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Jeudi 31 mai 2012, 12:37


Voici une histoire écrite par Steemansonarner et dont le titre est 人生の物語 (Story Of Life) - chapitre 02 - La Nouvelle Vie.

Tout à commencé quand mon père a obtenu une promotion pour travailler dans une entreprise de publicitaires se trouvant dans le Wisconsin, nous fûment donc contraints de déménager. Cette idée me déplaisait fortement, après lui en avoir fait part, je le suppliai de rester ici, et de refuser son poste, mais en vain, il m'expliqua qu'en ce moment il avait des problèmes d'argent et que cette promotion était la chance de sa vie, peut-être la seule et unique. Je fus donc obligé de changer d'école, de quitter mes amis, New York ma ville natale, ma petite amie, et de passer d'horribles vacances d'été, dans ma nouvelle demeure, à pleurer, à me lamenter, à croire que ma vie était finie, que seule la solitude serait mon amie pendant ce triste moment de pénurie affective, que la mort n'était rien par rapport a cette triste tragédie, que tout était de ma faute et que tout était fini pour moi. Malgré cette solide dépression, après quelques mois passés, enfermé, cloîtré dans ma nouvelle maison. J'arrivai enfin à surmonter tout cela, en me disant que je devais oublier tout ce qui était derrière moi et tout recommencer a zéro. En quelque sorte, vivre à nouveau.

***
Le Collège privé de Brentfis. Un établissement très riche et très sévère où je devrais passer ma dernière année d'enseignement secondaire. A cette époque, j'étais un élève modèle et sérieux, qui avait réussi avec brio ses trois premières années de collège. Mais ce matin-là, celui de ma rentrée, un trac vint à moi dès mon réveil, un trac aussi grand que lorsqu'un acteur doit jouer devant une grande salle de théâtre remplie. J'enfilai ma plus belle tenue, un beau T-shirt noir, un pantalon noir de chez Levis, ma belle veste en cuir et me dirigeai vers le salon, ce salon que je ne connaissais que depuis quelques mois et qui me semblait toujours aussi méconnu. Tout cela sans dire aucun mot, j'avalai avec peine mon petit déjeuner, préparai mon sac, attrapai mes clés, pris une dernière inspiration et sortis, dans cette rue, cette rue calme, encore noire, à l'ambiance bizarrement trop calme, même angoissante. Aucun risque d'agression n'était envisageable ici, pourtant plus je m'approchais de mon nouveau lieu d'apprentissage, plus l'angoisse croissait en moi. Quelques minutes plus tard, j'arrivais enfin devant ce grand bâtiment, vieux, à l'architecture classique, rien de très original, grisé par les années, morose et glauque. Les gens qui attendaient devant, ressemblaient tous à des robots, tous étaient accoutrés d'un uniforme bleu, cravate verte, et affublé d'un badge faisant mention de leurs noms, prénoms, et nom de l'établissement. Soudain, un nœud se forma dans mon estomac, j'avais l'impression de faire tâche ici avec mon look de rockeur. Plus j'avançais vers le portail, plus les gens autour de moi me regardaient comme si j'étais un extra-terrestre venu d'un autre monde, où un échappé d'asile ! J'arrivai, devant le portail où se postais, une dame âgée, desséchée qui attachait ses cheveux gris et blanc en chignon; son nez était surmonté de petites lunettes de forme ovale, elle aussi était costumée de cet uniforme, et sur son badge était écrit : Conseillère Principale D'Éducation. Elle racla sa gorge, en me regardant méchamment, et dit d'une voix rauque et méprisante :

« Mr. London, je présume.
- Oui, madame. Dis-je en baissant les yeux
- Veuillez me suivre je vous prie. » me dit-elle en se tournant vers le grand couloir derrière elle.

Je la suivis donc dans ce grand couloir, plein d'élèves en uniformes et étonnement silencieux, aucun bruit n'émanait de ce grand corridor, je n'osais rien dire, j'avais honte et j'avais peur de ce qui m'attendait au bout. J'arrivai devant une porte où était inscrit, « Bureau de Mrs. Jefferson, Conseillère Principale D'Education ». Mon sang ne fît qu'un tour. Elle ouvrit la porte et s'assit devant son bureau. Je me tenais donc devant elle sans dire un mot, jusqu'à ce qu'elle me dise de prendre un siège et de m'assoir. Je m'exécutai. Puis elle m'expliqua :

« Mr. London, comme je puis le constater vous n'avez pas tenu compte des courriers que nous vous avons envoyés.
- Pourquoi, dites vous ça Madame ? Demandai-je timidement.
- Expliquez moi donc la raison de votre accoutrement, nous ne sommes pas des Yankees ici, Mr. Le-New-Yorkais ! Dit-elle en haussant le ton.
- Écoutez Madame, ma mère ne m'a nullement parlé de courrier m'interdisant de porter mes habits habituels. » Répondis-je en revoyant ma mère se lever tous les jours à midi, en ne saluant personne, faisant une mine triste et blasée de tout. Le courrier devait être, à ce moment là, le cadet de ses soucis. J'expliquai tout à Mrs. Jefferson qui resta de marbre pendant tout au long de mon récit, puis elle me répondit d'un ton sec avec un sourire narquois:

« Mr. London, tout d'abord enlevez moi cette tenue ridicule!
- Quoi ? Pourquoi ? »Répondis-je offusqué.

Elle claqua des doigts, et deux espèces de gardes, grands et solides, sortis de nulle part, vinrent arracher ma veste ! Essayant de me débattre, je déchirai celle-ci. Ils la lancèrent à terre, et vinrent se poster des deux cotés du bureau de Mrs. Jefferson. Celle-ci avait regardé la scène avec un malin plaisir, mais n'était toujours pas satisfaite. Je sentis une violente rage monter en moi, j'étais à terre, en T-Shirt, je devenais de plus en plus rouge. Remarquant que ses deux gardes avaient arrêté de me déshabiller, elle leur cria :

« Que faites vous ?! C'est loin d'être terminé, regardez moi ce costume de Yankee, enlevez lui tout pardi! »

Soudain, je sentis mon cœur battre de plus en plus vite. Quand je vis les deux gardes s'avancer vers moi, je me demandai pourquoi j'étais venu ici, pourquoi on me faisait tout ça, qu'ai-je fait de mal ! Pourquoi cette vieille femme s'en prenai-t-elle à moi ? Je ne pus rien dire, terrifié par ces deux colosses, qui pourraient me briser la colonne vertébrale en trois secondes s'ils le voulaient. Je me retrouvais en caleçon, dans ce bureau, devant cette vieille sorcière perverse, devant ces montagnes de muscles. Je pleurais de honte et d'impuissance. L'un deux me balança une tenue comme en portaient les autres élèves, je l'enfila en vitesse et Mrs. Jefferson ajouta:

« Si vos parents savent la moindre chose de ce qu'il vient de se passer... »

A ces mots, les deux gardes craquèrent tout deux leurs doigts, je compris, j'acquiesçai en baissant les yeux, elle m'indiqua la sortie et je m'y précipita en pleurs, en me disant qu'une chose était sûre… L'année risquait d'être très longue.
 
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