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Jeudi 31 mai 2012, 12:40


Voici une histoire écrite par Trimor et dont le titre est Océan - chapitre 55 - Rivalité sur l'Océan - Les contrebandiers.

Bonjour ^^

Sur l'Aurore, Zeïna a pu mettre la main sur un véritable trésor avant son concurrent. Le transport de perles valant une petite fortune va permettre au navire d'assoir sa réputation. Pour le commerce, les bonnes dispositions avec les clients sont primordiales, et Zeïna compte bien utiliser tous ses atouts pour battre le Comte.

Les corsaires vont commencer leur chasse aux contrebandiers, le Capitaine Aleron est confiant, rien ne peut l'arrêter. Les membres de l'Aurore Boréale sont prêts à se battre, malheur à ceux qui croiseront sa route.

Bonne lecture, et laissez quelques commentaires pour l'auteur, merci ^^


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CHAPITRE 55
Rivalité sur l'Ocèan - Les contrebandiers

Leur escale à l’Ile Douale ne fut pas très longue, après seulement quelques heures à l’encre dans le port, l’Aurore Boréale reprenait le large en direction d’Onerine. Le chargement des précieuses perles se trouvait bien à l’abri dans les calles, les produits de moindre importance avait été mis au dessus pour les protéger.
Un passager avait embarqué depuis le port, Len Pilard, le marchand de perles qui comptait surveiller son chargement jusqu’à son arrivée à bon port. Une cabine des officiers lui avait été laissée, Zeïna voulait soigner leur hôte au maximum. Elle devait penser à entretenir sa réputation auprès des marchands pour réussir à se faire un nom parmi leur corporation.
La nuit était tombée au moment de leur départ, mais la marée était bonne, le navire n’aurait aucun mal à gagner le large. L’équipage était divisé en deux parties, une vingtaine de marins pour chaque quart. Ils étaient ainsi bien assez pour s’occuper des voiles, la capitaine était à son poste sur le pont arrière.
- Mr Marslow, nous allons poursuivre ce cap toute la nuit.
- Bien Capitaine, répondit le timonier.
Acoya leva la tête vers la jeune fille.
- Nous allons nous éloigner de la route la plus rapide en prenant par là.
- Je sais bien, fit Zeïna, mais je veux éviter de croiser l’un des navires du Comte, il a surement du envoyer l’un de ses capitaines pour prendre la cargaison.
- Que veux tu qu’il nous fasse ? Lança l’elfe en riant.
La capitaine croisa les bras sur sa poitrine.
- C’est la deuxième fois que nous le prenons de vitesse, je pense qu’il aura donné des instructions à ses hommes pour éviter que l’affaire de la borsa ne recommence.
Acoya pencha la tête sur le coté.
- Oui peut être, mais je pense toute de même que nous n’avons rien à craindre.
- Je préfère rester prudente.
Zeïna tourna alors la tête vers la pilote pour reprendre la parole.
- Au fait, as-tu commencé à voir pour ce voyage dans le nord de l’archipel Mangalor ?
- Oui, les courants sont étranges là bas, je vais devoir les étudier avant de pouvoir être sûr de la route.
- Je voudrais que nous ayons une réunion pour voir cela avec Mr Gahena demain en fin de matinée, tu pourrais préparer ça cette nuit ?
L’elfe fit la moue.
- J’aurais aimé rester avec toi sous les étoiles, je n’aime être enfermé au milieu de livre poussiéreux.
- S’il te plait, j’ai besoin de ses informations pour préparer notre prochain voyage, je te laisserais toute l’après midi de demain au repos si tu veux.
- Bon, si tu insistes, mais c’est bien par ce que je tiens beaucoup à toi pour que je mette à travailler si tard.

L’elfe quitta le pont pour se rendre dans sa cabine, La jeune fille souriait, elle arrivait maintenant à donner à leur pilote des directives qu’elle suivait réellement, loin des débuts où celle-ci n’en faisait qu’à sa tête.
Zeïna reprit son attention sur la route de l’Aurore Boréale, elle devait faire attention à ce que son navire donne toute sa vitesse maximale. Elle lança un appel pour ferler une voile, une demi-douzaine de marins se lança sur les cordages pour reprendre les cordages.
La capitaine descendit sur le pont central pour faire le tour du navire et des hommes de quart, elle fut accueillit avec des sourires et des salutations. Oublié les débuts difficiles pour obtenir l’ordre, la jeune fille pouvait compter sur son équipage et sa loyauté.
Les heures défilèrent, et la nuit passa calmement, le temps resta stable et le vent assez fort pour permettre à l’Aurore de prendre de la vitesse. L’aube se levait à peine, Zeïna regarda le soleil pointait en soupirant de plaisir, elle allait pouvoir se reposer. Portyd arriva sur le pont supérieur, les marins du nouveau quart prenaient également leur place.
- Bonjour capitaine, lança le second, comment s’est passé la nuit ?
- Parfaite, la brise est bonne, nous avons gardé un cap Nord Est, maintenant nous pouvons reprendre le cap en direction d’Onerine.
Elle se tourna vers la barre, un autre marin prenait ses fonctions à la place de Marslow.
- Bonjour Mr Deter, cap Est Sud Est s’il vous plait.
- Bonjour Capitaine, à vos ordres.
D’une main sûre, il fit pivoter la barre dans la bonne direction, se confortant au compas à coté de lui.
- Je vais dormir un peu, lança la jeune fille, j’organiserais une réunion sur la suite de notre voyage en fin de matinée, je voudrais que vous y assistiez.
- J’y serais, reposez vous bien.
- Merci Mr Odell.
Zeïna salua l’officier et descendit l’échelle pour regagner sa cabine, la fatigue se ressentait, mais elle n’était pas écrasante. Elle referma la porte derrière elle, Hina était dans sa cabine, elle posait un repas chaud sur son bureau.
- Bonjour Capitaine, je vous ai amené votre petit déjeuner.
- Merci Hina, j’avais faim justement.
Elle s’attable pour prendre son repas, elle appréciait la cuisine du jeune Alek. Il avait vraiment fait des progrès par rapport à ses débuts à bord. Une fois terminée, Zeïna se leva de sa chaise en s’étirant, elle avait besoin de dormir un peu maintenant. Hina avait même préparé son lit qui n’attendait plus qu’elle pour s’y allonger.
- Tu exagères, je peux très bien le faire.
- Je suis votre servante, je dois donc faire mon travail.
Hina prit les bottes de la jeune fille dés que celle-ci les enleva, ainsi que sa veste.
- Je vais les brosser pendant que vous dormez.
- Je te remercie.
- De rien Capitaine, dormez bien, vous voulez que je vous réveille ?
- Oui, dans quatre heures s’il te plait.
- C’est un peu court comme nuit.
La jeune fille fixa la servante avec insistance.
- Bon je ne discute pas, lança Hina.
La fille rousse quitta la cabine sur ces mots, laissant son occupante enfin seule. Zeïna poussa un soupir, elle était plus fatiguée qu’elle ne le pensait, mais après quelques heures de repos, tout irait mieux. Elle retira son pantalon pour être plus à l’aise, puis elle entra dans son lit en fermant les yeux.
La jeune fille aurait du s’endormir immédiatement, habituée au repos court et aux réveils imprévisibles. Mais depuis leur départ de Junia, elle ne dormait plus aussi bien, sous ses couverture dans le silence de sa cabine, son trouble reprenait le pas. Elle n’arrivait toujours pas à oublier ce qui s’était passé au bal, son cœur s’emballait à chaque fois qu’elle revivait ces moments, la chaleur de ces baisers.
Elle n’avait pas le droit de se laisser aller, elle ne le pouvait pas pour le bien de tout le navire. Ses sentiments allaient lui jouer des tours et peut être même la pousser à faire les mauvais choix dans des instants critiques. La jeune fille savait bien qu’elle aurait du en parler avec Lantis avant la séparation, peut être se serait elle sentit moins oppressée ?
Zeïna porta une main vers son visage, elle caressa ses lèvres du bout des doigts, comme pour retrouver la sensation des baisers. Elle sentit son visage s’enflammer et son cœur bondir, elle se recroquevilla sous sa couverture. Malgré ses doutes, une chose lui était certaine, elle aimerait revivre encore une fois le bonheur qu’elle avait ressenti à l’instant où ses lèvres avaient rencontré celle de Lantis.


- Capitaine, réveillez vous !
Zeïna émergea d’un sommeil profond, elle avait du mal à remettre ses idées en place. Des coups puissants continuaient d’être frappés contre la porte de sa cabine. Après quelques instants de flottements, elle sortit de son lit pour gagner la porte.
- Oui qui y t’il ?
- Le second vous demande sur le pont, s’il vous plait.
Elle reconnaissait la voix d’un des jumeaux Vatis.
- Très bien, j’arrive tout de suite.
Le marin cessa de frapper à la porte, le bruit de ses pas s’entendit quand il s’éloigna en courant des cabines. La capitaine enfila rapidement son pantalon laissé sur une chaise, ses bottes étaient déjà là, cirées avec attention. La jeune fille n’avait même pas entendu Hina entrer dans sa cabine pour les y déposer.
Zeïna fit un arrêt rapide devant une glace pour remettre de l’ordre dans sa coiffure et sa tenue. Puis elle se saisit de sa veste sur un porte manteau au mur avant de quitter sa cabine pour se rendre sur le pont. Elle surgit à l’air libre et chercha des yeux Portyd, il lui fit signe sur le pont supérieur.
- Que se passe-t-il Mr Odell ? Demanda la jeune fille en le rejoignant.
- Je suis désolé de vous avoir dérangé pendant votre sommeil, mais je pense que vous devriez voir ce que la vigie a aperçu au loin à bâbord.
Elle prit la lunette du second et elle regarda dans la direction qu’il lui indiquait. Après quelques secondes de recherche, elle vit alors ce qui avait provoqué cet appel. Au loin un navire faisait force de voile dans leur direction, il était sensiblement de la même taille que l’Aurore. Il avait manifestement le but de rattraper son bateau pour une raison étrange.
- Un bateau pirate d’après vous ? Demanda la jeune fille.
- Non, répondit Portyd, ils utilisent des bricks ou des voiliers, mais Loan a décrit son pavillon, il a pu le voir malgré la distance, se sont les armoiries du Comte dé Varousis Aras.
Le visage de Zeïna se durcit.
- Aurait-il dans l’idée de s’en prendre à l’Aurore directement ?
- Justement, nous ne connaissons pas ses intentions.
Elle observa de nouveau le navire inconnu au loin.
- Il a l’air plus rapide que nous, fit-elle.
- Ses calles doivent être vides, et il a l’avantage du vent, répondit le second.
- Alors, nous allons lui montrer ce que l’Aurore Boréale peut offrir, tout l’équipage sur le pont, je veux le maximum de voiles sur les mâts.
- A vos ordres.

Portyd donna de la voix, les marins se lancèrent dans les mâts, ceux qui n’étaient pas de quart apparurent à leur tour. Bientôt le navire bruissa d’une activité intense et des encouragements du second, toutes les personnes à bord était sur le pont.
- Capitaine Dé Feryo, que se passe-t-il ? Demanda Len Pilard en apparaissant.
- Rien de grave Mr Pilard, simplement une petite course, nous arriverons plus rapidement à Onerine ainsi.
Le marchand leva un sourcil interrogateur.
- Serions-nous poursuivis ?
Zeïna décida d’être directe.
- Le comte semble vouloir récupérer ce qui le revient de droit, je vais lui montrer qu’il n’en est rien.
- Bien, j’espère que mes perles ne risquent rien.
- Ne vous en faites pas, et profitez du spectacle.
Les heures passèrent, et les navires se rapprochaient de plus en plus. Le bateau ennemi gagnait du terrain, il bénéficiait d’un vent favorable qui empêchait l’Aurore de montrer sa pleine puissance. L’équipage ne perdait pas espoir pour autant, poussé par la capitaine et le second, ils donnaient le maximum pour augmenter la vitesse. Zeïna porta sa lunette à l’œil pour calculer la distance, ses lèvres se pincèrent fortement.
- Il n’y a rien à faire, ils nous rattrapent.
- Nous sommes chargés et eux sont à vide, remarqua Portyd.
La jeune fille se mit à réfléchir pour trouver une solution, soudain elle se rappela un détail qu’elle avait aperçu sur une carte de cette zone.
- Acoya ! Appela-t-elle.
L’elfe apparut près de la jeune fille.
- Oui ?
- Dis-moi, si je me souviens bien il y a un fort courant en surface non loin d’ici.
La pilote réfléchit à son tour avant d’hocher la tête.
- Oui, une vraie curiosité.
- Où voulez vous en venir ? Demanda Portyd qui préférait garder le vouvoiement en présence des marins.
- Ce courant peut entrainer un navire à plusieurs lieux de notre position en quelques instants, et avec le vent à contre sens, il n’aura aucune chance de s’en sortir pour nous rattraper.
- Mais le capitaine de ce navire doit le connaitre, fit remarquer le second.
- Nous allons le forcer à le prendre, changement de cap, barre plein Sud !
Le marin fixa la jeune fille sans trop comprendre avant d’obéir et de tourner la barre dans la bonne direction. La proue du navire fut bientôt face à la position de l’ennemi, au grand étonnement de l’équipage, mais ils avaient confiance en leur capitaine et ils poursuivaient leur travail.
- Où se trouve le courant ? Demanda Zeïna.
Acoya sortit une carte et fit quelques observations rapides.
- Entre les deux bateaux, il faut continuer un peu plus à l’Est.
- Donne les directives au timonier, je te fais confiance.

Rapidement, la distance entre les deux vaisseaux se réduisit assez pour que les marins puissent voir ceux de l’autre bateau au travail. La proximité du courant poussait l’Aurore Boréale dans la mauvaise direction, le minotaure gardait le cap avec calme et fermeté. Zeïna observa l’adversaire dans sa lunette, une grande agitation régnait sur le pont, le capitaine était visiblement perdu quand à la manœuvre de l’Aurore.
- Si nous continuons ainsi nous allons le percuter ! Cria Portyd.
- Nous gardons le cap !
Les marins de l’Aurore Boréale commencèrent à s’agiter, il n’y avait plus qu’une centaine de mètre entre les deux bateaux. Aucun des deux ne semblait vouloir changer de cap, mais la jeune fille avait ne confiance aveugle en son navire. Le vent avait encore forci, la collision serait bientôt inévitable.
- Zeïna, nous devons faire demi-tour ! Lança Portyd qui commençait à s’énerver.
- Pas encore !
Elle observait leur adversaire dans sa lunette, et il vit enfin ce qu’elle attendait, le capitaine de l’embarcation du Comte lança la manœuvre d’évitement, tournant la barre à tribord en pleine vitesse.
- Abaissez les voiles, barre à tribord toute !
Les marins obéirent en quelques instants, ils n’avaient pas d’autre choix pour éviter la collision. Parn Deter se pencha de tout son poids pour maintenir la bonne direction, le bois craqua mais rien ne cassa, une fois encore l’Aurore Boréale montrait sa force. Ils avaient évité le pire en sacrifiant leur vitesse pour éviter de prendre le gouvernail.
Au contraire, sur le navire du Comte, les choses n’allaient pas aussi bien. Virant de bord en pleine vitesse, le gouvernail s’était bloqué sous le choc, manquant de rompre tout simplement. Pris dans le courant inverse, le bateau ne pouvait plus contrôler sa direction. Il s’éloigna rapidement de l’Aurore malgré l’effervescence de son équipage.

Zeïna afficha un sourire satisfait tandis que ses marins poussaient des cris de victoire. Acoya sautait sur place, une fois encore l’elfe avait démontré que ses connaissances de l’océan permettaient des miracles.
- Remettez les voiles, et reprenons la direction d’Onerine, nous ne devrions plus être ennuyé par cet inopportun.
- Félicitation Capitaine Dé Feryo, lança Len Pilard, j’ai l’impression que j’ai eu raison de vous faire confiance.
- Je vous remercie Mr Pilard.
Portyd s’appuyait sur la rambarde du pont supérieur, il reprenait son souffle après la frayeur qu’il avait eu. Il n’aurait jamais cru qu’une telle manœuvre soit possible, l’équipage pourtant réduit avait fait preuve d’un sang froid impressionnant.
- Une furie cette jeune demoiselle, fit Odal Gahena à ses cotés.
- Elle ne m’avait encore pas fait ce genre de coup là.
- L’Aurore Boréale est vraiment un bateau plein de surprise.
Le second se releva en se permettant un sourire.
- Et encore, vous n’avez pas tout vu, c’est une Dé Feryo aux commandes.
Le maître espion hocha la tête, il n’en doutait pas non plus.


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Le vent soufflait en tempête, les paquets de mer se fracassant sur les récifs aux arrêtes tranchantes. Parfois ils disparaissaient sous les flots, devenant des pièges terribles et invisibles pour tous les navires qui passaient par là.
Le Faucon naviguait sous voiles réduites entre les dangereux écueils, mené d’une main de maître par le capitaine Aleron. L’homme n’avait pas menti, il connaissait parfaitement la région, trouvant à chaque fois le passage qui permettait au voilier de se faufiler entre les récifs.
Les membres de l’équipage de l’Aurore s’étaient rassemblés dans l’entrepont, ils attendaient l’ordre de monter à l’air libre pour passer à l’action. Depuis le matin, le voilier était entré dans son terrain de chasse, la zone des contrebandiers. Lantis, Gouran Dé Hydalis et Cryanne se trouvaient au coté du capitaine Aleron, ils étaient armés également.
- Vous pensez que malgré le mauvais temps, nous allons trouver un navire, lança le maître d’arme qui se tenait du mieux qu’il le pouvait sur le pont.
- Oh oui, il ne faut pas en douter, se ne sont pas des marchands frileux, ils aiment au contraire ce genre de temps pour semer les navires de guerre.
Un nouveau paquet de mer s’abattit sur le pont violement, la proue du voilier s’enfonça dans l’eau pour mieux ressurgir avec une volée d’embruns. Ils passèrent tout près d’un grand massif de pierre bordé d’écueils tranchants. L’homme qui tenait la barre s’esclaffa en riant aux éclats.
- Nous avons passé le Naufrageur, maintenant il est certain que nous allons croiser au moins un des contrebandiers de la zone.
Cryanne jeta un coup d’œil en arrière pour observer le pic de pierre.
- Je suppose que l’origine de son nom vient du danger de s’en approcher.
- Pas seulement, parmi les marins qui croisent sur cette partie de l’océan, beaucoup ont vu des lumières briller sur ce caillou. D’après la légende se serait les fantômes des naufragés qui tenteraient d’attirer les vivants auprès d’eux. Il y arrive parfois, je dois dire, il ne fait pas bon s’en approcher.
- Alors pourquoi vous le faite ? Fit remarqua la métis.
Aleron afficha un grand sourire.
- J’aime vivre dangereusement !

Il se remit à rire en poursuivant sa route entre les récifs sous les regards abasourdis des trois officiers de l’Aurore. La mer se calma doucement, mais le vent continuait de souffler en rafale sans discontinuer. L’appel que tous attendait à bord retentit enfin du haut du mât où s’était posté l’un des guetteurs.
- Une voile droit devant !
Le capitaine Aleron lâcha une exclamation de joie.
- Voilà notre première proie !
- C’est un contrebandier, c’est certain ? Lança Gouran Dé Hydalis.
- Pour sûr mon gars, pas de pavillon et assez fou pour naviguer dans les parages, c’est un voilier rapide taillé pour la course.
L’homme dirigea le Faucon dans sa direction tout en continuant de parler.
- Nous sommes dans le vent et en position de force, sa voile principale est déchirée, préparez vos hommes nous seront bientôt sur eux.
Les officiers quittèrent le capitaine pour rejoindre leur troupe, ils s’étaient déjà entendus sur la stratégie à apporter. Deux groupes, l’un à l’avant et l’autre à l’arrière, donneraient l’assaut au contrebandier. En cas de résistance, les marins n’hésiteraient pas à se servir de leurs armes pour se rendre maître de l’adversaire. Gouran Dé Hydalis quand à lui devait préparer ses ustensiles dans la calle pour soigner les blessés.
Les marins se mirent en place, pour équilibrer les forces, les frères kadjis seraient avec Lantis, tandis qu’Archord et Akena accompagneraient Cyranne. Le navire visé se rapprochait de plus en plus, ils n’avaient apparemment toujours pas compris qu’ils étaient visés. Plusieurs marins se trouvaient sur la voile affairée à la réparer.
La métis fit un dernier point avec son camarade avant l’assaut.
- N’oublie pas, attend bien que les deux coques soient assez proche avant de sauter, recommanda Lantis.
- Ne t’en fais pas, je ne suis pas à mon premier abordage.
- L’excès de confiance peut être fatal, n’oublie pas.
Cryanne le regarda d’un air amusé.
- Je vois que notre petite conversation a porté ses fruits.
Le maître d’arme la fixa.
- Je ne trouve pas que c’est vraiment le moment d’en parler, mets toi en position, nous allons bientôt attaquer.
Il se retourna pour rejoindre sa troupe d’assaut sans un regard en arrière.
- Pourtant, je vois que mes paroles ont eu leur effet, murmura t’elle avant de rejoindre les marins sous ses ordres.

Le contrebandier n’était plus qu’à quelques encablures maintenant, les hommes à bord avaient fini par comprendre qu’ils étaient visés. Ils tentaient de prendre la fuite en prenant le maximum de vent, mais avec leur grande voile mal en point, ils n’avaient presque pas gagné de vitesse.
Le faucon se jeta alors sur sa proie comme l’oiseau de proie de qui il tenait son nom. Les deux groupes d’assaut de l’Aurore bondirent du pont du voilier pour attaquer le bateau ennemi. Face à la menace, les contrebandiers réagirent dans une pagaille complète, certains se jetant aux pieds des assaillants pour avoir la vie sauve.
Mais le capitaine du navire ne comptait pas se laisser prendre, il réussit à former un petit groupe en arme pour se défendre. Les kadjis et leur puissance entrèrent en scène, ils repoussèrent les défenseurs en désorganisant leur formation. Les armes s’entrechoquèrent, des cris de blessés retentirent rougissant le pont de leur sang.
Le combat était intense mais il ne dura guère, l’assaut rapide avait été brutal contre un équipage qui n’était pas préparé. Lantis se dressa alors devant le capitaine ennemi qui était seul maintenant, entouré par des combats brefs qui tournaient rapidement à l’avantage des assaillants. Il tournait la tête, cherchant de l’aide ou un moyen de changer la donne, mais rien ne pouvait plus empêcher l’inévitable.
- Baissez votre arme, vous n’avez rien d’autre à faire.
L’homme poussa un grognement de dégout.
- Je dois me rendre à un vulgaire pirate !
- Corsaire s’il vous plait.
Le capitaine finit par jeter son épée au sol.
- Je ne vois pas grande différence pour ma part.
Lantis ramassa l’arme au sol et lui répondit su un ton neutre.
- Un pirate vous aurait jeté à l’eau sans remord, moi non.

Des cordes furent lancées pour arrimer les deux navires ensembles pendant que les abordeurs réunissaient les prisonniers. Gouran Dé Hydalis monta à bord du contrebandiers avec ses ustensiles, il se dirigea directement vers Lantis.
- Où sont les blessés ?
- Pas parmi nous Gouran, lança le maître d’arme, un assaut impeccable, par contre des marins du navire contrebandier sont touchés, ils ont besoin de vous.
Le médecin ouvrit de grands yeux surpris, il ne s’attendait pas à une telle victoire. Il se dirigea donc vers les prisonniers pour leur prodiguer les premiers soins. Le capitaine Aleron se présenta à son tour devant Lantis, Cryanne les rejoignit à son tour.
- Belle prise, je vous avez sous estimé.
- Le combat a été rapide, nous avons joué de l’effet de surprise, il y a deux morts et cinq blessés dans leur rang, et une quinzaine de prisonnier sur le pont, expliqua le maître d’arme.
- Nous n’avons eu aucun blessé quand à nous, reprit Cryanne, à part Husla qui a glisser en posant le pied sur le bateau en sautant. Il en sera quitte pour une bosse et pas mal de moqueries de la part du reste de l’équipage.
La métis en avait déjà mis une bonne dose, et elle comptait bien recommencer.
- Et pour la cargaison ? Demanda Lantis.
- J’ai jeté un coup d’œil rapide, des ballots de tissus de luxe, de l’alcool et d’autres caisses que je n’ai pas pu voir. Nous allons pouvoir prendre le navire entier, la cargaison est de très bonne qualité, il faut en profiter.
- Et que faisons-nous de ceux là ?
Cryanne désigna le groupe de prisonnier sur le coté.
- Nous allons les garder à fond de calle sur le Faucon et dés que nous seront dans une zone plus calme, nous débarquerons ce petit monde sur la cote.
- Les chaloupes de notre prise leur serviront de …
Un appel poussé depuis le haut du mât coupa Lantis.
- Une autre voile par bâbord !
Les deux officiers et le capitaine regardèrent dans la direction indiquée.
- Vous croyez que nous pouvons le prendre aussi ? Fit Cryanne.
- Il suffit d’essayer non ?
Lantis appela les marins de l’Aurore à se réunir.
- Cryanne, je te laisse les prisonniers, avec Archord, Akena et deux autres marins cela devrait suffire.
- Oui, je vais les attacher trois par trois, ils ne pourront pas sauter à l’eau ainsi, revenez vite tout de même.
Le vent poussait le nouveau venu rapidement dans leur direction.
- L’affaire sera rondement mené, lança le capitaine Aleron, il vient nous tomber dans les bras comme le fruit bien mûr tombé d’un arbre. Le navire est plus petit, une douzaine de personne à bord, tout au plus, bien plus facile que le précédent.
Lantis regarda le capitaine.
- J’ai l’impression que la situation vous amuse.
- Je dois dire que je commence à y prendre goût.
Les deux hommes changèrent de navire accompagnés des marins qui ne restaient pas à bord. Cryanne poussa un soupir, les mains sur les hanches.
- Les hommes, ils ne pensent vraiment qu’à s’amuser, ils ne prennent jamais rien au sérieux.
Les quatre membres de l’équipage la fixèrent.
- Alors, vous n’êtes pas d’accord avec moi peut être ? Lança-t-elle dans leur direction.
Personne n’osa pas lui répondre de peur de s’attirer ses foudres, même les prisonniers ne pipèrent mot. Les deux navires se séparèrent en quelques instants, le Faucon voguant vers sa nouvelle proie. La chasse ne faisait que commencer pour les corsaires d’un nouveau genre.

 
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