Bonjour ^^
Pour nos amis, c'est la seule chance qu'ils auront pour rester dans la cité des mages, mais pour cela ils doivent prouver qu'ils ne sont pas des ennemis et que leur quête est juste. Mais nous pouvons faire confiance à Ekart et à sa parole légendaire pour sortir victorieux de ce combat.
Appréciez la lecture ^^
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CHAPITRE 42
Le Concile des Sages
Mel Davard réprima un bâillement en plaçant sa main devant sa bouche largement ouverte. Elle avait du mal à émerger après une longue nuit passée avec les deux diplomates et le mage Nertas pour préparer leur entrevue. Bien qu’elle ne voyait pas pourquoi, Ekart voulait qu’elle les accompagne jusque là bas.
L’écuyère se retint à nouveau de bâiller, ils attendaient dans la pièce du bas que les mages viennent les chercher. La jeune fille avait donné quartier aux soldats de la forteresse pour qu’ils se reposent, de toute façon ils étaient bloqués ici. Ils se trouvaient dans la pièce, assis dans les canapés qui s’y trouvaient, l’ennui se marquant sur leur visage.
Mel se rapprocha d’eux, elle avait conservé sa tenue de guerrière même si elle n’avait plus son épée sur le coté. Les soldats avaient enlevé leur armure, elle ne leur servait à rien de toute façon dans cette prison dorée.
- Alors écuyère Davard, vous allez nous sortir de cet endroit ? Demanda Mund Hasra avec familiarité.
Elle était leur supérieur, mais imposer une forte autorité à son âge par rapport à ses vétérans était presque impossible.
- Je ne vais pas être très importante dans leur discussion, c’est surtout un travail de diplomates que de guerriers.
- Alors pourquoi vous y emmener ? Fit remarquer Caner Tyuro.
- Pour une représentation politique, répondit Mel, l’ordre des chevaliers sera ainsi représenté pour la postérité.
Elle avait imité la voix pleine de supériorité d’Ekart, les soldats sourirent.
- Voilà une réponse qui me semble logique, plaisanta le sergent, en tout cas vous allez pouvoir voir ce qui se passe dehors.
- Oui, j’ai hâte.
- Vous nous ferez une petite description, lança Dewon Loter, je me demande si les habitants de cet endroit volent plus qu’ils ne marchent.
Les soldats se mirent à rire à la plaisanterie de leur camarade.
- C’est promis Loter, je vous ferais part de mes observations.
Mel laissa ses hommes à leurs plaisanteries pour rejoindre ses amis près de la porte d’entrée. Les deux diplomates étaient encore entrain de parler entre eux, ils avaient réuni en une soirée une somme de connaissances impressionnantes.
Nertas s’appuyait nonchalamment contre un mur, les bras croisés sur la poitrine. Il ne semblait pas être touché par la nuit de travail, il affichait comme toujours un air sévère.
- Vous êtes sûr que tout se passera bien, demanda Mel en regardant ses compagnons.
Ekart leva le nez de ces documents.
- Il ne faut pas s’en faire, c’est juste comme un grand oral, face à nous se ne sera que des personnes normales.
- Tu appelles des mages des gens normaux ? Lança l’écuyère incrédule.
- Ils ont deux bras, deux jambes et une tête, tout comme toi et moi, répondit le jeune homme en souriant.
Mel haussa les épaules.
- Rien ne t’effraye toi.
Le diplomate pencha légèrement la tête.
- Bon, je veux tout de même admettre que je me laisse entraîner un tout petit peu par l’enthousiasme, nous avons l’avenir du Conglomérat entre nos mains.
Il écarta les mains pour les montrer à ses deux amies.
- Chaque chose en son temps, lança Patinil, pour le moment nous devons leur démontrer pourquoi ils doivent nous permettre de rester ici.
- Enfin une parole sensée à ce discours de fou, fit Nertas.
Il quitta son mur pour se dresser devant les jeunes gens.
- Je pense que vous fondez beaucoup d’espoir sur une confrontation que vous aurez peu de chance de remporter.
L’homme sortit une pipe de sa poche et il se mit à la bourrer de tabac sombre et très odorant. Les yeux baissés, il poursuivait sa tache sans regarder ses interlocuteurs, continuant à parler malgré tout.
- Si vous croyez avoir beaucoup d’alliés parmi les membres du Conciles, vous vous trompez lourdement.
- Pourtant vous êtes d’accord avec nos arguments non ? Répondit Ekart.
- Je ne dirais pas le contraire, mais nous avons vécu des siècles cachés loin des manigances de l’Inquisition. Nous sommes marqués par leur manigance et par le malheur que le Conglomérat nous a apporté. Vous représentez cette défiance rien en votre présence dans la cité cachée.
Tout en écoutant les paroles du mage, Patinil enfila ses longs gants sur ses bras, camouflant complètement les nombreuses cicatrices qui parcouraient toujours sa peau. Elle prenait toujours un grand soin dans sa mise, remettant dans le même temps son col, cachant son cou marqué de la même manière.
- Sans essayer, nous ne pouvons pas savoir si nous échouerons ou pas, fit elle.
- J’espère que vous aurez suffisamment de temps pour mettre en place votre stratégie, mais elle ne sera peut être pas suffisante.
Le mage redressa la tête après cette dernière intervention, sa pipe prête à être allumée. La jeune fille face à lui se contenta de reprendre le dossier en frappant fort du plat de sa main sur la couverture.
- De toute façon nous avons encore un atout dans notre manche.
Ekart se rembrunit soudainement.
- Je te l’ai dit, nous ne l’utiliserons qu’en dernier recourt.
Nertas et Mel les regardèrent sans comprendre.
- Nous n’avons pas parlé d’une autre solution, questionna le mage suspicieux.
- J’ai proposé une idée mais Ekart préfère la garder secrète pour le moment.
- Je ne veux tout simplement pas avoir à l’utiliser, c’est tout.
La voix du jeune homme était dur, un ton qu’il n’employait jamais. Mel n’osait pas demander plus de détails, le regard noir du diplomate la rendait mal à l’aise.
- Ce n’est rien de dangereux contre les membres du Concile ? Demanda Nertas.
- N’ayez crainte, répondit Patinil, nous n’utilisons pas ce genre de méthode, vous avez notre parole.
- Bien, je veux bien vous croire.
Le silence prit la place dans la petite salle de réception, chacun préférant rester dans leur pensée pour le moment. Les soldats eux même n’avaient pas l’air très disposé à parler, ils se contentaient d’attendre, assis sur les fauteuils.
Enfin des coups furent frappés à la porte d’entrée, et un mage passa la porte, il ne l’avait encore jamais rencontré pour le moment. Nertas afficha de la surprise sur le visage, il ne s’attendait pas à voir ce personnage venir les chercher.
- Bonjour, je me nomme Zalara je suis le gardien des clés du Concile des Sages, je serais votre guide jusqu’à la réunion.
L’homme était de petite taille, avec des cheveux blancs et une barbe de la même couleur qui descendait jusqu’à sa poitrine. Son visage ne comportait aucune ride, avec une expression rigoureuse et sévère. Ses yeux étaient bleu qui volaient d’une personne à l’autre pour les décrire de la tête au pied en quelques instants.
Les vêtements étaient remarquables, une robe de tissu noir, bordée d’une bande blanche où étaient inscrits des caractères inconnus en fil d’argent. Une ceinture noire avec une boucle en argent lui serrait la taille, munie d’une cordelette blanche tranchant avec la couleur de sa robe. Complétant sa mise, une cape de velours noir reposait sur ses épaules, retenue par une broche en argent en forme de croissant de lune.
- Bonjour Zalara, lança Nertas, le gardien des clefs se présente en personne, j’en suis étonné.
- C’est une demande d’Endarius, il voulait donner un coté officiel à cette entrevue. Je trouve que s’est un peu trop, mais le protocole doit être respecté.
Prévoyant la suite, les jeunes gens attendirent que Nertas leur bande les yeux de nouveau comme il avait fait jusqu’à présent. Les voyant rester immobile, le gardien des clefs les regarda avec surprise, il les interpela.
- Pour que je puisse vous guider, il va falloir me suivre vous savez.
Le ton de Zalara était moqueur, il affichait un petit sourire satisfait.
- Nous n’avons pas les yeux bandés ? Demanda Patinil.
- Non pas cette fois, répondit le gardien des clés, le Premier Maître n’a pas jugé utile de la faire pour ce déplacement, d’autant que le bâtiment du Concile est tout proche de celui-ci.
Ils se regardèrent vivement, ils allaient enfin pouvoir voir de leurs yeux la ville cachée des mages. La surprise se lisait sur les visages des jeunes gens, Nertas se mit à rire.
- J’ai bien fait de ne pas vous parler de ce petit arrangement avec Endarius, j’ai adoré vos têtes quand Zalara vous l’a annoncé.
- Tu étais au courant Nertas ? Lança Mel.
- Bien sûr, et je m’en délectais par avance.
Le gardien des clés tapa du pied sur le sol.
- Pourriez-vous vous dépêcher, il y a une heure très précise pour le début du Concile, il ne faut surtout pas être en retard.
- Zalara a raison, reprit Nertas, ils sont très à cheval sur la ponctualité, surtout notre ami ici présent qui fait respecter l’étiquette du protocole.
- Et j’en suis fier, répondit le dénommé, la tradition est importante.
Patinil s’inclina alors devant leur guide.
- Nous vous suivons, il serait mal venu que nous arrivions en retard.
Satisfait, le gardien se retourna et se mit en marche, suivi de près par les trois jeunes gens. Nertas referma la porte derrière le petit groupe, faisant signe à un garde en faction en passant. L’écuyère et les deux diplomates ne le remarquèrent même pas, tout occupé à contempler enfin la cité des mages.
Ils avaient débouché dans une petite place ronde où trônait au centre une petite fontaine, des bancs étaient installés tout autour et des gens y discutaient ou lisaient sous la caresse du soleil. Les maisons alentours ressemblaient à de petits manoirs, aux façades peintes de couleurs différentes et aux encadrements d’ouvertures de portes et de fenêtres en bois poli par le temps.
L’architecture de chaque maison était différente de l’une à l’autre, il semblait que toutes les habitations avaient étaient construites sans se préoccuper des autres alentours. La première avait l’aspect d’un château avec des façades en pierre et des tours crénelées, tandis que la seconde arborait fièrement deux ailes bien droites de deux étages reliées par un petit pont en bois. Une autre était construite toutes en brique avec de petites tourelles élégantes perchées dans le ciel.
Les trois jeunes gens regardaient partout sans pouvoir s’en détacher, s’arrêtant sur tout ce qu’ils pouvaient voir. Les habitants les observaient aussi, certains portaient des tenues de mages comme Nertas et Zalara, mais beaucoup étaient habillés normalement, tout comme eux, déroutant les visiteurs. Non loin des marchands criaient pour vanter la qualité de leurs produits, les gens faisant la queue pour acheter. Les enfants courraient dans les rues en jouant et en bousculant les adultes au passage.
A part l’architecture anarchique des lieux, rien ne semblait distinguer cette cité d’une autre du Conglomérat. Voyant leur mine un peu déconfite, Nertas intervint.
- J’imagine que vous pensiez trouver des hommes volants dans le ciel, des éclairs partout, et des maisons volantes.
Mel rougit en baissant la tête.
- J’aurais imaginé plus de fantaisie, plus de …
- Magie peut être, lança Zarala, bien que vous soyez dans la cité des mages, nous avons aussi besoin de maisons pour vivre.
Nertas opina de la tête.
- Ce secteur est le quartier des résidences, nous sommes près du quartier du Concile ou nous devons nous rendre.
- D’ailleurs nous sommes en retard !
Le gardien des clés repartit de plus belle en maugréant.
- Si vous avez l’autorisation du Concile, vous en verrais un peu plus, ne vous en faite pas. Pour le moment suivons Zarala, il n’est pas méchant mais il aime respecter à la lettre le protocole, et puis en arrivant vous aurez une surprise.
Sans en ajouter plus, Nertas les invita à reprendre leur route, les jeune gens suivirent leur guide sans pour autant oublier de jeter des regards partout pour découvrir un peu plus la cité. Ils se demandaient bien ce que voulait dire le mage un peu avant. Comme l’avait dit Zarala, ils arrivèrent quelques minutes plus tard devant le bâtiment du Concile. Ils étaient debout devant le bâtiment la bouche bée comprenant enfin les paroles de l’ermite des montagnes.
- Je savais que cela allait vous plaire.
La construction dominait toutes autres autour d’elle, personne ne pouvait passer à coté sans se sentir tout petit. Le bâtiment était tout en pierre formant une étoile à cinq branches avec à leur pointe une tour ronde d’une demi douzaine d’étage chacune surmonté d’une couverture en ardoise noire. Chaque tour était relié entre elle par un bâtiment en pierre percé d’innombrables fenêtres.
Au centre, un grand bâtiment circulaire dominait le tout, faisant le double de hauteur des petites tours, elle dominait par sa taille la ville toute entière. Au sommet de la tour de trouvait une grande terrasse en pierre formant un cloître. De chacune des tours à la pointe de l’étoile, un autre bâtiment droit reliait celle-ci à la partie centrale.
- Impressionnant, réussi à dire le diplomate après avoir reprit son souffle.
- C’est magnifique, renchérit Mel affichant un large sourire.
- L’ensemble de ces bâtiments forme le Concile ? demanda Patinil.
Nertas répondit à la question de la jeune fille.
- Pas tout à fait, les bâtiments extérieurs abritent l’école de magie et l’administration de la cité, au centre se trouve le gouvernement avec la salle du Concile ainsi que les bureaux et les salles de réception alloués aux dirigeants.
Zarala attendait toujours devant eux, de plus en plus excédé.
- Venez, nous sommes en retard, pourquoi m’a-t-on confié une tache pareille !
- Ne vous en faites pas, fit Ekart, nous vous suivons de près
Le gardien poussa un soupir à fendre l’âme et se remit en marche, suivit par les jeunes gens et le mage. Ils passèrent par une petite porte, évitant les entrées principales, ils empruntèrent des couloirs déserts aux fenêtres lumineuses, des tableaux et des tentures semblaient être le seul décor. Des toiles d’araignées et de la poussière ponctuaient leur route, les voyageurs se demandèrent où leur guide les emmenait.
Sans s’en rendre compte, ils traversèrent toutes les ailes et ils se retrouvèrent devant une nouvelle porte. Zarala les arrêta d’une main impérieuse, toutes traces d’énervement avaient disparu de son visage.
- Veuillez attendre ici, je vais vois si je peux vous faire entrer.
Il passa la porte rapidement en la refermant aussi vite qu’il l’avait ouverte.
- Il a vite changé d’humeur, remarqua Mel.
- L’étiquette petite demoiselle, il y tient énormément.
- Vous savez où nous sommes ? Demanda Ekart.
- Devant l’une des entrées donnant dans la salle du Concile, c’est d’ailleurs l’une des plus discrètes.
- Alors nous avons traversé tous les bâtiments sans voir une seule fois ce qui se trouvait à l’intérieur ! S’étonna Mel.
Elle était déçue comme ses compagnons de ne pas avoir pu parcourir les autres salles. Ils avaient cru pouvoir s’y rendre, mais apparemment le gardien des clefs en avait décidé autrement, en passant par un autre coté.
- C’est plus rapide par là, fit Nertas, après la réunion, si tout se passe bien, vous pourrez visiter cet endroit un peu mieux.
- Vous nous guiderez ? Demanda Mel.
Le mage fut pris au dépourvu.
- Euh … J’espère que vous aurez quelqu’un d’autre pour s’occuper de vous, j’ai du travail tout de même.
- Allons, le taquina Ekart, je suis persuadé que vous aurez bien du mal à vous passer de notre présence.
- Tu ferais mieux de te concentrer, répondit Nertas en occultant les paroles du diplomate qui souriait largement.
La porte se rouvrit complètement sur un Zarala métamorphosé, il se tenait bien droit, les yeux fixes, d’un calme imperturbable.
- Suivez-moi, les membres du Concile des sages vous attendent, je vais vous mener à l’oratoire.
Le ton de sa voix était guindé, faisant pouffé de rire Ekart et Mel, Patinil leur donna un coup de coude pour les calmer. Nertas leva les yeux au ciel, tandis que Zarala ne bronchait pas. Une fois leur calme repris ils entrèrent enfin dans la salle du Concile en adoptant une démarche souple et posée.
Les voyageurs furent de nouveau écrasés par la taille de la pièce, elle faisait au moins trois étages de haut et elle prenait presque la largeur de la tour centrale. Des gradins étaient disposés en hémicycles où étaient assis une centaine de mages habillés de toge chamarrée. Des murmures se faisaient entendre au fur et à mesure qu’ils apparaissaient, les jeune gens remarquèrent tout de suite les trois membres importants du Concile assis au centre de l’hémicycle.
Zarala les conduisit jusqu’à une tribune où plusieurs sièges avaient été mis à leur intention derrière un grand bureau. Nertas leur fit signe de s’installer tandis qu’il avancer seul jusqu’à la barre de l’oratoire. Il était leur représentant et il se devait de prendre la parole en premier devant l’ensemble de l’assemblée. Le mage prit une grande inspiration et commença.
- Bonjour à vous membres du Concile d’Alantaria, moi Nertas je viens vous présenter la requête de ces personnes venues du Conglomérat. Ils désirent rester ici quelques temps pour en apprendre plus sur notre monde.
Les murmures reprirent de plus belle, mais Endarius frappa un coup de marteau sur son bureau pour ramener le calme sans ajouter un mot.
- Merci Premier Maître, reprit Nertas, je laisse la parole au représentant de leur groupe.
Le mage quitta l’oratoire pour s’assoir sur un siège tandis que le jeune homme prenait place à son tour à la barre.
- Bonjour membres du Concile d’Alantaria, je me présente Ekart Caras diplomate du Conglomérat, mes compagnes de voyages se nomment Patinil Ojir diplomate également, et Mel Davard écuyer au sein des Chevaliers Protecteurs.
Il reprit son souffle avant de continuer.
- Je sais que nous sommes à vos yeux un grand danger, nous connaissons la menace qui pèse sur ceux qui recherchent la magie. Depuis le début de notre quête à Manilaus, nous avons bénéficié de l’aide de personnes importantes, connu par votre congrégation, comme Maître Garynlos Directeur de l’Académie, Maître Proxin chef du village de Barigne et bien entendu le mage Nertas ici présent.
Ekart avait commencé directement par les noms de personnes en qui les membres du Concile avaient confiance.
- Notre objectif n’est pas seulement d’assouvir une quelconque curiosité à l’égard de la magie, mais nous voulons avant tout démontrer à tous les habitants du Conglomérat la vérité sur la face cachée de l’Empereur et de son armée cachée, l’Inquisition !
Des grondements retentirent dans la salle certains mages s’étaient levés en invectivant les nouveaux venus. Le diplomate affronta la tempête sans bouger ni faire apparaitre la peur qui naissait en lui. Endarius fit une nouvelle fois usage de son marteau pour ramener le silence, il se leva à son tour pour prendre la parole.
- Noble projet que voilà, mais crois tu qu’à seulement vous trois vous puissiez changer des siècles de peur et de secrets ?
Des clameurs d’assentiments retentirent parmi les mages rassemblés.
- Je n’ai jamais dit que cela se ferait facilement, nous avons comprit le grand danger que nous encourrons à tenter de percer le voile opaque du mensonge. Mais ce n’est pas en ne faisant rien que nous pourrons changer cela. Pendant notre voyage nous avons rencontré de nombreuses personnes qui vivent dans la peur mais qui désirent que la vérité éclate.
- Vous n’êtes que deux diplomates et une simple écuyère sans grade et loin d’être ordonné chevalier, intervint Malna, la deuxième Maitre du Concile, qui vous écoutera ?
Grâce à leur préparation de la nuit, Ekart savait exactement quoi répondre.
- Il y a encore des gens dans le Conglomérat qui savent écouter ceux qui ont quelque chose à leur dire, nous nous appuierons auprès de ceux qui croient encore en la liberté, Maître Garynlos sait quelles sont ces personnes et certaines font partie de l’élite de la société. Ces changements ne se feront pas en quelques instants, bien évidemment, mais sur le long terme.
Nertas trouvait qu’ils s’en sortaient bien, il ne croyait pas qu’ils pouvaient réussir mais maintenant il sentait que cela pouvait être possible. Patinil était occupée à prendre des notes sur la réunion pour pouvoir en faire un rapport complet, elle ne perdait jamais une occasion d’enrichir ses connaissances. Mel restait silencieuse sur son siège, elle ne se sentait pas à sa place ici, très impressionnée dès que les mages se mettaient à parler tous ensemble.
- Et comment comptez vous vous y prendre ? Reprit Endarius d’une voix calme.
Le jeune homme remit ses idées en place avant de répondre.
- Nous ne pouvons pas tout annoncer d’un seul coup, nous ne serions jamais prit au sérieux. Nous voulons agir par étapes, d’abord démontrer l’existence au peuple de l’Inquisition et de ses agissements contre la population, ensuite seulement nous parlerons de la magie et des persécutions en apportant des preuves des méfaits et des exactions commises.
- Et où trouveras tu ces preuves ? Demanda le troisième Maître du Concile Norin
- Dans le seul endroit où l’Inquisition n’a pas encore pu détruire les archives compromettantes sur l’histoire du Conglomérat, ici même !
Un nouveau brouhaha retentit dans la grande salle, cette fois il n’y avait de colère mais plus de l’interrogation.
- Voilà pourquoi nous désirons rester plus longtemps parmi vous, reprit Ekart en parlant plus fort pour couvrir le bruit, nous désirons faire des recherches dans les bibliothèques d’Alantaria qui voudront bien nous ouvrir leurs portes.
- Vos arguments ne manquent pas de pertinence mais j’ai déjà connu des personnes comme vous plus vieux, intervint un mage au premier rang.
L’homme était d’un grand age, complètement chauve, il possédait une barbe blanche très longue finement tressée. Une canne en bois sculptée reposait près de sa main pour l’aider à marcher. Le silence se fit rapidement, l’avis du mage Garin était toujours respecté, même pour le Premier Maître, c’était le doyen du Concile avec un âge de près de 120 ans.
- Comme je l’ai dit, reprit Garin, j’ai déjà vu des gens comme vous qui voulaient changer les choses, mais ils ont tous fini par abandonner par peur ou par manque de courage. Comment pouvez me prouver que vous avez le cran pour aller au bout de vos idées ?
Des murmures s’élevèrent parmi les membres du Concile, les trois maîtres attendaient impatiemment la réponse du jeune homme. Ekart baissa la tête, il s’attendait aussi à ce genre de question, il avait bien préparé une réponse, mais Patinil voulait absolument faire autre chose. La jeune fille s’était levée de son siège pour rejoindre son camarade, sous les yeux de Mel et de Nertas qui ne se posait des questions.
- S’il te plait, je vais essayer de les convaincre comme nous avons dit, demanda Ekart en la prenant par le bras.
- Tu sais très bien que l’impact sera plus direct.
- Je ne veux pas que tu fasses ça.
Le jeune homme regardait son amie avec plus d’intensité, pour la première fois Patinil le vit beaucoup plus adulte.
- Ne t’en fais pas c’est mon choix.
Elle posa sa main sur celle du diplomate et la retira. Elle avança au centre de l’hémicycle, puis elle regarda un instant toute l’assemblée qui avait les yeux fixés sur elle. La jeune fille réprima la panique qui commençait à la submerger mais elle reprit courage, elle devait le faire pour le bien de leur mission.
- Membres du Concile, vous vous demandez si nous aurons le courage d’aller jusqu’au bout de nos convictions, je vais vous montrer maintenant la preuve que vous attendait.
Patinil respira profondément, elle ferma les yeux et commença à détacher le cordon qui retint sa cape. Elle la laissa l’habit sur le sol dévoilant un haut à bretelle sans manche, puis elle retira ses gants qui la couvraient jusqu’à la moitié du bras. Des murmures s’élevèrent au fur et à mesure que les vêtements étaient retirés.
Une fois les gants retirés, la jeune fille retira le foulard qu’elle avait en permanence autour du cou, et elle finit par repousser ses cheveux en arrière pour dévoiler son cou et ses épaules nues. Toutes les cicatrices du à la torture qu’elle avait subi étaient parfaitement visibles, Patinil resta les yeux fixes devant elle en évitant de voir sa peau nue.
- Voilà notre détermination, lança la jeune fille d’une voix neutre et détachée.
Mel s’était levé de son siège quand elle avait commencé, mais Nertas l’avait arrêté bien que lui-même voulait se lever, il savait aussi que la diplomate faisait preuve là d’un immense courage qu’ils ne devaient pas gâcher. Ekart fixait les membres du Concile en plongeant dans les yeux des personnes rassemblées.
Endarius ne pensait pas qu’ils auraient été jusque là, il regarda ses comparses à coté de lui. Eux non plus ne savaient pas comme ils devaient réagir maintenant, le premier Maître prit la parole après un petit instant de réflexion.
- Vous pouvez vous rhabiller mademoiselle, je pense que toute l’assemblée a compris ce que vous voulez nous dire.
Patinil reprit ses vêtements et retourna derrière l’oratoire. Mel l’aida à s’habiller, elle remarqua alors que la jeune fille tremblait de tout son corps. L’écuyère la fit s’asseoir sans pour autant lâcher sa main pour l’aider à se calmer.
- Nous allons maintenant débattre sur votre demande, reprit Endarius, vous resterez dans vos appartements en attendant notre réponse.
- Je vous remercie de nous avoir écoutés, répondit Ekart.
Le jeune homme s’inclina devant les membres du Concile, tandis que les autres derrière lui en faisant autant. Déjà le gardien des clefs les attendait pour les ramener jusqu’à leur résidence, Nertas s’arrêta à la porte.
- Je vais rester pour assister au débat, je pourrais ainsi donner des indications supplémentaires au Concile.
- Merci Nertas, répondit Ekart.
- Reposez vous pour le moment, je viendrais vous chercher moi-même.
Le diplomate haussa les épaules en souriant.
- Nous n’avons rien d’autre à faire de toute manière.
La porte se referma sur le passage des jeunes gens tandis que dans la salle du Concile, les débats commençaient à peine.
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