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Jeudi 31 mai 2012, 12:36


Voici une histoire écrite par Trimor et dont le titre est Chevalier - chapitre 75 - Berserker.

Bonjour cher lecteur ^^

La bataille se poursuit, et la lame du destin vient de frapper durement nos compagnons. Lynaïs frappait à mort par Keridan s'écroule dans les bras de son ami. Quel sera la réaction d'Onèan et des autres ? La victoire est elle toujours possible ?

Bonne lecture, et n'hésitez pas à mettre des commentaires ^^


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CHAPITRE 75
Berserker


La plaine rougit de sang, les combats font rage et personne ne peut savoir pour le moment quel camp remportera cette bataille. Les humains et les koradjis alliés tenaient toujours tête aux envahisseurs venus des grandes toundras du Nord. Mais qui pouvait bien dire combien de temps encore cet équilibre allait il tenir ?
Loin de se préoccuper de la bataille, Onèan soutenait dans ses bras son amie Lynaïs transpercée par l’épée de Keridan. Il était la cible de l’assassin, mais c’était la jeune fille qui en s’interposant avait reçu le coup en traitre. Le noble retira soudain son arme d’un coup sec en poussant un cri de rage.
- Tu vas mourir chien !
Le visage du mage paladin se mua en un tableau de haine folle et totalement incontrôlable. Oubliant toutes les précautions que son maître lui avait enseignées, il laissa la magie envahir son corps et son esprit. Le serpent de flamme doubla de volume en quelques instants et il se jeta sur Keridan avec une férocité jamais vu. La salamandre saisit le jeune homme à la gorge et se mit à le secouer dans tous les sens.
Les vêtements de l’assassin s’enflammèrent, et celui-ci se mit hurler de douleur. Duncan bondit sur Onèan qui avait les yeux fixés sur son prisonnier. Anya intercepta l’humain en lui barrant la route de sa lance, Duncan grogna et attaqua la koradji. L’épée détourna le fer de la lance et il sauta sur la jeune fille. Mais Anya savait très bien manier son arme, elle utilisa l’autre extrémité pour parer l’assaut et elle donna un coup de pied dans le flanc de Duncan.
L’homme de l’Inquisition de plia en deux de douleur en reculant. Il poussa un cri de rage et chargea de nouveau et mettant tout le poids de sa force dans l’attaque. Cette fois la koradji dut se mettre en défense, bloquant l’épée comme elle pouvait. Duncan donna alors un coup d’épaule, déséquilibrant Anya qui perdit l’équilibre, le jeune homme voulut l’achever, mais Brom bloqua la lame avant qu’elle n’atteigne son but.
Pearce apparut à son tour sur le flanc d’Onèan, il réussit à éviter le tir d’Elifain en faisant un bon sur le coté au dernier moment. Le mage paladin, voyant le danger qui se rapprochait, fit lâcher Keridan par sa salamandre pour intercepter l’autre homme de l’Inquisition. Pearce sourit, c’est tout ce qu’il cherchait à obtenir, il changea subitement de direction pour saisir le jeune noble qui gémissait de douleur, gravement brulé.
- Duncan, nous partons !
Son compagnon se battait contre Brom, il le regarda d’un regard meurtrier, mais il ne pouvait pas faire autrement. La tentative d’assassinat était un échec et il était en infériorité numérique avec un blessé. Il repoussa le forgeron avec rage et cracha dans sa direction.
- Je te retrouverais la montagne, et je te ferais tomber.
Il se retourna et courut rejoindre son camarade, il prit l’autre bras de Keridan sans ménagement, provoquant un cri de douleur. Sans un regard en arrière, les deux hommes s’enfuirent en courant à travers la masse des combattants. Brom voulut les poursuivre, mais Anya l’arrêta juste à temps, partir seul au milieu des lignes ennemis était tout simplement impossible.

Onèan tenait Lynaïs dans ses bras avec le plus de douceur possible il s’agenouilla sur le sol pour qu’elle puisse l’étendre, retirant son heaume. Sa colère était toujours là, sa salamandre ne changeant pas de taille, le serpent se tortillait dans tous les sens, cherchant une proie. Le mage paladin enleva une mèche du front en sueur de la jeune fille.
- Lynaïs réponds moi, je t’en supplie.
L’archère se mit à tousser, crachant du sang. Elle se tendit sous le coup de la douleur, elle ne sentait déjà plus ses jambes, le sans s’écoulant à grand flot de sa blessure.
- Tu vas bien, murmura t’elle dans un souffle.
- Mais oui je vais bien, c’est toi … Pourquoi as-tu fait ça ?
- Je ne voulais pas qu’il t’arrive du mal, jamais …
Onèan sentit des larmes naitre dans ses yeux, le leva la tête brusquement.
- Anya, tu dois l’aider !
La koradji se précipita près de la jeune fille, elle chercha fébrilement une compresse dans ses affaires pour presser la blessure. Mais rien n’y faisait, Lynaïs poussa même un cri de douleur quand la jeune fille tenta de comprimer la plaie.
- Je … Je ne … Je ne peux rien faire, paniqua Anya qui pleurait.
Lynaïs sourit malgré la douleur.
- Ce n’est pas la peine, je vais mourir je le sais.
Brom et Elifain s’étaient approchés à leur tour, l’elfe pleurait sans pouvoir se contrôler tout comme le forgeron. La folie de la salamandre faisait reculer les orcs qui voulaient s’approcher, plusieurs furent brulés grièvement après avoir essayé de les attaquer.
- Tu ne vas pas mourir, fit Onèan la voix pleine de sanglot, nous allons te conduire à Oroky, il te soignera.
Lynaïs leva une main et caressa le visage du jeune homme.
- Je n’ai pas de regret, tu es saint et sauf mon amour.
Elle cracha du sang en ce cambrant sous la douleur.
- Je t’aime Onèan, murmura t’elle, je n’ai jamais pu te le dire, j’espère que tu seras heureux avec Anya.
Sa main était froide sur sa joue, le jeune homme sentait ses mains trembler et son cœur se déchirer. Lynaïs tourna la tête vers la koradji et lui sourit, celle qui était sa rivale était devenue son amie de cœur et d’âme.
- Je vous aime, lança t’elle dans un dernier soupir.
Son bras retomba lentement sur le sol, la main avec les doigts écartés, ses yeux grands ouverts fixaient le ciel comme si elle voulait emmener avec elle une dernière image apaisante au milieu de la folie de la bataille. Onèan prit le corps de Lynaïs et le serra tout contre lui en s’effondrant en larme.
- Non !


Loin du champ de bataille, dans la forêt des elfes, Maître Guyt’Ji sentit un vertige le prendre. Il dut s’assoir pour ne pas tomber, cherchant son souffle le cœur battant la chamade. Une larme coula de son visage, il ferma alors les yeux.
- Tu as donc rencontré ton destin, soit en paix Lynaïs.
Maître Guyt’Ji maudissait parfois le don de sa famille, il ne souhaitait à personne de connaitre l’avenir des gens à l’avance. Surtout quand cet avenir indiquait qu’une jeune demoiselle allait mourir aussi tôt.


De retour sur le champ de bataille, la tristesse envahissait le cœur des jeunes gens. Anya ne pouvait plus contenir ses larmes, Brom et Elifain sentaient leurs jambes trembler. Le mage paladin sentait le sang de son amie couler contre lui, maculant ses mains et son tabard. Il n’arrivait plus à penser au combat, à ses amis ni même à l’assassin de l’archère.
Son cœur était tombé en morceau, sa plus chère amie, celle qui l’avait toujours accompagnée, aidée et soutenue venait de mourir. La douleur l’envahit peu à peu, scellant les portes des rires et de l’espoir, la salamandre au dessus de lui se figea sur place, la gueule grande ouverte. Le vide se fit en Onèan, un néant sans fin d’où ne restait que noirceur et malheur.
La magie alors se réveilla en lui, d’une manière diffuse puis de plus en plus forte. Le vide fut peu à peu remplacé par un torrent de flamme, un feu vivant brûlait dans son âme et son cœur. La gueule grande ouverte de la salamandre apparut alors, elle lui murmura des mots de sa voix sifflante. Chacun d’eux se mua en des sentiments sombres, la colère, la rage, la haine, la vengeance, des mots qui trouvaient un étrange écho à sa douleur.
Le mage paladin déposa alors le corps de son amie sur le sol sous les yeux incrédules de ses compagnons.
- Onèan ? Appela Anya.
Elle n’obtint aucune réponse de la part de son amant. La salamandre semblait se rétractait sur elle-même, les orcs firent un pas en avant, sentant la chance tourner en leur faveur. Brom et Elifain se saisirent de leurs armes, malgré le chagrin le danger était toujours là.
L’écuyer se leva alors soudainement, le visage affichant un air inexpressif des yeux vides et ternes. Les monstres hésitèrent à avancer, croyant que le feu allait de nouveau revenir. Mais au contraire, la salamandre se recroquevilla un peu plus dans l’épée avant de disparaitre complètement. Elle avait été comme happée par une force invisible, rappelée vers le monde d’où elle était issue.
Anya saisit le corps de son amie pour l’écarter prudemment, elle sentait quelque chose de terrible en son amant. Son apprentissage avec Oroky lui donnait accès à des pouvoirs que les autres ne possédaient pas. La jeune fille voyait l’intensité de la magie du mage paladin s’emballer dans toutes les fibres de son être.
- Onèan, je t’en pris calme toi, murmura Anya.
Une étincelle naquit soudain au dessus de la tête du jeune homme, craquant comme une brindille dans un foyer. Le feu entoura soudain tout le corps d’Onèan faisant bondir en arrière toute les personnes présentes. Une colonne de flamme surgit du sol sous les pieds du mage paladin s’élevant haut dans le ciel. Elle était visible par tous les combattants, alliés et ennemis.


Sur leur colline protégée, les membres de l’Inquisition pouvaient aussi parfaitement le voir. Le Grand Maître Inquisiteur Lancaster laissa échapper un juron, faisant un pas en arrière. Les autres personnes présentes le regardèrent incrédule, peu de chose pouvait le faire reculer, et si cet homme en avait peur, il valait mieux s’en éloigner au plus vite.
- Comment peut-il ? Disait l’homme sans s’arrêter en fixant la colonne de lumière déchirée le ciel de sa puissance.


Impa bloqua la hache de l’orc devant lui, il sentit ses jambes plier sous la force du monstre. Fared arriva à ses côtés pour le soutenir, il percuta de plein fouet le flanc du guerrier en lui faisant perdre équilibre. Impa plongea sur l’ennemi pour lui transpercer la gorge, il retira son épée ensanglantée d’un geste ample, des gouttes des sangs volèrent dans les airs.
- Merci Fared, lança l’écuyer.
Il vit alors son camarade bouche ouverte, les yeux fixant une direction bien précise. A son tour le jeune homme regarda et il tomba en arrêt également.
- Qu’est ce que c’est que ça ?
Yurda jura en voyant la colonne de lumière.
- J’ai l’impression qu’Onèan en fait un peu trop sur ce coup là.
Une jeune fille en armure entendit le nom prononcé par le jeune homme, elle apparut alors à coté de celui-ci.
- Onèan Terrenoir ?
Yurda se tourna vers la nouvelle venue.
- Oui, comment le connais tu ?
- J’ai été à l’Académie avec lui, je suis une proche amie, c’est lui qui fait ça ?
L’écuyer hocha la tête, Mel regardait l’étrange phénomène avec inquiétude.
- Mais que se passe-t-il ? Murmura la jeune fille.
L’endroit d’où provenait la colonne de lumière n’était pas très éloigné.
- Je dois y aller, lança Mel.
Voyant la jeune chevalier se mettre en route, Yurda se figea, lui aussi voulait en savoir plus, il s’inquiétait pour ses compagnons.
- Fared, Impa, venez, nous allons voir de plus prêt ce qui se passe là bas.
Les deux écuyers le regardèrent un peu surpris.
- Tu comptes traverser les lignes orcs ? Fit Impa.
- Je suis sûr que nos amis ont besoin de nous.
- Et les combats ?
Il se contenta de hausser les épaules en esquissant un petit sourire au coin de ses lèvres devant eux.
- La bataille est partout, que se soit ici où là bas, cela ne change absolument rien, vous ne croyez pas ?
Yurda se tourna et prit la direction empruntée par la jeune fille, c’était une amie d’Onèan, elle n’hésitait pas à plonger vers l’inconnu pour le rejoindre. L’écuyer ne savait pas comment faisait le mage paladin, mais tous ceux qui l’approchaient changeaient complètement. Avant jamais il ne serait parti dans une telle aventure, et pourtant il se trouvait au milieu d’un moment important de l’histoire. Le jeune homme ne reculerait pas, il prendrait son destin à bras le corps.
Impa et Karez derrière lui, ils rattrapèrent rapidement Mel pour se frayer un chemin jusqu’à l’endroit où était apparu la colonne de feu. Les jeunes gens ne savaient ce qu’ils allaient y découvrir, mais ils espéraient arriver à temps.


Karez soutenait un blessé pour l’aider à atteindre la zone où les shamans donnaient les premiers soins. Le guerrier koradji restait calme malgré la quantité de sang qu’il perdait, l’elfe l’avait aidé depuis le moment où il l’avait aperçu sortir des rangs en tenant sa blessure.
Ils arrivaient presque au niveau des sous bois, quand le bruit du feu traversa le ciel. Karez se tourna en gardant le blessé contre lui. L’archer et le guerrier levèrent les yeux en l’air, le souffle coupé.
- Ton ami humain en fait beaucoup, remarqua le koradji.
- Un peu trop.
Karez sentait que la colonne de feu n’était pas normal, un mauvais pressentiment dans le cœur.


La plume d’Ekart sur son carnet venait de s’arrêter, il regardait bouche bée le phénomène. Patinil en avait lâché son crayon qui roula sur son dessin, elle ne pouvait pas détacher son regard de la colonne de flamme.
- C’est magnifique, murmura la jeune fille.
Ekart ne partageait pas tout à fait le même sentiment, il y avait quelque chose de sauvage dans cette magie qui respirait le danger. Il sentait que le cours de la bataille venait d’être scellé par cette flamme surgi de nulle part.


Les shamans au campement des blessés avaient tous senti la magie s’emballer, ils avaient tous le regard dirigé dans la direction des combats. Miko observa sa maîtresse, et vit une lueur de peur dans les yeux de celle-ci, la jeune apprentie se demanda soudain avec crainte ce que cela pouvait bien être.
- Maîtresse Terla, qu’est ce que s’est ?
- La pire chose qui pouvait arriver, murmura la koradji.


Oroky se trouvait plus qu’à quelques dizaines de mètres de l’endroit où se trouvaient les jeunes gens. Il sentait la magie monter et ce qu’il avait vu en vision commençait à prendre forme, il tenta d’accélérer, mais la colonne de feu se forma dans le ciel, le stoppant net. Sekti se figea à son tour, sentant tout son sang se glacer dans ses veines.
- Comment est ce possible ? Fit le vieux shaman.
- Onèan n’a pas pu contenir la puissance de ses sentiments.
Sekti le regarda avec horreur.
- Alors c’est …
- Oui, un berserker.


Anya s’écartait du jeune homme en tenant contre elle le corps de Lynaïs, Brom et Elifain n’osaient plus bouger ni même parler. Tous les trois étaient figés sur place dans l’incapacité d’agir ou d’arrêter leur compagnon.
La colonne de flamme diminua et se mua lentement en une masse autour du mage paladin. Elle prit rapidement la forme d’une immense tête de serpent, sifflante de colère, elle était aussi grande et large qu’une maison. Onèan ouvrit alors les paupières, ses yeux n’étaient plus que deux flammes jumelles rougeoyantes. Ils étaient devenus le reflet de sa colère et de sa haine, le jeune homme avait choisi la vengeance sans retour.
Onèan se tourna vers les orcs pétrifiés, il écarta les bras d’où naquit sur chacun d’eux une torche de flamme. Il la projeta soudainement droit devant lui en un geste sec et plein de hargne. Un torrent enflammé se forma au bout de son bras qui se mit à grossir en quelques instants. Il engloutit une demi-douzaine d’orcs devant lui et il poursuivit sa course comme une coulée de boue dévalant la montagne. Le feu ravagea tout sur son passage sur une bonne vingtaine de mètre devant lui, ne laissant que des cadavres fumants et une terre noircie.
Un sourire monstrueux orna le visage du mage paladin et il marcha vers les rangs orcs. Les monstres se jetèrent sur lui pour venger leurs frères d’armes. Alors l’enfer se déchaina, la salamandre crachait des flammes tandis qu’Onèan se servait de son épée comme d’une faux, tranchant ses ennemis devant lui sans cesser d’avancer.

Oroky arriva alors en tête des troupes koradjis au niveau des jeunes gens.
- Chef Ryouk, vous devez dire à tout le monde de se retirer sous la protection de la forêt.
Le guerrier regarda avec stupeur.
- Mais vous êtes fou, avec l’attaque de l’humain nous allons les vaincre.
Le shaman ne s’embarrassa pas des bonnes manières.
- Ecoute moi bien, fit il en le pointant du doigt, dans l’état où il est, il tuera qu’importe se dressera devant lui, et si nous ne l’arrêtons pas, le Nord de la forêt de Veraï ne sera plus qu’un immense cratère !
Ryouk se redressa devant l’affront qu’il venait d’essuyer, Sekti intervint avant que cela ne tourne mal entre les deux.
- Chef des Griffes Sombres, il faut absolument sonner la retraite, nous n’avons pas le choix.
Le koradji grognait, il n’avait jamais fui un combat, mais il devait bien avouer que le soudain changement dans l’attitude de l’humain l’inquiétait.
- Bon très bien, mais j’espère que vous avez raison.
Ryouk poussa plusieurs cris brefs, la surprise de peignit sur plus d’un visage, et pourtant l’ordre était clair, il fallait battre en retraite. Malgré tout, les guerriers étaient obéissants et ils se mirent à se rabattre vers la forêt, emmenant les blessés et les morts quand ils le pouvaient.
Alors que les jeunes gens allaient de lever pour les suivre, Oroky les arrêta.
- Anya, que s’est il passé ?
La jeune fille serrait contre elle le corps de Lynaïs, le shaman n’eut pas de mal à comprendre.
- Ecoute moi bien, intervint Oroky, c’est toi qui dois l’arrêter !
- Moi, mais comment ?
- Je t’ai entraîné pour ça, tu es la seule qui peut calmer sa rage et le ramener à la raison.
Anya laissa le corps de leur amie au soin de Brom et d’Elifain près d’elle.
- SI je m’approche, je serais brûlée.
Sekti prit la parole.
- Non, car tu es celle qui possède le pouvoir d’apaiser la magie, c’est dans ton sang.
- Je me suis entraînée avec Oroky, mais je ne suis pas assez forte pour cela.
Sekti mit un genou à terre devant Anya.
- Tu as déjà entendu parler de ta grand-mère, Naara.
La koradji hocha la tête.
- Elle avait le pouvoir d’apaiser la colère magique, c’est un don rare et qui ne se transmet que par le sang. Tu es la dépositaire de cette force qui peut arrêter la catastrophe annoncée.
- Onèan finira bien par s’arrêter de lui-même, lança Brom.
Oroky secoua la tête négativement.
- Il y a plusieurs phases, d’abord l’éveil à la magie, puis le lent accroissement pour donner la forme ultime de sa magie, et enfin …
Les jeunes gens présents le regardèrent, attendant la fin, Sekti termina la phrase.
- La destruction finale.
Le ton lugubre du vieil homme était clair, Anya attrapa le col du shaman devant elle de la colère dans ses yeux embués de larmes.
- Mais pourquoi ne lui as-tu pas parlé de ça ?! L’un ou l’autre aurait pu le mettre en garde contre ce pouvoir.
Sekti posa les mains sur les bras de la jeune fille pour lui faire lâcher prise.
- Je suis le seul fautif, je ne le croyais pas encore assez prêt pour faire apparaître la vrai forme de la salamandre.
- J’ai ma part de responsabilité aussi, renchérit Oroky.

Le vieil homme se releva en obligeant Anya à en faire autant et reprit la parole.
- Il n’est plus temps de se lamenter ou de chercher un coupable, tu dois agir.
- Comment ?
Oroky désigna son cœur.
- La magie des shamans agit selon le cœur, tout comme celle d’Onèan, tu ne dois pas craindre le pouvoir et l’accepter pour contenir en toi la douleur.
- Je dois laisser le feu me brûler !
- Pas tout à fait, tu dois accepter sa présence et ne pas la craindre, alors tu pourras atteindre l’âme d’Onèan et calmer sa rage.
Sekti hocha la tête et renchérit.
- J’ai vu Naara le faire pour un jeune apprenti shaman qui avait perdu le contrôle de ces pouvoirs, elle a fermé les yeux et prit le garçon dans ses bras, la magie s’est alors assagi.
- Je n’ai jamais fait cela, ma grand-mère ne me l’a jamais appris.
- Comme je t’ai expliqué, elle est morte en défendant ton village lors de l’attaque de l’Inquisition, reprit Oroky, elle n’a pas eu le temps de te l’apprendre. Mais ce n’est plus le temps de parler, il faut agir maintenant où l’explosion engendrée par sa magie détruira toutes la vallée et avec elle nos ennemis mais aussi l’armée des humains et des koradjis.
Anya reprit son calme et saisit sa lance, elle devait oublier sa tristesse, elle pouvait encore sauver celui qu’elle aimait. Elle regarda la plaine où des cercles noircis apparaissaient au milieu de l’armée orc et barbare.
- Comment je vais me rendre là bas ? Demanda la koradji.
- Par tes propres moyens en évitant au maximum les ennuis, répondit Oroky.

Yurda apparut soudainement en compagnie de ses deux compagnons et de la jeune chevalier. Mel regarda autour d’elle, elle vit alors le corps allongé sur le sol, la tête posée sur les genoux d’une autre personne.
- Lynaïs !
Les trois écuyers la remarquèrent à leur tour, ils se figèrent sur place, sous les yeux de leurs amis déjà présent.
- Comment est ce arrivé ? Lança Impa la vois pleine d’émotion. Où se trouve Onèan ?
Anya montra l’immense forme enflammée.
- Il est là bas.
Les écuyers écarquillèrent les yeux de surprise. Mel s’était agenouillée en touchant la main de Lynaïs, elle était encore chaude mais elle refroidissait rapidement.
- J’aurais tant voulu te revoir avant ce malheur.
- Qui es tu ? Demanda Elifain.
- Une amie d’Onèan, nous nous sommes rencontrés à l’Académie.
Oroky pressa la koradji.
- Tu dois t’y rendre maintenant.
Elle hocha la tête et se tourna vers l’armée orc.
- Qu’est ce que tu vas faire ? Demanda Yurda.
- Tenter de calmer Onèan, fit elle d’une petite voix.
L’écuyer comprit qu’elle devait plonger au cœur des rangs ennemis pour le rejoindre, il n’avait pas besoin d’explications pour sentir le danger de la situation.
- Je t’accompagne, fit Yurda, je vais t’ouvrir le chemin.
Impa et Fared hochèrent à leur tour la tête.
- Je te suis aussi, lança Brom, je ne perdrais pas un autre ami sans réagir.
Mel se redressa.
- Si nous n’arrêtons pas Onèan, tous ces morts n’auront servi à rien, grâce à lui nous sommes entrain de remporter la bataille, mais si cela doit entraîner sa mort, aucune victoire ne le justifie.
- Plonger dans l’armée ennemi dans cette pagaille, c’est trop dangereux, je ne veux pas vous entrainer avec moi.
- Si tu ne parviens pas à Onèan, tout sera perdu, lança Brom.
Les trois écuyers, le forgeron et la chevalier se déployèrent devant la koradji, ils affichaient des visages fermés.
- Nous allons avancer au pas de courses, fit Yurda, si nous nous arrêtons, tout es perdu.
L’écuyer avala sa salive avant d’ajouter.
- Si l’un d’entre nous tombe, il ne faudra pas s’arrêter, en aucun cas.
Ils hochèrent la tête en silence.
- En avant, commanda Yurda.
Le groupe s’élança droit devant eux, en direction de l’enfer des flammes.


Les deux shamans et l’elfe regardaient le groupe s’élançait aux pas de course, Oroky soupira, il espérait que tout ce passerait bien, il en valait de la survie de tous.
- Battons en retraite nous aussi, lança Sekti, nous protégerons les derniers combattants qui tentent de retourner vers la forêt.
Elifain tenait toujours le corps de Lynaïs.
- Je ne la laisserais pas ici.
Sekti regarda la jeune elfe avec tristesse.
- Nous ne pouvons pas l’emmener avec nous.
Oroky ne cachait pas sa tristesse, s’il avait pu arriver plus vite, peut être cette jeune fille aurait elle été sauvée de la mort. Ses visions traitaient aussi bien d’un futur lointain ou d’un futur proche, le vieil homme trouvait les dieux bien cruel parfois. Il baissa les yeux sur le corps de la jeune fille et il remarqua alors une chaînette en or autour de son cou.
Le shaman se remémora alors sa vision, à la fin ce celle-ci, il se souvint qu’une main de lumière l’avait désigné puis le cou de la personne tuée. Les dieux devaient parler de Lynaïs et d’un bijou qu’elle portait. Il s’agenouilla alors et écarta ses vêtements pour apercevoir le collier, sous les regards surpris de Sekti et d’Elifain.
Oroky tira alors le pendentif et poussa un juron en voyant les deux mains portant une boule lumineuse, un symbole ancien qu’il croyait disparu depuis longtemps.
- Qu’est ce qui t’arrive ? Demanda Sekti.
- Mais regarde ce qu’elle porte !
Il lui montra alors le collier, le shaman écarquilla les yeux à son tour.
- Mais où a-t-elle eu cela ?
- C’est un présent du gardien de la tombe des héros, expliqua Elifain.
Oroky n’en revenait pas.
- Il a du voir l’avenir, il lui a offert le plus précieux des présents qui existent au monde.
L’elfe le regarda sans comprendre.
- Un pendentif de Vie, une seconde chance, lança le shaman.
Elifain serra les épaules de son amie décédée.
- Qu’est ce que ça veut dire ?
Sans expliquer, Oroky se pencha pour saisir les jambes de la jeune fille.
- Il faut trouver un endroit avec dégager sans cadavre et vite ! Je ne sais pas combien de temps ils nous restent.
Sekti aida la jeune elfe et tout trois marchèrent au milieux du champ de bataille jonchée de morts. Les combattants s’étant repliés sur les bois, les orcs et les barbares avaient pris deux directions, certains les avaient suivi pour les harceler, tandis que d’autres s’étaient lancés à l’attaque du dragon de flamme.
Ils ne firent aucune mauvaise rencontre, et trouvèrent une zone encore vierge de morts. Bien que l’herbe soit piétinée, l’endroit serait suffisant pour organiser la cérémonie. Sans ménagement, Oroky écarta les vêtements de la jeune fille laissant apparaitre la naissance de sa poitrine. Il voulait avant tout que dévoiler le pendentif à la lumière du jour, il regarda Elifain.
- Nettoie la plaie du mieux que tu peux, tu dois retirer toutes les morceaux de tissus déchirés et toutes les saletés.
L’elfe hocha la tête et se mit au travail rapidement et sans dire un mot malgré la macabre besogne dont elle avait la charge. Le shaman fouilla dans une bourse pour en retirer plusieurs ingrédients, Sekti l’arrêta en posant une main sur son poignet droit.
- Tu sais que tu as peu de chance de réussir un tel miracle en dépit de la présence du bijou et de la magie des anciens.
- Je le sais, répondit Oroky en reprenant son travail.
- Et le danger ? Même avec le pendentif, il y a un prix à payer.
Le shaman reposa se figea, les mains posés sur ses bourses d’ingrédients.
- Je sais aussi, mais je dois faire quelque chose, elle ne devait pas mourir.
Sekti regarda son ami, il ne l’avait que rarement vu dans cet état. Le vieil homme plongea la main dans une de ces sacoches pour en tirer des feuilles séchées.
- Elles seront plus efficaces que les feuilles de chênes.
Oroky sourit.
- Tu as raison.
Les deux shamans travaillèrent de concert, chaque minute comptait maintenant.


Telle l’étrave d’un navire fendant les vagues, le groupe de guerrier s’enfonçait de plus en plus dans les rangs des orcs. Bien qu’ils n’avançaient plus à la même vitesse qu’au départ, le groupe se taillait une route à la pointe de l’épée, repoussant les assauts de l’ennemi. La grande forme enflammée était maintenant proche, ils pouvaient clairement la discerner.
Là où au départ il n’y avait que la tête, maintenant se trouvait la moitié d’un corps immense semblable à un dragon. La tête ronde projetait des boules de feu en tout sens, elle tournait dans toutes les directions du champ de bataille grâce à un long cou surplombant les orcs. Deux gigantesques pattes projetaient corps et pierres enflammées dans tous les sens augmentant le pouvoir de destruction de la créature.
La chaleur devenait forte au fur et à mesure que les jeunes gens s’approchaient du dragon de flamme. Ils traversaient des zones totalement calcinés par la puissance destructrice des flammes, la terre elle-même semblait se liquéfier sous la chaleur. Parfois sous leur pas, les craquements secs annonçaient l’emplacement d’un corps tordu par le feu, ils ne s’attardaient pas pour le voir, repoussant avec ardeur les assauts répétés des orcs.
Rendu fou par les combats les créatures ne semblaient pas reculer face au dragon, ils se jetaient sur les flammes en poussant des cris de guerre. Ils n’éprouvaient aucune peur, la bataille les ayant fait basculer dans une frénésie sans retour.

Au milieu du chaos, le front uni des humains était presque irréel. Yurda était en pointe, la rage au ventre il repoussait les orcs qui se dressaient devant lui. Il sentait ses muscles fatigués qui lui hurlaient de faire une pause, mais il ne pouvait pas se permettre d’arrêter maintenant. A ses cotés, Impa et Fared l’épaulaient du mieux qu’ils pouvaient, achevant les blessés, repoussant les attaques en traitre.
Anya se tenait juste entre les deux écuyers, elle avait perdu sa lance dans le corps d’un ennemi. N’ayant pas eu le temps de la récupérer, elle tenait fermement un couteau, la seule arme qui lui restait, suivant avec attention le large dos de Yurda devant elle.
Fermant la marche et la formation, Brom et Mel faisaient attention à leurs arrières, avec leur avancée rapide, les orcs en profitaient pour tenter de les attaquer. La barre de fer et les épées doubles leur rappelaient vivement qu’ils n’avaient pas intérêt à trop s’approcher d’eux.
La forme enflammée était toute proche, les jeunes gens devaient éviter parfois des boule de feu venu du ciel. Ils risquaient eu aussi de finir dans la fournaise qui engloutissait par grappe les orcs vociférant. Leurs cris d’agonie étaient à la limite du supportable, l’odeur des chair brulée envahissant l’atmosphère.
Soudain Yurda sentit un appel d’air chaux au dessus de sa tête, la boule de feu tombait droit sur leur formation.
- Sautez à droite, maintenant !
Ils bondirent tous dans la même direction en se propulsant le plus loin possible. Le projectile aussi large qu’un chariot s’écrasa là où le groupe se tenait il y a à peine quelques instants. De la terre enflammée fut projetée dans tous les sens, les pierres à demi fondu éclatant sur le sol comme des bille de verre. Un petit cratère s’était formé où des petites flammèches dansaient encore sur les bords du trou.
- Nous y sommes presque, encore un effort, lança Yurda en reprenant sa route.
- Attendez, lâcha Impa, Fared est blessé !
Le jeune homme avait reçu un rocher sur la jambe, il ne pouvait plus se lever. L’écuyer avait même étouffé les flammes qui commençait à dévorer ses vêtements.
- Continuez, fit Fared, n’oublie pas ce que tu as dit.
- Je reste avec lui, je l’emmènerais en lieu sûr, répondit Impa, avancez !

Yurda serra les dents et se retourna, Anya derrière lui, Brom et Mel en position. Ils continuèrent droit devant eux, des corps carbonisés apparaissaient de ci de là, les visages figés avec une expression d’horreur.
Le corps de la créature se développa d’un seul coup ressemblant à un lézard, les pattes arrière surgissant. Il ne restait plus que la queue pour que la forme soit complète, il n’y avait plus de temps à perdre. L’énorme animal de feu se leva alors sur ses pattes toutes neuves, les rangs orcs se jetèrent sur la créature les armes brandies.
Anya regarda la créature, elle allait se laisser retomber sur le sol. La jeune fille sentit un grand danger pour elle et ses compagnons.
- Il faut trouver un refuge !
- Pourquoi ? Demanda Yurda.
- Ne cherche pas à comprendre.
La koradji désigna la saillie.
- Couchez vous !
Alors que les quatre compagnons se jetèrent à l’abri de la pierre, la créature se laissa retomber sur le sol. Un disque de feu naquit de la chute et les vagues de flamme dévastèrent tout sur leur passage sur une centaine de mètres alentours. Les jeunes gens virent des torrents de feu passer au dessus de leur tête.
Quand l’enfer se calma, ils osèrent se relever, il n’y avait plus un seul orc vivant dans les parages. Yurda sentit ses mains trembler sous le coup de l’émotion, il venait de frôler la mort, et il était encore sous le choc.
- En quelques instants, une armée entière anéantie …
- J’en crois pas mes yeux, rajouta Mel en voyant les centaines de cadavres carbonisés.
- Une telle puissance sans aucun contrôle est un danger pour tous, il faut l’arrêter, lança l’écuyer avec fermeté.
Anya pouvait maintenant approcher sans craindre l’ennemi, elle se releva en regardant ces compagnons.
- Restez là, j’y vais.
Ils la fixèrent avec beaucoup d’inquiétude, après ce qu’ils avaient vu, ils ne pensaient pas que la magie puisse être stoppée.
- Fais attention, lança Yurda.
- Ramène Onèan, ajouta Mel.

La koradji hocha la tête et elle sauta par-dessus la saillie de pierre pour s’approcher au plus près de la créature. Les flammes dévoraient encore les cadavres des orcs autour d’elle, rien ni personne n’avait échappé à l’attaque. L’odeur faillit la faire vomir, mais elle ne pouvait pas flancher aussi prés du but.
La chaleur était presque insupportable alors qu’Anya était encore à une vingtaine de mètres du monstre. Elle cherchait dans les flammes bouillonnantes la silhouette plus sombre d’Onèan. Elle savait qu’il était là, quelque part au milieu de cet immense brasier, il fallait qu’elle le retrouve au plus vite avant que la créature ne se décide à bouger.
Le monstre la remarqua alors, il dressa une des ses pattes pour tenter de l’attraper. La koradji effectua une roulade sur le coté, échappant de peu aux griffes qui tracèrent quatre sillons bien droit dans le sol brulé. Elle put ainsi se rendre compte que la terre était carbonisée en profondeur, plus rien ne repousserait ici avant plusieurs années.
La jeune fille continua à jouer au chat et à la souris avec le monstre, cherchant un moyen de s’approcher plus près, mais avec les griffes et les boules de feu, elle ne pouvait pas le faire.
- Et le monstre, elle n’est pas là seule à être là ! Cria Brom en brandissant sa barre de fer.
Le dragon cracha une boule de feu que le jeune homme évita de justesse. Mel et Yurda apparurent à leur tout, ils étaient là pour distraire la créature afin qu’Anya puisse l’approcher. Griffes et boules de feu se suivaient à la poursuite des êtres qui osaient se moquer de sa puissance. La koradji regarda ses amis prendre tous les risques pour mener à bien leur mission, elle ne devait pas laisser passer une telle chance.
Anya bondit de sa place et courut à quelques mètres des flammes, elle sentait la sueur couler sous son armure shamanique. Elle toussa en cherchant de l’air au milieu de la fumée et de l’atmosphère étouffante. Les yeux remplis de larmes, elle scruta le feu pour tenter de l’apercevoir. Enfin elle trouva une forme sombre au cœur même de la créature.
Avec toute la force et toute la tristesse qu’elle ressentait, la jeune fille lança un appel désespéré.
- Onèan !


Autre part sur le champ de bataille, dans une zone plus calme, les derniers préparatifs des shamans étaient achevés. Oroky versa un premier mélange de poudre dans un verre d’eau et le but d’une traite en poussant un gémissement de dégoût.
- Toujours aussi immonde.
Il reposa le gobelet et s’installa au dessus de la tête de Lynaïs s’asseyant en tailleur. Il avait retiré ses vêtements pour ne garder qu’un pagne, des inscriptions magiques étaient peintes sur le haut de son corps. Sekti déposa une coupelle de chaque coté de son ami assis et une autre sur la poitrine de la jeune fille morte.
- N’oublie pas de toujours renouveler la poudre dans les coupelles, recommanda Oroky avant de commencer.
- Tu me prends pour qui, un simple apprenti, je le sais, concentre toi donc.
Il fixa alors le vieil homme avec regret.
- Je sais que tu as l’habitude d’aller dans le monde des esprits, mais fais attention à toi vieil imbécile.
- Autant pour toi, vieux croulant défraichi.
Oroky sourit, puis il respira plusieurs fois longuement pour oxygéner son corps et le purifier. Enfin après une dernière grande inspiration, il ferma les yeux pour entrer en méditation profonde. Les battements de son cœur ralentirent lentement jusqu’à devenir presque imperceptible pour une oreille normale. Seuls les grands maîtres pouvaient passer aussi facilement d’un état à un autre même au cœur d’une bataille.

Lentement le vieil homme fit abstraction de tout ce qui l’entourait, oubliant les orcs, les combats, les morts et la menace magique. Il devait atteindre un état d’apaisement total pour parvenir à entrer dans le monde des esprits. Son âme en paix, son corps spectral se désolidarisa de son être pour voler au dessus de sa gangue de chair.
Le shaman put ressentir encore plus le trouble causé à la magie par l’état d’Onèan. Mais il ne pouvait rien faire, même par l’esprit, seule Anya avait encore le pouvoir de l’arrêter. Se laissant glisser sur le courant des ondes de la nature, il trouva la porte d’accès au monde des esprits sans difficulté. Il avait très souvent pratiqué cet exercice, l’habitude faisant, il se détachait plus facilement de son corps matériel.
Dés qu’il passa le portail, le shaman sentit que tout le mal qui régnait dans le monde des vivants influençait le monde des esprits. L’agitation régnait, les éléments se déchaînaient, des esprits de toutes sortes se poursuivaient dans des courses effrénées. Oroky soupira en voyant la pagaille qui se dévoilait à ses yeux.
- Ce n’est pas que je suis pressé en même temps.
Le vieil homme grogna et se mit en route en évitant de se faire percuter.
Dans le monde des mortels, la coque sans vie du shaman était sous la protection de Sekti et d’Elifain. Le shaman vérifiait souvent le pouls de son ami, il était infime mais toujours là. Il remercia les dieux, apparemment Oroky avait réussi à pénétrer dans le monde des esprits.
- Que faisons-nous maintenant ? Demanda l’elfe.
Elle était agenouillée près de la dépouille de Lynaïs, les yeux pleins d’espoir.
- Patienter, nous ne pouvons pas faire plus.
L’archère fit la moue, restée bien sagement sans bouger n’était pas vraiment à son goût. Des cris de guerre retentirent derrière eux, ils se retournèrent en même temps, écarquillant les yeux en voyant ce qui arrivait. Une demi douzaine de barbares levaient leurs armes dans leur direction, à leurs sacs qu’ils portaient, ils pillaient les morts autant leurs ennemis que leurs alliés.
Sans plus de cérémonie, les Taugres s’élancèrent vers ces nouvelles proies qui semblaient sans défenses.
- Elifain, il ne faut à aucun prix que le corps d’Oroky soit touché, si cela devait arriver, son âme serrait à jamais bloqué dans le monde des esprits et tout espoir pour ton amie anéanti.
L’elfe saisit alors son arc, ses yeux brillants d’une lueur guerrière, elle allait tout faire pour les protéger. Elle bandit son arc faisant naître la magie entre ses doigts, la jeune fille ne les laisserait pas approcher.

 
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Il y a 2 commentaires
Dark fullmetal le 20/03/2011 à 22:19:57
Haaaa!! Haaaaaaaa!! Haaaaaaaaaaaaaaaaaaaa!! >3<
Onèan en berserker!! C'est génial!! J'adore quand les gentils deviennent incontrôlables! Et puis Lynaïs!! >< Il faut qu'Oroky parvienne à la ramener à la vie! Sinon je serais définitivement dégouté T-T
Mais franchement... quelle bataille!! J'étais en alerte (ça se dit?) tout du long!

Un grand bravo pour ce chapitre! =D Je veux la suite maintenant xD
Bye neeeee à bientôt ^^
Trimor le 21/03/2011 à 19:07:01
Merci pour ton commentaire, une fois encore je vois que ce chapitre t'a plu ^^
Et oui, Lynaïs peut encore avoir une chance, mais est ce que ce bon vieux shaman va t'il arriver à temps ?
Bon courage pour attendre la suite ^^
Merci encore

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