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Jeudi 31 mai 2012, 12:35


Voici une histoire écrite par Trimor et dont le titre est Chevalier - chapitre 72 - Pour le Conglomérat.

Bonjour à vous ^^

Pour le groupe de reconnaissance, la menace est maintenant claire, une armée d'orcs et de Taugres se préparent à fondre sur la forteresse, avec la bénédiction de l'Inquisition qui plus est !
Sir Gaudric doit prévenir le commandant Hyuraze pour mettre en place les défenses. Ce n'est pas seulement la forteresse qui est en danger, mais tout le nord du Conglomérat.

Bonne lecture ^^ Et pensez à mettre un petit commentaire s'il vous plait pour me dire ce que vous en pensez ^^


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CHAPITRE 72
Pour le Conglomérat


Le groupe de reconnaissance de la forteresse était maintenant sur le chemin de retour après avoir trouvé ce qu’ils étaient venu chercher. Malgré le danger qu’ils pouvaient encourir, ils se mirent à accélérer une fois hors de porté du campement des orcs et des Taugres. Après une course éreintante le reste de la nuit, les chevaliers et l’écuyère atteignirent la citadelle quelques heures après le levé du soleil.
Le commandant avait posté plus de gardes pour surveiller leur retour, lui-même avait passé plus de temps sur les remparts que dans le confort de ses appartements. L’officier était rongé par l’impatience et l’inquiétude, il allait envoyer une équipe de secours quand les sentinelles lui annoncèrent leur arrivée.
Aussitôt, un groupe de soldats vint à leur rencontre pour les escorter à l’intérieur de la forteresse. La prudence était de mise au cas où le groupe de reconnaissance soit poursuivi par l’ennemi. Le commandant Hyuraze les accueillit lui-même à la porte d’entrée, son visage anxieux ne cachait pas son attente.
- Sir Gaudric, vous voilà enfin de retour, avez-vous des nouvelles ?
- Pas ici mon commandant, mieux vaut en parler à l’intérieur.
L’officier afficha un regard rempli d’inquiétude, il donna des ordres et ils furent conduits dans la salle de réception d’où ils étaient partis. Une fois les portes fermées, Sir Hyuraze se tourna vers le chevalier qui commandait le groupe de reconnaissance.
- Les nouvelles sont elles si mauvaises que cela ?
- Je le crains Commandant.

Sir Gaudric raconta ce qui s’était passé sans rien n’omettre, les autres le laissèrent parler, récupérant un peu de leur folle course nocturne dans la montagne. L’officier supérieur de la forteresse dut se tenir au mur tant il était choqué par ce qu’il venait d’entendre.
- Nous ne pouvons vraiment plus douter de ces informations ?
- Non mon commandant, c’est inimaginable et pourtant, l’Inquisition va sacrifier cette forteresse et toutes les villes et les villages du Nord pour assouvir leur soif de vengeance et de destruction.
Sir Hyuraze serra le poing contre le mur, il le frappa plusieurs fois en poussant des cris de rage. Mel voyait pour la première fois le commandant perdre son calme, lui qui était toujours maître de son esprit et de ses mots, il apparaissait sous un autre jour.
- Commandant Hyuraze, intervint Sir Gaudric, que faisons-nous maintenant ?
L’officier se calma et reprit son souffle, l’heure n’était plus à ce genre de démonstration. Si le chef de la forteresse ne pouvait pas affronter la tempête, c’est tout le bastion qui s’effondrerait en un instant.
- J’avais pensé à cette éventualité, en me disant que cela ne pouvait arriver, et pourtant nous sommes devant la pire situation qui soit.
Sir Hyuraze mit ses mains dans son dos tout en marchant, il était redevenu l’homme que les chevaliers connaissaient.
- Sir Gaudric, j’ai toute confiance en vous, d’après vous combien de temps pourrait tenir la forteresse si l’ennemi connait le passage secret.
- Sincèrement, très peu de temps, notre avantage face à une telle armée est la puissance des murs et bien entendu ce tunnel, si l’ennemi en a connaissance, nous ne pourrons pas tenir sur deux fronts à la fois.
Le commandant se remit à faire les cent pas, il réfléchissait de plus belle en grommelant pour lui-même. Il s’arrêta soudain et se tourna vers le chevalier.
- De combien disposons nous de temps exactement ?
- Un jour ou deux, pas plus, pas assez pour demander du renfort, et à peine pour prendre le temps de prévenir les villages les plus proches d’évacuer.
L’homme hocha la tête, c’était une vision claire et précise de la situation. Il aimait le jugement du chevalier pour son honnêteté et sa justesse quelque soit le moment, un très bon conseiller en cas de crise comme celle-ci.
- Il n’y a pas beaucoup de solutions et très peu de portes de sortie, je ne vois qu’une chose pour permettre de gagner du temps.
Sir Gaudric savait ce que voulait dire son supérieur, il en était venu à la même conclusion. Sir Hyuraze marcha au devant du chevalier, son regard brillait comme jamais.
- Je vais vous donner les ordres, je veux que tous nos messagers soient prêts à partir, dites au personnel non combattant qu’ils sont aussi réquisitionnés pour faire les messagers aussi, nous aurons besoin de plus de monde possible. Je vais écrire plusieurs lettres qui devront partir le plus rapidement possible.
Il se mit à réfléchir avant d’ajouter.
- Sélectionnez le meilleur de nos messagers et le plus intègre, le message qu’il aura à porter sera primordiale et dangereux.
- J’exécuterais vos ordres Commandant.
- Bien, vous trois, lança Sir Hyuraze aux autres membres du groupe restés silencieux, faites sonnez l’alarme générale, nous en état d’alerte, que tous les hommes se préparent au combat.
Les deux chevaliers et l’écuyère firent un garde à vous parfait.
- Vous pouvez sortir, vous savez tous ce que vous avez à faire.
La pièce se vida rapidement, et quelques instants plus tard, les cloches d’alerte retentissaient dans toute la forteresse.


Mel grimpait les marches de l’escalier quatre à quatre, elle avait donné l’alerte générale comme elle avait reçu l’ordre. Mais maintenant elle courrait pour expliquer tout ce qu’il s’était passé à Patinil qui devait l’attendre.
Au détour d’un couloir l’écuyère manqua de peu de percuter son amie qui accourait dans la direction opposée. La diplomate prit son amie dans ses bras sans se préoccuper des gens qui pouvaient la voir, Mel vira à l’écarlate en prenant la parole.
- Qu’est ce que tu as ?
Patinil se recula pour ne pas attirer l’attention.
- J’étais inquiète, quand j’ai entendu les cloches d’alerte, j’ai cru qu’il t’était arrivé malheur.
- Non tout va bien, enfin pas tout à fait, je dois te parler et à Ekart aussi.
Intriguée, la jeune fille hocha la tête.
- Autant se rendre dans l’infirmerie directement, tu n’auras pas besoin de te répéter.
- Oui, je te suis.
Les deux amies redescendirent les marches du bastion central pour se rendre dans les bâtiments annexes. Elles devaient faire attention de ne pas gêner les groupes de soldats et de chevaliers qui courraient en tout sens. Toute la forteresse était en pleine effervescence, chaque personne présente devait être prête au combat.
En entrant dans l’infirmerie, les jeunes filles virent tout de suite qu’Ekart les attendait avec une grande impatience, il les apostropha dés qu’il les aperçut à l’entrée de la grande salle.
- Et bien tout de même vous voilà !
- Et bien quel accueil, ironisa Mel.
- Non mais tu ne te rends pas compte ce que c’est d’être cloué dans ce lit à ne pas bouger alors qu’il y a tant d’activité.
Des livres et des carnets étaient ouverts devant lui, Patinil reconnut quelques uns des livres qu’ils avaient apportés pour se renseigner sur la région. Mais elle vit aussi le grimoire de sorts du jeune homme caché au milieu des autres pour ne pas être visible.
- Tu ne devrais pas le laisser ici, fit-elle en le recouvrant d’un carnet, ce n’est pas prudent du tout.
- Que veux tu que je fasse d’autre ? Ce foutu prêtre m’oblige à rester coucher, et quand ce n’est pas lui c’est toi qui en rajoute. Je m’ennuie dans ce lit à ne rien faire, surtout que depuis que les cloches ont sonné, il y a un tel chambardement dans la forteresse. Que se passe-t-il à la fin, personne ne prend le temps de me l’expliquer ?
- Je suis venue pour ça justement, fit Mel, je voulais que vous soyez là tous les deux pour que je n’aie pas à me répéter.
- Alors vas y, dépêche toi ! Lâcha Ekart impatient.
- Je reviens juste de ma mission et de courir dans toute la forteresse, je n’ai pas encore pu me reposer une seule fois depuis une journée et une nuit entière et tu te permets de me commander ainsi ?!
Le diplomate leva les yeux au plafond en soupirant.
- Je suis désolé, alors veux-tu bien éclairer ma lanterne qui se trouve bien pâle au milieu de cet obscur chambardement ?
- Voilà qui est mieux, je vais m’exécuter tout de suite, lança Mel en souriant.
L’écuyère raconta alors la reconnaissance effectuée cette nuit et tout ce qu’ils avaient découvert. Elle n’oublia aucun détail pour ses amis, la grande armée d’invasion, l’implication de l’Inquisition dans la menace. Mais surtout elle parla de l’attaque imminente des orcs et des Taugres sur la forteresse et le Nord du Conglomérat.

Les dernières paroles laissèrent les deux diplomates interdits, Ekart se tenait le menton en pleine réflexion.
- Bakadony est un homme très influent à la cour de l’Empereur, il s’occupe principalement des terres du Nord et des royaumes qui s’y trouvent.
- Et il n’est plus à douter qu’il fait parti de l’Inquisition, ajouta Patinil.
Le jeune homme hocha la tête.
- Maître Garynlos nous avait prévenus, ils ont des agents à toutes les strates de l’état et de préférence les hommes de pouvoir pour influencer sur la politique du Conglomérat.
- Mais de là à sacrifier une partie de la population pour se débarrasser de deux problèmes en même temps, c’est n’importe quoi ! Explosa Mel en colère.
La jeune fille s’était levée et elle marchait pour tenter de retrouver son calme.
- Ils n’ont aucun scrupule pour parvenir à leur fin, commenta Ekart d’une voix posée, et pour eux les terres du Nord ne sont pas assujetties à leur cause.
- Ce n’est pas une raison, répondit Mel.
Patinil saisit la main de son amie pour l’obliger à se rassoir.
- Te mettre dans cet état ne servira à rien, calme toi s’il te plait.
- Oui je suis désolée.
Elle respira doucement pour apaiser sa colère, la diplomate ouvrit alors une carte du Nord dessinée dans un des livres.
- Montre nous où se trouve le campement ennemi par rapport à la citadelle.
Mel désigna une zone proche de la passe.
- Ils se sont regroupés ici, c’est à une journée de marche de l’entrée vers le Conglomérat.
- Tu sais ce que compte faire le Commandant Hyuraze.
L’écuyère haussa les épaules.
- Pas vraiment, il est resté assez évasif sur ces projets, mais apparemment Sir Gaudric avait l’air de savoir ce qu’il pensait.
- Avec la forteresse en état d’alerte, les soldats se tiennent prêts à se battre, je pense que le commandant souhaite affronter l’ennemi, fit Ekart.
Mel le regarda surprise.
- Mais ils sont bien plus nombreux que nous, il va faire envoyer des messagers en direction des villages et des autres casernes, je pense que c’est pour demander du renfort.
Patinil secoua la tête négativement.
- Ils arriveront trop tard, je vois où veut en venir Ekart, le commandant a décidé de les affronter de front pour gagner du temps.
L’écuyère ouvrit la bouche sans parler, puis la referma en se rasseyant dans sa chaise. Elle releva alors la tête pour parler.
- Il ne doit pas compter se battre dans la forteresse, l’ennemi connait le secret du bastion et ils savent que nous ne pourrons pas nous battre sur deux fronts en même temps. Le Commandant le sait très bien aussi, c’est une position intenable ici.
- Il va chercher à gagner du temps alors, fit Ekart en regardant la carte.
Il pointa son doigt sur la zone juste devant la passe.
- Ici, se sera le meilleur endroit, assez dégagé pour que les chevaliers puissent utiliser au maximum leur puissance, et assez proche pour que les soldats puissent de replier dans la passe et offrir un front plus étroit.
- Tu as raison, répondit Mel, je ne savais pas que tu t’y connaissais en stratégie militaire.
- Je lis beaucoup de chose, et j’agis avec la logique qu’il faut pour.
Il désigna alors la carte de nouveau.
- La forêt proche est aussi une solution de repli, l’ennemi hésitera à se jeter dans cette position difficile à prendre.
- Avec la présence des koradjis, c’est un peu dangereux.
- Il n’y a que peu de solutions, commenta le jeune homme.
L’écuyère soupira.
- Si le Commandant Hyuraze a choisi cette décision, je comprends mieux les messagers alors.
- Ils ne sont là que pour prévenir l’invasion, et expliquer ce qu’il tente de faire, répondit Patinil.
Soudain Ekart bondit de son lit.
- Nous devons aussi envoyer un message pour Paragahi.
- Pourquoi cela ? Demanda Patinil.
- Nous devons prévenir de la trahison de l’Inquisition auprès des instantes dirigeantes de la cité.
La diplomate le regarda avec étonnement.
- Mais tu es fou ! Nous ne sommes pas sûrs que l’Inquisition n’ait pas aussi ses agents là bas, c’est trop dangereux.
- Elle a surement des agents, mais regarde, elle est prête à sacrifier le Nord, et Paragahi est la deuxième Capitale du Conglomérat, elle est proche du Nord et donc de l’invasion. S’ils n’hésitent pas à la sacrifier, c’est que nous pouvons très bien y envoyer un message d’alerte.
Patinil réfléchit.
- Historiquement, la ville a souvent été en but avec la capitale, elle a son propre parlement au contraire des autres grandes cités, tu as peut être raison.
- Mais évidemment que j’ai raison !
Il s’assit sur son lit en saisissant une plume et un parchemin.
- Nous n’aurons jamais d’autres chances de commencer notre croisade de la vérité, c’est maintenant ou jamais !
L’idée d’Ekart était folle et dangereuse aux yeux de Patinil, mais elle devait bien se rendre compte qu’une chance pareille ne se reproduirait plus. Elle sortit un écritoire de voyage de son sac qui ne la quittait jamais et le tendit à son camarade.
- La dessus se sera plus lisible.
Le jeune homme souriait.
- Maintenant nous devons faire vite, reprit-il en agitant sa plume sur le papier, ce message devra partir avec les messagers de la forteresse.
Les deux diplomates se mirent au travail sans attendre une minute de plus. Mel les regarda faire avec étonnement, c’était la première fois qu’elle les voyait aussi concentrés dans leur travail. Elle resta silencieuse pour les laisser écrire leur lettre, elle pensait aux heures qui allaient suivre et l’inquiétude la gagna lentement.


Dans la cour, une douzaine d’hommes attendait dans la cour en tenant la bride d’un cheval. Tous les messagers présents dans la forteresse étaient prêts à partir, ils avaient été complétés par des palefreniers qui s’occupaient habituellement des écuries. Ils savaient tous que leur mission était d’une grande importance.
Le commandant Hyuraze sortit du bastion principal accompagnait de son secrétaire et de plusieurs officiers de la forteresse. Ils affichaient des visages austères et sombres, les révélations qu’ils avaient entendues les avaient laissés sans voix. L’homme se porta aux devants de Sir Gaudric qui le salua de la tête.
- Tous les messagers sont là ?
- Oui Commandant, j’ai aussi choisi celui qui se chargera de la mission spéciale.
- Amenez le moi.
Le chevalier se retourna et fit signe à un tout jeune homme de s’approcher. Il n’était encore qu’un adolescent, âgé de 16 ans c’était le plus jeune des écuyers après Mel à être présent dans le bastion.
- Comment t’appelles-tu ?
- Ecuyer Netan, mon Commandant.
Sir Hyuraze sourit, le jeune homme se tenait le plus droit qu’il pouvait.
- Ce message que je vais te confier est très important, tu devras faire très attention sur le chemin et de ne jamais t’arrêter.
L’écuyer hocha la tête gravement.
- Tu devras remettre ce pli au Commandant De Partdois en personne, et surtout pas à un autre officier ou secrétaire, c’est bien compris ?
Le jeune homme avala sa salive avec difficulté.
- Oui Commandant Hyuraze.
- Bien, je peux avoir confiance en toi.
Il lui donna le pli, il contenait le plan que voulait appliquer l’officier mais aussi toute la vérité sur cette invasion et l’implication de l’Inquisition. La trahison de ces gens ne devait pas tomber dans l’oubli au nom de tous ceux qui sont mort hier et qui mourront demain au nom du Conglomérat. L’homme savait très bien ce qu’impliquerait le message, mais il avait fait son choix et il en était très fier.
Un bruit de course retentit derrière le commandant qui se retourna comme tous les officiers présents. La diplomate Ojir et l’écuyère Davard arrivaient sur eux en courant et en les interpelant pour attirer leur attention.
- Commandant Hyuraze pardonnez moi pour cette intrusion un peu cavalière, fit Patinil en arrivant à sa hauteur.
Elle reprit son souffle quelques instants.
- Oui Mademoiselle Ojir, qui puis-je pour vous ?
La jeune fille lui donna une lettre cachetée du sceau des diplomates du Conglomérat.
- J’ai appris que vous faisiez envoyer des messages urgents, y aurait-il l’un d’eux qui partirait pour Paragahi ?
- En effet, mais sa mission est très importante et je ne crains qu’il n’est le temps de porter un message diplomatique.
Patinil décida d’être franche avec lui.
- Cette missive est très importante, mon camarade et moi avons décidé de mettre au courant les instances supérieures de Paragahi sur les agissements de l’Inquisition et sa participation aux troubles qui vont agiter le Nord du Conglomérat.
Sir Hyuraze fixa la jeune fille.
- Vous pensez qu’elles vous croiront ?
- L’Inquisition est surtout présente dans la capitale, moins à Paragahi qui est la deuxième ville du Conglomérat. Nous pensons que c’est notre seule chance de nous faire entendre et d’empêcher l’Inquisition de continuer à proférer ses mensonges et à fomenter des complots contre le pays.
Le commandant prit la lettre.
- J’ai bien l’impression que nous sommes arrivés à la même conclusion que vous, j’ai moi-même prévenu mon supérieur à Paragahi de ce qui se passe ici, je pense que je peux ajouter votre courrier au mien.
Il donna le deuxième pli au jeune homme qui attendait toujours devant son supérieur.
- Ce pli a autant d’importance que le premier, tu diras à Sir De Partdois de le faire lire à l’assemblée qui siège à Paragahi.
- Ce sera dit Commandant.
Les autres messagers reçurent à leur tour leur mission, bien qu’ayant moins d’importance que la première, ils devaient tous se hâter en direction des villages et des casernes proches. Pour éviter les ennuis, ils furent tous envoyés en même temps, les chevaux se cabrèrent et ils partirent au galop.
Le Commandant monta rapidement sur le chemin de ronde pour les voir partir au loin, ils emmenaient avec eux tous ses espoirs et celui de tous les hommes présents dans la forteresse. L’officier supérieur leva la tête pour regarder le soleil, il était déjà haut dans le ciel, la matinée allait bientôt se terminer. Il était grand temps de passer à la deuxième partie de la préparation de ses soldats.
- Messieurs, lança Sir Hyuraze en se retournant vers ses officiers qui l’avait suivi, faites savoir aux hommes qu’après le repas une grande assemblée aura lieu dans la cour centrale, je veux que tout le monde y participe.
Les hommes hochèrent la tête, ils savaient ce qu’il allait annoncer.
- Encore une chose, ajouta t’il en regardant au loin les montagnes, faites donner une armure à tous les écuyers, et qu’ils se présentent ainsi pour la réunion.
Les officiers le saluèrent et allèrent transmettre les ordres. Le commandant resté seul continuait de scruter l’horizon ponctué de pics escarpés, c’était la première fois de toute sa carrière de chevalier qu’il prenait cette décision, mais il n’avait pas le choix.
- L’honneur, murmura le commandant, toujours l’honneur.
La tête baissée, il descendit l’escalier du chemin de ronde pour retourner dans son bureau, il avait encore des lettres à faire.


Sir Gaudric avançait silencieusement dans les couloirs en compagnie de Mel. Il n’avait pas émit une seule parole depuis qu’il était venu la chercher dans la cour un peu plus tôt. La jeune fille avait remarqué que les autres écuyers de la forteresse avaient été emmenés par leur propre tuteur de la même manière.
Curieuse, l’écuyère tenta d’en savoir plus.
- Où m’emmenez-vous Sir Gaudric ?
Elle n’obtint aucune réponse, elle contemplait le dos large du chevalier, elle essaya à nouveau.
- Ce n’est pas que j’ai peur, mais j’aimerais bien en savoir plus.
Sir Gaudric se borna dans son mutisme, Mel poussa un soupir exaspéré, elle voulait seulement en savoir plus sur leur destination, rien de plus. Elle décida se patienter un peu pour connaitre le fin mot de l’histoire, après tout elle connaissait la forteresse, et elle savait très bien qu’il n’y avait ici que des salles d’entraînement.
Enfin, après quelques minutes supplémentaires, le chevalier s’arrêta devant une porte, elle était légèrement ouverte. Ils entrèrent toujours aussi silencieux dans la pièce, Mel vit alors que Dame Kuery était aussi présente.
- Merci d’être venue Reita, fit Sir Gaudric en la voyant.
- Je n’allais tout de même pas la laisser seule entre tes pattes.
- Je ne suis pas un monstre, se défendit le chevalier.
Dame Kuery sourit.
- Ce n’est pas ce que je voulais dire, ne te vexe pas, mais il y a des choses que même toi tu ne pourras pas faire pour la demoiselle.

Mel finit par prendre la parole, se demandant bien ce qu’elle faisait là.
- Excusez-moi de vous déranger dans votre petite discussion amicale, mais qu’est ce que je fais là moi ?
Ils se retournèrent tous les deux vers l’écuyère.
- Évidemment tu ne lui as rien dit ?
Sir Gaudric baissa la tête.
- Tu sais ce que j’en pense.
- Arrête, nous n’avons pas le choix et la petite non plus.
La femme chevalier sourit à la jeune fille.
- Aujourd’hui est un grand jour pour toi, tu vas recevoir ta première armure de chevalier.
Mel écarquilla les yeux de surprise.
- Je ne m’attendais pas à cela, mais en quel honneur vais-je obtenir la distinction des chevaliers ?
- C’est un ordre du Commandant Hyuraze, trancha Sir Gaudric qui ne voulait pas en dire plus, normalement c’est à moi de t’aider à la mettre, mais étant donné que je suis un homme, j’ai pensé que Reita serait plus appropriée pour t’expliquer quelques petits détails.
Dame Kuery leva les yeux au plafond.
- Des détails, ce qu’il ne faut pas entendre, tu parles bien comme un homme qui n’a pas d’ennuis pour mettre une armure.
Elle poussa le chevalier vers la sortie, il eut beau protester, la porte se referma sur lui. La femme chevalier poussa un soupir de soulagement.
- Enfin il est parti, il a beau dire qu’il est plein de noblesse, je ne voudrais pas qu’il en profite, n’est ce pas ?
Dame Kuery lui fit un clin d’œil complice, Mel comprit les sous entendus, depuis qu’elle était entrée dans l’ordre, la minorité des femmes flagrantes posées parfois quelques soucis techniques. Mais elle avait su s’adapter pour faire abstraction des regards appuyés et des remarques parfois grivoises.
- Pour le moment, nous allons voir ce qu’ils t’ont déniché.
Elle poussa un juron en observant les pièces d’armure.
- Evidemment, elle est pour homme, si je tenais ces foutus forgerons, ils m’entendraient je peux de le dire ! Comprendront-ils un jour que la nature nous dote d’une poitrine qui nécessite plus de place ? Enfin, enlève ta tenue de cuir et garde seulement ton pantalon, il faudrait que tu retires aussi ta chemise.
La voyant hésitée après le dernier ordre, elle ajouta avec une voix plus douce pour la rassurer.
- Ne t’en fait pas nous sommes seules, tu n’as rien à craindre dans cette pièce, et je peux même t’assurer que je connais parfaitement le corps des femmes.
Mel sourit en hochant la tête dans sa direction, elle obtempéra alors tandis que la femme chevalier sortit une gaine d’un sac posé sur le sol, l’écuyère torse nue qui protégeait sa pudeur regarda avec appréhension l’objet.
- Lors de mes débuts dans la chevalerie, je n’ai pas eu d’armure faite pour moi également, alors je me suis débrouillée avec ça.
Elle décrivit du regard les formes de la jeune fille.
- Et j’ai l’impression que la nature a été généreuse avec toi.
Mel se mit à rougir de plus belle.
- Tu es adorable, j’ai l’impression de me reconnaitre en toi quand j’étais une toute jeune fille. Enfin, j’espère qu’elle suffira pour te faire rentrer dans cette armure.
L’épreuve de la gaine fut particulièrement difficile pour Mel, elle n’aurait jamais cru qu’une telle torture soit ainsi infligée aux femmes. Après quelques efforts, Dame Kuery réussit à affiner assez la silhouette de l’écuyère pour passer à l’armure.
Eléments après éléments, la femme chevalier expliqua avec attention comment elle devait mettre son armure. Elle lui donna également des astuces pour conserver une meilleure mobilité en desserrant des attaches qui conservaient malgré tout la protection de son porteur.

Après une demi heure d’explication, Dame Kuery se recula pour regarder la jeune fille, satisfaite de son œuvre. Elle hocha la tête et marcha jusqu’à la porte, elle l’ouvrit pour laisser Sir Gaudric rentrer de nouveau dans la pièce. Il avait attendu dans le couloir patiemment pour voir le résultat final. L’homme afficha un grand sourire sur le visage en voyant son écuyère.
- Reita tu as fait merveille, elle est parfaite.
- Qu’est ce que tu croyais ?
Mel rougit légèrement.
- Regarde-toi dans le miroir devant toi, fit la femme chevalier.
La jeune fille vit alors l’image que lui renvoyait la glace, sa silhouette avait totalement disparu, les pièces d’armure la protégé des pieds jusqu’au cou. Elle n’était pas neuve, mais chaque élément avait été lustré avec soin, les défauts gommés. Les protections de cuir aux articulations ne la blessaient pas, et elle avait encore une bonne mobilité de ses bras et de ses jambes.
- Si nous avions le temps, j’aurais demandé à un forgeron de refaire le plastron, commenta Dame Kuery.
- Je sais, répondit Sir Gaudric, mais il n’avait que celle-ci en magasin.
- Merci à vous deux, fit Mel en continuant de se regarder, je n’aurais jamais pu le faire toute seule.
- C’est toujours comme ça la première fois, fit le chevalier en affichant un triste sourire.
La jeune fille se retourna vers eux, elle avait un visage sérieux.
- Cette armure a un rapport avec la bataille proche, n’est ce pas ?
Les deux chevaliers se turent soudain, Mel avait là sa réponse sans que l’un des deux ne réponde.
- Viens avec nous, finit par dire Sir Gaudric, l’assemblée dans la grande cour va bientôt commencer.

Sans ajouter un mot, ils quittèrent la pièce pour se rendre au lieu de rendez vous, la plus part des soldats, des chevaliers et du personnel de la forteresse était là. Mel fut conduit par les deux chevaliers dans les premiers rangs, elle remarqua alors la présence de tous les autres écuyers, tous avaient revêtu une armure. En cherchant des yeux, elle repéra Patinil en compagnie d’Ekart qui avait pu quitter l’infirmerie pour l’occasion.
Après quelques instants d’attentes pour que les derniers retardataires arrivent, le Commandant Hyuraze apparut, sortant du donjon. Il affichait un air sombre, mais il restait bien droit, tout en rigueur comme le code de la chevalerie le demande. Il fendit la foule qui s’écarta à son passage, puis grimpa sur une estrade qui avait été monté à la hâte pour que tout le monde puisse l’entendre.
Sir Hyuraze prit un moment de pause, il observa tous les visages tournés vers lui. Tous ses hommes étaient sous ses ordres depuis de nombreuses années, certains étaient devenus des amis même. Ce qu’il allait annoncer était dur, mais il ne baisserait pas courage pour cela. Il prit une profonde inspiration et commença à parler.
- Bonjour à vous tous, chevaliers, soldats ou gens du service, je vous remercie d’avoir répondu à cette convocation.
Il n’allait pas les faire attendre, et il attaqua le vif du sujet immédiatement.
- Vous le savez tous maintenant, une armée d’invasion est proche, je ne le cache pas et se serait bien inutile je le sais bien. Notre ennemi est puissant et en grand nombre, ils seront là dans peu de temps pour fondre sur nous le dernier obstacle avant de déferler sur les plaines de Nord.
Il fit une pause, hésitant, mais il finit par reprendre, il ne leur cacherait rien.
- Il y a eu perfidie, par ceux qui se disaient nos alliés, l’Inquisition a donné le secret de notre citadelle l’offrant sur un plateau à l’ennemi. Ces hautes murailles ne nous servent plus à rien, elles sont maintenant un piège pour nous.
Des murmures parcoururent la foule, des grondements qui s’élevaient de plus en plus fort, devenant presque assourdissant. Sir Hyuraze frappa à l’aide d’un bâton l’estrade pour ramener le silence avant de reprendre son discours.
- Nous ne pouvons plus en douter, ils nous ont lâchés pour poursuivre une quête de vengeance au mépris de milliers de vies innocentes. J’ai donc pris une décision, elle fut difficile à prendre mais nous n’avons pas le choix.
Il marqua une nouvelle pause dans son discours, captant l’attention de tout le monde réuni devant lui.
- Demain, juste avant l’aube, nous quitterons la forteresse en arme pour nous porter sur la plaine à l’entrée de la passe. Là nous livrerons une grande bataille pour ralentir l’ennemi afin que mes messagers parviennent jusqu’aux garnisons proches et que les défenses à l’arrière s’organisent.

Un silence total régnait dans la cour.
- Je pense que vous avez tous compris ce que cela implique, il y a de grandes chances pour que peu d’entre nous survivent à ce combat.
Des murmures reprirent dans la foule, mais le commandant haussa la voix pour se faire entendre malgré tout.
- Je sais que je vous demande énormément, mais pensez à vos famille, à vos femmes et vos enfants ! Pour beaucoup elles se trouvent non loin d’ici, mais n’oubliez pas tous les autres ! Notre sacrifice pourra sauver des centaines de vie, surement plus encore.
Sir Hyuraze inspira profondément après avoir lâché les derniers mots de sa phrase, reprenant sans attendre.
- Je sais que vous avez peur, moi-même je ne peux m’ôter ce sentiment de frayeur qui me poursuit à chaque instant depuis que je connais la situation. Mais sachez que ce n’est pas pour moi ni pour l’Empereur et son Inquisition traitresse que vous allez vous battre, mais vos épées vont défendre le Conglomérat, votre patrie, votre peuple, vos familles ! Je vais au combat le cœur plus léger en pensant à ceux que je vais sauver grâce à mon courage.
Il tira alors son épée de son fourreau et la leva devant lui.
- Nous, les gardes du Nord, nous prêtons serment de rester à notre place, nous les sentinelles des montagnes nous préservons la vie du peuple qui nous fait confiance à tout moment. Battons nous pour les habitants qui croient en nous, battons pour le Conglomérat !
Il y eut quelques instants de flottement, le commandant seul l’épée dressée. Sir Gaudric tira alors sa propre épée de son fourreau et la tint haut devant lui.
- Pour le Conglomérat ! Répéta-t-il.
Bien que sonnée, Mel leva son épée à son tour, tout comme les autres soldats autour d’eux. Peu à peu, tous les hommes avaient sorti leurs armes, scandant tous d’une même voix les quelques mots lançaient par le maître de la citadelle du Corbeau.

Après plusieurs longues minutes, Sir Hyuraze réclama de nouveau le silence, les voix se turent peu à peu pour lui laisser la parole.
- Avant de vous laisser écrire une dernière lettre à vos familles et préparer vos affaires, je dois faire une dernière chose.
Il descendit de l’estrade pour faire face aux premiers rangs des soldats, là étaient alignés les écuyers et leur tuteur. Ils étaient six après le départ du jeune Netan, le commandant se présenta devant eux.
- Comme le veut le code des Chevaliers Protecteurs, un écuyer qui va vers un combat désespéré doit être nommé chevalier à titre provisoire, pour que son honneur reste par de là le combat et la mort.
Il s’avança devant Mel qui était la plus jeunes des écuyers présents.
- Ecuyère Mel Davard de Kiny’Hor, faites en pas en avant et mettez un genou à terre.
La jeune fille obtempéra la gorge nouée par la peur et la nervosité.
- Sir Halne Gaudric, Chevalier Protecteur de l’Ordre, reconnaissez vous cette écuyère digne de recevoir les insignes de chevalier.
- Oui je le reconnais.
Sir Hyuraze se plaça devant la jeune fille qui gardait la tête baissé humblement, il leva son épée au dessus de la tête de l’écuyère et dicta la phrase rituelle.
- Moi, Sir Nike Hyuraze, Commandant de la Forteresse du Corbeau, Détenteur de la Croix du ciel, a jugé digne cette écuyère de devenir membre de l’Ordre des Chevaliers Protecteurs.
Il abaissa l’épée pour toucher son épaule droite.
- Que ton bras défende les innocents et pourfende les ennemis de la paix.
Il toucha l’autre épaule de la jeune fille.
- Que ton cœur reste droit et juste au plus dur des épreuves.
Enfin l’homme toucha la tête d’écuyère avec douceur.
- Que ton honneur soit à jamais lié au serment de la chevalerie.
Sir Hyuraze posa la pointe de son arme sur le sol devant les yeux de la jeune fille.
- Maintenant levez vous, Dame Mel Davard de Kiny’Hor, Chevalier Protecteur du Conglomérat.
La jeune fille se leva, son visage était devenu plus serein, elle se dressa bien droite devant le commandant avec une rigueur militaire.
- Bienvenu parmi nous Chevalier Davard, fit l’homme en souriant.
Mel lui rendit son sourire, bien qu’elle ne l’était qu’à titre temporaire elle était devenue Chevaliers Protecteurs. Les autres chevaliers présents levèrent leur épée et firent une ovation à la jeune fille qui tremblait d’émotion. Sir Gaudric posa une main apaisante sur l’épaule de celle qui était maintenant son égale.
- Félicitation Mel.
- Merci, répondit simplement la jeune fille.
Le Commandant était déjà passé au deuxième écuyer, dictant les mêmes phrases que pour elle. La cérémonie terminée, tous allaient se plonger dans une dernière lettre à leur famille avant de se préparer au combat. Les soldats le promettaient, ils ne tomberaient pas seul dans la mort, jurant d’en emporter le plus possible avec eux.


Mel avançait doucement dans le couloir désert de la forteresse, la plus part des soldats prenaient du repos en cette dernière soirée. Demain chaque homme remettrait son destin entre les mains de la chance. Pour la jeune fille, l’armure qu’elle arborait semblait beaucoup trop lourde pour ses épaules. Elle commençait à peine à s’habituer à la porter, se battre avec elle devrait être possible malgré tout.
Pour le moment, elle voulait rejoindre la chambre de Patinil, elle devait absolument lui donner quelque chose de très important avant d’aller se reposer à son tour. La toute jeune chevalier frappa à la porte doucement, elle ne savait pas si son amie ne dormait pas déjà. Une voix retentit depuis la pièce.
- Entrez.
Mel ouvrit la porte pour pénétrer dans la pièce, Patinil se leva en voyant sa compagne. Elle l’accueillit avec chaleur en lui prenant les mains dans les siennes.
- Après la cérémonie, j’ai cru ne pas te voir, tout le monde avait l’air si occupé.
- Je sais, la bataille doit être préparé avant, j’avais mon cheval, mes affaires et plusieurs choses à faire.
La diplomate hocha la tête.
- Nous avons aussi prit soin de nos bagages, grâce à un sort d’Ekart qui se porte mieux, l’ensemble ne prend pas beaucoup de place. Si tu veux, nous pourrions faire la même chose avec tes affaires pour les emmener avec nous ?
- Je veux bien, je te donnerais mes clefs de ma chambre avant de me préparer à partir.
La jeune fille marqua une pause après sa phrase, Patinil voyait bien qu’elle voulait lui demander autre chose.
- Tu as besoin d’autre chose peut être ?
- Oui en fait.
Mel tendit plusieurs lettres cachetées à son amie.
- Je voudrais que tu prennes ce courrier avec toi, c’est pour ma famille, je sais que le peux avoir confiance en toi pour leur remettre.
Patinil prit les lettres sans rien dire, les serrant contre sa poitrine, elle regarda alors son amie avec intensité. Elle posa alors le courrier sur la table et elle se jeta contre la jeune fille en cachant son visage dans le cou de Mel.
- J’avais peur que tu ne puisses pas me voir avant …
La chevalier serra Patinil contre elle.
- Jamais je n’aurais fait une chose pareille je tiens trop à toi, je …
La diplomate leva les yeux vers sa compagne.
- Je t’aime, finit par dire Mel.
C’était la première fois qu’elle osait le dire ainsi, Patinil caressa la joue de la jeune fille.
- Dire qu’il faut une telle catastrophe, pour que tu oses me le dire de cette manière.
Mel sourit.
- Que veux-tu, je suis tellement compliquée.
Les jeunes filles s’embrassèrent tendrement, serrées l’une contre l’autre. Le baiser langoureux se prolongea longtemps, sans que rien ne puisse les arrêter. Patinil s’écarta de son amante en la regardant dans les yeux, elle ne voulait pas que celle qu’elle aimait tant parte ainsi.
Alors elle glissa une main sur le flanc de Mel et détacha un nœud sur l’armure, en quelques instants plusieurs pièces se détachèrent sous les yeux de la chevalier.
- J’ai déjà eu tant de mal à la mettre, fit elle désespérée.
- Je t’aiderais à l’endosser de nouveau, répondit seulement la diplomate qui n’avait pas arrêté de retirer les pièces d’armures.
En peu de temps, Mel se retrouva seulement vêtue d’un pantalon de tissu et de la gaine si difficilement enfilée. Patinil prit la main de son amante et l’entraîna vers le lit, la jeune fille se laissa faire de bonne grâce en souriant. Arrivée près du lit, la diplomate glissa une main sous le vêtement de la jeune fille pour effleurer le ventre de son amante. Mel frissonna au contact de la main chaude se son amie, elle rougit sans pouvoir se contrôler en caressant le bras de sa compagne debout tout prés d’elle.
Patinil laissa son autre main rejoindre la première et elle retira la gaine de Mel, révélant la poitrine nue de la jeune fille. Elle voulut se cacher, mais la diplomate écarta les bras de sa compagne en souriant.
- Non, pas ce soir, laisse-moi te contempler s’il te plait.
Mel écarta les bras en rougissant, Patinil frôla la peau de sa compagne avec tendresse. La diplomate n’en resta pas là et dénuda complètement la jeune fille qui ouvrait la bouche sans pouvoir parler. Patinil prit la main de sa compagne pour la coucher sous le lit, elle la regarda ainsi quelque instant. Mel était gênée, mais lentement elle s’habitua au regard de celle qu’elle aimait par-dessus tout.
La chevalier tendit alors la main pour inviter la diplomate à la rejoindre. Patinil fit glisser sa robe sur son corps et se dénuda avec douceur devant les yeux de sa compagne. Elle se coucha alors sur le lit tout contre Mel, peau contre peau, les jeunes filles se tournèrent l’une face à l’autre. Elles s’embrassèrent avec douceur, d’abord du bout des lèvres, gênées, mais elles se laissèrent guider par leur cœur et leur amour.
- Cette nuit, cette nuit seulement, je veux oublier tout les dangers et tous les malheurs, fit Patinil d’une voix douce.
- Il n’y a que nous, rien que nous deux, répondit Mel.
Elles se lovèrent l’une contre l’autre en un long baiser se laissant bercer par le rythme des battements de leur cœur. Leurs mains découvrirent peu à peu le corps de l’autre, les baisers se multiplièrent et des étoiles naquirent dans leur esprit, un ciel illuminé rien que pour les deux jeunes filles amoureuses.

 
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Il y a 1 commentaire
Dark fullmetal le 01/03/2011 à 14:20:18
Haaaaaaan!! >< Mel et Patinil!! Trop mignoooooonnes <3
HM! Cela mis à part! Cela mis à part!!! J'ai adoré ce chapitre! >< je ne sais pas trop quoi dire d'autr- ha si!! Le discours de Sir Hyuraze! Géant =D tout comme la marée d'épée qui s'élève au dessus de la foule et les cris de guerre de toute l'assemblée!!
Là aussi, j'ai accroché comme pas possible! Et encore je manque de mot pour dire ce que je ressens xD

Cette fiction est vraiment géante! J'espère qu'elle est loin d'être finie!! >< Bonne continuation l'artiste =D A bientôt ^^ bye neeeeee!!

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