Bonjour à vous ^^
Les forces en présence sont sur le point de se mettre en place pour l'affrontement final. D'un coté, nous avons les envahisseurs, une troupe d'orcs sanguinaires et de barbares Taugres sauvages, venus tout dévaster sur leur passage.
De l'autre, deux groupes de défenseurs s'apprêtent à tout tenter pour les stopper sans savoir qu'ils sont si proche l'un de l'autre. Les koradjis ont réunis leurs clans, les guerriers se sont encouragés et sont prêt à se battre contre leurs ennemis des plaines du Nord. Les chevaliers, quand à eux, sont prêts l'ultime sacrifice pour empêcher l'envahissement de leur patrie.
La grande bataille du Nord s'apprête à secouer le Nord, le destin d'une partie du monde va se jouer dans les prochaines heures.
Bonne lecture ^^
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CHAPITRE 73
Invasion
L’armée des koradjis était en marche, avant même que l’aube se lève, le campement de tentes aux alentours et le village du clan des Griffes Sombres se vidèrent. Il n’y avait plus que les femmes, les enfants et les vieillards, seuls quelques guerriers malchanceux devaient rester pour garder les défenses du bastion de leur peuple.
Les éclaireurs des Griffes Sombres étaient partie une heure avant le gros de la troupe. Ils devaient avant tout connaître la position de l’ennemi pour aiguiller ensuite l’attaque. Les guerriers avançaient par clan, gardant pour le moment le silence pour se concentrer avant la bataille. Tous connaissaient le but de ce combat, mais ils savaient également que l’ennemi était bien plus nombreux qu’eux tous réunis.
Pour le moment personne ne voulait en parler et ils marchaient droit devant eux, serrant leurs armes. Chaque clan avait ses armes et ses spécialités, c’est ensemble qu’ils pourraient repousser l’invasion avant qu’elle n’atteigne la forêt toute entière.
Parmi les koradjis, Onèan et ses compagnons marchaient au milieu de la colonne, entre deux clans. Le mage paladin tenait son cheval par la bride, il gardait la tête baissée, perdu dans ses pensées. Malgré la soirée en compagnie des deux jeunes filles, le jeune homme sentait au fond de lui comme un malaise.
- Onèan, tu ne vas toujours pas mieux ? Demanda Anya en arrivant à sa hauteur.
Le jeune homme sourit à sa compagne.
- J’ai l’impression que je suis nerveux.
- C’est une grande bataille qui nous attend, fit la koradji, pas une simple quête pour découvrir une armure.
- Tu dois avoir raison.
Anya frôla de sa main le poignet de son compagnon.
- Ce n’est pas à toi de porter tout le poids de la responsabilité de cette bataille, il y a les chefs de clans pour cela.
- Et voilà, comme d’habitude, monsieur Onèan se prend pour le centre du monde, lâcha Lynaïs derrière lui.
Il se retourna vers elle.
- Et bien, toujours aussi directe.
- Tu étais toujours comme ça quand nous étions enfant, fit l’archère, n’est ce pas Brom ?
Le forgeron leva la tête, même à l’arrière de leur troupe, il ne passait pas inaperçu dépassant tout le monde en taille. Le jeune homme tenait sa barre de fer sur l’épaule nonchalamment, son poids ne semblant pas le gêner.
- Je suis d’accord, dés qu’il y avait un problème, il prenait toujours sur lui, n’hésitant pas à se désigner comme coupable pour éviter à ses amis de se faire punir.
- Une vraie petite graine de chevalier, ironisa Karez.
- Exactement ce que disait Ekart, répondit Lynaïs, d’ailleurs je pense que vous devriez vous entendre tous les deux.
Onèan sourit.
- C’est vrai que ces deux là se ressemblent, très discret et toujours prêt à nous casser les pieds à tout instant.
L’elfe prit un air innocent.
- Je ne vois vraiment pas pourquoi vous dites ça.
- Ils ne te connaissent pas autant que moi, lança Elifain, mais ils ont tous très vite compris comment tu étais réellement.
Impa posa la main sur l’épaule de Karez.
- Ne t’en fais pas, nous t’aimons bien quand même.
Les jeunes gens éclatèrent de rire, oubliant pendant quelques instants la bataille à venir et le danger qu’ils allaient tous encourir. Onèan était plus détendu, ses amis avaient réussi à le faire sourire, il interpella Lynaïs.
- En repensant à cet incorrigible Ekart, Je me demande bien où il peut se trouver maintenant ?
- Il doit être à la capitale, Manilaus, dans une prestigieuse ambassade, répondit l’archère, se courbant devant les puissants tout en cherchant à monter toujours plus haut dans l’échelle sociale de la bonne société.
Le mage paladin sourit.
- Le connaissant j’en suis persuadé, il doit déjà avoir mis de hautes personnalités dans sa poche, en montant dans la hiérarchie de son ordre, et peut être plus encore comme tu l’as souligné avec autant de justesse.
- Je suis bien d’accord.
Onèan soupira.
- J’aurais aimé avoir le revoir, où au moins avoir de ses nouvelles.
Anya intervint entre les deux amis.
- Vous me le présenterez quand nous irons dans le Conglomérat ensemble.
- Evidemment, fit l’archère.
Onèan sourit en hochant la tête, il souhaitait de tout son cœur qu’ils pourraient tous retourner dans le Conglomérat après la bataille. Les aventuriers poursuivirent leur marche dans la grande colonne de guerriers koradjis en direction de la frontière Nord.
Patinil fit le dernier nœud des lacets en cuir, terminant de fixer le plastron de l’armure de Mel. En silence, la diplomate aidait sa compagne à remettre ses protections en acier enlevées quelques heures plus tôt.
Ses doigts agiles suivaient les instructions lentes de la toute nouvelle chevalier pour que chaque pièce soit correctement attachée et à la bonne place. Les ajustements étaient importants pour que la jeune fille ne soit pas gênée durant le combat.
La nuit qu’elles avaient passée leur semblait bien lointaine maintenant que le jour allait bientôt se lever. Les deux amantes avaient laissé libre court à leur amour, oubliant pendant quelques temps le danger et les combats.
Mais maintenant l’heure était venue, le destin des soldats de la forteresse et de tous les territoires du Nord du Conglomérat allait se jouer. Mel devait se rendre dans la cour pour préparer sa monture pour la bataille, bien qu’il ne lui restait que quelques détails, elle voulait prendre le temps de se concentrer avant les combats.
Mel prit une profonde inspiration, elle avait bien du mal à partir et quitter la douceur des caresses de sa compagne. Mais pourtant, son devoir l’appelait en bas, avec les autres chevaliers, pour combattre les envahisseurs.
- Je dois te laisser, fit la jeune fille d’une petite voix.
- Je sais, répondit Patinil tout bas.
La jeune fille remit une mèche de cheveux blonds de son amante derrière son oreille.
- Merci pour cette nuit, je n’aurais pas osé faire le premier pas.
- Je ne voulais pas te laisser me quitter sans un bon souvenir, pour que tu gardes le moral et la tête haute.
Mel se pencha sur la diplomate et elle déposa un baiser chaste sur le front celle-ci en inspirant profondément le parfum se dégageant de ses cheveux.
- Partez le plus tôt possible avec Ekart, vous devez mettre le plus de distance entre vous et l’armée d’invasion.
Sur ces derniers mots, la jeune fille se retourna pour quitter la chambre d’une démarche la plus assurée possible. Mais Patinil courut vers Mel et elle se serra tout contre elle en entourant la taille de ses bras.
La chevalier se figea sur place, elle ne pouvait plus faire un pas en avant, le cœur au bord des lèvres. Elle posa ses deux mains sur celles de son amie avec tendresse, elle sentit les tremblements de Patinil.
- Je n’ai pas envi que tu partes, fit la jeune fille blonde blottie.
Mel hésita quelques instants avant de répondre.
- Je préférerais rester avec toi aussi.
Elle desserra les mains qui l’entouraient et elle se retourna vers sa compagne.
- Mais je dois faire mon devoir.
Mel se pencha vers Patinil et les deux jeunes filles échangèrent un long baiser. La diplomate posa sa tête contre le coup de son amante.
- Prend garde à toi, s’il te plait.
- Je ferais mon possible.
La chevalier serra une dernière fois Patinil contre elle, pour conserver la chaleur de la jeune fille. Elle finit par la repousser gentiment, elle devait la quitter maintenant.
- Fuyez le plus vite possible quand les soldats auront quitté la citadelle.
- Nous comptons rester pour voir la bataille, au moins quelques instants, c’est notre devoir pour conserver un témoignage de votre courage et des heures sombres que vont vivre les défenseurs du Conglomérat.
La voix de la diplomate était forte, elle ne changerait pas d’avis même si la chevalier lui demandait.
- Ne faites pas d’imprudence, je t’en conjure.
- Avec Ekart blessé, nous ne pouvons nous permettre de trop tardé, ne t’en fait pas, nous savons très bien où se trouve notre devoir également, tout comme toi.
Un peu mieux rassurée, Mel regarda Patinil, comme pour graver son visage dans sa tête une toute dernière fois.
- J’y vais, fit la jeune fille en armure, je t’aime.
La diplomate leva les yeux droits dans les siens.
- Je t’aime.
Elles échangèrent un dernier baiser, et Mel se dirigea vers la porte et sortit. Cette fois, la diplomate ne l’arrêta pas.
La chevalier referma la porte doucement, elle dut reprendre son souffle quelques instants. Son cœur battait la chamade au creux de sa poitrine, elle savait très bien qu’elle ne risquait pas de revoir Patinil.
La jeune fille fit le vide dans sa tête, elle devait avoir les idées claires et laisser sa vie et ses sentiments de coté. Une à une elle descendit les marches qui la menaient vers la cour principale, elle en profita pour faire le point. Les lettres pour sa famille étaient en sûreté entre les mains de son amante, ses affaires seraient récupérées par ses amis. Ils les emmèneraient auprès de ses parents et ils pourraient ainsi leur donner les dernières nouvelles de leur enfant.
Mel arriva dans la cour, elle comprit qu’elle n’était pas la seule à n’avoir pas trouvé le sommeil. De nombreux soldats et chevaliers s’activaient dans la cour, des chariots se remplissaient des bagages personnels qui seraient confiés à leur famille. Le personnel non combattant s’occuperait de les emmener, ils ne pouvaient pas se battre, mais ils voulaient aider ceux qui devaient le faire.
La jeune fille se dirigea vers les écuries, saluant les autres soldats au passage. Elle tenait son heaume sous le bras, préférant sentir un peu plus longtemps la fraîcheur de l’air sur son visage. Elle ne se voyait pas se battre avec ce casque sur la tête, son champ de vision était réduit et elle ne pouvait pas tourner la tête comme elle le désirait.
Mel pénétra dans les écuries, l’activité qui y régnait était intense mais toujours faite dans le calme. Les chevaliers s’occupaient de leur monture avec attention, ils les brossaient avec soin retirant toutes les saletés pouvant souiller leur robe. Les sabots étaient proprement curés et vérifiés avec attention, il ne fallait pas qu’un seul d’entre eux ne se défasse au cours du combat. Le cheval était la marque des chevaliers, c’était l’extension de leur force et de leur pouvoir. Sans eux, bien que puissant, ils n’étaient plus que de simples fantassins.
La jeune fille trouva son cheval dans son box, l’animal piaffa d’impatience en la voyant arrivé. Elle flatta l’encolure de sa monture en murmurant des mots d’une voix douce. L’animal était un cadeau de son père pour son admission à l’Académie, une superbe bête qui avait dû coûter fort cher à celui-ci.
La robe marron de l’animal luisait, Mel l’avait brossé et décrotté complètement le soir d’avant pour qu’elle n’est pas tout le travail à faire le matin. Il ne restait plus que la selle, elle s’appliqua à attacher toutes les sangles avec application, le cuir était brillant comme lors des parades ou des inspections.
- Toujours aussi bien entretenu, lança Sir Gaudric.
Elle se retourna dans sa direction en souriant.
- Bonjour Sir Gaudric.
- Bonjour Mel, tu sais que tu peux m’appeler par mon prénom maintenant, nous sommes tous les deux chevaliers.
Mel haussa les épaules.
- J’aurais bien du mal à être aussi familière avec vous, même si je suis chevalier maintenant, vous resterez mon maître et mon professeur avant tout.
L’homme ne put s’empêcher de sourire, les yeux légèrement brillants.
- Tu es fin prête pour le combat ?
- Je terminais de préparer ma monture, répondit Mel.
- Très bien, alors sors dans la cour quand tu auras tout achevé, le commandant réunit tous les soldats avant le départ.
Elle hocha la tête et se remit à l’ouvrage, elle termina d’attacher toutes les sangles sur la monture. Enfin la jeune fille prit les mors de son cheval pour le guider vers l’extérieur. Pendant le laps de temps qu’elle avait passé dans l’écurie, le reste de la forteresse s’était levé. Le chargement des chariots était presque terminé, ils étaient prêts au départ. Le commandant Hyuraze confia au chef du convoi une sacoche contenant les documents importants de la forteresse, ils ne devaient pas tomber entre les mains de l’ennemi.
Mel attendait avec son cheval, dans la cour, son esprit préoccupait par la bataille, elle n’arrivait pas à trouver la sérénité qu’elle devait avoir avant un tel combat. Alors que le soleil se levait dans l’horizon, tous les soldats et les chevaliers étaient rassemblés dans la cour. Le commandant monta sur son cheval, il avait revêtu une armure complète de plaque brillante et décorée avec soin. Son cheval portait également une carapace en acier, identique à celle du cavalier, l’homme paraissait puissant et imbattable.
Le commandant donna l’ordre à toute la garde de quitter la citadelle, la moitié des chevaliers se mit en route alors que les fantassins se mettaient en rangs pour les suivre. Mel faisait partie de l’arrière garde, elle en profita pour rejoindre Ekart et Patinil qui étaient sur le départ avec les autres membres non combattants de la forteresse.
- Je ne voulais pas partir sans vous voir une dernière fois, fit Mel en s’approchant d’eux.
- Nous t’aurions arrêté avant, répondit Ekart en souriant.
Le jeune homme avait encore un bandage sous ses vêtements, mais il pouvait se déplacer sans risquer de rouvrir ses blessures.
- Faites attention sur la route du retour.
- Nous allons rester un peu plus que les autres, répondit Ekart à la jeune fille chevalier, nous devons être les témoins de cette bataille, même si le commandant nous a dit de partir, nous sommes plus têtu que cela.
Mel sourit, Patinil gardait le silence en affichant un visage fermé, son amie comprenait qu’elle n’osait pas parler. La chevalier elle-même sentait une boule dans sa gorge se former en pensant au départ. Le diplomate regardait les deux jeunes filles, il se doutait bien de quelque chose mais il n’avait encore rien dit, pour ne pas les gêner.
- Nous nous rendons bien compte que cette bataille sera presque impossible à gagner, lança de but en blanc Ekart.
Ces deux amies levèrent la tête en même temps en le fixant.
- Tu as du courage Mel, tout comme les autres soldats, fit le diplomate, je te jure que ce qui va se passer ne sera pas oublié.
La jeune chevalier hocha la tête.
- Merci Ekart, merci à vous deux.
Les regards des deux jeunes filles se croisèrent, elles s’étaient promises de ne pas pleurer devant tout le monde. Elles avaient eu le temps de le faire dans la nuit, seules dans leur intimité, dans les bras l’une de l’autre.
- Mel, appela Sir Gaudric non loin de là sur son cheval.
- J’arrive, lança t’elle.
La jeune fille se tourna une dernière fois vers ses amis.
- Je dois partir, j’espère que vous ne ferez pas d’imprudence.
Ekart se mit à rire.
- Allons, tu nous connais.
- Justement, je te connais toi pour savoir que la prudence et les conseils des autres sont des notions impossibles à saisir.
- Tu me flattes, répondit le diplomate en souriant.
Ils rirent, pour ne pas laisser les larmes prendre le pas. Mel se décida et elle serra dans ses bras le diplomate un peu surpris, puis elle passa à Patinil et la prit dans ses bras à son tour. Elle resta plus longtemps dans cette position, en inspirant le parfum des cheveux de la jeune fille.
Enfin, la chevalier se recula pour ne pas faire attendre plus longtemps Sir Gaudric. Elle posa les mains sur sa selle et monta sur son cheval, elle regarda les jeunes gens en affichant un sourire plein de mélancolie.
- Adieu mes amis, faites attention à vous.
Mel fit un signe de la main avant de rejoindre les chevaliers de l’arrière garde qui se mettait en route. Toutes les personnes non combattantes les regardaient défiler devant eux, un silence de mort régnait dans la forteresse vidée de ses occupants. Ekart et Patinil étaient comme figés, ils ne quittaient pas des yeux leur amie qui allait bientôt disparaître par le grand portail d’entrée.
- Tu aurais du lui parler un peu, fit le diplomate avec douceur, même si ton cœur souffre de la voir partir.
Patinil le regarda avec surprise.
- Tu étais au courant depuis longtemps ?
- Je me suis doutais de votre relation depuis quelques temps, mais ce n’est pas très important. Pourquoi tu ne lui as pas parlé ?
- Je ne pouvais pas, répondit la diplomate en baissant la tête, je lui ai promis de ne pas pleurer tout comme elle.
- Tu es sûre de vouloir regarder le combat ?
La jeune fille se redressa.
- Plus que jamais, je ne veux pas manquer un seul moment, pour Mel et pour tous les soldats de la forteresse.
Ekart sourit.
- Je m’en doutais, allez, prenons la monture qu’ils nous ont fourni, nous logerons dessus tous les deux sans problème, tu es légère comme une plume.
Les deux jeunes gens se mirent en route à leur tour sans un bruit.
Dans la passe, les soldats descendaient dans un ordre parfait le chemin escarpé qui menait au pied du canyon. Les chevaliers menaient le groupe au pas cadencés, ils étaient vêtus en armure complète, les lances pointées vers le ciel. Seul le bruit de l’armée était audible, un silence inquiétant régnait, la plainte du vent laissant entendre son chant lugubre.
Les forces de la citadelle passèrent la passe dans un ordre parfait, le paysage de lande du nord s’ouvrait à leurs yeux. Il n’y avait pas encore d’armée d’invasion en vu, ils étaient les premiers en place. Le commandant Hyuraze observait le paysage avec ses officiers en second, il connaissait la topographie de la zone pour l’avoir étudié une bonne partie de la nuit.
- Nous allons nous poster en partie haute du plateau à l’entrée de la passe, juste avant la grande pente.
Il désigna l’endroit de la main.
- Nous sommes proches des arbres de la forêt, mais grâce à eux nos fantassins pourront trouver un abri en cas de repli.
- Mais les cavaliers seront désavantagés, lança l’un d’eux.
Le commandant hocha la tête.
- Nous n’allons pas nous approcher d’eux, ne vous inquiétez pas, nous chargerons en premier en profitant de la pente de la descente menant à la plaine.
L’homme prit une profonde inspiration.
- Mettez les hommes en formation, nous allons attendre l’ennemi d’un pied ferme.
Les officiers saluèrent leur commandant pour exécuter les ordres, les dés étaient jetés et plus rien ne pouvait empêcher cette bataille.
L’armée des koradjis était en effervescence, une rumeur circulait parmi les guerriers. Des éclaireurs envoyés à la frontière avaient rapporté avoir vu les orcs et les Taugres approcher du lieu de l’attaque, mais aussi une armée d’humain du Conglomérat postée à l’entrée de la passe menant à l’intérieur de l’Empire.
La progression avait été stoppée pour le moment, les koradjis rongeaient leur frein en sachant leur ennemi si proche sans pouvoir les attaquer. Onèan avait aussi entendu la rumeur, tout comme ses amis, ils avaient décidé de suivre Korahyn vers la réunion. Le chef des Chênes noirs avait bien remarqué qu’il profitait de sa présence, mais il avait fini par accepter, sachant que le jeune homme le suivrait de toute façon.
Une fois tous les chefs et les plus importants shamans réunis, Ryouk prit la parole en désignant deux éclaireurs de sa tribu.
- Voici la situation, ces deux guerriers nous ont amené deux nouvelles importantes, tout d’abord l’approche de l’armée d’invasion, comme nous le pensions elle va bientôt atteindre la passe menant au conglomérat.
- Nous sommes dans le bon timing alors, qu’attendons-nous ? Demanda le bouillant le chef Uran des Crocs d’Acier
- Il y a autre chose, reprit le chef des Griffes Sombres, au niveau du plateau qui mène à la passe se tient une armée humaine du Conglomérat, sûrement les forces de la forteresse toute proche. Ils ont du être prévenu de l’approche des orcs et de la traîtrise, les humains comptent les affronter face à face malgré leur nombre bien inférieur.
- Courageux, commenta le chef Merkla de la Grande Cascade.
Ryouk hocha la tête.
- Maintenant nous devons choisir quoi faire ? Devons nous conserver notre plan tel qu’il était ou bien faut-il le modifier en conséquence ?
- Et où voudrais-tu en venir ? Demanda Korahyn des Chênes Noirs.
- Les laisser se combattre pour que la destruction des humains affaiblisse les orcs et les Taugres, et ensuite leur tomber dessus.
Les koradjis assemblaient restèrent silencieux, Onèan bondit de sa place, de la colère sur le visage.
- Chez Ryouk, vous envisagerez de les laisser mourir sous nos yeux sans réagir ?!
Le koradji gronda sourdement, il n’aimait pas cette interruption.
- Evidemment, que crois-tu que nous ferions, les aider peut être ?
- Mais oui, nous serions plus fort ensemble.
Un concert de murmure de surprise lui répondit, Ryouk le fixa avec une colère grandissante, les intentions de ce jeune homme l’agaçaient.
- Tu n’as rien à nous dire toi l’humain, nous menons notre guerre et notre combat. Si les humains veulent mourir l’arme à la main et bien qu’ils le fassent, cela nous arrange bien pour ce combat.
Certains koradjis hochèrent la tête, les plus proches partisans du chef de clan des Griffes Sombres. Mais le mage paladin n’allait pas en rester là, il ne pouvait pas laisser faire une chose pareille.
- Les orcs et les taugres sont autant leur ennemi que les nôtres, n’avez-vous pas compris que l’Inquisition n’allait pas hésiter à les sacrifier, ils sont dans la même situation que nous.
Onèan regarda les autres koradjis en les fixant un à un.
- Des morts, encore des morts toujours des morts, ce cercle vicieux va-t-il un jour cessé ? Si vous laissez les soldats de la forteresse se faire massacrer sans agir, seriez vous meilleur que les hommes de l’Inquisition ? Ne voyez vous pas que c’est grâce à notre division que nous ne pouvons pas vaincre le mal qui ronge ces terres !
Le mage paladin devait tout donner, il le sentait, ses doutes s’étaient envolés. Oroky l’observait avec attention, lui aussi avait saisit l’importance du moment, le miracle qu’il désirait allait peut être avoir lieu. Il fit un signe discret à Sekti non loin de là, son ami faisait parti des shamans venus pour soutenir les troupes. Le vieil homme regarda Oroky, il connaissait assez son ami pour savoir qu’il préparait quelque chose
De son coté, Onèan continuait de parler.
- C’est maintenant que nous devons réagir, allons nous rester encore impassible devant l’œuvre de l’Inquisition, où allons nous enfin empêcher un massacre inutile et faire le premier pas pour changer à jamais ces terres pour purger le mal qui la ronge !
Le jeune homme se redressa de toute sa taille.
- J’ai prit la décision de combattre l’Inquisition par tous les moyens, mais je sais très bien que seul, je n’y arriverais pas. Nous avons besoin de toute l’aide possible, qu’elle vienne des bois, ou bien du Conglomérat.
Il marqua un temps d’arrêt, avant d’ajouter d’une voix puissante.
- J’irais aider les forces de la citadelle pour les soutenir, seul ou non, je ne laisserais pas l’Inquisition gagner une nouvelle fois.
Onèan regarda une nouvelle fois les koradjis assemblés là, ils restaient sans voix face à l’intervention du jeune homme. Sans attendre de réponse, le mage paladin retourna près de ses amis qui s’étaient regroupés non loin de la réunion. Il quitta la réunion des chefs de clan sans se retourner, ses compagnons l’accueillant avec des regards surpris.
- Tu vas vraiment faire ce que tu as dit ? Lui demanda Anya en venant de mettre à ses cotés.
Onèan hocha la tête.
- J’irais au bout de mes idées, je ne peux pas laisser faire une chose pareille. Mais j’espère quand même que les koradjis vont me suivre dans cette direction.
- Et s’ils ne nous suivent pas ? Demanda Yurda derrière lui.
- Nous, vous comptez tous me suivre dans cette opération de la dernière chance ?
Yurda lui donna une claque derrière la tête comme pour lui remettre les idées en place.
- La prochaine fois que tu poses une question aussi stupide, je te mets un coup de pied où je pense devant tout le monde.
Le mage paladin sourit, puis il haussa les épaules pour répondre à la première question de son ami.
- Nous attaquerons quand même, de toute façon, nous sommes là pour ça non ?
- Il est fou, lâcha Karez.
- Complément, répondit Impa, mais nous le suivons quand même, donc nous le sommes aussi.
L’elfe laissa échapper un soupir, mais il devait bien se rendre compte qui l’écuyer avait raison sur ce point.
Parmi les chefs de clan et les shamans, la surprise passait, les langues se déliaient enfin. Ryouk poussa un grognement de rage pure, il frappa du pied le sol.
- Mais pour qui se prend-il celui là ?! Il n’a pas à nous donner des ordres.
Les autres koradjis se mirent à discuter en même temps, tentant de comprendre ce qu’ils devaient faire maintenant. Oroky décida qu’il était grand temps pour lui d’intervenir, le destin était en marche et il avait besoin d’un petit coup de pouce. Le shaman leva son bâton et créa une explosion de fumée qui fit cesser toutes les conversations autour de lui, l’attention se tourna vers lui.
- Je suis désolé de vous interrompre ainsi, mais ne pensez vous pas que ce jeune homme avait raison quelque part ?
Ryouk le foudroya du regard.
- Tu es donc de son coté !
- Je suis du coté de mon peuple et de son avenir comme toi chef Ryouk et vous tous, chef de clan et shamans. Regardez les choses en face, l’armée ennemi est puissante et nous ne pourrons peut être pas les repousser.
Un silence gêné lui répondit, même le chef des Griffes Sombres ne rétorqua pas.
- Nous avons la possibilité unique d’avoir enfin des alliés, reprit Oroky, nous sommes à l’aube d’une aire nouvelle pour les koradjis mais aussi pour toutes les terres qui se trouvent jusqu’à l’Océan Hoëdic. Allons-nous laisser ce jeune homme et ses amis seuls ? Allons-nous laisser massacrer d’autres guerriers qui se battent aussi pour leur peuple sans ne rien faire ?
Il reprenait sciemment les même propos que le mage paladin. Merkla prit la parole à son tour, il avait fait son choix.
- Les guerriers de la Grande Cascade se battront avec le mage paladin pour soutenir les humains.
Sa déclaration surprit les autres koradjis, Oroky donna un coup de coude à son chef de clan en le regardant dans les yeux. Le koradji poussa un soupir.
- Les guerriers des Chênes Noirs les suivront également, lança Korahyn.
Les autres chefs présents se consultèrent du regard, ils ne savaient pas comment réagir à cette annonce. Tous les regards se tournaient maintenant en direction du chef des Griffes Sombres, son choix serait crucial pour la suite des combats. Ce clan avait le plus grand nombres de guerriers dans ses rangs, il était le plus puissant.
- Les humains sont nos ennemis, ils sont entre les mains de l’Inquisition ! Fit-il, plus buté que jamais sur son point de vue.
- Tous ne le sont pas, rétorqua Oroky, toi-même Ryouk tu en connais quelques uns qui luttent contre elle. Tu dois bien t’en rendre compte, si nous ne donnons pas un coup de pouce au destin, rien ne changera.
Le koradji se mit à grogner en serrant les poings, il hésitait sur la décision, lui et son clan avait lutté pendant des siècles contre les soldats du Conglomérat, tout comme les orcs et les Taugres. Maintenant devait il aider ceux qu’ils avaient combattu contre un ennemi commun ?
Le silence se fit sur la réunion, tous attendaient la réponse du chef des Griffes Sombres qui tardait à venir. Non loin de là, Onèan terminait de mettre la couverture sur son cheval, aidé par Anya et Lynaïs, ses compagnons étaient fin prêt également. Les aventuriers étaient prêts à se mettre en route, avec ou sans l’aide des guerriers koradjis, ils allaient se battre contre la horde.
Les forces de la citadelle du Corbeau attendaient en silence, bien rangé, ils regardaient droit devant eux sans échanger de paroles. Les chevaliers étaient disposés en deux lignes, une première sous le commandement de Sir Hyuraze, et la deuxième sous les ordres de son second, Sir Tafaric.
Les soldats se tenaient derrière eux, formant un groupe compact, les bannières du Conglomérat et de l’ordre des chevaliers flottaient sous le vent. Parmi les drapeaux, les couleurs de l’Empereur n’apparaissaient pas, une décision du commandant pour montrer que son armée ne se battait pas pour celui qui les avait trahis.
Un cavalier arriva au grand galop, il affichait un visage crispé, tenant les rênes de son cheval à s’en faire blanchir les phalanges. Le jeune chevalier se porta à la hauteur de Sir Hyuraze pour lui faire son rapport.
- Ils arrivent mon commandant, droit devant nous.
L’homme reprit sa respiration avec peine.
- Ils sont si nombreux.
Le cavalier hocha la tête.
- Rejoignez les rangs de vos compagnons, vous avez parfaitement rempli votre mission avec succès.
Le chevalier fit un simple signe de salutation avant de reprendre sa place.
Au loin un grondement sourd naissait, prenant de l’ampleur comme un orage violent un soir d’été. Les oiseaux s’envolaient à tire d’ailes des arbres alentours, effrayés par le bruit qui grandissait. Un nuage de poussière était maintenant visible, soulevé par les pas d’une armée qui était en vue. Plus d’un soldat sentit son cœur s’accélérer, une envie forte de faire demi-tour et de fuir cet enfer qui s’avançait vers eux.
L’armée d’invasion apparut à la vue de tous, les orcs menaient la charge, se rassemblant au centre de la troupe. Les barbares se déplaçaient sur les cotés, préférant les longues foulées et les grands espaces. Ils semblaient innombrables, couvrant la plaine à l’orée de la forêt de Veraï. Les épées et les haches brandies, ils ne pensaient qu’à une chose, faire couler le sang et massacrer tout ce qui se trouvait devant eux.
Des images de villages en flamme en tête, les orcs et les Taugres levèrent les yeux vers la rampe qui les mènerait vers leur objectif. Mais contrairement à ce qu’ils croyaient, une armée humaine se trouvait devant eux, les bannières aux couleurs du Conglomérat et de la chevalerie. Les guerriers stoppèrent peu à peu leur marche, attendant les ordres de leur chef, devaient ils attaquer la troupe qui leur
En haut de la rampe, su le plateau devant l’entrée de la passe, des murmures se propageaient dans les rangs des défenseurs. Les soldats commençaient à comprendre qu’ils n’arriveraient jamais à défaire la troupe ennemie.
Sentant le flottement dans ses rangs, le commandant se détacha des soldats et se présenta devant eux. Il fit alors plusieurs passages en les regardants droits dans les yeux, pour retenir leur attention.
- Chevaliers et soldats, nous voilà arrivé à l’aube de cette bataille que nous redoutions tant. L’ennemi est devant nous, ils sont nombreux, forts et déterminés.
Il fit une pause pour s’assurer que tout le monde l’écoutait.
- Ce combat sera difficile, je ne vous le cacherais pas, mais tous les orcs et tous les barbares que nous éliminerons avec nous seront autant de citoyens du Conglomérat qui seront sauvés. Je sais que je vous demande beaucoup, mais nous sommes des soldats et des chevaliers, les protecteurs des terres qui se trouvent derrière nous, soyez ceux que la légende gardera en mémoire comme les héros de la passe du Nord.
Le commandant Hyuraze tira son épée et la tint haut devant lui.
- Battez vous pour vos familles et pour le Conglomérat, montrons à l’ennemi et à l’Inquisition que les gardes du Nord protégeront jusqu’au bout les portes de leur foyer.
Les soldats levèrent leurs armes en poussant une clameur féroce, les chevaliers firent de même avec leur lance, les pointes brillantes sous le soleil.
- Compagnons, je suis fier de me battre et de mourir à vos cotés.
Au pied de la rampe, les orcs hésitaient toujours, les barbares poussaient leurs alliés à attaquer mais ils ne bougeaient pas pour autant. Sir Hyuraze savait très bien qu’ils n’auraient pas d’autres chances, il était temps pour eux de rentrer l’histoire.
- Première ligne avec moi ! La deuxième nous suivra dés que nous serons au contact avec l’ennemi, les fantassins suivront juste derrière.
Les chevaliers s’alignèrent au coté du commandant, il avait remis son épée au fourreau pour prendre sa lance. Il leva son arme et l’abattit droit devant lui, sonnant la charge de la première ligne de cavaliers. En un seul élan, les chevaliers se lancèrent à l’assaut, formant une rangée parfaite. Les montures dévalèrent la pente telle une avalanche, la terre tremblant sous la charge héroïque des cavaliers.
Pour l’ensemble des soldats et des chevaliers restaient en arrière, le temps parut se figer. La beauté sauvage de la charge de mêlaient la solennité du moment. Pour Ekart et Patinil qui s’étaient mis à l’entrée de la passe pour pouvoir s’enfuir au dernier moment, la scène était digne d’un chant de barde entendu au coin du feu. Leur cœur battait au rythme du galop des chevaux, ils auraient voulu pouvoir immortaliser à jamais ce qu’ils voyaient pour se rappeler chaque détail.
Les orcs poussaient des hurlements de bête sauvage, tournant la tête en tout sens pour savoir ce qu’ils devaient faire. Les chefs des clans tentaient d’appeler leurs alliés humains pour être conseillé, mais il était bien tard. Les barbares eux même semblaient comme paralysés par la peur et la confusion.
Les chevaliers abaissèrent leur lance devant eux, formant une muraille d’acier aussi dangereuse qu’incontrôlable. Les hommes se baissèrent sur leur selle pour se préparer au choc, les chevaux poussaient des hennissements terrifiant, piaffant d’impatience. Les pierres sur la descente explosaient sous les sabots des animaux, projetant des éclats en tout sens. Les deux armées n’étaient plus qu’à quelques mètres l’une de l’autre, les regards des combattants se croisèrent.
La ligne des chevaliers percuta de plein fouet les orcs et les barbares en un effroyable bruit de fracas d’armes et de hurlements d’agonies. Le choc projeta plusieurs guerriers dans les airs qui retombèrent lourdement sur les autres derrière. Les cavaliers pénétrèrent dans les rangs ennemis sans cesser d’avancer les lances en avant.
Sur le plateau la deuxième ligne de chevaliers se prépara à charger à son tour, Sir Tafaric leva sa lance à son tour pour signaler le départ. Mel poussa un soupir en relevant la lance, elle n’avait pas l’habitude de manier cette arme aussi lourde. Sir Gaudric près d’elle se pencha dans sa direction pour lui parler.
- Coince là dans ta selle, l’empennage est assez long pour le faire.
La jeune fille écouta les conseils du chevalier, et elle put se détendre le bras.
- Merci, fit elle d’une petite voix.
- De rien, répondit l’homme, surtout garde bien en main ta lance au moment de l’impact, mais si elle reste dans le corps d’un orc laisse la tomber avant d’être emportée par le poids.
Elle hocha la tête, son cœur battant si vite qu’elle croyait qu’il allait sortir de sa poitrine. La jeune fille leva la tête en direction des bois, pour souffler, et elle écarquilla les yeux. Un cavalier venait de surgir des bois, il était habillé comme un chevalier, avec un tabard et un casque surmonté d’une forme. Son cheval était couvert d’une couverture blanche avec des motifs rouge.
Le cavalier semblait surgir de nulle part, comme venant d’un rêve. Mel dut secouer la tête de gauche à droite pour être sûr qu’elle n’avait pas de vision, mais l’étrange chevalier était toujours là bien visible.
- Sir Gaudric, regardez là bas à l’orée des bois, il y a un chevalier.
L’homme tourna la tête dans la direction indiquée par la jeune fille, et il écarquilla les yeux.
- Mais tu as raison, lança t’il.
Le cavalier inconnu leva alors son épée haut dans le ciel, une étincelle naquit à la base de la garde et une flamme naquit à la stupeur des observateurs bouche bée. Le feu prit la forme d’un serpent qui cracha une énorme boule de feu en l’air, elle explosa haut dans le ciel faisant tourner la tête de tous les soldats sur le plateau mais aussi des orcs et des barbares.
Aussitôt après trois éclairs traversèrent le ciel, surgissant des arbres comme par magie. Ils furent suivis d’une myriade de flèches qui suivaient la même trajectoire. La pluie mortelle s’abattit sur l’ennemi clouant sur place orcs et Taugres malchanceux. Un humanoïde à tête de loup apparut alors sur un rocher tout près du cavalier.
- Un koradji, lâcha Sir Gaudric avec surprise.
Mel écarquilla les yeux, un humain avec un homme loup ensemble, c’était pourtant impossible.
Le koradji portait une armure en cuir légère, il était muni d’une paire de griffes aussi longue que ses bras. La moitié haute de son corps était peinte en noir, le rendant encore plus terrifiant qu’il ne l’était déjà. Il se cambra alors en levant la tête vers le ciel et il poussa un long hurlement qui raisonna dans les airs.
Aussitôt, surgissant des bois en courant, une armée entière de koradjis chargea le flanc de l’armée d’invasion. Le chevalier était à leur tête sur sa monture, il tenait son épée droit devant lui, la flamme étrange tourbillonnant comme une furie. Les guerriers des bois poussaient une clameur qui couvrait les combats que les chevaliers menaient déjà.
Sur le plateau, Sir Tafaric leva sa lance.
- Chevaliers, chargez droit devant vous, pour le Conglomérat !
Les cavaliers se lancèrent alors à l’assaut, suivi par les fantassins qui courraient derrière eux. Mel tenait sa lance droit devant elle, un nouvel espoir dans le cœur, elle ne savait pas s’ils étaient leurs alliés mais ils combattaient le même ennemi. La jeune fille serra sa lance pour la prendre bien en main, elle gardait le regard fixé sur les combats où elle allait plonger.
Onèan respirait avec difficulté sous son heaume, les à-coups de son cheval lui coupaient le souffle. Pourtant le jeune homme était euphorique, ils avaient réussi à convaincre les koradjis de se battre au coté des soldats de la forteresse. Il avait eut l’aide d’Oroky et des chefs du clan des Chênes Noirs et du clan de la Grande Cascade.
Maintenant il galopait de toutes ses forces en direction des rangs orcs et Taugres. A ses cotés, Ryouk le chef des Griffes Sombres courraient de concert en poussant des hurlements de colère pur. Le koradji avait fini par accepter le plan, il avait du bien se rendre compte que de l’aide pendant cette bataille serait le bienvenu.
Les flèches continuaient à survoler le mage paladin, avec parfois un éclair brillant traversant l’air. Les archers profitaient jusqu’au dernier moment de leur force, mais bientôt eux aussi devraient rejoindre les fantassins.
Onèan laissait la puissance magique l’envahir, sa salamandre brillait d’un éclat si fort qu’elle projetait des flammèches dans les airs. Le mage paladin poussa un cri de rage pure et leva son épée en arrière pour frapper le premier Taugre à sa portée, la bataille ne faisait que commencer.
Patinil et Ekart avait vu clairement la boule de feu et l’arrivée impromptue des forces des bois. Les diplomates avaient poussé un cri de surprise en même temps.
- Les koradjis, mais d’où viennent ils ? Lança la jeune fille.
- Des bois, essaya Ekart.
Patinil le foudroya du regard, ne tenant pas compte de sa réponse.
- Il n’y a pas seulement cela, reprit le diplomate, le chevalier qui est apparut, il manipule la magie, il y a eu aussi des éclairs dans le ciel.
- Aurions-nous une chance de l’emporter ?
Ekart garda le silence, les yeux fixés sur les combats, se trouvant vraiment impuissant dans une situation pareille. Il n’aimait pas être un simple spectateur, mais alors vraiment pas.
Sur une colline proche bien à l’abri, surplombant les combats, le groupe de l’Inquisition mené par le Grand Maître Inquisiteur observait la bataille. Aménor de Lancaster affichait un visage fermé, personne n’osait parler. L’homme tentait de garder son calme, d’abord il y avait eu ces stupides chevaliers menaient par ce commandant, mais maintenant c’était une armée de koradjis qui les attaquait par le flanc.
Le Grand Maître Inquisiteur avait bien du mal à ne pas exploser de rage et de colère face à l’effondrement de son plan si bien préparé. Ses chefs à Manilaus lui en tiendraient sûrement rigueur, il aurait une très lourde sanction à son retour. Il regarda Keridan de Cerissac avec des yeux lourds de reproche.
- Mon cher Keridan, j’ai bien l’impression que vos morts sont revenus à la vie, fit-il d’une voix glaciale et sifflante.
Le noble avala avec difficulté sa salive, une boule se formant au creux de son estomac.
- J’étais sûr qu’ils étaient morts, je …
- Suffit, je ne veux pas des croyances, je désire des certitudes !
La colère sourde le fit reculer, il voyait bien qu’il ne pourrait pas s’en sortir aussi facilement. Le jeune homme saisit son arme et reprit alors la parole.
- Je vais m’occuper de celui qui manie la magie, je vous ramènerais sa tête.
- Je me fiche bien de sa tête, tant qu’il ne sera plus jamais un danger pour nous.
- Ma lame plongera dans son cœur en votre nom, répondit Keridan.
Le noble se retourna et partit en direction des combats, ses deux compagnons à sa suite sans ajouter un mot de plus. Le Grand Maître Inquisiteur les observa s’éloigner en les fixant tout au long de leur descente. Il venait d’envoyer son dernier atout pour que son plan réussisse, tous ses espoirs étaient entre les mains de Cerissac, il espérait avoir fait le bon choix.
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