Bonjour à vous les lecteurs ^^ Bon apparemment j'attire pas les foules, pas grave je continue à envoyer les chapitres quand même.
Le bal du gouverneur va enfin se dévoiler devant nos yeux, maintenant que Zeïna est préparer, quelles aventures lui réserve la soirée ?
Bonne lecture ^^
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CHAPITRE 41
Danses et intrigues
Les sabots des chevaux frappaient le pavé de la rue dans un rythme lent et répétitif. Malgré l’agitation qui régnait dans la cité de Calasta, la plus part des personnes présentes sur le trottoir se retournaient pour apercevoir l’attelage. Le carrosse de Zeïna ne passait pas inaperçu malgré tous ceux qui avaient déjà emprunté cette même rue.
La robe des chevaux blancs étincelait sous la lumière des torchères, les dorures du carrosse attiraient les yeux et la convoitise. Mais l’impressionnante escorte dissuadait toute tentative pour tenter d’approcher de la voiture. Les kadjis et l’homme lézard courraient à petit trop à coté des roues, ils faisaient reculer les spectateurs un peu trop curieux.
Dans le chariot, la capitaine se sentait de plus en plus anxieuse, elle serait dans peu de temps plongé dans un monde qu’elle ne connaissait pas du tout. Pendant ces deux jours, en plus de la danse, Danila Dé Hydalis lui avait aussi inculqué quelques astuces pour mieux s’en sortir, mais elle ne savait pas si elle pourrait réellement éviter les pièges qui lui seraient tendus.
Lantis voyait bien que la jeune fille commençait à paniquer, il tenta d’apaiser ses angoisses. Il prit la parole avec douceur.
- Calme-toi, tu vas faire couler ton maquillage.
Elle releva la tête pour lui faire face.
- J’ai des marques sur le visage ?!
- Mais non.
Lantis était plus doué une arme à la main sur le pont d’un navire que dans ses beaux vêtements.
- Ecoute, tu devrais reprendre ton souffle, se n’est qu’un bal.
- Je ne connais rien à ce monde, j’ai peur de faire des erreurs.
- Si tu suis les conseils de la femme de Gouran, tout devrait bien se passer, en plus tu ne seras pas seule, nous serons là pour t’aider.
Acoya se pencha vers elle en souriant.
- Si un noble ose t’ennuyer, je lui ferais comprendre qu’il ne devrait pas recommencer, et même par la force si besoin.
L’elfe montra son poing fermé devant elle pour affirmer ses paroles, Zeïna la fixa avec stupeur avant de se retourner vers Lantis.
- Et maintenant, je peux paniquer ?
Le maître d’arme soupira.
- Acoya, contente-toi de rester tranquille s’il te plait.
L’elfe des mers cligna des yeux, sans vraiment comprendre.
- D’accord, finit-elle par lui répondre.
Zeïna posa une main sur sa poitrine en fermant les yeux, les battements de son cœur diminuèrent lentement. Elle avait besoin de récupérer tous ses moyens pour faire bonne figure. La jeune fille espérait avec ce bal pouvoir nouer des relations commerciales très importantes pour son navire et son comptoir.
A l’époque de son père, les Dé Feryo étaient une famille puissante qui comptait de nombreux alliés. Le comptoir possédait quatre navires qui parcourraient l’océan pour faire des affaires. Le gouverneur lui-même donnait parfois des courses à faire à son père, il parlait peu de ses voyages mais ils étaient très lucratifs. Avec la chute de son père et la disparition de l’armada, les Dé Feryo avaient sombré dans l’ombre au profit des autres nobles commerçants.
Maintenant, la jeune fille voulait faire renaître la gloire d’antan, ce bal était le premier pas vers le retour de la puissance disparue. Elle savait qu’elle aurait besoin de temps et de beaucoup de travail, mais l’invitation à ce bal était la preuve que tout n’était pas perdu. L’Aurore Boréale et les Dé Feryo brilleraient de nouveau, elle en faisait le serment solennel.
Trachedo Yago qui conduisait l’attelage, donna quelques coups sur l’ouverture qui lui permettait de voir à l’intérieur du carrosse.
- Nous allons bientôt arriver.
La pression augmenta soudainement pour la jeune fille, la panique la gagna de nouveau. Lantis se pencha vers elle et posa sa main sur celle de Zeïna en affichant un sourire de réconfort.
- Tout va bien se passer.
La capitaine fixa le maître d’arme en rougissant, la main chaude de l’homme l’apaisa mais son cœur semblait s’emballer un peu plus.
- Merci, répondit elle d’une petite voix.
Une lumière éblouissante envahit soudain l’intérieur du carrosse, ils étaient arrivés sur la grande place qui marquait l’entrée du palais du gouverneur. Plusieurs grandes avenues se terminaient à cet endroit pour formait un arc de cercle devant les grilles en fer forgé qui entourait la propriété ombragé. Des arbres alignés marquaient l’entrée du parc de la maison, les grilles étaient grandes ouvertes avec une allée de soldats en uniforme en apparat, des lances en argent surmontées des couleurs de la cité.
Le parc était une œuvre d’art en lui-même, avec des allées pavées, des fontaines éblouissantes et des statues aux réalismes saisissant. Le gouverneur appréciait les fleurs exotiques et les décorations venues d’ailleurs, les jardiniers rivalisaient d’imagination pour rendre le parc encore plus beau chaque jour.
Au milieu de ce parc, le palais du gouverneur étalait sa magnificence. De la pierre grise mêlant le marbre et le grès veiné de vert de l’île, les façades étaient ornées de statues et de décorations exquises.
De nombreux habitants s’étaient rassemblés aux abords de la propriété pour apercevoir les nobles familles, les riches marchands et les ambassadeurs de toutes les îles de l’Archipel. Les invités rivalisaient pour impressionner le plus possible les autres personnes présentes comme les spectateurs. Le bal était le moment d’étaler son pouvoir et sa richesse, les carrosses brillaient d’or et d’argent, les gardes du corps paradaient autour des véhicules.
L’arrivée de Zeïna fut remarquée immédiatement que sa voiture apparut dans la cour. Les non humains qui formaient sa garde d’honneur firent reculer les curieux, les gardes du palais cillèrent ne sachant pas ce qu’ils devaient faire. Trachedo Yago mena le carrosse sur un rythme plus lent pour se montrer un peu plus longtemps aux yeux de tous, après tout c’était le moment de gloire de son capitaine.
Le carrosse s’arrêta enfin près du grand escalier qui menait au perron, les chevaux stoppèrent sous l’impulsion du cochet. Un serviteur du palais arriva immédiatement à la hauteur de la porte et il l’ouvrit dans un silence strict. Lantis en sortit en affichant un visage confiant, il ne devait pas montrer sa peur, tous les regards étaient tournés vers lui. Il contourna le carrosse pour se mettre à la hauteur de l’autre porte qui se trouvait devant les grandes marches de l’escalier.
Le serviteur saisit la poignée de la porte, et il l’ouvrit avec la même raideur qu’il avait eue auparavant. Le maître d’arme tendit la main devant lui et Zeïna y posa la sienne pour descendre du carrosse. Avec ma même dextérité qu’elle avait pour descendre une échelle de corde, la jeune fille posa le pied sur le sol avec une grâce qui lui était étrangère.
Tous les regards se braquèrent immédiatement sur elle, la capitaine sentit son cœur se serrer, mais la présence rassurante de Lantis lui donne le courage de rester calme. Elle se redressa de toute sa taille en gardant le dos bien droit, bombant la poitrine comme lui avait expliqué son professeur de danse.
La jeune fille fit quelques pas sur le coté pour permettre à Acoya de descendre à son tour. A la vue de l’elfe, les spectateurs n’en crurent pas leurs yeux, il était très rare d’en voir à Calasta. Le serviteur écarquilla les yeux pendant un instant avant de reprendre sa mine rigoureuse, il espérait que ses supérieurs ne l’avaient pas vu faire.
Lantis tendit les deux mains, Acoya et Zeïna posèrent chacun leur main sur la sienne. Ils grimpèrent ainsi l’escalier, entre une allée de gardes figés dans un garde à vous, leur tenue impeccable et leurs armes rutilantes.
Arrivée à la hauteur de l’entrée, un homme en livrée écarlate les attendait, le visage austère. Il avait une perruque poudrée cachant la vraie couleur de ses cheveux, les yeux noirs sévères. L’homme était le grand chambellan du palais, portant une chaîne en or et une canne muni d’un pommeau en cristal.
- Bonsoir Capitaine Zeïna Dé Feryo, c’est un plaisir de vous voir, je me nomme England Kurigh, le grand chambellan de sa seigneurie le gouverneur de Calasta.
L’homme connaissait chaque invité par leur nom et leur grade même sans les avoir vu une seule fois.
- Bonsoir Grand Chambellan Kurigh, répondit la jeune fille.
L’homme regarda le maître d’arme quelques instants en faisant la moue.
- Lantis Alaster, membre de l’équipage de l’Aurore Boréale, à la triste réputation.
Le ton condescendant du grand chambellan froissa Lantis mais il garda son calme, Zeïna sentit la main se serrer plus fortement dans la sienne. England Kurigh regarda l’elfe, cette fois il paraissait surprit et très embêté.
- Veuillez m’excuser, mais je n’ai malheureusement pas l’honneur de vous connaître ?
Acoya sourit largement pour soulager l’homme.
- Je ne suis pas vexée ne vous inquiétez pas, je m’appelle Acoya Yna’Hi, Princesse du Royaume des Elfes des Mers, cousine de la reine Loralia Da’Hine.
Les yeux du grand chambellan s’agrandirent de surprise, il ne s’attendait visiblement pas vraiment à rencontrer un membre de la famille royale des elfes des mers. Il toussota légèrement, reprenant sa contenance, il était à ce poste depuis trop longtemps pour se laisser dépasser par la surprise. L’homme fit une révérence devant l’elfe avec beaucoup d’application
- C’est un honneur pour la maison du gouverneur de recevoir une personne de si haute noblesse. Nous espérons que le bal sera à votre convenance Princesse Yna’Hi.
Acoya hocha la tête.
- Je l’espère également.
Le grand chambellan se releva et frappa de sa canne trois fois sur le sol en pierre du perron. Il se fendit sur le coté en montrant l’intérieur du bâtiment, son visage redevenu figé dans un masque de sévérité.
- Soyez les bienvenus au bal du Gouverneur.
Ils saluèrent d’un hochement de la tête le chambellan et ils pénétrèrent lentement dans la salle baignée de lumière. Zeïna fut saisie dés son entrée par la profusion d’or et de richesse étalés dans si peu d’espace. Les murs de la grande salle étaient recouverts de boiseries sculptées et peintes de scènes bucoliques, chaque moulure reprise à la feuille d’or. Le plafond était entièrement peint par un artiste qui avait imité un ciel nuageux à la perfection, des dragons semblaient planer au dessus de la tête des invités.
De nombreuses personnes étaient déjà arrivées, la jeune fille se sentit perdu au milieu du faste et de la grandeur des lieux. L’apparition du trio n’était pas passé inaperçu, la présence d’Acoya d n’y était pas étrangère. Des groupes parlaient entre eux en regardant dans leur direction, de nouveau Zeïna sentit une bouffée de chaleur l’envahir.
- Je me sens mal à l’aise ici, chuchota t’elle.
- Le commérage est le sport préféré de la noblesse, répondit Lantis sur une voix basse, essaye de ne pas penser à eux et avance droit devant toi.
Elle hocha la tête en tentant de suivre son conseil, mais ce n’était pas évidant. Un couple finit par les aborder, l’homme était grand avec un léger embonpoint, sa femme était un peu plus forte engoncée dans un corset qui la rendait presque ridicule. Zeïna espérait qu’Acoya resterait tranquille et éviterait les remarques spontanées dont elle avait le secret. La jeune fille remarqua le bijou qu’il portait au cou, identique au sien, il s’agissait d’un capitaine marchand.
- Mademoiselle Dé Feryo je présume, Capitaine Junio Dé Milughton et ma femme Dame Hodelia.
Elle hocha la tête à l’annonce de son nom.
- En effet c’est bien moi, je suis toujours heureuse de rencontrer un autre capitaine marchand.
L’homme plongea son regard dans le décolleté de Zeïna sans vraiment le cacher avant de reprendre la parole.
- Avec les rumeurs qui circulent et vos récentes acquisitions, je souhaitais vivement vous rencontrer pour voir qui se cachait derrière tant de réussite. Je dois dire que je suis surpris de votre jeune âge malgré les importantes charges et les devoirs qui vous incombent.
- J’ai appris à ne pas me fier à l’apparence des gens, seul compte leur capacité à vouloir réussir.
L’homme ricana.
- Voilà de belles paroles qui vous vont à ravir, pleine d’énergie de la jeunesse, l’impétuosité peu parfois vous faire courir à votre perte.
Zeïna ne savait pas si elle devait prendre les propos de l’homme pour une menace, elle préféra faire comme si elle n’avait rien entendu. Lantis lui signala la présence du couple Dé Hydalis non loin de là, voyant une échappatoire à l’indélicat capitaine.
- Je viens d’apercevoir des amis, si vous voulez bien m’excuser, j’espère avoir la joie de vous revoir durant la soirée, lança t’elle en affichant un sourire candide.
Le capitaine Junio Dé Milughton claironna légèrement en laissant de nouveau son regard se perdre dans le corsage de son interlocutrice.
- Se sera avec plaisir en effet.
Le maître d’arme changea de direction, et marcha en direction du couple avec assurance, les deux femmes à ses bras. Gouran sourit en les voyant arriver, il avait enfilé un costume luxueux, sa perruque parfaitement poudrée et bien ordonnée sur sa tête. Danila portait une robe large parcouru de dentelle et de ruban, d’un rose pâle rehaussant son visage maquillé avec goût.
- Je ne vous voyais pas arriver, je commençais à croire que vous aviez abandonné, ou que vous aviez réussi à fuir, lança Danila.
- C’est vrai qu’elle ne nous a pas laissé la tâche facile, répondit Acoya, elle a tout tenté pour y échapper.
Zeïna foudroya l’elfe du regard.
- Merci pour ton soutien.
- Il n’y a pas de quoi, Capitaine, répondit l’elfe taquine.
Danila rit en cachant sa bouche avec sa main, elle était habituée à être en société et connaissait parfaitement les codes de conduite.
- Dites moi Zeïna, c’est vous qui avait abordé ce repoussant personnage, reprit elle avec une voix basse.
- Vous parlez du capitaine marchand et de sa femme, non pas du tout, c’est lui qui est venu vers nous.
- Je le craignais, j’espère qu’il ne vous a pas trop importuné, c’est un homme sans éducation qui pense que toutes les femmes sont des objets dont il peut se servir comme il l’entend.
- J’ai remarqué ces regards libidineux, répondit Lantis, il en aurait encore fait un je pense que j’aurais perdu mon calme.
Zeïna regarda le maître d’arme avec surprise, il était toujours autant protecteur avec lui.
- Je ne pense pas que tu aurais bien fait, répondit Gouran, cet homme est très riche et puissant, il compte beaucoup d’alliés parmi la noblesse de Calasta et d’ailleurs, il faut se méfier de lui et de sa vengeance.
La capitaine poussa un soupir.
- J’ai l’impression d’être une souris perdu dans un nid de serpent.
Un mouvement de foule naquit derrière leur groupe, ils se retournèrent pour savoir ce qui poussait les invités à agir ainsi. Fendant la foule, le gouverneur de Calasta avançait lentement parmi les convives, affichant un sourire de politicien aguerri.
Tazoc Dé Tuyer était de taille moyenne d’une cinquantaine d’année, une musculature fine et athlétique, malgré sa position il aimait beaucoup les activités en plein air. Ses gestes étaient lents et posés mais il ne fallait pas se fier aux apparences, le gouverneur était un homme énergique qui savait se faire obéir. Pourtant, il n’était jamais taxé d’une sévérité trop grande, sachant rendre une justice impartiale en cas de conflit.
Il avait un visage ovale, tout en douceur, une peau clair et lisse malgré son âge, avec une bouche aux lèvres fines qui dévoilaient le plous souvent possible une rangée de dents blanches. Son nez était pointu, lui donnant un profil d’oiseau de proie parfaitement reconnaissable. Ses yeux étaient bleu, en perpétuel mouvement, son regard était doux mais pouvait très bien être dur. Les cheveux châtain clair et longs, il les gardait le plus souvent attaché en une queue de cheval.
Ses vêtements étaient brodés d’or, parfaitement adapté à sa morphologie, ses chaussures de cuir blanc tranchaient avec le parquet acajou de la salle de bal. Il portait une écharpe blanche aux armoiries de sa famille, notifiant sa charge de gouverneur, lui donnant toute autorité sur l’Ile Emeraude et les environs immédiats. A son bras, une très belle jeune femme se pavoisait autour des courtisans qui la complimentaient sur sa tenue. Elle était l’épouse du gouverneur depuis un peu plus de deux ans, sa première femme étant morte en couche en mettant au monde leur deuxième enfant.
Au milieu des invités faisant force de courbettes et de sollicitations, le gouverneur remarqua Zeïna non loin de lui. Sans répondre aux louanges des flatteurs, il se dirigea au devant de la jeune fille, emportant avec lui son cortège. La capitaine sentit la panique la gagner, elle ne s’attendait pas à ce que le gouverneur en personne vienne jusqu’à elle.
Machinalement, elle saisit la main de Lantis en regardant droit devant elle, le maître d’arme surpris se laissa faire pour la rassurer. Acoya se mit légèrement en retrait pour se cacher derrière la jeune fille, l’elfe préférait que se soit sa capitaine le centre de l’attention.
Le gouverneur s’arrêta à la hauteur de la jeune fille, Zeïna fit une révérence comme lui avait montré Danila, imité par Acoya. Lantis se courba avec déférence en restant bien droit, sa rigueur d’ancien soldat retrouvé pour l’occasion
- Mademoiselle Dé Feryo, que dis je, Capitaine Dé Feryo, c’est un plaisir de vous avoir enfin parmi nous.
- C’est un honneur pour moi d’être en votre présence, répondit-elle avec beaucoup de douceur.
Le gouverneur sourit en voyant sa gêne.
- J’avais entendu combien votre beauté était vantée par toutes les personnes qui vous avez rencontré et je dois dire qu’ils ne m’avaient pas menti.
Zeïna rougit en baissant la tête pour éviter de le montrer.
- Merci pour ces compliments.
Tazoc Dé Tuyer reprit la parole.
- La disparition de votre père m’a beaucoup attristé, c’était un marin exemplaire et un homme juste, voir disparaitre tout ce qu’il avait construit de ses mains à été douloureux.
La jeune fille parut intriguée, elle ne savait pas que le gouverneur tenait en si haute estime son père.
- Je dois dire que vos précédents exploits font honneur à sa légende, et je suis persuadé que vous arriverez à rendre ses lettres de gloire à votre nom, tout comme autrefois.
L’homme regarda alors Acoya et effectua une petite révérence devant elle.
- Princesse Yna’Hi, les membres de la cour royale des elfes des mers ne sont pas souvent venu dans mon humble demeure, je suis heureux de pouvoir vous compter parmi nous également.
- Un plaisir partagé, répondit l’elfe d’une voix que les trois autres membres de l’équipage de l’Aurore ne lui connaissaient pas.
Le gouverneur se fixa de nouveau sur Zeïna et se pencha légèrement vers elle.
- Capitaine Dé Feryo, vous avez su déjà vous entourer d’alliés important, vous êtes sur la bonne voie.
Il se redressa de toute sa taille en souriant.
- J’espère que ce bal vous donnera satisfaction avant votre départ sur l’océan, passez une bonne soirée.
Zeïna fit de nouveau une révérence appliquée pour le saluer comme il se devait. Elle venait d’avoir une conversation troublante avec le gouverneur, comme s’il y avait une complicité entre eux. Elle se demanda si le passé de son père n’avait pas à voir quelque chose avec cet étrange échange de parole.
Pensive, la jeune fille fut tirée de sa rêverie par l’arrivée de plusieurs autres invités venus la saluer. Elle fut un peu surprise, mais elle garda la tête haute, et le sourire accroché aux lèvres. Cette soirée était très importante pour son commerce, elle allait pouvoir nouer des liens avec des marchands ou des nobles. Ces contacts pouvaient déboucher sur d’importantes transactions commerciales pour l’Aurore Boréale.
Les sollicitations se calmèrent peu à peu, Zeïna put enfin souffler, elle avait énormément parlé en un temps limité. Danila Dé Hydalis avait emmené la jeune fille et Acoya à une table libre sur le coté, les chaises étaient très confortables. La capitaine poussa un soupir de soulagement en se reposant de ce marathon infernal.
- Je n’aurais pas cru dire ça, mais je préfère encore une bonne tempête sur l’Aurore que de devoir affronter à nouveau tous ces marchands et ces nobles.
Danila poussa une exclamation amusée.
- Je pense que vous devriez au contraire remercier le gouverneur pour tout cela.
- Pourquoi ?
- Et bien, en venant vous voir ainsi et en vous parlant de la manière qu’il l’a fait, il vous a en quelques sortes donné son approbation. C’est d’une importance capitale pour les grandes familles d’ici de savoir que vous plaisait au gouverneur.
Zeïna secoua la tête.
- N’y a-t-il donc que l’apparence qui compte dans ce milieu ?
- Hélas oui, répondit Danila, d’ailleurs Acoya, vous m’avez surprise.
L’elfe sourit.
- Même si cela ne se voit pas, mes parents ont tenté de m’inculquer les bonnes manières en société, hélas pour eux, je n’ai jamais apprécié les cours théorique, je préfère l’océan, ses mystères et les merveilleuses rencontres que je peux y faire.
Elle regarda Zeïna avec une tendresse étrange, faisant sursauter la jeune fille.
- Je t’ai déjà dit de ne pas me fixer de cette manière Acoya.
- Désolée, c’est plus fort que moi.
Toute à leur conversation, elles ne virent pas approcher un petit attroupement mener par un couple dont l’homme ne pouvait se détacher de Zeïna. De la haine vibrante dans les yeux, Jasper Dé Varousis Aras comptait bien reprendre sa revanche devant un public à sa cause. Son père lui avait donné l’autorisation de porter la première attaque, même si celui-ci devait rester courtois malgré tout. Sans la présence de son garde du corps, il la pensait à sa merci, une proie plus facile.
- Et bien, qu’est ce que nous avons là ? Une petite fille qui se prend pour une dame, lança le noble de but en blanc.
Zeïna tourna vivement la tête vers le nouveau venu, un regard noir qui en disait long que ce qu’elle pensait. La jeune fille reconnut celui qui avait tenté de l’intimidé sur le port, il recommençait une nouvelle fois avec une cohorte de courtisan à ses tallons. Elle se leva pour lui faire face, elle était bien évidemment plus petite que le jeune noble, mais elle ne se laisserait pas insulter de cette manière sans réagir.
- Je vois que vous n’avez toujours pas changé votre comportement, toujours aussi immature et grossier.
Les rires se turent dans l’assistance qui l’accompagnait, seuls les gloussements ridicules de la femme à son bras s’entendaient encore. Acoya se rapprocha de sa capitaine, il n’y avait plus de sourire sur son beau visage, Danila Dé Hydalis cherchait son mari et Lantis des yeux qui étaient parti chercher des rafraichissements.
- Tu n’es pas sur ton navire ici, surveille donc un peu tes paroles, répondit le noble sur un ton agacé.
- Je vous retourne l’avertissement, et je souhaiterais que vous me vouvoyez, seul mes amis me tutoient.
Elle avait appuyé sur la fin de sa phrase.
- Que crois-tu ? Que je vais respecter une petite parvenue ? Tu es comme ton père, tu parles beaucoup trop.
Zeïna foudroya du regard le noble, elle ne supportait pas que quelqu’un puisse manquer de respect à son père.
- Mon père avez bien plus de noblesse que vous et vos amis, d’ailleurs, je vois que vous ne pouvez pas venir me parler sans une bonne escorte, la dernière fois il y avait trois gardes corps qui ont d’ailleurs eu du mal à repartir si je me souviens. Aujourd’hui, qu’avons-nous là ? Six, non sept personnes avec vous, quel courage vous me montrez là !
La jeune fille ne perdrait pas pied face à ce jeune arriviste mal poli. Contrairement à ce qu’elle pensait, Jasper Dé Varousis Aras ne s’énerva pas, pourtant elle voyait à son visage toute la haine qu’il lui vouait.
- Tu te crois forte parce que tu as réussi à rapporter quelques babioles de ton dernier voyage ? Les bonnes fortunes vont et viennent aux grés des vents, tout comme les voiles d’un navire, prends garde que la prochaine tempête ne soit pas la dernière.
- Serais se une menace de votre part que j’entends là ?
Le noble sourit en dévoilant une rangée de dents comme un requin devant une proie.
- La petite fille aurait elle peur ?
- Je n’ai pas fait demi tour face à un navire rempli de pirates, ce n’est pas devant vos petites menaces que je vais reculer.
Elle fit un pas en avant faisant se redresser Jasper Dé Varousis Aras, ceux qui l’accompagnaient frémirent sous les regards jetés par Acoya tout près de la capitaine.
- Tu n’es pas en mer mais sur terre, tu es dans mon terrain de chasse petite péronnelle.
Il se pencha en avant, leur visage n’étant plus qu’à quelques centimètres.
- Si tu crois que la famille Dé Varousis Aras vont laisser les Dé Feryo se mettre une nouvelle fois en travers de leur route tu te trompes, fait bien attention à ton jolie minois petite fille.
- Je prends note de votre avertissement et je saurais m’en souvenir quand je vous écraserais avec le plus grand des plaisirs.
- Nous verrons bien qui écrasera l’autre.
Lantis apparut soudainement aux cotés de Zeïna, Gouran venait d’arriver avec lui. Avec le retour du maître d’arme, le jeune noble préféra battre en retraite. Il se releva et fit un pas en arrière, non sans quitter des yeux la capitaine.
- Je n’ai plus rien à voir avec la peccadille de ton espèce, retiens bien ce que je t’ai dit.
Zeïna garda le silence, les mains sur les hanches dans une position de mépris totale. Jasper Dé Varousis Aras poussa une exclamation rageuse de colère et de frustration, il détourna la tête de la jeune fille et parla à ses flatteurs qui l’entouraient.
- Allons profiter de la fête loin de ses petites gens, la fréquentation de ce bal devient de pire en pire chaque année.
Ils s’éloignèrent en ricanant à la déclaration du jeune noble. Acoya allait les suivre pour leur faire passer l’envi de rire, mais Zeïna l’arrêta de la main.
- Cela ne sert à rien, tu aurais plus de problème à leur rendre la pareille qu’à les laisser dire.
- Mais ils nous ont insulté, lâcha l’elfe en colère.
- Il avait fait la même chose la dernière fois.
La jeune fille tentait de calmer ses nerfs, elle aussi avait bien failli en venir aux mains.
- Les Dé Varousis Aras sont une famille très importante de Calasta et très riche, fit Danila Dé Hydalis, des rumeurs prétendent qu’ils auraient la même puissance que le gouverneur, et même plus encore. Si se sont vos ennemis Mademoiselle Zeïna, je crains que vous ayez de sérieux problèmes à l’avenir.
- Son attaque ressemble à celle de la dernière fois, fit remarquer Lantis.
La capitaine secoua négativement la tête.
- Cette fois c’est pire, j’ai l’impression qu’il m’a menacé en sachant très bien ce qui allait arriver.
- Je pense que nous allons devoir faire appel aux talents de Cryanne et de ses compagnons.
Le maître d’arme était d’accord avec Zeïna, ils devaient absolument en savoir plus sur cette histoire. La musique de fond se tut tout doucement, annonçant le discours du gouverneur pour l’ouverture du bal. Danila Dé Hydalis voulait faire baisser la tension qui régnait entre eux, elle prit le bras de son mari.
- Oublions un peu cet incident et venez donc vous joindre aux autres, le gouverneur va annoncer l’ouverture du bal, les danses vont pouvoir enfin commencer.
La capitaine écarquilla les yeux.
- Oh non, avec tout cela j’avais oublié le bal …
Lantis tendit la main.
- Il est l’heure de montrer à tes détracteurs qu’ils se trompent sur ta personne.
- Mais et si je trébuche ?
- Pas de soucis je suis là, répondit le maître d’arme en souriant.
Zeïna sentit son cœur s’emballer, elle baissa un peu les yeux en rougissant, et elle prit la main de Lantis.
- Allons-y alors. ?
Le gouverneur fit un discourt simple, il n’avait apparemment pas préparé de grands textes éloquents, préférant la spontanéité du moment. Il remercia toutes les personnes présentes à ce bal en louant les services du palais pour la décoration de la salle. Enfin, l’homme annonça le début de la soirée, et la musique commença au moment où le dernier mot sortait de sa bouche.
La piste de libéra en quelques instants, le gouverneur et sa jeune épouse entamèrent la danse seul au milieu comme il était de coutume. Zeïna admira la grâce de la femme et l’habileté du gouverneur qui donnait une touche de douceur au personnage politique. Quelques instants après, d’autres couples se lancèrent à leur tour, Gouran et sa femme furent parmi eux.
Lantis regarda la jeune fille, elle tremblait presque en regardant effrayée la piste de danse. Le maître d’arme serra la petite main dans la sienne pour attirer son attention.
- Le début est le plus compliqué, mais une fois dans le bain tout se passera bien, c’est une valse assez simple, rappelle toi des cours et laisse moi te guider.
La voix de Lantis était douce, presque envoutante, les yeux de Zeïna brillèrent légèrement, la chaleur montant dans son visage.
- Tu as confiance en moi ?
Elle hésita avant d’hocher la tête.
- Alors allons-y.
Le maître d’arme entraina la jeune fille sur la piste, il trouva le rythme et il se mit à danser en tenant fermement sa compagne contre lui. Zeïna se sentait gauche et idiote au départ, mais peu à peu, ses jambes se mirent à bouger d’elle-même, accompagné par les pas lents et appliqués de son partenaire.
La capitaine leva alors la tête vers Lantis et ils échangèrent en profond regard tout en tourbillonnant sur la piste. Elle oublia la foule et la gêne qu’elle ressentait depuis le début pour se perdre dans la musique. Le temps n’avait plus de prise sur la jeune fille, elle en oublia la confrontation avec le noble et le départ prochain. Pour le moment, à ses yeux plus rien ne comptait à par la main chaude du maître d’arme dans la sienne et son corps pressé contre le sien.
Zeïna ne savait pas pourquoi, mais elle ne s’était jamais senti aussi bien et autant en sécurité. Elle voulait que ce moment puisse durer une éternité, la musique pouvait continuer indéfiniment sans que cela ne puisse la gêner. La jeune fille se souviendrait longtemps de cette soirée comme l’une des plus belles de sa vie.
Acoya qui était resté au bord de la piste de danse ne perdait pas une miette du spectacle auquel elle assistait. L’elfe avait promis à Cryanne de lui raconter en détails tout ce qui allait se passer ce soir là. Pour le moment, tout se passait comme l’avait prédit la métis, à croire que celle-ci avait des pouvoir de divination.
Un jeune homme élégant vint près d’elle, surprenant l’elfe. Apparemment il ne savait pas trop comment l’aborder et il avait longtemps hésité.
- Bonjour, si je peux me permettre de vous inviter à danser.
Acoya pencha légèrement la tête en souriant.
- Je ne suis pas très habitué à vos danses vous savez.
- Peut pourrais je vous en apprendre un plus ?
Il prenait un peu plus confiance en lui, ce qui avait le don de plaire à l’elfe des mers, après tout elle aussi avait le droit de s’amuser.
- Voyons si vous êtes un bon professeur.
L’elfe se laissa entrainer avec le sourire.
Dans un coin de la salle, le Comte Elorn Dé Varousis Aras regardait la jeune Dé Feryo tournoyer sur la piste. Elle ne se débrouillait pas si mal à son grand étonnement, il avait pourtant appris par un de ses espions qu’elle ne semblait pas être très douée. Son fils lui avait rapporté la conversation qu’ils avaient eue. Son arrogance avait encore failli leur couter la surprise de leur plan.
Le vieil homme n’aimait pas ce genre de fête, il trouvait que ces distractions n’étaient que de la poudre aux yeux, tout juste bonne à s’imposer aux plus faibles. Mais il devait avouer aussi que l’endroit était bien pratique pour voir les changements dans la société. Elorn Dé Varousis Aras avait prit note de l’action du gouverneur, de nouveau il se rapprochait des Dé Feryo pour s’en faire des alliés. Il ne savait pas si la fille allait suivre les pas de son père dans ce domaine également, mais il allait devoir faire plus attention.
Le noble devait mettre en place ces relations, avec le retour dans la haute société des Dé Feryo, les cartes du pouvoir s’en trouveraient redistribuées. Les intrigues allaient foisonner dans les coins sombres des tavernes du port et des salons privés. Mais nager en eau trouble était une seconde nature pour le vieil homme, il sentait une nouvelle jeunesse inonder ses veines en vue des mois à venir.
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