
- Dans l’histoire, il y a eu plusieurs fois des alliances entre ces deux peuples, commenta Patinil, et à chaque fois elles se soldèrent par des invasions massives qui faisaient d’innombrables victimes parmi la population du Conglomérat.
- Si seulement nos patrouilles avaient pu s’en rendre compte avant.
- C’est de la faute à l’Inquisition ! Lança Mel en se retournant vers eux.
Sir Gaudric se figea.
- Tu ne devrais pas en parler ainsi, tu sais bien ce qui pourrait arriver.
- Je suis d’accord avec elle, renchérit la diplomate, si l’Inquisition n’avait pas stoppé les patrouilles dans les montagnes, cela ne serait jamais arrivé.
Le chevalier devait bien s’en rendre compte par lui-même. En apprenant cet ordre qui avait été ordonné, il l’avait trouvé totalement aberrant un tel ordre. Pourtant comme tout le monde, il avait obéit, mais que pouvait-il bien faire à lui seul à son niveau ?
- Le commandant Hyuraze a été mis au courant, et il a l’air décidé à agir pour accumuler des preuves de cette attaque, continua Patinil.
- C’est vous qui l’avait décidé ?
La diplomate fit un oui de la tête.
- Il faut absolument savoir d’où ils vont venir, fit Mel.
L’homme poussa un soupir.
- Je n’aime pas ça, vraiment pas.
Il regarda son écuyère.
- Pour le moment va te reposer, tu l’as bien mérité, nous reparlerons de ça plus tard.
- Je dois m’occuper des hommes qui sont restés à l’auberge.
Sir Gaudric agita un index impérieux sous le nez de la jeune fille.
- Tu montres sa chambre à notre invitée et tu vas te reposer, tu crois que je n’ai pas vu que tu étais blessée ?
Mel baissa la tête confuse.
- Ne t’en fais pas, reprit l’homme, je m’occupe du reste.
Les deux jeunes filles quittèrent l’écurie, le chevalier les regarda partir les bras croisés. Il trouvait que son écuyère avait beaucoup changé grâce à son voyage, il la trouvait plus mûre, plus assurée, elle avait fait des progrès. Il sortit à son tour pour préparer un chariot pour ramener les blessés dans la forteresse.


Les écuyers dormaient habituellement à deux ou trois dans la même chambre, ils avaient chacun un lit et une armoire, ils partageaient la seule table de la pièce. Mel étant la seule jeune fille écuyère, elle avait la chance d’avoir une chambre pour son usage personnel. En revenant à la forteresse, elle avait donc retrouvé son petit monde où elle pouvait se reposer en paix.
Pour le moment, Mel était allongée sur son lit, les bras croisés derrière la tête. Elle avait déposé ses armes sur le lit inoccupé à coté d’elle, l’épée large et les doubles épées magiques. Pour être plus à l’aise, la jeune fille avait retiré l’armure de cuir qu’elle portait habituellement, les bottes jetées négligemment au pied du lit. Elle ne portait sur elle qu’une grande chemise au manche longue lui arrivant à mi-cuisse, les boutons étaient défaits dévoilant sa gorge blanche et la naissance de sa poitrine.
L’écuyère avait bien dormi quelques heures, mais rapidement elle s’était réveillée. Elle était bien trop préoccupée pour trouver le sommeil à nouveau. Après toutes les aventures qu’elle avait vécues, le simple fait de se retrouver couchée dans son lit lui donnait une étrange de sensation. Le plafond au dessus de sa tête lui paraissait bien ennuyeux, encore plus que d’habitude. Son lit n’était qu’un mince matelas posé sur un cadre en bois avec des lattes, mais il avait l’air si moelleux en comparaison du sol où elle avait dormi des jours durant.

Mel se rassit sur son lit, elle devait bien s’en rendre compte, elle ne pourrait pas retrouver le sommeil. Elle repensait à la menace de l’invasion, à l’Inquisition qui semblait impliquée mais il n’y avait aucune preuve pour les incriminer. De rage, elle frappa des deux poings sur son matelas, elle se sentait inutile entre ces quatre murs de pierre.
La jeune fille aurait bien aimé sentir Patinil dans ses bras, mais dans la forteresse, leur relation allait encore plus se compliquer. Elle poussa un soupir à fendre l’âme, que de questions et si peu de réponse. Elle regarda ses vêtements posés sur une chaise, après tout, elle devait se reposer mais Sir Gaudric ne lui avait pas interdit de sortir de sa chambre.
Mel sauta sur ses vêtements et elle les enfila prestement, enfonçant ses pieds bien au fond de ses bottes. Elle quitta sa chambre après avoir refermé la porte à clef, puis elle se dirigea vers le quartier des invités. Elle croisa plus personnes qu’elle salua, tous lui répondirent mais les visages étaient tendus, la nouvelle de l’approche possible des orcs et des Taugres avait fini par parvenir à tous les occupants du bastion.

La jeune fille monta le dernier escalier qui la mena vers le quartier des invités, elle frappa quelques coups à la porte de la chambre de son amie. Elle reçut la permission d’entrer et s’empressa de pénétrer dans la pièce avant que quelqu’un ne la voit.
Patinil s’était leva de sa chaise pour accueillir son visiteur, et elle afficha un grand sourire en voyant Mel s’avancer vers elle.
- Je croyais que tu avais reçu l’ordre de te reposer ?
- J’ai un peu dormi, répondit l’écuyère, mais je ne pouvais plus rester au lit sans rien faire, le plafond est d’un ennui tu ne peux même pas imaginer.
Mel regarda sa compagne.
- Il n’y avait pas seulement l’ennui, ta présence … me manquait.
Patinil sourit avec tendresse.
- Moi aussi, je trouvais le temps long sans toi, je repense tout le temps à ce qui va se passer dans quelques jours, cette invasion, l’Inquisition.
Mel hocha la tête, comprenant parfaitement la pensée de sa compagne. La diplomate désigna un siège pour son amie tandis qu’elle s’installait à son tour.
- J’ai reçu un message qui m’annoncé qu’Ekart et nos compagnons de route étaient maintenant à l’infirmerie, lança Patinil.
- C’est une bonne nouvelle, répondit Mel en souriant, ils seront bien soignés grâce à nos prêtres. Nous pourront aller les voir demain, pour le moment ils ont besoin de repos pour que leurs plaies se referment correctement.
- Et toi ta blessure ? Fit la diplomate.
- Ce n’est rien, je n’ai plus mal.
Patinil agita un doigt en l’air.
- Il n’y a pas de mai, tu aurais du te rendre à l’infirmerie toi aussi pour recevoir des soins adéquats, laisse moi la voir.

Mel soupira mais elle lui obéit, l’écuyère savait très bien qu’elle avait raison, elle retira sa chemise en cachant sa poitrine de son bras droit. La diplomate retira le bandage avec soin et regarda la longue estafilade sur sa peau. Les bords de la blessure étaient rouge, mais le baume avaient permis de mieux cicatriser la plaie. Patinil en profita pour changer la compresse et nettoyer une fois de plus la blessure.
L’écuyère était plutôt douillette, mais les mains douces et chaudes de son amie lui firent le plus grand bien. Elle ferma les yeux en ne gardant qu’en mémoire le contact des mains de la diplomate.
Patinil s’en rendit compte et laissa un doigt glissé de la base de son cou jusqu’à ses reins. Mel poussa un soupir d’aise involontaire, elle rougit en se courbant légèrement, faisant rire son amante. L’infirmière termina le bandage pour couvrir la blessure, elle regarda le dos de son amie tandis que celle-ci se rhabillait.
- Alors c’était si terrible que ça ? Demanda Patinil.
Mel était un peu embarrassée.
- Tu m’as prise en traitre.
La diplomate se contenta de sourire. L’écuyère posa ses mains sur les accoudoirs du fauteuil où était assise son amie et se pencha à quelques centimètres de son visage. Restant ainsi, le souffle des deux jeunes filles se mêlèrent, Mel s’apprêta à l’embrasser quand des coups furent frappés à la porte de la chambre.
L’écuyère se releva brusquement, elle buta dans le pied du fauteuil et perdit l’équilibre. Elle poussa un cri de douleur en touchant le sol au niveau de sa blessure. Patinil qui avait essayé de la retenir fut entraînée avec son amie et s’affala sur elle. Sir Gaudric ouvrit la porte à l’instant, croyant avec les cris qu’un danger menaçait l’invitée de la forteresse.

Le chevalier regarda effaré les deux jeunes filles l’une sur l’autre qui le fixaient avec des grands yeux écarquillés. Patinil se releva d’un bond en tentant de conserver un peu d’aplomb malgré la situation.
- Nous avons été surprises par les coups sur la porte, Mel a glissé et en essayant de la rattraper j’ai été entraînée dans la chute.
Sir Gaudric ne chercha pas à comprendre, mais il foudroya son écuyère du regard avec les mains sur les hanches.
- Je ne t’avais pas dit quelque chose ? En voyant ta porte fermée et aucune réponse quand je t’appelais, je me suis dit que tu devais te trouver là.
Mel se redressa en se tenant le coté en grimaçant.
- Je me suis reposée Sir Gaudric, mais je n’avais plus sommeil et je suis venue rendre visite à mon amie.
- Je suis autant coupable qu’elle, renchérit Patinil, j’aurais du la forcer à retourner se reposer.
- J’en fais peut être un peu trop, fit l’homme un peu confus, ne reste donc pas assise par terre.
Le chevalier s’approcha de Mel en tendant la main pour l’aider à se relever. La jeune fille le remercia en la saisissant, elle poussa une exclamation de douleur. Patinil se porta près de son amie pour la soutenir.
- Tu as rouvert ta blessure en tombant, fit la diplomate.
- Je ne sais pas, répondit Mel.
- Tu es donc plus touchée que je pensais, mais pourquoi n’es-tu pas allée à l’infirmerie ? Lança Sir Gaudric. Tu es vraiment incorrigible comme gamine, je dois toujours être derrière toi pour la moindre chose.

Sans se préoccuper de la pudeur de son écuyère, le chevalier aida la diplomate à retirer les vêtements de la jeune fille. L’homme voulait surtout savoir si elle allait bien, et il n’était pas là pour en profiter.
La plaie saignait légèrement, mais rien de grave, tandis que Patinil appliquait de nouveau un baume en essuyant le sang, Sir Gaudric observait la blessure. Il trouva qu’elle était bien étrange mais il attendit que les soins soient terminés pour en parler.
Une fois Mel soignée et rhabillée, le chevalier fixa les deux jeunes filles qui le regardèrent interrogatives. Il croisa les bras sur sa poitrine et il prit la parole d’une voix ferme montrant son questionnement.
- Tu dis que s’est en combattant les orcs que tu as reçu cette blessure ?
- Oui évidemment, répondit l’écuyère.
- C’est étrange, je la trouve fine et régulière, ce n’est pas le genre de blessures qu’une arme d’orc inflige habituellement.
Mel répondit rapidement.
- J’ai esquivé le coup, seul l’extrémité de l’épée m’a touché.
Avant que l’homme puisse continuer à interroger l’écuyère, Patinil changea de sujet sans attendre.
- Sir Gaudric, vous étiez venu ici pour me parler peut être ?
Le chevalier tourna la tête vers la diplomate.
- Et bien je cherchais Mel surtout, une mission de reconnaissance va être lancée dans la montagne, et étant l’un des plus expérimenté, je vais en prendre la tête, je voulais la prévenir pour qu’elle sache mon départ.
- Vous partez quand ? Demanda la jeune fille à brûle pourpoint.
- Demain soir pour profiter de la nuit pour nous camoufler.
Mel bondit de sa chaise.
- Je dois venir avec vous !
- Comment ça ? Tu es blessée, je veux que tu te reposes.
- Mais je veux vous accompagner, je sais ce que l’Inquisition peut …
Elle s’arrêta soudain, comprenant qu’elle avait laissé son cœur parler et non sa tête. Patinil affichait un visage tendu, elle allait prendre la parole mais le chevalier la devança.
- Pourquoi tu me parles de l’Inquisition ?
- Rien, rien, je suis encore sous le coup de la mission, lança Mel, je dois être plus fatiguée que je ne le pensais.
Sir Gaudric se pencha vers son écuyère.
- Tu me caches quelques choses, j’en suis persuadé maintenant, et je voudrais enfin savoir ce qui se passe.

Mel regarda Patinil pour chercher de l’aide, la diplomate comprenait qu’il devait le mettre au courant. Elle répondit en fixant le chevalier.
- Pouvons-nous avoir confiance en vous ?
La question désarçonna Sir Gaudric, son visage se figea.
- Je suis un Chevalier Protecteur, je suis un homme de confiance.
- Ce que nous allons vous dire est la vérité, reprit Patinil, écoutez nous et vous comprendrez tout.
Le chevalier regarda la jeune fille puis son écuyère, elle avait toute les deux le même regard. Il finit par hocher la tête, Patinil lui montra un siège et raconta ce qui s’était passé pendant l’expédition diplomatique. Elle garda sous silence la vallée des mages, mais elle décrivit les batailles contre l’Inquisition et les déboires qu’ils avaient affrontés.
Sir Gaudric était incrédule, il connaissait la mauvaise réputation des hommes en noir, mais de là à imaginer ce genre de traitrise.
- Je sais que c’est dur à croire, mais il faut nous croire, fit Mel.
- Enfin je suis abasourdi, répondit l’homme, comment tout cela aurait-il pu se passer sans que nous en soyons au courant ?
- Je peux vous montrer une preuve si vous le désirer, lâcha Patinil.
La diplomate retira le long gant de sa main droite et dévoila aux yeux du chevalier sa peau rougie et ses doigts martyrisés.
- Ceci vous parait il une preuve suffisante ?
Sir Gaudric écarquilla les yeux, il reconnaissait bien les marques de tortures, les ayant déjà vu sur certains corps. Il se prit la tête dans les mains en cherchant quelque chose à quoi s’accrocher, mais il ne savait plus à quoi.
- Je ne comprends plus rien, pourquoi il ferait une chose pareille ?
Il se releva et regarda en direction des deux jeunes filles.
- Pourquoi fraterniser avec les orcs et les Taugres en les laissant traverser notre frontière ? Se sont des monstres, il y aura des centaines de victime, voir même plus !
- L’Inquisition a surement quelque chose à voir avec l’invasion des orcs et des Taugres, sinon pourquoi le Grand Maître Inquisiteur aurait-il exigé l’arrêt immédiat des patrouilles ? Expliqua Patinil.
Le chevalier se tourna vers son écuyère.
- C’est depuis cette rencontre avec l’inquisiteur lors de ta venue ici que tu te poses des questions ?
Mel hocha la tête sans dire un mot.
- J’aurais du être plus ferme, fit Sir Gaudric en secouant la tête, tu n’aurais pas à t’occuper d’affaires qui nous dépassent tous.
- Il n’y a plus temps de se lamenter, répondit l’écuyère, nous devons découvrir ce qu’ils trament, s’il vous plait, emmener moi avec vous.
Le chevalier se mit à réfléchir, bien qu’elle soit blessée, la jeune fille avait l’air décidé à poursuivre dans cette voix. Il allait prendre la tête d’un petit groupe, peut être trois ou quatre personnes, mais il devait prendre des gens prêts à se battre. Il ne voyait pas la place d’une simple écuyère dans ce groupe. Mais l’homme devait bien se rendre compte que son expérience avec l’Inquisition en faisait un atout majeur.
- Je veux bien te prendre avec moi si tu m’obéis scrupuleusement.
- Je vous le jure, répondit Mel en souriant.
Sir Gaudric hocha la tête.
- Alors en premier lieu tu vas te rendre à l’infirmerie pour recevoir de vrais soins.
- J’y veillerais, fit Patinil.
- Bien, continua le chevalier, ensuite je veux que tu te reposes jusqu’à ce soir, plus d’escapade, plus de combat, je te veux dans ton lit tout le reste de la nuit.
- Oui Sir Gaudric, répondit l’écuyère en acquiesçant.
Il se redressa de toute sa taille pour se détendre puis il ajouta.
- Je viendrais te chercher en fin d’après midi pour mettre au point notre reconnaissance, d’ici là, tu te reposes, ce n’est pas une requête, c’est un ordre.
Avant qu’il ne parte, Patinil interpela le chevalier.
- Encore une chose, gardez pour vous ce que nous venons de dire, et choisissez bien ceux qui vont vous accompagner.
- Vous craignez les traitres ?
- Dans le monde de la vérité, fit la diplomate, il faut se méfier de tout le monde, nous prenons de gros risque à chaque personne qui sont mises au courant.
- Alors pourquoi me l’avoir dit ?
Patinil sourit.
- Si l’Inquisition est bien responsable de tout ça, beaucoup de choses pourront changer.
L’homme hocha la tête, comprenant ce que voulait dire la jeune fille.
- Je vais préparer l’expédition, je te dis à tout à l’heure pour partir, soit prête.
- Je le serais.
Le chevalier quitta la chambre d’un pas lourd, il était encore sous le coup des révélations, les prochaines heures seraient longues. Patinil se leva à son tour pour prendre son manteau sous les yeux intrigués de Mel qui l’interrogea.
- Pourquoi prends-tu ton manteau ?
- Je sors évidemment, et toi aussi.
L’écuyère pencha la tête sur le coté en cherchant.
- Tu dois aller à l’infirmerie, je l’ai promis à Sir Gaudric.
Mel se laissa tomber dans sa chaise en poussant un soupir d’exaspération.
- Tu ne vas pas m’y emmener tout de même.
- Je vais t’y trainer, par la force s’il le faut.
- Bon, bon je viens avec toi, après tout nous prendrons des nouvelles de la santé d’Ekart par la même occasion.
Les deux jeunes filles sortirent à leur tour de la pièce.


Mel suivait d’un pas vif Sir Gaudric dans les couloirs de la forteresse, il était venu à l’heure dite à la porte de sa chambre pour venir la chercher. La jeune fille avait réussi à tenir sa promesse en ne bougeant pas de sa chambre. Heureusement, Patinil était passée dans la matinée pour passer quelques temps en sa compagnie. La diplomate en avait profité pour lui donner un livre sur les montagnes de la région avec des cartes illustrées.
L’écuyère n’avait pas mis longtemps à préparer ses affaires pour l’expédition, ils devaient voyager léger. Elle avait conservé sa tenue de cuir renforcé, sur ses épaules une longue cape chaude la protégerait du vent. Mel avait décidé de prendre ses épées doubles, elles n’avaient pas échappé aux yeux du chevalier qui l’avait interrogé. La jeune fille lui avait répondu qu’elle avait appris à ce battre avec deux épées dans son enfance, évitant ainsi plus de question.
Après avoir passé quelques portes, ils entrèrent dans une pièce pourvue d’une grande table où des chaises étaient disposées tout autour. Sur les murs des tapisseries étaient accrochées représentant des scènes de batailles. Une voûte maçonnée et ornementée de sculptures faisait office de plafond, deux grandes fenêtres à chaque extrémité dispensaient la lumière du jour. Cette salle servait de réunion lorsque des décisions devaient être prises dans la citadelle mais aussi de salle à manger pour le maître de la forteresse lors du passage d’invités plus nombreux.
Dans la pièce, plusieurs personnes attendaient leur venu, le Commandant Hyuraze se tenait debout bien droit les mains dans le dos. Contre un mur, Dame Reita Kuery patientait en regardant en direction du sol. Enfin un homme était assis à la table, il semblait plutôt affalé dans son siège en se tenant la tête. Tous les yeux se tournèrent vers les nouveaux venus qui venaient de pénétrer dans la salle.
- Il ne manquait plus que vous Sir Gaudric, lança le commandant dans sa direction, nous allons pouvoir commencer.
Le chevalier approcha de son supérieur en le saluant.
- Bonjour écuyère Davard, fit Dame Reita Kuery en lui faisant un clin d’œil.
La jeune fille sourit.
- Bonjour à vous aussi.
L’homme à la table se leva enfin en soupirant.
- Alors qu’est ce que nous devons faire ?
- Sir Trynhed, montrez un peu plus d’enthousiasme s’il vous plait.
Le chevalier se redressa, il était connu pour manquer de tenue devant ses supérieurs, mais c’était un épéiste hors pair.
- Très bien, commença le commandant, notre temps est très précieux, je serais donc bref, cette mission est là pour savoir ce qui se passe dans ces montagnes, vous devez être discret et efficace.
Ils hochèrent la tête en silence.
- Je voudrais que vous nous rameniez des preuves sur l’existence d’une grande armée qui pourrait envahir le Nord du Conglomérat. Si je dois déclarer l’état d’urgence dans le reste du pays, je dois en être certain.
- Nous ferons le maximum, répondit Sir Gaudric.
- Je compte sur vous tous, courage et bonne chance.

Les soldats firent un garde vous et saluèrent l’officier. Puis le chef de leur groupe les mena vers l’une des réserves, ils devaient s’équiper du mieux qu’ils pouvaient. Sir Gaudric tendit des renforts de protections pour les jambes et les bras à Mel.
- Enfile ça en plus, nous ne savons pas sur quoi nous tomberons et je préfère te savoir bien protéger.
La jeune fille hocha la tête et les enfila, elle reçut en plus un rouleau de corde comme chacune des personnes du groupe. En montagne la nuit, mieux valait être parfaitement préparée à toutes les éventualités. Une fois tout le monde prêt, Sir Gaudric les réunit dans la réserve déserte, loin des oreilles indiscrètes.
- Je vous ai volontairement réuni ici pour faire mes dernières recommandations, lança le chevalier.
- Que crains-tu ? Demanda Dame Reita Kuery
- Ce n’est pas seulement moi, c’est aussi le commandant, nous allons effectuer une mission où ce que nous allons découvrir peut être très dangereux.
Les deux chevaliers le regardèrent sans trop comprendre, Mel ne disait rien, sachant ce qu’il allait leur dire.
- L’Inquisition pourrait être mêlé à cette affaire, reprit Sir Gaudric, nous devrons peut être les affronter physiquement.
- Intéressant, fit Sir Trynhed, je me demande bien ce que les encapuchonnés ont à voir avec les orcs et les Taugres.
- Tu prends tout à la dérision Nolin, lui répondit Dame Reita Kuery, même avec les affaires vraiment graves.
- Alors, toujours partant ? Demanda le chef du groupe.
- Evidemment, répondit le chevalier nonchalant.
- Moi aussi, répondit la femme chevalier, et toi Mel, il ne te demande même pas si tu es d’accord ?
- Il me l’avait déjà demandé, répondit la jeune fille, et j’ai répondit que je le suivrais.
- Voilà une écuyère plutôt intrépide, lança Sir Trynhed.
Dame Reita Kuery le tança.
- Au moins elle y met un peu plus d’enthousiasme.
Sir Gaudric reprit la parole.
- Trêves de plaisanterie, si nous sommes tous d’accord, mettons nous en route, nous allons passer directement par les sentiers de montagnes.
L’expédition de reconnaissance se mit en route à la lueur du soleil couchant, la nuit promettait d’être calme. Elle n’avait pas été choisie au hasard, c’était la nouvelle lune, parfaite pour rester le plus discret possible.

Ils prirent un étroit sentier de montagne qui partait du chemin d’accès principale, il montait plein nord puis bifurquait en direction de l’ouest et des collines boisées à l’arrière de la passe. Une longue marche attendait les quatre membres du groupe de reconnaissance, ils n’avaient pas de temps à perdre.
Alors que la nuit était tombée sur les cimes des montagnes de la frontière Nord, le groupe avait dépassé les contreforts de la forteresse. Ils descendaient maintenant la piste en direction des collines boisées de l’arrière de la passe. Le commandant n’envoyait que rarement des patrouilles dans la zone boisée bien trop proche de la forêt de Veraï. Quand il le faisait, l’officier envoyait une troupe assez nombreuse pour résister à tous les assauts possible. Entre les koradjis, les orcs et les barbares Taugres, il y avait l’embarras du choix pour trouver un adversaire pour se battre.
Mais pour le moment, les trois chevaliers et l’écuyère se déplaçaient avec le minimum de bruit pour ne pas se faire repérer. La nuit obscure était une bonne couverture, mais elle était aussi la pire ennemi qu’ils pouvaient avoir, ils ne voyaient pas toujours les dangers des étroits sentiers de montagnes. Sir Gaudric n’avait pas choisi les personnes du groupe au hasard, Dame Kuery connaissait parfaitement cette zone de montagne. Elle pouvait aisément les guider sans risquer de tomber dans une crevasse.
Ils progressèrent en silence jusqu’à atteindre les collines qui formaient l’arrière de la passe, les membres du groupe de reconnaissance avait une vue dégagée sur le passage que gardait la forteresse. Ce passage était la zone la plus sûr pour entrer dans le Conglomérat sans se risquer dans la forêt de Veraï. Les caravanes de marchand en avaient pris l’habitude, s’arrêtant à l’auberge se situant à la sortie du coté des terres civilisées. Les orcs et les barbares avaient tenté mainte fois de passer, mais les soldats de la forteresse veillaient à ne jamais faillir à leur devoir.

Les chevaliers et l’écuyère se réunirent pour discuter de la suite du chemin, un genou à terre.
- Il nous faudrait poursuivre vers les plaines, fit Sir Gaudric, si les orcs et les Taugres projettent de nous attaquer ils auront besoin de se réunir.
- J’essaierais plutôt en longeant la forêt, répondit Dame Kuery, ils savent très bien que nous les attendons venir de là, ils seraient trop rapidement découvert.
Le chevalier hocha la tête.
- Tu as peut être raison, ils ont réussi à s’entendre, c’est qu’ils font preuve d’intelligence.
- Et les koradjis ? Intervint Mel. En s’installant si près ils prennent le risque de se faire attaquer par eux.
- Pas s’ils sont en nombre, répondit Sir Gaudric, les koradjis ne sont pas fous. Et toi qu’en penses tu Yhan ?
Sir Trynhed leva la tête, l’air absent.
- Moi je vous suis, la stratégie, c’est trop fatiguant pour moi.
Sir Gaudric grommela quelques jurons pour se calmer.
- Mettons nous en route, reprit-il, dirigeons nous vers la limite de la forêt, un grand campement sera facilement visible.
Le groupe reprit le sentier de montagne, en regardant au loin si aucun danger ne venait à leur rencontre. Ils arrivèrent sur les premiers arbres, des sapins poussaient ça et là en bouquets serrés permettant de se cacher à la vue d’un ennemi en approche. Les zones des grandes plaines étaient froides, la végétation s’adaptait à ce climat.
Plusieurs vallons étaient cachés par des collines plus hautes que les autres, des endroits parfaits pour camoufler une grande armée d’invasion. Ils accélèrent le pas pour profiter de la nuit noire, le temps filait à une vitesse folle. Si le soleil se levait, les chevaliers pouvaient être en mauvaise posture dans cette zone dangereuse. A découvert et en petit nombre, l’expédition de reconnaissance pourrait se transformer en véritable massacre.
Dame Kuery se pencha vers Sir Gaudric tout en marchant, elle avait l’habitude de faire des patrouille en sa compagnie, et ils se comprenaient rapidement.
- Plus nous avançons, plus l’odeur de brulé devient forte.
- Oui, j’ai remarqué aussi, et nous sommes encore loin du vallon que nous visons, ce n’est pas bon signe.

Arrivé sur les derniers mètres du sommet de la colline, ils se mirent à plat ventre pour ramper sur le sol et être moins visible. Les derniers mètres furent avalés avec d’infinies précautions, leur cœur battant plus fort au fur et à mesure qu’ils voyaient l’éclat de la lumière grandir à la limite de la butte.
Le groupe de reconnaissance put enfin jeter un coup d’œil dans le vallon protégé par les collines, ils se figèrent sur place les yeux écarquillés. En contre bas, des dizaines et des dizaine de feux brulaient, entourés par des formes obscures et des tentes de peau. Tout le vallon était occupé par ces petits groupes de huttes qui formaient un immense campement à ciel ouvert, l’armée d’invasion était sous leurs yeux au grand complet.
Les tribus d’orcs et de barbares Taugres étaient réunies là, attendant de pouvoir enfin passer à l’action. Les chevaliers pouvaient voir les différents noms des clans, certains particulièrement actifs et d’autres encore inconnus. Il y avait des centaines de guerriers, peut être même des milliers, Sir Gaudric serrait le poing de rage.
- Si seulement nos patrouilles avaient pu continuer, nous aurions pu les découvrir bien avant qu’ils soient aussi nombreux.
- Cette fois il n’y a plus de doute, murmura Dame Kuery, un grand danger menace le Conglomérat.
Mel observait aussi la mer de huttes, muette devant le désastre annoncé, mais soudain elle remarqua un groupe de tentes bien différentes des autres, un peu à l’écart du grand campement. La jeune fille interpela les autres chevaliers.
- Regardez sur la droite, fit elle en désignant de la main la zone, ces tentes là ne sont pas en peau de bête.
Les autres scrutèrent l’endroit désigné.
- Tu as raison, répondit Sir Gaudric, elles ne sont pas orcs ni Taugres Yhan, tu peux voir leur drapeau ou un insigne ?
Sir Trynhed avait une vue parfaite, mais il secoua la tête négativement.
- Je n’arrive pas à le voir, nous sommes trop loin et il fait bien trop sombre.
- Rapprochons nous alors, fit Mel.
Bien que peu enthousiaste, Sir Gaudric acquiesça, ils descendirent le promontoire pour se rapprocher du petit groupe de tentes différentes des autres. Cachés dans les fourrais proches, ils n’eurent plus aucuns doutes sur le nom de ceux qui se trouvaient en compagnie de l’armée d’invasion. Des hommes en noirs gardaient l’entrée de la plus grandes des tentes en restant bien droit.
- C’est l’Inquisition, je le savais, lâcha Mel avec colère, ils sont dans le coup.
- Moins fort, tu vas nous faire repérer, répondit Sir Gaudric d’un ton ferme.
Ils restèrent silencieux à observer les gardes.
- Reita, tu as trouvé un moyen de pouvoir entrer dans une des tentes ? Demanda Sir Gaudric sans la regarder.
- Trop bien surveillé, se serait dangereux.
- Il nous faut pourtant ramener des informations, il faut savoir quand ils comptent passer à l’action.

Les pans de la grande tente s’ouvrirent soudainement, les chevaliers se figèrent. Un homme bedonnant en sortit, il regarda à droite et à gauche avant de se diriger vers la forêt. Il n’était pas habillé de noir comme les hommes de l’Inquisition, il portait même un manteau épais avec un col de fourrure en vison. L’inconnu pénétra dans la forêt rapidement, personne n’avait remarqué son départ parmi les gardes.
- C’est notre chance, fit Sir Gaudric, Reita et Yhan faites le tour pour le prendre à revers, moi et Mel nous lui couperons toute retraite.
Tous hochèrent la tête, et le piège se mit en place sans attendre, pour que leur proie ne leur échappe pas. L’inconnu, loin de se douter de ce qui se tramait, soupirait d’aise en remettant son pantalon. Peu habitué à de telles conditions de vie, il pestait encore contre ces contrées froides et ces sauvages sans éducation.
Alors qu’il se retournait pour retrouver la chaleur de ses couvertures, une femme en armure apparut devant lui, l’arme dirigée vers lui. L’homme voulut pousser un cri pour appeler du secours, mais une lame se glissa sous sa gorge.
- Un seul cri et je t’égorge, fit une voix tout prés de son oreille.
L’homme hocha la tête vigoureusement, transpirant à grosse goutte. En quelques instants, il fut bâillonné et attaché puis conduit loin du campement, à l’abri des regards et des oreilles des gardes. Les chevaliers le jetèrent sans ménagement sur le sol, Sir Trynhed appuya nonchalamment sa lame sur la nuque de leur prisonnier.
Sir Gaudric s’agenouilla au niveau des yeux du captif, il afficha un regard dur. Mel observait son tuteur sous un jour nouveau, elle ne l’avait jamais vu avec une telle colère.
- Maintenant tu as deux choix, soit tu réponds à nos questions bien gentiment, soit tu meurs dans l’instant. As-tu bien compris ?
L’homme avait les yeux écarquillés plein de terreur, il ne mit à tenter de parler, mais sa voix était étouffée par le bâillon.
- Je vais t’enlever ce bâillon, mais tiens toi tranquille.
Le prisonnier hocha la tête, Sir Gaudric lui retira sur l’instant.
- Ne … Ne me faites pas de mal, pitié.
- Il ne tient qu’à toi d’être loquace et de répondre à nos questions.
- Oui, oui, ce que vous voulez.
Les membres du groupe de reconnaissance souriaient, ils avaient trouvé l’homme parfait pour obtenir des informations. Sir Gaudric prit les directions de l’interrogatoire sous la menace de l’épée de Sir Trynhed, Mel et Dame Kuery surveillant l’arrivée éventuelle de gardes.
- Qui est tu ?
- Je suis le secrétaire de l’Ambassadeur Bakadony.
- Que fait un ambassadeur ici ?
- C’est le spécialiste des terres du Nord, il a l’habitude de parler avec les orcs et les taugres, il est normal de faire appel à lui pour négocier avec eux.
- Que fait l’Inquisition en compagnie de cette armée ?
Le secrétaire secoua la tête.
- Je ne sais rien !
- Je suis persuadé que tu sais quelque chose.
Sir Trynhed appuya la pointe de son épée.
- Mais si je vous parle, l’Inqusition va me tuer !
- Pour le moment, c’est nous qui risquons de te tuer, alors parle !
Le prisonnier comprenait bien qu’il n’avait pas le choix, il était un lâche qui se cachait derrière les hommes de pouvoir et il ne voulait pas mourir.
- Ils veulent faire attaquer la forêt de Veraï par les barbares et les orcs.
- Dans quel but ?
- Pour éliminer les Koradjis.
Sir Gaudric réfléchit, la méthode de l’Inquisition pour combattre un ennemi était étrange et dangereuse.
- Pourquoi écoutent-ils les ordres de l’Inquisition ?
- Le Maître Inquisiteur va laisser les orcs et les Taugres envahir le Nord du Conglomérat.
Les chevaliers se figèrent, même les guetteurs n’en revenaient pas.
- Qu’est ce que tu racontes ! Grogna Sir Gaudric. Jamais ils ne laisseraient faire une chose pareille, ils protègent le Conglomérat eux aussi.
- Ils n’ont que faire des habitants, pour eux, les populations du Nord ne sont que de légers dommages collatéraux pour abattre les Koradjis.
Sir Gaudric saisit le col de leur prisonnier pour l’amener à deux doigts de son visage plein de colère.
- Je ne te crois pas, jamais ils ne pourraient dire.
L’homme était apeuré.
- Se sont les mots du Grand Maître Inquisiteur Aménor de Lancaster en personne, je n’ai rien inventé je vous le jure.
- Et ils croient que nous allons rester sans rien faire ?!
- Ils ont donné les plans de la forteresse, ils savent comment la faire tomber en quelques instants, ils ont vendu le secret que le passage caché sous la montagne, ils comptent venir par là pour l’envahir par-dessous, vous n’aurez aucune chance.
Sir Gaudric relâcha le captif en le laissant choir sur le sol, le chevalier était sous le choc. Très peu de gens connaissaient l’existence de ce passage, le commandant Hyuraze ne l’avait dit qu’à quelques personnes, il en faisait parti.
- C’est vrai Halne ce qu’il raconte ? Demanda Sir Trynhed.
- Le passage secret existe en effet mais c’est une information que très peu de personne connaisse, si une attaque survient par là avec un siège en même temps, la forteresse du Corbeau tombera très rapidement.
Le captif s’était rassis, il espérait maintenant pouvoir s’enfuir, mais Sir Gaudric se retourna vers lui pour le foudroyer du regard.
- L’attaque est prévue pour quand ?
- Dans deux jours normalement, répondit le prisonnier au bord de larmes.
Ils n’avaient plus le temps d’appeler des secours, ni même de faire évacuer les villages environnants. Le chevalier comprenait que la situation était critique, et la marge de manœuvre infime. Il se leva pour réfléchir, Sir Trynhed regarda son supérieur, pour une fois, il était préoccupé par la situation.

Voyant ses geôliers perdre de leur attention, le secrétaire ne perdit pas cette chance de retourner au campement pour prévenir son maître. Il jeta du sable dans les yeux du chevalier qui fut aveuglé. Le prisonnier bondit sur place et plongea dans les bois en direction des tentes, espérant arriver à prévenir les gardes. Mel et Dame Kuery se mirent à sa poursuite, plus entraînée que l’homme, elles le rattrapèrent peu à peu.
Le secrétaire glissa soudain sur une pierre, il perdit l’équilibre en tentant de se rattraper, la bouche grande ouverte, le souffle court. Entraîné par son poids, il tomba vers le sol, mais la souche d’un arbre mort se tenait juste sous lui. Les yeux écarquillés, il essaya d’appeler au secours, son corps s’empala sur le tronc sans qu’il ne puisse le faire. La chevalier et l’écuyère arrivèrent près du corps, constatant sa mort.
- Voilà une fin qui est parfaite pour un traitre, murmura Dame Kuery, retournons au campement pour l’annoncer.
Elles quittèrent le triste spectacle pour retrouver la clairière où les attendait leur compagnon de voyage.
- C’est un mal pour un bien, fit Sir Gaudric quand elles arrivèrent, ils nous auraient dénoncés.
- Il faut se mettre en route pour la forteresse pour prévenir le commandant, lança Sir Trynhed.
- Oui, et sans attendre, nous allons devoir courir au mépris du danger, chaque minute compte, lança le chevalier.
Ils se mirent en route au pas de charge, chacun savait très bien que l’avenir de la forteresse et de tout le Nord du Conglomérat dépendaient de leur rapidité. Le silence se fit parmi le groupe, se concentrant sur leur course qui les rapprochait de la citadelle.

 
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Il y a 1 commentaire
Dark fullmetal le 27/02/2011 à 18:17:29
Raaaah naaan! A bas l'Inquisition! >< Qu'est-ce qu'ils vont bien pouvoir faire en seulement deux jours nos gens de la forteresse???
Et puis les koradjis! ><
J'attaque la suite sans attendre je ne tiens pas en place là!

Bye nee ^^

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