Bonjour ^^
Le bal du Gouverneur va enfin commencé, la préparation de Zeïna continue avec l'aide de tout l'équipage, nous allons voir tout ce qu'il lui prépare.
La capitaine mène t'elle toujours le navire ? XD
Bonne lecture ^^
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CHAPITRE 40
Le bal du Gouverneur
Zeïna se laissa tomber dans un fauteuil proche, elle laissa échapper un soupir de lassitude. Même au cœur des tempêtes et dans les pires combats, la jeune fille n’avait jamais connu de fatigue aussi grande. Ces deux jambes étaient tellement lourdes qu’elles semblaient à peine capables de la porter.
L’après midi était déjà bien avancé, et le soir même le grand Bal du Gouverneur de Calasta allait réunir les plus nobles familles et les plus riches marchands. La jeune fille s’était entraînée dure et avec acharnement sous la direction de Danila Dé Hydalis, la femme du médecin du bord. Lantis s’était montré d’une grande patience et d’un grand courage, ne prononçant aucune parole malgré les nombreuse fois où le pied de la capitaine avait écrasé le sien.
Zeïna se massa le mollet lentement, essayant de faire passer le fourmillement qui naissait dans ses membres. Elle se rendit compte de l’état de ses jambes en touchant la peau brûlante, ses muscles étaient très durs, ils en étaient même douloureux.
Le seul moment où elle avait pu se reposer pendant ses deux jours était une bien courte nuit. Alors qu’elle avait espéré récupérer un peu le matin, ses tortionnaires avaient débarqué dans sa chambre pour la remettre sur pied dans la salle de danse improvisée.
Mais maintenant, la capitaine pouvait enfin trouver un peu de repos, Gouran Dé Hydalis et sa femme étaient repartis chez eux pour se préparer pour le bal. Elle devait les retrouver là bas pour que le couple puisse l’intégrer plus facilement dans la grande société de Calasta.
Bien qu’il y avait encore pas mal de monde dans la villa, le silence de la pièce était apaisant. La jeune fille ferma les yeux et laissa aller sa tête en arrière, elle relâcha la pression accumulée tous ses jours pour reprendre son souffle. Elle n’en revenait toujours pas d’avoir pu apprendre à danser en si peu de temps, la femme de Gouran était vraiment un professeur exceptionnel.
Zeïna connaissait maintenant des danses qu’elle n’aurait jamais crues, elle avait même découvert qu’elle y prenait un certain plaisir. En repensant au contact des mains du maître d’arme dans les siennes un frisson soudain la parcourut. Elle gloussa toute seule en évitant d’avoir des pensées qui n’avaient pas leur place pour le moment.
Les yeux fermés, perdue dans ses pensées, la jeune fille n’entendit pas entrer Acoya et Cryanne. L’elfe des mers ne put s’empêcher d’approcher en silence, les pas feutrés étouffés par le tapis épais sur le sol. La pilote de l’Aurore mit son visage à quelques centimètres affichant un grand sourire.
- Ce n’est pas le moment de dormir belle capitaine.
Zeïna sursauta soudainement de son siège, ouvrant les yeux sur le visage hilare d’Acoya. Elle faillit poussa un cri de surprise en se redressant, l’elfe se tenait les cotes en tentant de retrouver son souffle. La métis ne cachait pas le grand sourire qui s’affichait sur ses lèvres.
- Je vous jure toutes les deux, le voyage sera particulièrement pénible.
La jeune fille les foudroya du regard.
- Je ne t’en veux pas de nous parler ainsi, fit Cryanne, je sais très bien que c’est surtout du à la fatigue.
- Peut être pas seulement.
La métis ne releva pas et croisa les bras en pianotant sur ses avant bras.
- Mais tu crois que sait le bon moment pour se tourner les pouces, il y a encore beaucoup de chose à faire.
- Comment ça ?
Zeïna qui pensait se reposer regardait la métis avec des yeux ronds.
- Je suis fatiguée, j’ai mal aux jambes, je voudrais pouvoir me remettre de ses deux jours au moins pendant quelques heures.
Mais Cryanne agita un doigt devant le regard effaré de la jeune fille.
- Je suis désolé, mais cela ne pas être possible.
Elle se tourna vers Acoya.
- Aide donc la demoiselle à se lever et à nous joindre dans le hall, je crois que Nefrita est arrivée.
L’elfe hocha la tête et tendit les mains vers Zeïna qui n’avait apparemment plus du tout son mot à dire dans cette histoire.
- Je devrais peut être vous rappeler à toutes les deux qui est le capitaine ?
- Sur l’Aurore Boréale c’est toi, lança la métis en se dirigeant vers la porte, mais pour le moment c’est nous.
Laissant l’elfe aider la jeune fille à se lever, Cryanne retrouva dans le hall de la villa Nefrita Hagus, la commis du bord, et Hina la servant de la capitaine. Elles avaient toutes les deux les bras chargés de paquets en tout genre.
- Tu as pu trouver tout ce que tu avais besoin ? Demanda la métis à la commis.
- Oui, les essayages ont été facilités par Hina qui a la même taille que la capitaine, mais certain endroits vont avoir besoin de retouche.
La jeune fille rousse à ses cotés afficha un visage gêné.
- J’ai la même taille que Zeïna, mais pour certaines courbes, elle est mieux doté que moi je dois dire.
Cryanne sourit, la différence était flagrante entre la minceur de liane d’Hina et les courbes généreuses de la capitaine.
- Je suis persuadée que tu t’en sortiras pour les retouches Nefrita.
La femme hocha la tête.
- Hina m’aidera, mais ça prendra du temps.
Lantis et Trachedo Yago apparurent à leur tour dans le hall en sortant des cuisines de la villa, ils saluèrent les deux nouvelles arrivantes.
- Vous tombez bien tous les deux, lança la commis, montez moi tout ça dans la chambre de Zeïna s’il vous plait.
- Et bien, il y en a des paquets pour un seul bal, remarqua le maître d’arme.
- Allons, répondit le violoniste, ne sais tu pas que les femmes ont besoin de plusieurs toilettes pour en choisir une qui leur vont.
Les deux hommes montèrent les paquets au moment où Zeïna fit son apparition en compagnie d’Acoya. La capitaine eut la surprise de voir deux nouveaux membres de son équipage présent chez elle.
- Mme Hagus, Hina, bonjour, que venez vous faire ici ?
- Nous sommes là pour vous apportez notre soutien, répondit la servante.
Elle prit le bras de Zeïna libre et la dirigea vers l’escalier qui menait à l’étage de la maison.
- Nous avons peu de temps et énormément de chose à faire, fit Hina.
- Mais où m’emmenez-vous ? Je voudrais bien que quelqu’un m’explique un peu ce qui se passe.
- Les explications viendront rapidement, allez dans votre chambre, nous arrivons, lança Cryanne.
Zeïna eut beau protester, elle fut entraînée par l’elfe des mers et la jeune fille dans les marches recouvertes de tapis. La métis se tourna vers Nefrita qui s’apprêtait à monter à son tour pour suivre le petit groupe.
- Pour le reste de l’organisation, tu es eu le temps de t’en charger ?
- Oui, grâce aux quelques contacts que nous avons encore dans le port j’ai pu l’avoir.
Cyranne sourit satisfaite.
- J’ai prévenu les marins de mon coté, ils seront là à l’heure dite
- Mieux vaut que nous montions avant que Zeïna puisse avoir l’idée de s’enfuir.
- Tu crois qu’elle le ferait ? Demanda la Métis.
Nefrita Hagus hocha la tête affirmativement.
- J’en suis persuadée.
Les deux femmes montèrent rapidement l’escalier, devant la chambre, la capitaine était toujours entourée de ses deux gardes du corps. Lantis et Trachedo Yago se trouvaient aussi sur le palier, essayant de calmer l’énervement palpable de Zeïna.
- J’exige que vous me disiez ce que vous voulez me faire à la fin !
- Nous ne devrions pas la faire attendre plus longtemps, lança Cryanne en arrivant près d’eux.
Elle ouvrit la porte de la chambre pour dévoiler l’intérieur qui avait été légèrement réaménagé pour l’occasion. De grands miroirs avaient été disposés en quart de cercle avec en son centre une petite estrade, plusieurs mannequins de bois attendaient sur le coté. Zeïna ouvrit de grands yeux de surprise en découvrant sa chambre, elle commençait à comprendre ce qui l’attendait. Son regard se posa alors sur son lit et les paquets qui étaient posés dessus, elle n’eut aucun mal à reconnaitre des robes.
- Ne me dites pas que je vais devoir me transformer en mannequins pour vous !
Cryanne haussa les épaules.
- Bon alors je ne te le dis pas.
La capitaine ouvrit la bouche sans pouvoir répondre.
- Je refuse de rentrer !
La jeune fille se mit à se débattre pour se libérer, elle avait du supporter la dance sans se plaindre, mais cette fois c’était de trop. Elle détestait tout ce qui se rapportait au monde des jeunes filles de bonne famille, les parfums, les vêtements de luxes, les chaussures. Rester des heures sans bouger en attendant qu’une robe soit terminée était bien trop pour son impatience.
- Je vous ordonne de me lâcher !
Hina et Acoya la maintinrent fermement entre elle.
- Allons capitaine, c’est pour le bal, fit la jeune fille rousse, c’est pour que vous soyez la plus belle.
- Je m’en fiche, je comptais m’y rendre en tenu de capitaine qui est celle qui me va le mieux.
- Il n’en est pas question, rétorqua Cryanne, tu as un rang à tenir ma chérie.
- Mais …
La métis la coupa sans attendre.
- Il n’y a pas de mais qui tienne, entre la dedans et laisse toi faire.
Zeïna continua à se débattre, en pure perte, elle était déjà dans la chambre, entourée par ses deux gardes du corps. Nefrita entra à son tour mais elle arrêta Cryanne qui voulait la suivre de la main.
- Je ne pense pas que tu seras très utile avec nous.
- Mais pourquoi cela ?
- Tu es aussi habile avec une aiguille que moi avec un sabre, occupe-toi des derniers préparatifs.
Dans la chambre, la voix de Zeïna continuait de crier.
- Hina, lâche-moi tout de suite, je suis ton Capitaine !
La servante faisait la sourde oreille, Acoya pouffait de rire en serrant très fort contre elle la jeune fille. Nefrita prit une profonde inspiration et entra complètement dans la chambre, armé d’une trousse de couture. Cryanne referma lentement la porte sous les cris de rage de Zeïna qui se débattait comme une forcenée.
La porte close, la métis prit quelques instants pour se remettre de ces émotions, elle poussa un soupir de soulagement, l’affaire c’était mieux passée que ce qu’elle pensait. Soudain ils entendirent nettement la voix de leur capitaine retentissant de l’autre coté de la porte.
- Lâchez ça, non je n’enlèverais pas tout, il n’est pas question que j’enlève tout !
Lantis sentit le rouge lui monter aux joues tandis que Trachedo Yago explosait de rire. Cryanne avait du mal à se retenir aussi, elle aurait vraiment voulu être présente pendant cette séance d’essayage. Elle releva la tête et prit les deux hommes par le bras pour les pousser vers l’escalier.
- Allons vous deux, vous n’avez rien à faire ici, Trachedo tu vas aider Lantis à se préparer, normalement il y a tout ce qu’il te faut au comptoir sur le port.
- Tu es sûr ? Essaya le violoniste. Ce cher Lantis n’a pas besoin de moi pour enfiler une chemise, il est assez grand, je préfère rester ici bien au chaud.
Cryanne le fixa.
- Pour que tu trouves le moyen de jeter un coup d’œil dans la chambre, tu me crois née de la dernière pluie ?
Elle leur indiqua l’escalier d’un doigt impérieux.
- J’ai dit dehors.
- Je ne peux même plus plaisanter, se plaignit Trachedo Yago.
Lantis saisit l’épaule de son compagnon.
- Le comptoir nous attend, nous avons plusieurs heures à attendre, autant les meubler autour d’un petit verre.
Le violoniste releva la tête.
- Justement, Portyd doit se trouver à l’auberge de sa femme, si nous allions un peu voir comme il va.
Cryanne secoua la tête.
- Vous avez intérêt à être à l’heure tous les deux, sinon je ne vous le pardonnerais pas !
Le maître d’arme lui fit un clin d’œil.
- Ne t’en fais pas, à ce soir.
Lantis entraina Trachedo Yago dans l’escalier en levant la main, ils sortirent de la villa en entendant au loin les protestations de Zeïna dans sa chambre. Un sourire naquit sur leur visage, soudain particulièrement heureux d’être des hommes.
La nuit venait juste de tomber sur la cité de Calasta, les rues s’illuminaient les unes après les autres. Le port s’agitait comme à chaque tombée du jour, les bandes de marins allant de taverne en taverne pour vider quelques chopes et passer du bon temps avant de repartir.
Le palais du gouverneur brillait de mille feux pour cette soirée particulière, un grand bal était organisé et plusieurs centaines d’invités étaient attendus. Les derniers préparatifs étaient dans leur dernière phase, les verres alignés sur les tables, les bouteilles prêtes à être débouché. Les serviteurs du palais courraient en tous sens pour faire de cette soirée la plus belle que Calasta n’avaient eu jusqu’à présent.
Dans toutes les maisons des plus grandes familles de l’Ile Emeraude, une effervescence peu commune régnait. La ville entière semblait prise dans cette frénésie, une foule se réunissant à l’entrée du palais pour pouvoir voir les nobles et leur carrosse étincelant.
Dans la Villa Delonia, le calme était enfin revenu après les cris et les jurons qui avaient ponctués cette fin d’après midi. La maison n’échappait pas à l’excitation qui régnait, Mme Kirsh allait et venait dans les pièces, houspillant la jeune fille qui l’aidait pour tenir la maison. Même si les festivités ne se passaient pas ici, la gouvernante de la villa voulait que tout soit impeccable au moment où la maitresse des lieux arriverait.
Justement dans la grande chambre de l’étage, Nefrita poussa un soupir de soulagement en se permettant enfin une pause bien méritée.
- Nous avons enfin terminé, j’ai bien cru que nous n’aurions jamais fini.
- Il ne faut jamais douté, lança Hina toute souriante.
- Comment as-tu réussi à la coiffer pour la fête du royaume des elfes toutes seule ? Demanda la commis.
- Elle n’avait pas le choix à ce moment là.
Acoya s’approcha de Zeïna qui se tenait debout devant les miroirs, elle regardait l’image qu’ils la renvoyaient. Elle avait bien du mal à se reconnaître dans la glace, touchant son visage pour être sûr que se n’était pas un rêve.
La robe était toute en dentelle et en soie, d’un bleu roi qui brillait sous la lueur des bougies qui éclairaient la pièce. Elle était faite d’un bustier de lacet qui marquait sa taille avec toute une série de petits rubans de soie. Les pans de la robe descendait en cascade jusqu’au sol se terminant en une frise de dentelles fragiles.
Le vêtement semblait avoir été fait pour elle, il mettait en valeur ses courbes féminines en dévoilant un décolleté qui en ferait pâlir plus d’une. La couleur rehaussait la couleur de ses yeux, tranchant avec la blancheur de sa peau. Elle avait au pied des escarpins en velours portant une boucle en argent représentant une rose.
Les cheveux de la jeune fille étaient relevés en une coiffure stylisée faîtes petites boucles mêlées. Elle était maintenue en place par une série de pinces camouflées par l’épaisseur des cheveux. Des perles avaient été astucieusement ajoutées pour donner un peu plus de faste à la coiffure. Des petites mèches était laissées libres dans son cou et sur ses joues, donnant un air mutin à la jeune fille.
Hina avait réussi à rehausser la beauté de Zeïna avec un maquillage doux, un rouge à lèvre rose sur les lèvres, de la poudre de riz sur le visage et juste un peu de fard à joue pour les colorer. Un trait de maquillage soulignait ses yeux bleus pour lui donner un regard mystérieux.
- Ce n’est pas moi …
- Et pourtant si, répondit Acoya, l’Aurore serait heureuse de voir sa maîtresse aussi belle.
Nefrita poussa une exclamation de soulagement.
- Et bien, vous nous avez donné du mal, mais le résultat comble toutes nos attentes.
Hina prit un bijou et s’approcha derrière la capitaine.
- Il ne vous manque plus qu’une seule chose.
La jeune fille rousse glissa au cou de Zeïna le bijou, elle sentit le contact froid sur sa peau. Elle frissonna légèrement, elle ne pensait pas qu’elle pouvait encore ressentir ce sentiment de nouveauté en le mettant à son cou.
- Voilà, fit Hina en reculant, je crois que s’est parfait.
La capitaine regarda son reflet, elle sentit son cœur battre plus fort, elle osa sourire en rougissant légèrement.
- J’espère que la prochaine fois, nous n’aurons pas besoin de toutes ses simagrées, lança Nefrita.
Acoya prit une des robes qui restaient encore sur le lit, elle se regarda dans un miroir.
- Je voudrais bien t’accompagner, je fais partie de la famille royale, je suis une princesse elfe du royaume tout de même.
- Et bien, je ne sais pas, fit Zeïna, l’invitation ne te comptait pas, mais si tu m’accompagnes peut être que tu pourrais venir.
L’elfe bondit de joie.
- Je vais essayer la robe tout de suite, je suis contente !
Voyant Acoya se dévêtir sans attendre, Nefrita poussa Hina vers la capitaine.
- Emmène là en bas, je vais m’occuper de cette satanée elfe.
La jeune fille rousse ouvrit alors la porte pour laisser sortir Zeïna et referma derrière elle pour les laisser tranquille. Le couloir était désert, mais du bruit venait du premier niveau de la villa, apparemment la capitaine était attendue. Elle sentit la panique la gagner, posant une main sur sa poitrine, le bustier était très serré l’empêchant de bien respirer.
Hina arriva à sa rescousse.
- De quoi avez-vous peur ?
- Je ne sais pas, j’ai chaud et j’ai du mal à respirer.
- Le corsage est un peu serré, mais vous vous y ferez, j’en ai souvent porté.
Les battements de son cœur baissèrent lentement, et enfin elle retrouva son calme.
- Je crois bien que c’est la première fois que je suis ainsi habillée devant tant de monde.
- Et encore, ça ne fait que commencer, je vais vous accompagner, ne vous inquiétez pas capitaine.
Zeïna fit un petit sourire.
- Merci Hina.
Prenant son bras, la jeune fille rousse descendit l’escalier en compagnie de la capitaine. Les pas étaient lents pour éviter toute chute, bien que Zeïna commençait à prendre l’habitude des talons, un peu plus de précaution n’était jamais de trop.
Quand elle posa le pied sur le perron, les personnes présentes se retournèrent alors face à la jeune fille qui était totalement transformée. Des exclamations de surprise et d’étonnement retentirent, ils auraient bien eu du mal à les réprimer de toute façon.
- Je savais que tu serais magnifique dans une robe, lança Cryanne fière d’elle.
Madame Kirsh joignit les mains devant elle en souriant comme une mère à sa fille.
- Mademoiselle Dé Feryo, vous êtes aussi belle que votre mère.
Etant proche de son frère Tyrande Kirsh qui gérait le comptoir sur le port, elle avait eu l’occasion de voir ses parents à plusieurs reprises. Ce compliment toucha particulièrement Zeïna, elle trouvait que sa mère était la femme la plus belle du monde.
- Merci pour cet accueil mais je trouve que vous en faite beaucoup trop.
- Ah non, vous êtes très belle, lança un jeune garçon la bouche pleine qui venait d’apparaitre entre les deux femmes.
La capitaine reconnut la belette, l’enfant des rues qui avaient accompagné Cryanne sur le navire. Cet enfant débrouillard n’avait eu aucun mal à devenir un mousse apprécié et fort habille à bord de l’Aurore Boréale.
- Surveille un peu tes manières la Belette, lança la métis, tu n’es pas dans une vulgaire taverne.
Le mousse avala ce qu’il avait dans la bouche en une seule et longue bouchée puis il rentra la tête dans les épaules.
- Désolé.
- Que fait-il ici ? Demanda Zeïna intriguée.
- Il a guidé une petite surprise jusqu’ici, tu vas voir, pour le moment il y a une autre surprise qui t’attend dans le salon.
La capitaine resta sur ses gardes.
- Qu’est ce que tu as encore manigancé ?
- Va voir je te dis.
La jeune fille fit la moue, mais elle consentit à obéir et elle pénétra dans le salon qui avait servi de salon de danse il y a quelques heures encore. Les meubles avaient été remis en place, Reginia Kirsh avait vraiment bien travaillé pour remettre tout en ordre. Trachedo Yago la salua d’une petite courbette, il avait revêtu un costume en lin, une grande veste en queue de pie sous le bras et un chapeau rond.
Zeïna se figea soudain en tournant la tête vers le fond de la pièce, apercevant Lantis Alaster pour la première fois. L’homme se tenait debout, les mains dans le dos face à la fenêtre, elle ne l’aurait pas reconnu si celui-ci ne s’était pas mis face à elle. Il portait un costume gris clair, pantalon et veste assortie, une chemise en soie sous la veste avec un veston de velours d’un gris plus foncé. Il avait au cou une cravate de soie à motif floraux retenu par une pince en argent, des bottes à talonnette en cuir souple complété sa tenue.
Sa barbe avait été taillée avec soin pour lui donner une forme harmonieuse et moins broussailleuse. Elle se terminait en pointe, la mode de ses derniers temps dans les familles nobles, le reste de visage était propre est bien rasé. Les cheveux de Lantis avait repoussé durant le voyage, il les avait attaché en une queue de cheval tenue par un ruban de soie gris rappelant la couleur de ses vêtements.
La capitaine sentit à nouveau son cœur s’emballer, ne pouvant cacher le rouge qui apparaissait à ses joues malgré le maquillage. Lantis était dans le même état en voyant la jeune fille, elle était complètement différente de celle qu’il connaissait sur le bateau. Il avait déjà remarqué la beauté de Zeïna, mais elle était là sublimée, éclatante au grand jour.
Le maître d’arme finit par avancer vers elle et se courba devant la jeune fille avec beaucoup de respect.
- Tu es magnifique Zeïna.
La jeune fille sentit son cœur battre à tout rompre.
- Merci, vous êtes également très élégant.
Voyant son émoi, Alaster se releva en souriant comme il le faisait toujours pour calmer la panique de la jeune fille.
- Je pense que tu auras compris que je suis ton cavalier pour ce soir, Danila Dé Hydalis a eu cette idée pour mettre toutes les chances de ton coté.
- Elle a eu bien raison, je me sens plus en confiance avec toi qui peut rattraper mes erreurs.
La conversation permis à Zeïna de retrouver son calme, sa poitrine se soulevait maintenant à un rythme beaucoup moins rapide. Mais toutes ses émotions pesaient sur ses épaules et son cœur pouvait repartir de plus belle.
Cryanne les rejoignit dans la pièce en compagnie des trois habilleuses de la capitaine. Les regards se tournèrent alors vers Acoya qui avait revêtu une robe à son tour. Malgré le peu de temps, l’elfe aidé de Nefrita avait trouvé une tenue parfaite avec son corps longiligne, une robe en fourreau qui m’était ses longues jambes en valeur grâce à une coupe droite jusqu’à mis cuisse. De fines bretelles retenaient le haut de la robe laissant apercevoir sa peau bleu vert, ses cheveux laissés libres flottaient sur ses épaules.
- Comment avez-vous toutes les deux en si peu de temps ? Lança Hina les yeux agrandis de surprise.
- Notre pilote possède un réel talent pour la couture, répondit Nefrita Hagus, et en plus tout ce qu’elle met lui va, j’en suis jalouse.
- J’imagine que tu es du voyage Acoya, fit Cryanne.
L’elfe hocha la tête.
- Tu ne pourras pas rentrer facilement, observa Lantis.
Acoya montra sa main aux autres, elle avait enfilé un bijou étrange qui était retenu par plusieurs fils d’or autour de ses doigts. Sur le dos de la main, une médaille représentait les armes de la famille royale des elfes des mers.
- Je pense qu’avec ceci j’arriverais à te suivre.
La présence d’un membre de la famille royale des elfes des mers serait un événement pour Calasta et pour le gouverneur.
- Après tout, c’est une bonne chose, dit Cryanne, avec elle tu vas encore plus te faire remarquer.
- Je ne sais pas si se sera vraiment pour mon bien, répondit Zeïna.
La métis fit un geste en l’air.
- Allons, il est temps de partir pour vous, Trachedo va prendre ta place, nous te suivons.
- A tes ordres Tyrannique Cryanne.
Le violoniste fit un bond pour éviter la main de la métis au passage puis il sortit dehors en courant. La maître d’équipage entraîna son monde à sa suite, affichant un sourire de contentement et de réussite. Zeïna découvrit alors la deuxième surprise dans la rue, juste devant chez elle.
Un attroupement de curieux s’était formé autour d’un carrosse en bois, plutôt simple mais élégant, le véhicule était décoré de peintures représentant des scènes de mer sur les cotés et le toit. Les sièges étaient faits d’un velours rouge, les fenêtres munis de rideaux de la même couleur. Un attelage de quatre chevaux blancs piaffait d’impatience, Trachedo Yago avait pris la place de cocher. La jeune fille n’arrivait pas à croire ce qu’elle voyait, elle foudroya Cryanne du regard.
- Où as-tu déniché ce carrosse ?
- C’est Nefrita qui nous a trouvé cette merveille, elle a encore pas mal de relation sur le port, et il y avait une personne qui possédait cette attelage. Etant donné qu’il avait un petit service à nous rendre, nous avons pu avoir le carrosse.
- Il n’y a rien d’illégale j’espère, fit Zeïna soupçonneuse.
- Non ne t’inquiète pas, répondit Nefrita Hagus, il n’est pas volé et il nous a été prêté pour la soirée.
La jeune fille se détendit un peu, connaissant la rigueur de sa commis de bord, elle ne doutait pas de sa parole. Elle remarqua alors les imposants kadjis qui attendaient à coté du carrosse, la capitaine reconnu les cinq membres de son équipage. Akena, l’homme lézard était également parmi eux, les bras croisés près d’Archord Dentdesabre. Le plus étonnant restait le fait qu’il soit tous armé comme avant un combat.
- Mais que font ils tous là, et armé ? Tu crains des ennuis ? Demanda Zeïna paniqué.
Cryanne éclata de rire.
- Allons, pas du tout, tu es un capitaine marchand riche maintenant, tu dois avoir une escorte digne de ce nom, et j’ai trouvé que nos compagnons kadjis avec la présence supplémentaire d’Akena seraient de très bon effet.
- Tu en as trop fait !
- Juste un peu plus que ce que j’aurais du.
La jeune fille était bien embêtée, elle aurait du intervenir un peu dans la gestion de cette soirée. Elle voulait en effet faire bonne figure, mais pas à en faire autant d’un seul coup pour sa première apparition en société.
- Avec les nobles il n’y a qu’une règle qui compte, intervint Lantis, celle de l’or et du pouvoir.
- Mais tu es sûre que se n’est pas trop ?
- Crois moi ma chérie, lança la métis, il n’y en a jamais trop.
Zeïna finit par acquiescer, en partie convaincue bien qu’elle aurait aimé un peu plus de discrétion. Elle marcha jusqu’à la grille et vint à la rencontre des marins qui composeraient son escorte.
- Bonsoir, et merci de prendre sur votre soirée, j’espère que je ne vous ennuie pas trop.
Archord parla pour les autres.
- Cryanne nous a demandé de vous aider, et sans vous quelques uns d’entre nous serait sans travail voir même en prison, nous sommes heureux de pouvoir vous rendre service.
La jeune fille sourit, elle ne pensait pas que les membres de son équipage étaient à ce point attaché à son service.
- Mais vous allez me suivre à pied ?
Nadja Hurlelune, la seule femme du groupe, répondit de sa voix chaude.
- Le carrosse n’ira pas très vite dans les rues de la cité, nous n’aurons aucun mal à le suivre.
- Je dirais à Trachedo de prendre l’allure la plus lente possible, je suis presque gênée de vous voir faire cela.
Les non humains se contentèrent de sourire, ils n’avaient pas l’air embêté, au contraire ils semblaient tous heureux de pouvoir parader dans Calasta à ses cotés. La jeune fille se retourna, les autres étaient devant le carrosse, Cryanne ouvrit la porte du véhicule en la regardant.
- Allons Capitaine Dé Feryo, il est temps de vous montrer digne et forte devant toute la société de l’Ile Emeraude.
- C’est facile pour toi de dire ça je trouve.
- Chacun son grade ma chérie.
Zeïna secoua la tête en soupirant.
- Alors je pars pour l’épreuve du Bal.
Lantis Alaster se plaça devant la jeune fille et tendit la main devant lui d’un geste plein de galanterie.
- Puis je vous aider mademoiselle ?
La capitaine sourit en baissant la tête.
- Avec plaisir Mr Alaster.
Elle prit la main du maître d’arme pour grimper dans le carrosse, il aida de la même manière Acoya à monter à son tour. L’elfe vint se mettre en face de Zeïna, laissant le couple s’assoir l’un à coté de l’autre, elle avait reçu l’ordre de Cryanne d’agir ainsi. La capitaine le comprit en voyant le visage rayonnant de la métis. Elle se pencha à la fenêtre dans sa direction, utilisant un ton suave et lourd de sous entendu.
- Cryanne, j’ai hâte de prendre la mer, je te jure, tu me paieras certaines petites choses.
- Se sera avec grand plaisir ma chérie.
Trachedo Yago se pencha pour voir à l’intérieur de la cabine par une fenêtre sur le coté.
- Tout le monde est là ?
- Vous pouvez y aller Mr Yago, lança Zeïna rentrant dans son rôle de maîtresse, et pas trop vite, je tiens à ménager mon escorte.
- A vos ordres Capitaine, répondit L’homme.
Les kadjis et l’homme lézard se déployèrent autour du carrosse, attendant de se mettre en route. Le cocher improvisé saisit les rênes et lança le carrosse au petit trot, les personnes restés à la villa Delonia saluèrent le départ de l’attelage tandis que les occupants leur répondaient.
Zeïna se rassit sur son siège en soupirant.
- Pourquoi soupires-tu ? Demanda Acoya.
- J’ai l’impression que je pars dans un voyage vers une destination inconnue et où le danger rode à chaque instant.
- Tu n’es pas seule, fit Lantis, nous sommes là pour t’aider, et puis ce n’est qu’un bal, rien de plus.
- Nous verrons bien, répondit Zeïna.
Le maître d’arme posa sa main sur la sienne en souriant, provoquant une bouffée de chaleur à la jeune fille. Mais étrangement, elle paniquait moins que la première fois où ils avaient dansé ensemble. Après tout, ce bal n’allait pas être qu’une mauvaise chose, pensa t’elle pour elle-même.
Le carrosse poursuivait sa route en direction du palais du gouverneur, éclairant le ciel nocturne comme un phare.
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