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Jeudi 31 mai 2012, 12:36


Voici une histoire écrite par Trimor et dont le titre est Océan - chapitre 38 - Revue de l'équipage.

Bonjour à vous ^^
La suite d'Ocèan est arrivée, après le point fait dans le comptoir, nous allons retrouver l'Aurore Boréale et son équipage. Se sera le retour de tous nos personnages, mais aussi quelques nouveaux, et ce n'est pas fini ^^
Et surtout, une petite surprise à la fin

Bonne lecture ^^


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CHAPITRE 38
Revue de l'équipage


L’Aurore Boréale était un navire élégant, qui rendait envieux plus d’un capitaine dans le port de Calasta. Le bateau était d’une belle taille, et pourtant ses courbes étaient élancées et douces, son étrave fendait les vagues avec ravissement. L’Aurore portait trois grands mâts qui pouvaient étaler une surface de voile impressionnante, sa rapidité était légendaire.
Les cuivres brillaient de mille feu sous l’éclat du soleil, le temps de relâche avait permit à Zeïna de faire les réparations importantes du navire. Mais elle en avait aussi profité pour le rendre plus beau et plus étincelant, la figure de proue avait été décoré à la feuille d’or faisant ressortir la beauté de la statue qui représentait la mère de la jeune fille.
Après toutes les campagnes sur la mer et les combats, les vergues avaient été maintes fois renforcées et remplacées. Les charpentiers avaient fait un travail magnifique en vérifiant chaque pièce, remettant à neuf celle qui en avait besoin. Ils avaient du travailler dur tous les jours pour remettre en état la mâture qui avait bien souffert.
La jeune fille se tenait sur le quai, face à son navire resplendissant, elle affichait un grand sourire. Elle était toujours aussi heureuse de retrouver l’Aurore Boréale, comme si elle revoyait un membre de sa famille. Son cœur faisait des bonds dans sa poitrine et elle se sentait revivre au contact du pont ou de la rambarde en bois.
Portyd s’arrêta à sa hauteur, les autres officiers et les marins grimpèrent sur le navire sans attendre, en empruntant la passerelle. La capitaine les trouva bien pressé de monter, seul le minotaure était resté sur le quai, préférant monter en dernier après elle.
- Alors tu penses qu’elle est prête à prendre la mère ? Demanda le second
- J’en suis persuadée, répondit Zeïna, j’ai presque l’impression de sentir son impatience à chevaucher de nouveau les vagues de l’océan.
Portyd se mit à rire.
- Je pense que tu es toi-même pressée de partir, tout comme nous tous.
- Il y a de cela aussi, montons à bord pour présenter le nouveau membre de l’équipage.
- Je t’en pris.

La jeune fille se dirigea vers la passerelle et grimpa prestement, le second et le minotaure la suivant derrière elle. Alors qu’elle s’apprêtait à poser le pied sur l’Aurore, la voix de Lantis retentit.
- Le Capitaine est à bord !
Elle découvrit alors son équipage au grand complet aligné sur le pont. Les marins se tenaient bien droit, les visages souriant et plein d’entrain l’accueillant. La jeune fille se mit à rougir légèrement, la surprise passée elle se redressa et leur fit face, les mains dans le dos.
- Je vous remercie pour cet accueil, j’espère que notre nouvelle campagne sera aussi fructueuse que la précédente.
Zeïna sourit.
- Vous pouvez retourner à votre poste.
Les marins rompirent les rangs non sans saluer une nouvelle fois la jeune fille. Elle repensa à son premier engagement, les visages des hommes de son équipage étaient alors bien différents d’aujourd’hui. Elle avait su assoir son autorité par ses actes, leur démontrant que même si elle était une jeune fille, elle était très bien capable de diriger le navire.
La capitaine regarda ses officiers qui se tenaient toujours sur le pont, souriant de concert.
- Je suppose que je vous dois tout cela.
- Nous nous sommes dit qu’un accueil dans les règles serait le bienvenu, lança Lantis.
La jeune fille ricana.
- Je n’ai pas besoin de toutes ses salutations, je pourrais presque croire que vous essayez de m’amadouer afin de m’annoncer une mauvaise nouvelle.
Les officiers se mirent à rire.
- Vous n’avez rien à craindre, répondit Portyd, tout va très bien.
- Alors mettons nous au travail, Mr Odell, occupez vous de notre nouveau timonier.
- A vos ordres.
Elle regarda ensuite les autres officiers.
- Retournez tous à votre poste, je compte faire le tour du navire pour l’inspecter après être passé à ma cabine.

Zeïna traversa le pont pour rejoindre la porte menant à sa cabine. Après la coursive étroite, elle pénétra dans la pièce en poussant un soupir de soulagement, elle se sentait toujours chez elle dans ce lieu. Elle retrouva son bureau familier, ses coffres de cartes et ses étagères dans les murs. Son plus grand luxe était un vrai lit, l’avantage d’être le capitaine, mais un occupant était déjà couché sur la couette.
- Mozemio !
Le chat du navire leva la tête dans la direction de la capitaine, les yeux encore remplis de sommeil. Il ouvrit une large gueule en baillant avant de se recoucher en s’étirant de tout son long sur le lit.
- Tu es vraiment infernal.
- Bonjour Capitaine ! Lança une voix enjouée derrière elle.
Zeïna se retourna pour faire face à Hina, la jeune fille qui lui servait de servante. Ses cheveux roux flamboyant cascadaient sur ses épaules et son dos en un flot de feu, son visage arborait un sourire qui ne la quittait que très peu.
- Bonjour Hina, comment vas-tu ?
- Très bien Capitaine, merci de vous préoccuper de moi.
Les deux jeunes filles avaient le même âge, des liens d’amitié s’étaient très vite tissés entre elle. Hina prit le chapeau et le manteau de Zeïna pour les pendre sur une patère fixée à l'un des cloisons de la cabine.
- Le départ et pour bientôt ?
- Tu as compris Hina, j’inspecte le navire pour les dernières vérifications.
- Vous avez amené avec vous un drôle de timonier.
Elle parlait du minotaure.
- En effet, il ne passe pas inaperçu, répondit la capitaine, j’espère qu’il se fera à la vie à bord rapidement.
- Sur l’Aurore Boréale, il n’y a pas à douter, tout le monde est tellement gentil.
Zeïna pouvait s’appuyer sur Hina pour connaitre parfaitement l’ambiance qui régnait au sein de l’équipage. Des marins satisfaits étaient le gage d’avoir un navire bien tenu et des hommes capables de répondre présent quand il le fallait.
- Je te reverrais dans les cuisines avec notre jeune cuistot ?
- Oui Capitaine, le pauvre est nerveux, je devrais aller le calmer avant qu’il ne mette le feu à sa cambuse.
La jeune fille disparut en quelques instants dans un frottement léger de tissu. Zeïna trouvait sa robe un peu incongru sur un navire, mais il n’était pas encore en mer, elle laissait passer pour cette fois. La capitaine sourit, elle avait bien du mal à en vouloir à celle qui était sa servante sur le bateau, elle était devenue son amie avec le temps.

Zeïna quitta sa cabine dans un claquement de talon rigide sur le pont et elle se mit en route. E avait un navire entier à inspecter, et il fallait voir chaque poste pour ne pas oublier une défaillance qui pouvait coûter cher en pleine mer. De la quille au nid de pie, la jeune fille se fit un point d’honneur de rencontrer tous les postes sur le bateau et tous les marins qui s’y trouvaient.
Accompagné par Portyd, Cryanne et Lantis, la capitaine commença par inspecter la calle. Ils soulevèrent les planchers du fond du dernier pont pour vérifier les entrailles du navire à la recherche d’une infiltration d’eau. Olaf Janferg, le maître charpentier du bord, les guida entre les pièces de charpente, il connaissait chaque endroit du monde caché de la structure du navire.
- Comme vous voyez Capitaine, l’Aurore est en bonne santé.
- Je le vois Maître Janferg, vous avez fait un excellent travail.
- Les nouvelles recrues qui nous ont rejoints y sont aussi pour quelque chose, nous avons trouvé de très bons charpentiers qui connaissent leur travail.
La jeune fille hocha la tête.
- Je vous fais confiance Maître Janferg pour maintenir l’Aurore dans un état impeccable.
L’homme avait été l’un des charpentiers de marine qui avait conçu le navire, il le connaissait à la perfection. Il pouvait ressentir aux grincements des planches du pont si quelque chose n’allait pas dans la structure du bateau.
Ils quittèrent les sombres calles pour inspecter les différents rangements, les réserves de nourritures, les tonneaux d’eau alignés les uns contre les autres, solidement attachés. La calle des fournitures pour les voiles était parfaitement étanche, les toiles de remplacement seines prêtes à servir. Un bateau devait toujours avoir des voiles seines pour remplacer celles déchirées au cours du voyage.

Zeïna passa en revue les marins sur le pont, ils s’étaient organisés par bordée et par équipe de travail. Les hommes avaient revêtu leur meilleure tenue, celle qu’ils réservaient habituellement pour les relâches dans les ports d’escales. Même si l’Aurore Boréale n’avait pas besoin de la rigueur militaire, mais la jeune fille voulait que son équipage soit en parfaite santé et correctement tenu. Elle suivait ainsi les conseils de son père qu’il lui avait si souvent répété quand elle avait voyagé en sa compagnie.
L’équipage de l’Aurore Boréale était un exemple de la diversité des peuples qui pouvaient se croisaient sur l’océan, même si celui-ci ne représentait pas toutes les races indénombrables. Les capitaines des navires commerciaux prenaient à leur bord toutes personnes voulant travailler, les recrutements pouvaient être hasardeux, il fallait sentir les hommes avant de les prendre. Bien des commandants ne supportaient pas les non humains à leur bord, reléguant aux plus basses fonctions ceux qui ne portaient pas grâce à leurs yeux.
Zeïna n’avait pas de tels préjugés, elle croyait dans le cœur des gens, qu’ils soient de la même race qu’elle ou non. Ainsi, à bord du bateau se croisaient les humains, en grande majorité, mais aussi des kadjis, des hommes félins à la force incroyable pour tirer un cordage, un homme lézard Akena, silencieux et couturés de cicatrices.
Les elfes des mers faisaient aussi prit des membres de l’équipage, la jeune fille avait eu la chance de faire escale dans leur royaume et après les aventures passées plusieurs avaient décidé de la suivre à son bord. Avec Loan Nuit-Sauvage l’homme oiseau dans son nid de pie et le timonier minotaure venant les compléter, la capitaine avait une belle représentation des diverses races vivantes sur l’océan.
Une autre spécificité de l’équipage de l’Aurore était la présence de plusieurs femmes. Le commandant était elle-même de sexe féminin, les capitaines n’acceptaient pas toujours leur présence à bord. Zeïna encore une fois marquait sa différence par rapport aux autres, elle avait souffert de son statut pendant ses études et ses débuts sur les bateaux, elle voulait donner leurs chances aux femmes sur l’océan.
La jeune fille s’arrêta à hauteur du groupe des kadjis, elle regarda les deux nouveaux hommes félins qui les avaient rejoints.
- Voici donc nos nouvelles recrues ?
- Oui, répondit Portyd qui se tenait à sa hauteur, Kolan et Nadja Hurlelune, ils sont frère et sœur.
Les deux kadjis la saluèrent de la tête avec respect, ils ressemblaient tous les deux à des lynx. Le frère avait les cheveux très court, un corps tout en muscle, il était aussi grand qu’Archord, d’une belle taille pourtant. La sœur était grande également mais beaucoup plus élancé avec de belles courbes féminines. Contrairement à son frère, elle possédait une longue chevelure de couleur crème très épaisse qu’elle conservait en une tresse atteignant le bas du dos.
- Bienvenu à bord, j’espère que nous ferons une excellente collaboration.
- Merci Capitaine, répondit la voix chaude et vibrante de Kolan.
Zeïna hocha la tête, elle connaissait maintenant la valeur des kadjis pour savoir que ces deux là étaient de très bonnes recrues.

Après un dernier passage, elle quitta le pont pour s’enfoncer dans les cabines de l’arrière. La jeune fille s’arrêta tout d’abord à l’infirmerie, le docteur l’attendait à sa chaise, il se leva précipitamment à son arrivée.
- Docteur Dé Hydalis, êtes vous prêt pour le départ ?
- Parfaitement, Capitaine Dé Feryo, j’ai pu faire le plein de remède pour la prochaine campagne, j’ai préféré prendre un surplus de bandages et d’herbes apaisantes.
Le précédent voyage avait été émaillé de plusieurs batailles, les soins du médecin avaient sauvé bien des vies. Ils avaient alors manqué de bandages, sacrifiant une voile pour en faire d’autres, cette fois il était plus prévoyant.
- Vous avez raison Docteur, même si j’espère que cette campagne sera plus tranquille que la précédente.
- Je l’espère aussi, répondit Gouran, mais une grosse tempête peut aussi amener son lot de blessures.
- Je vous sais tout à fait capable de gérer tout cela, fit Zeïna.
L’embarras se marqua sur le visage du médecin.
- Les nouveaux aménagements sont ils à votre convenance ? Demanda la jeune fille.
Elle avait demandé au charpentier de créer des couchettes aux murs de façons à les rabattre contre les cloisons pour gagner de la place. Des étagèrent et des coffres avaient également pris place dans des endroits inexploités de l’infirmerie.
- C’est beaucoup mieux ainsi, lança Gouran, ils ont écouté quelques uns de mes conseils pour entreposer les remèdes.
- Très bien, fit la capitaine, en cas de problème n’hésitez pas à demander à Maître Janferg, il vous fera les changements nécessaires.

Après l’infirmerie, Zeïna passa en revue la cuisine, le domaine d’Alek Baldi, un jeune homme de son âge à qui le second avait donné sa chance. Portyd avait eu une bonne intuition, Alek s’était vite adapté au navire, il était en plus très bon cuisinier, l’équipage ne se plaignait jamais de la nourriture servit à bord.
Le jeune homme portait son tablier autour de la taille, il salua la jeune fille en s’inclinant, bégayant des mots incompréhensibles. Hina qui se tenait à coté de lui porta la main à ses yeux en soupirant. Zeïna s’amusa de le voir aussi nerveux, il n’avait pas à se mettre dans un tel état, en plus de ces talents au fourneau, le jeune homme prenait grand soin de son espace de travail.
- Votre cuisine est toujours aussi propre, une très bonne habitude qui vous honore Monsieur Baldi.
- Me … Merci Capitaine.
- Calmez vous, je n’ai pas de reproches à vous faire.
Le sourire de Zeïna fit rougir le jeune homme qui sembla encore plus paniqué, Hina vint à son secours pour lui éviter une gêne supplémentaire.
- Les stocks de vivre sont au complet, nous avons plusieurs mois de réserves sans problème.
- J’ai vu sur le registre de Madame Hagus, vous nous avez fait économiser sur la marchandise d’ailleurs Monsieur Baldi, j’espère que vous vous débrouillerez toujours aussi bien dans vos choix.
Alek se redressa, il n’aurait pas cru recevoir autant de compliment.
- Je ferais en sorte de continuer ainsi.
Zeïna hocha la tête, elle n’avait pas peur, le jeune homme semblait toujours un peu timide, mais il avait beaucoup évolué depuis son engagement à bord. Elle salua les deux jeunes gens avant de quitter les entrailles pour sortir à l’air libre, les marins étaient affairés sur le navire, briquant une nouvelle fois le bois et les cuivres de l’Aurore.
- Alors qu’en pensez-vous ? Lança Cryanne. Le bateau est il prêt à prendre la mer ?
- Plus que jamais, Madame Tolado, il est au meilleur de sa forme.
Le second était également du même avis.
- Nous partons avec un équipage entraîné, avec le nombre de marin qu’il faut et une cargaison de prix dans les soutes. Comparé à notre premier départ, il n’y a plus rien à voir.
Zeïna sourit.
- Il est vrai que beaucoup de chose ont changé, mais sans vous cela n’aurez pas pu se passer, je tenais à vous remercier tous les trois.
Cryanne, Portyd et Lantis étaient surpris par la déclaration de la jeune fille, ils ne s’y attendaient pas vraiment. Le maître d’arme prit la parole en premier, passant au tutoiement pour appuyer ces dires.
- Si je me souviens pourtant, c’est toi qui es venu me chercher sur mon bord de quai alors que je n’étais plus qu’une épave.
- J’étais en prison, fit Cryanne à suivre, sans toi jolie demoiselle, j’y croupirais peut être encore ou alors je serais déjà morte depuis longtemps, pendue au bout d’une corde.
Portyd renchérit en croisant les bras sur la poitrine.
- Il ne restait plus grand monde sur le navire, et à part moi, plus personne n’y croyait, tu es venue pour reprendre en main le navire, et je dois l’avouer, tu t’es bien débrouillée pour une gamine.
Zeïna rougit, elle voulait féliciter les membres de son équipage pour leur aide et leur soutien, pas recevoir des éloges.
- Je ne voulais pas voir disparaître tout ce que mon père avait mis du temps et du courage à créer.
Elle se tourna sur elle-même en regardant l’agitation sur le navire.
- Et quand je vois ce que j’ai accompli, je pense que nous sommes sur la bonne voie.
La jeune fille sourit.
- Je n’ai pas terminé ma revue, il y a encore un endroit que je dois voir.

Les officiers la regardèrent sans comprendre, Zeïna les laissa sur place et attrapa l’échelle de corde la plus proche. En quelques instants elle grimpa avec agilité sur les cordages sous leur regard amusé, ils savaient maintenant ce qu’elle voulait faire. La jeune fille grimpa sur le plus grand mât du navire pour atteindre l’endroit le plus élevé du bateau, le nid de pie de la vigie.
Zeïna attrapa le bois de la main courante, et elle se propulsa à l’intérieur de l’espace exigu. Elle retrouva l’homme oiseau qui avait fait de cet endroit son univers, il était toujours aux aguets et rien ne lui échapper.
- Bienvenu Caaapitaine !
Sa voix était chevrotante à cause de son bec peu pratique pour parler.
- Bonjour Loan, je viens voir si tout est en ordre.
L’homme oiseau étendit ses ailes en poussant un cri strident.
- Tout est prrrrropprrrre ! Je tiens toujjjjouuuurrrr trrrès bien ma place.
La jeune fille pouvait en effet voir que l’endroit était en parfait état, tout comme le pont le bois avait été brossé avec application et sérieux. La capitaine hocha la tête dans la direction de la vigie.
- Continuez comme ça Loan Nuit-Sauvage.
L’homme oiseau se mit à caqueter, une petite de crête de plume se levant sur sa tête. Elle comprit que c’était un signe d’embarras chez lui, elle s’amusa de le voir réagir ainsi.
La capitaine avait une autre idée en tête en grimpant sur le mat, elle aimait cet endroit, son père l’y avait souvent emmené quand elle était plus jeune. Elle se souvenait encore de ses bras puissants qui la soulevaient comme si elle ne pesait rien. Là, ils observaient les étoiles la nuit, bercée par le roulis de l’océan.
Zeïna observa le paysage en direction du large, plusieurs bateaux étaient en vu, certain en partance pour de grands voyages et d’autres s’en revenant de contrées lointaines. C’était sa vie, le bruit des vagues, l’immensité de la mer, son calme apparent et ses tempêtes soudaines. La jeune fille n’aurait jamais pu faire un autre métier que celui là, l’eau salée coulait dans ses veines comme se fut le cas pour son père.

- Capitaine ! Appela la voix puissante de son second depuis le pont. Un visiteur pour vous à bord !
La jeune fille se pencha vers le pont, elle était pourtant à une grande hauteur mais elle ne ressentit aucun vertige. Elle vit ses trois officiers en compagnie d’un quatrième homme, elle sourit en découvrant qu’il était la personne qu’elle attendait.
Avec empressement, Zeïna descendit du nid de pie, toujours avec la même rapidité que pendant son ascension. Elle toucha le pont du navire quelques instants plus tard, elle vint alors à la rencontre de son invité, le visage ouvert et amical.
- Capitaine Kaheris, je suis heureuse de vous revoir enfin.
L’homme avait retiré son chapeau au moment de l’arrivée de la jeune fille, il la salua avec la même amabilité.
- Capitaine Dé Feryo, c’est également un plaisir de contempler de nouveau votre beauté.
Zeïna rougit sous le compliment, le capitaine Arashe Kaheris était il y a quelques temps au service du Seigneur Marchand Koarha. Avec la chute de son employeur après la révolte du Royaume des Elfes des mers, il avait quitté son service pour redevenir indépendant. La jeune fille avait eu vent de sa disponibilité et elle avait immédiatement cherché à le contacter.
Le capitaine Kaheris était un homme d’une quarantaine d’année, un marin très expérimenté qui naviguait sur l’océan depuis son enfance et son enrôlement de mousse. Il était d’une taille moyenne avec une musculature fine et endurante, capable de résister au péril de la vie en mer. Son visage en était particulièrement marqué avec sa peau mâte et buriné par le sel. Ses cheveux noirs grisonnaient sur les tempes, il les conservait assez court, il était bien coiffé et entretenu avec grand soin. Ses yeux bleus gris inspiraient la confiance, tout comme son sourire qui laissait apparaitre une rangée de dents blanches.
L’homme était vêtu de son uniforme de capitaine, des bottes en cuir ciré, un pantalon gris, une chemise blanche, un veston de lin au motif floraux et une longue veste bleu nuit qui lui arrivait derrière les genoux. A sa hanche, une épée fine était attachée, Zeïna ne lui avait pas prit malgré sa victoire par respect pour son confrère. Un geste qui avait été très apprécié par le capitaine, il était resté en bon terme avec la jeune fille.
- Vous avez pu prendre un navire jusqu’ici sans soucis, j’ai eu peur que vous ne puissiez pas être là avant le départ de l’Aurore, fit Zeïna.
- Je l’ai craint également, mais fort heureusement j’ai pu trouver un petit voilier qui faisait voile sur Calasta.
Elle se tourna alors vers ses officiers de bord.
- Vous reconnaissez le Capitaine Kaheris que nous avons rencontré pendant notre campagne dans l’archipel des Elfes des mers.
Ils hochèrent la tête.
- Et bien, voilà celui qui commandera « Le Madelan » pour son prochain voyage vers le royaume.
La surprise s’afficha sur leur visage.
- Vous avez accepté ? Demanda le second.
- En effet, répondit le capitaine Kaheris, sinon je n’aurais pas fait le voyage depuis Keola.
- Je trouve que c’est une bonne idée, lança Cryanne, vous êtes un homme juste et vous connaissez déjà le navire, vous n’aurez donc aucun problème pour le prendre en main.
Zeïna fit un signe de la main.
- Je suis arrivée à la même conclusion.
- Mon ancien employeur connaissant des déboires financiers, j’ai préféré partir avant que le navire ne sombre, lança le capitaine, je respecte beaucoup cette jeune fille pour son courage et sa noblesse. Je préfère de loin travailler pour elle que pour ce seigneur marchand aux méthodes plus que douteuses.
- Nous allons pouvoir voir ensemble les modalités de notre collaboration, fit Zeïna, j’ai un contrat de prêt dans mon bureau au comptoir Dé Feryo, si vous voulez bien allez le voir avec moi pour faire affaire ensemble ?
Arashe Kaheris afficha un air satisfait.
- Se sera avec grand plaisir.
- Monsieur Odell, avec Mr Alaster et Mme Tolado, je vous laisse le soin de faire des tours de gardes jusqu’à notre départ, vous pouvez laisser le reste de l’équipage libre.
- A vos ordres Capitaine.
- Faites leur bien comprendre que je ne veux pas voir des marins dans les geôles de la cité, je ne veux pas avoir besoin d’aller les y chercher.
- Je passerais le message, ils comprendront sûrement.
La capitaine avait confiance dans la poigne de Portyd pour éviter tous les problèmes à venir. Elle intervint une dernière fois, pour être sûr de retrouver tout son monde à son départ.
- Faites leur savoir aussi que le navire restera ouvert aux membres d’équipages qui chercheront un endroit où dormir. Je pense que cela devrait éviter que certains se retrouvent à vagabonder et finissent dans une prison du port.
Le second hocha la tête.
- Une bonne idée, je mettrais tout cela en place.

La jeune fille salua ses officiers et elle reprit la passerelle pour revenir sur le quai, en compagnie du Capitaine Kaheris. Ils avaient à peine touché la terre ferme qu’un messager apparut sur le port, monté à cheval. L’homme avança alors en direction de la jeune fille, il portait l’uniforme des pages du gouverneur. Le blason de Calasta était visible sur son torse, un écu rouge avec un lion rugissant debout sur un lit d’émeraudes.
- Capitaine Zeïna Dé Feryo ? Demanda le messager en arrivant à sa hauteur.
- Oui en effet c’est bien moi.
- J’ai un message pour vous de la part de sa seigneurie Tazoc Dé Tuyer, Gouverneur de l’Ile Emeraude et de l’alliance Adéenne.
La jeune fille prit le pli en gardant le silence, elle ne savait pas pourquoi elle recevait un message du gouverneur. Sur le navire, les officiers et membres d’équipage n’avaient pas manqué la scène, des murmures naissaient parmi les marins.
Zeïna décacheta le parchemin, les entêtes de la lettre étaient officielles et authentiques, elle n’avait pas à douter que c’était bien le gouverneur qui lui envoyait ce courrier. Le messager resta devant elle pour attendre que celle-ci est bien pris en compte le contenu du pli. Au fur et à mesure de sa lecture, sa surprise grandissait, elle replia le parchemin en regardant le page.
- C’est une plaisanterie ?
- Je suis un messager, pas un plaisantin ni un troubadour, maintenant que vous pris note du contenu, je dois vous laisser Capitaine Dé Feryo, j’ai encore beaucoup de lettre à transmettre.
L’homme se remit en selle et partit au grand galop, pressé par le temps. Le capitaine Kaheris se tourna vers la jeune fille, il n’avait pas tenté de lire par-dessus son épaule et il ne connaissait pas non plus le contenu de la lettre.
- Un problème Mademoiselle Dé Feryo.
La jeune fille le regarda encore surprise.
- Je viens de recevoir une invitation au bal de demain soir donné par le gouverneur dans son palais de Calasta.
- Félicitation, lança Arashe Kaheris, vous voilà entrée dans les sphères de la noblesse de l’île, c’est bon pour votre commerce.
La nouvelle ne semblait pas pourtant enchanter Zeïna, un mot tournait en boucle dans sa tête comme l’écho de ses pires craintes.
- Un bal, murmura la jeune fille, mais je ne sais pas danser …

 
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Il y a 1 commentaire
Dark fullmetal le 28/10/2011 à 17:34:53
Yoo! Me revoilà enfin >< Ca faisait vraiment longtemps que je n'avais aps repris ma lecture, mille pardons ><
Cela dit! J'en reviens au chapitre ^^ C'était une super idée de représenter tout l'équipage, ça résume les chapitres précédents tout en étant dans la continuité de l'histoire. Et la fin est très sympa aussi! J'ai hâte de voir comment va se débrouiller la capitaine pour le bal ^^

A bientôt et bonne continuation pour les chapitre que je suis encore loin de lire xD

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