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Jeudi 31 mai 2012, 12:41


Voici une histoire écrite par Trimor et dont le titre est Paladin - chapitre 02 - Terres divisées.

Bonjour à tous ^^

J'ai le plaisir de vous offrir la suite de Paladin, j'espère que l'histoire vous a plu dans le premier chapitre. Nous allons pouvoir nous plonger un peu plus dans la rébellion qui frappe le Conglomérat.
Les combats à Paragahi ne peuvent pas rester sans faire réagir la capitale et les membres de l'Inquisition. Onèan et ses compagnons vont se plonger dans une lutte de pouvoir sans merci.

Bonne lecteur et laissez moi un commentaire pour me dire ce que vous pensez du chapitre et de l'histoire.
A la prochaine ^^


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CHAPITRE 02
Terres divisées

Manilaus, la grande capitale du Conglomérat était le siège de la puissance des terres civilisées, lieux de résidence de la Lumière Divine, le pacificateur. Derrière les murailles de la cité, la population vivait sous la protection de l’Empereur.
Siège des pouvoirs, toutes les organisations militaires et civiles se regroupaient dans tous les quartiers. La forteresse de l’Ordre de la Lumière tentait de rivaliser avec le palais de l’Empereur, élevant vers le ciel ses tourelles de pierre grise. L’Inquisition, plus discrète, possédait plusieurs bâtiments qui encerclaient la cité entre ses griffes toutes puissantes. La grande Académie semblait être un havre de paix perdu au milieu du chaos.
Dans la capitale, la zone la mieux protégée et la plus secrète se trouvait être le palais de l’Empereur lui-même. Derrière de grands murs de marbre blanc, la magnifique demeure étalait ses richesses cachées aux yeux du peuple.
Le seul moyen de se rendre sur le plateau où se trouvait le palais était un sentier creusé dans la roche par la main de l’homme. Des portes fortifiées émaillaient la pente douce qui menait au sommet de la terrasse, bardées de fer et d’acier. Les postes de garde empêchaient les personnes non invitées par la Lumière divine.

Seuls les privilégiés avaient le droit de monter jusqu’au sommet et contempler la magnifique demeure de l’Empereur. La dernière porte d’accès au palais était façonnée par un maître menuisier, faite de bois précieux et doré à l’or fin. Les sculptures et les gravures présentaient les sujets du Conglomérat se prosterner devant une étoile éblouissante dans le ciel.
Passer le portail d’entrée, une admirable série de statues au réalisme saisissant égaillait une cour d’honneur, des fontaines apportant un peu de fraicheur. Le palais était formé par une suite de bâtiments, reliés par des couloirs ouverts et des tonnelles en bois précieux. Une armée de serviteurs faisait régner la paix et la sérénité dans ce lieu hors du temps et du reste des habitants du Conglomérat.
La décoration était faite de meubles marquetés venu de lointaines contrées dont peu de gens connaissait même le nom. Dans toutes les pièces, les œuvres d’arts resplendissaient sur les murs, posées sur les tables, des vases précieux, des tableaux de maître, de pièces d’orfèvrerie couvertes de joyaux.
La salle du trône était la pièce la plus resplendissante du palais, au centre même de la petite cité perchée dans les nuages. Sur les murs, des fresques présentaient la gloire de la Lumière Divine, foudroyant l’ennemi de sa puissance. Les pauvres innocents rendaient grâce à leur sauveur en offrant leur vie et leur trésor à l’Empereur.
Une étrange agitation régnait dans le palais en cette fin de matinée. Une audience avait été demandée en urgence par le ministre des armées de l’Empereur, bouleversant l’étiquette habituellement exigée. Les serviteurs courraient en tout sens pour nettoyer la grande salle du trône guidés par les majordomes. Les fleurs fraiches remplaçaient les bouquets fanés, les fenêtres astiquées à la hâte, la poussière retirée.
Le grand rideau transparent fut mis en place avec rapidité, barrant à la vue des invités la vision de l’Empereur. Depuis la construction du palais, les différents maîtres du Conglomérat étaient restés ainsi cachés à la vue du reste du monde.

Sur une estrade, un homme vint s’assoir sur un lit de coussin, faisant voler sa robe de soie pure qui le couvrait. Une demi douzaine de jeunes femmes vinrent l’entourer, une partie du harem de l’Empereur, plus belles les unes que les autres.
Par la porte d’entrée de la salle d’audience, une personne pénétra en faisant claquer ses bottes de cuir. Dans cet univers de luxe, la tenue noir et guerrière du personnage se trouvait totalement en décalage. L’homme arborait un visage racé et noble, avec un profil d’oiseau de proie, quelques rides étaient visibles autour de ses yeux démontrant son âge. Ses cheveux mi-long était noir, coiffés en arrière de manière impeccable.
Ses vêtements étaient de très bonne facture, des jambières de cuir souple d’un noir de jais, une cuirasse légère faite de plaques en acier parfaitement adaptée au corps de son porteur. Une cape flottait derrière lui, cousu avec du fil d’or, muni d’un blason représentant une serre d’aigle tenant un cœur entouré d’une couronne en acier.
Il s’arrêta à une dizaine de mètres du rideau transparent, à la place qu’il avait pris lors de nombreuses audiences passées. Aucun siège ne l’attendait, en présence de la Lumière divine, seul lui avait le droit de s’assoir.
Mais l’homme devait annoncer aujourd’hui une nouvelle qui n’allait pas vraiment plaire au maître du Conglomérat. Il attendit patiemment que l’Empereur prenne la parole, il avait bouleversé assez des règles de l’étiquette du palais. Au soulagement du ministre, la Lumière Divine prit la parole d’une voix nasillarde et traînante.
- Mon cher Duc, c’est un plaisir de recevoir mon ministre de la guerre entre ses murs.
Torodred de Cerissac se courba avec grâce devant la personne dont il ne pouvait voir qu’une vague silhouette.
- Je suis désolé d’interrompre la journée de mon seigneur de manière si brutale.
- Ce n’est rien, répondit l’Empereur, vous avez réussi à égailler une journée qui promettait d’être d’un ennui mortel.

Il se redressa pour se caler un peu mieux que les oreillers qui se trouvaient dans son dos. Les jeunes femmes autour de lui se mirent à soupirer en se penchant vers lui pour mieux le couvrir de caresses sans aucune gêne.
- Seigneur, je dois vous entretenir d’un sujet très sérieux, je dois avoir toute votre attention si vous le voulez bien.
L’homme fit un geste en l’air, les jeunes femmes s’écartèrent sans prononcer une parole, avec une grande docilité.
- Voilà mon cher Duc de Cœurfer, vous avez toute mon attention.
- Je vous remercie.
Le ministre s’inclina de nouveau avant de reprendre la parole aussitôt. Même si le sujet était grave, il savait qu’il pouvait en parler librement. Les lieux étaient protégés des curieux grâce à la magie, et les femmes qui entouraient l’Empereur n’étaient que des coquilles vides sans âme, drogué jour après jour.
- Maître, je dois vous annoncer que la cité de Paragahi vient de se mettre hors la loi, elle a défié votre autorité une fois de trop de manière irrémédiable.
La nouvelle fit à peine réagir l’homme sur les oreillers, il poussa même un soupir de résignation.
- Se ne sont que des enfants turbulents, je suis sûr qu’ils n’ont pas du faire quelque chose de trop grave.
Le duc de Cœurfer retint sa colère qu’il ressentait en parlant à cette loque humaine. Il était totalement dépourvu d’intelligence, même pareille évidence ne semblait pas faire naître une once d’excitation.
- Si je me suis permis de vous ennuyer dans votre retraite, ce n’est pas pour un sujet sans importance, je dois vous annoncer que la cité a rejeté votre autorité. Le parlement a fait mettre à sac le siège de l’Inquisition et emprisonner ses membres encore en vie.
Enfin, l’Empereur sembla s’intéresser un peu à l’affaire.
- Comment ont-ils fait ça ?
- Avec l’aide de l’armée et de l’ordre de la Chevalerie, se sont les membres loyaux à votre majesté qui nous ont prévenus dés qu’ils ont appris la nouvelle.
- Pourquoi aurait il fait une chose aussi idiote ? Je suis la Lumière divine, leur sauveur, je suis la personne qui leur apporte la paix et la tranquillité. Se rebeller contre moi est une idée qui est totalement idiote.
L’homme se mit à rire à gorge déployée, tressautant sur la pile de coussins où il était installé.
- Vous me faites une plaisanterie mon cher Duc, n’est ce pas ?
- Hélas non votre sainteté, je n’oserais jamais faire une telle plaisanterie sur ce sujet. Ce que je vous raconte s’est passé dans la cité de Paragahi il y a une semaine déjà, le messager est arrivé dans la nuit.
L’Empereur murmura quelques paroles à voix basse en se tenant le menton, réfléchissant avec beaucoup d’intensités.
- Je ne pense pas qu’une simple révolte pourrait faire basculer mon pouvoir, envoyez donc une armée pour ramener l’ordre, et exilons le chef de l’armée de la cité.
- Se ne sera pas suffisant, j’ai reçu d’autres nouvelles tout aussi inquiétante, des messages ont été échangé vers les principales capitales des états du Nord. Le parlement veut bouleverser l’ordre du Conglomérat, et défier votre autorité, il faut réagir vite avant que la contagion ne se propage à tous les comtés.

L’Empereur se mit à dodeliner de la tête, il donnait l’impression de chercher une solution à ce problème. Mais toutes ses interrogations ne semblaient pas à son goût, poussant des soupirs profonds de lassitude.
Sans donner le résultat de ses réflexions, l’homme se pencha vers l’une des jeunes filles prés de lui. Il caressa le menton de sa concubine en souriant, oubliant la présence de son interlocuteur, préférant de loin les plaisirs de la vie à tous ses problèmes de règne.
Le Duc de Cœurfer n’avait pas cillé, regardant ce spectacle navrant et parfaitement ridicule. Il ne pouvait imaginer que l’homme face à lui était la personne la plus adulée par l’ensemble de la population du Conglomérat. Tout ce qu’il voyait en cet homme était une loque humaine, sans aucune once d’intelligence et de courage.
Prenant une profonde inspiration, le ministre devait d’abord se calmer un peu avant de pouvoir parler de nouveau. Une fois prêt, il prit son ton le plus cordial et le plus posé pour interrompre le grand Empereur de toutes les terres.
- Votre Seigneurie, avez-vous pris une décision ?
L’empereur sursauta sur son tas d’oreillers, il chercha des yeux la personne qui venait de lui parler, comme s’il avait oublié où il se trouvait. Après quelques instants, il finit par se fixer sur le duc qui lui faisait face. Il poussa un soupir de résignation, la réponse semblait lui coûter encore plus que les quelques gestes qu’il osait faire.
- Mon cher Duc, ces questions m’ennuient, je préfère les festivités et la vie tranquille de mon harem ou de mon jardin. Pourquoi y a-t-il autant de problèmes à résoudre ? Ma charge devrait me mettre hors de portée de ce genre de chose.
L’Empereur posa sa tête dans sa main, apparemment trop fatigué pour réfléchir plus longtemps.
- Je ne sais pas ce que je dois faire, qu’en pensez-vous ?
Torodred de Cerissac cacha sa satisfaction, une nouvelle fois il avait pu le manipuler dans son sens. Il garda une allure bien droite et stricte, une attitude qui devait être celle qu’il possédait en toutes circonstances.
- Votre majesté, j’ai déjà commencé à préparer la réponse à donner à cette affaire, si vous le voulez bien, je suis prêt à la mettre en place sans attendre.
L’Empereur se releva en frappant dans ses mains.
- Je savais que je pouvais compter sur vous.
- Je n’aurais jamais rien fait sans votre aval, répondit le duc de Cœurfer, je me devais de venir vous voir avant toute action.
- Vous avez toute ma confiance, un homme parfait qui sert toujours mes intérêts et celui de toutes mes terres.
Le ministre s’inclina devant le monarque.
- Je suis comblé d’aise en recevant autant d’éloges de votre part, je ne le mérite pas, je ne fait que vous obéir.
- Merci mon bon duc, je vous laisse mener cette affaire comme vous le voulez, je vous laisse tout pouvoir pour régler le problème.
La victoire était enfin acquise, il avait obtenu exactement ce qu’il voulait avoir, la main mise sur tous les pouvoirs.
- Je défendrais donc en votre nom les intérêts du Conglomérat.
- Vous pouvez disposer mon bon duc, j’ai tant de choses à faire.
Il se pencha de nouveau sur l’une de ses concubines pour profiter des plaisirs de la vie, oubliant la conversation qu’il venait d’avoir. Torodred de Cerissac salua avec déférence l’Empereur qui ne le voyait plus depuis longtemps. Il quitta sans remord la salle d’audience en faisant des grands pas, il n’avait plus rien à faire dans ce lieu.

La porte passé, il se redressa en affichant un visage rempli de satisfaction et de contentement. Il allait mener cette affaire comme il le souhaitait, l’armée était à ses ordres, l’Inquisition également. Rien ne pouvait plus arrêter les projets de l’organisation, elle allait sortir de son exil pour imposer sa loi grâce à son travail.
Une ombre apparut à coté de lui, le Duc de Cœurfer ne l’avait pas entendu arriver. Pourtant il se doutait de sa présence, l’entretien qu’il venait d’avoir était d’une grande importance. L’homme reconnut sans le voir la personne qui se trouvait avec lui, il était surpris de le reconnaitre.
- Grand Maître Mogdan, je n’aurais pas imaginé vous voir vous déplacer en personne.
L’homme releva la tête pour dévoiler son visage sous la capuche de sa grande cape noire qui le couvrait totalement. De nombreuses rides parcheminaient sa peau, en particulier autour des yeux et de la bouche. Ses yeux marron clair étaient vifs, ils transperçaient l’âme jusqu’au fin fond de l’esprit pour anéantir toutes résistances à la proie qui tombait dans ses filets. Des mèches de cheveux sortaient de sous la capuche, encadrant le haut de son visage.
Ses vêtements étaient tout de noir, pantalons, bottes, vestes, il n’y avait pas vraiment de signe extérieur pour le distinguer. Mais sa démarche était souple et gracile, l’homme n’était vieux que d’apparence, trompant ses ennemis. Une chevalière en or avec l’image d’une serre d’aigle sur fond rouge était le seul moyen de comprendre son appartenance à l’Inquisition.
- Je voulais me rendre compte tout de suite du résultat de votre conversation avec l’Empereur.
Il se tourna vers le duc.
- Mais j’ai l’impression qu’à votre visage, nous sommes sur la bonne voix.
- Mieux que cela Grand Maître, nous avons les pleins pouvoirs.
- Sans poser d’autres questions ?
Le Duc de Cœurfer secoua la tête négativement.
- Il est totalement sous notre coupe, il n’a même pas cherché à en savoir plus. Tout ce qu’il désire, c’est s’amuser et profiter de la vie, loin des contraintes, dans son petit nid douillet perché sur les plateaux et derrière ses hautes murailles.
- Nous pouvons donc faire ce que nous pouvons pour combattre les insurgés.
- Absolument tout, j’ai obtenu la possibilité de faire le maximum pour ramener l’ordre dans le Conglomérat.
L’inquisiteur afficha pour la première fois un sourire flamboyant.
- Je n’aurais jamais espéré recevoir une aussi bonne nouvelle et surtout aussi rapidement, cet imbécile est toujours aussi malléable à loisir.
- C’est à se demander pourquoi nous le gardons encore vivant, il ne sert vraiment à rien et ne se montre jamais devant la population. Et pourtant, les gens continuent à l’aduler comme une étoile qui viendrait à leur secours.
- Allons, frère de Cerissac, vous connaissez très bien la réponse à cette question. Lui vivant nous pouvons diriger l’empire comme nous le désirons, personne ne vient nous réclamer des comptes et c’est le principale.
Le ministre se mit à sourire à son tour, il avait obtenu cette place enviable pour la seule gloire de l’Inquisition. Ils avaient enfin la possibilité de montrer la puissance de la véritable force de l’ombre de l’empire.
- Grand Maître, j’ai tout de même une question que je dois vous soulever. J’ai pendant des années préparé ce grand jour, patiemment, accumulant les forces, les appuis, multipliant les espions aux postes clés de l’Empire. Pensez vous que notre grand jour est enfin arrivé ?
L’inquisiteur Mogdan s’arrêta net dans le couloir obligeant son compagnon à stopper sa marche à son tour. Il se tourna vers le Duc de Cœurfer en lui jetant un regard profond, déstabilisant le ministre pendant quelques instants.
- Justement, il est temps pour nous de sortir de l’ombre, l’Inquisition doit retrouver sa place qu’elle a perdue il y a des siècles déjà, au temps du premier empereur. Nos armées sont prêtes au combat, nos manigances ont permis d’assoir notre force.
Il se redressa sans le quitter des yeux.
- Nous écraserons ces rebelles par la force, noyant leur petite révolte dans le sang grâce au peuple du Conglomérat lui-même. Et au milieu de ce chaos, nous régnerons sans partage, détruisant toutes résistances, y compris les elfes, les koradjis et tous autres peuples.
Après cette diatribe, le grand maître fit un pas en avant pour n‘être plus qu’à quelques centimètres de son interlocuteur.
- Frère Torodred de Cerissac, douteriez-vous de vos convictions au sein de notre grande organisation ?
La menace transparut dans la voix de l’inquisiteur, le ministre s’inclina immédiatement devant l’homme en signe d’obéissance.
- Grand Maître, je suis de tout cœur avec les intérêts de l’Inquisition, vous n’avez pas à en douter.
Il se releva en affichant un visage humble.
- J’ai hâte aussi de revoir la serre d’aigle flottée sur les hautes murailles de Manilaus et de toutes les autres villes du Conglomérat.
Satisfait, l’inquisiteur Mogdan se détendit de nouveau.
- Bien, allons dans la grande salle de réunion pour discuter avec les autres grands maîtres de l’Inquisition de notre avenir.
Les deux hommes reprirent leur marche en gardant un silence sage, évitant les oreilles indiscrètes qui pouvaient traîner dans le palais.


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Trois forteresses protégeaient la capitale du Conglomérat, elles étaient disposées sur un grand arc de cercle sur des petites collines. De leur position surélevée, les citadelles pouvaient s’envoyer un message avec des signaux de fumée pour donner l’alerte en cas d’agression.
Une forteresse était sous la charge de l’ordre de la Chevalerie, une autre sous l’égide de l’armée régulière, commandé par les nobles de Manilaus. La dernière était la plus secrète, celle que les voyageurs évitaient d’approcher, elle portait la marque de l’Inquisition, leur pavillon flottant sans se cacher à toutes les tours de pierre.
Le bastion possédait une forte garnison des soudards en noir qui faisaient la mauvaise réputation de l’organisation. Les épais murs de pierre abritaient également une prison, personne ne voulait pénétrer dans un de ses cachots. Rares étaient les prisonniers qui se vantaient d’être sortis de ce lieu où la chaleur humaine avait disparu depuis des temps immémoriaux.
Un groupe de soldats venu du Nord était arrivé dans la nuit, voulant passer inaperçu du reste de la forteresse. Ils avaient fait un long voyage en marchant sans marquer une pause, ils étaient harassés mais aucun d’entre eux n’aurait osé se plaindre de peur d’offenser le grand personnage qui les menait.
Aménor de Lancaster se trouvait dans une pièce profonde du château, à l’abri des regards indiscrets. Il affichait un visage sévère et particulièrement terrifiant, il faisait face au commandant de la citadelle, un chef de l’armée de l’Inquisition.
Il se tenait dans une salle pauvrement meublé, une table, des bancs, une étagère avec quelques bocaux. Le maître inquisiteur se fichait pas mal de ce qu’il se trouvait autour de lui, il avait bien trop de préoccupation pour le moment.
A travers une autre porte entrouverte, des gémissements de douleurs discontinus ne cessaient de retentir de la salle. En se penchant pour voir à travers l’ouverture, Aménor de Lancaster put apercevoir un lit qui était le lieu de souffrance de Keridan de Cerissac. Le jeune homme avait eu une partie du corps gravement brulé par la magie, et seuls les pouvoirs de l’inquisiteur l’avaient maintenu en vie.
- Grand Maître, je garderais cet homme au secret du mieux que je pourrais.
- Merci commandant, je serais me rappeler de votre aide.
Il regarda le grand brulé en grimaçant.
- Je ne comprends pas comment vous avez pu le garder en vie, il est dans un tel état, j’ai peine à le croire vivant.
- C’est le fils ainé du Duc de Cœurfer, et j’admire sa volonté et sa soif de vengeance.
Le maître inquisiteur fixa le militaire.
- Commandant, j’ai réussi à le maintenir en vie, je veux qu’il reçoive les meilleurs soins possibles, il doit survivre à n’importe quel prix.
- Je ferais le nécessaire, soyez en sûr. Nous avons quelques prêtres dans la forteresse, ils seront à son chevet dés que possible.
- Très bien, je dois vous laisser, je dois faire mon rapport.
- Vous ne souhaitez pas vous reposer avant ?
- Oh non, je ne peux pas me permettre de le faire, je dois parler à tous les autres grands maîtres de l’affaire du Nord.
- J’ai cru comprendre que l’opération est un échec.
Aménor de Lancaster se crispa, le militaire comprit qu’il avait été trop loin. Il fit un pas en arrière et il baissa les yeux pour montrer qu’il s’excusait pour ses paroles.
- Je n’ai pas à jugé ce qui s’est passé, veuillez me pardonner.
L’inquisiteur hocha la tête.
- Bien, je dois me rendre à Manilaus immédiatement, avez-vous un cheval à me confier pour y aller.
- Je vais vous le faire préparer, si vous voulez bien me suivre, je vais vous mener aux écuries.
L’homme ne répondit pas, se laissant emmener par le commandant, celui-ci rajouta de sa voix soumise.
- Désirez-vous une escorte ?
- Non, j’ai besoin de discrétion et de rapidité dans cette affaire, je me passerais de vos hommes pour cette fois.

Pendant que les deux hommes sortaient de la première pièce par la porte d’entrée, dans la chambre, les gémissements se poursuivaient. La douleur que ressentait Keridan de Cerissac n’avait aucune mesure possible. Sa chair et son être brûlaient toujours de la morsure de la magie sans cesser un seul instant.
Entre les délires de souffrance, le jeune homme prononçait un seul nom, en crachant un peu de sang. Onèan Terrenoir hantait ses cauchemars avec un énorme serpent de flamme, un monstre voulant le dévorer totalement. Il hurlait son nom accompagné de malédiction lui promettant mille morts.
A coté du lit de souffrance, deux personnes restaient assises sur des chaises, silencieux, encaissant le choc. Duncan Hock et Pearce Nofolio étaient fatigués après le rude voyage qu’ils avaient fait. Le premier était parfaitement calme, ne cherchant pas à savoir ce qui allait se passer, obéissant aux ordres du maître inquisiteur.
Le deuxième quand à lui était beaucoup plus perturbé, il avait vu des choses inimaginables en quelques jours. Et maintenant il veillait son maître qui hurlait sa souffrance en maudissant une personne en crachant du sang. Pearce Nofolio était perdu, il ne savait plus comment penser, comment continuer au milieu de ce désastre.
Le jeune homme se tourna vers son compagnon à ses cotés, et il murmura à voix basse comme pour ne pas être entendu par le blessé.
- Duncan, je peux te poser une question ?
- Qu’est ce que tu me veux ? Tu es toujours entrain de t’interroger sur n’importe quoi, il ne faut pas réfléchir dans l’Inquisition, il faut seulement suivre les indices.
La réponse doucha un peu Pearce Nofolio, mais il poursuivit tout de même.
- Je trouve que la situation devient incontrôlable, cette bataille, la magie, le meurtre de personnes pour sauver Keridan. Je … Je ne sais plus comment réagir, je ne sais plus ce que je dois faire.
Duncan Hock le fixa avec un mélange d’incrédulité et de colère.
- Arrête de réfléchir, je t’ai déjà dit, notre but est d’aider et de suivre Keridan de Cerissac, ta famille comme la mienne dépende de cet homme et de son père. Tu dois tuer, et bien tu le fais, tu dois te lancer au milieu des combats, tu le fait également, et rien d’autre.
Le jeune homme s’était grandi tandis qu’il parlait, écrasant son interlocuteur sous sa force et sa stature. Pearce Nofolio se tassa sur lui-même, il ne pouvait pas affronter son compagnon, il n’avait pas ce courage en lui.
- Désolé, je suis peut être fatigué par le voyage, et rester ici dans cette pièce me met dans un drôle d’état.
- Pense à autre chose et tu verras, tu n’entendras plus les gémissements.
Le silence se fit entre les deux jeunes hommes, seulement ponctué par les cris de douleurs de leur maître. Pearce Nofolio tenta de suivre les conseils de son compagnon, mais il ne parvenait pas à s’enlever de la tête toutes les interrogations qu’il avait. Il se sentait comme un simple petit grain de blé entraîné par la roue d’un moulin, voyant la meule approcher peu à peu pour l’écraser et le réduire à l’état de poussière.


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Une petite troupe de cavaliers circulait sur une route pavée depuis des siècles qui longeait la forêt de Veraï. Le ciel était parsemé de nuages blancs qui voilaient de temps à autre le soleil, faisant naitre des plaques d’ombres sur la terre.
En tête de la troupe, Onèan avançait avec détermination en tenant les rênes de sa monture d’une main ferme. Il avait la tête ailleurs, perdu dans tout ce qu’il avait appris et sur ce qu’il allait faire une fois arrivé à Paragahi. Le jeune homme sentait l’immense responsabilité qui existait sur ses épaules, il avait encore un peu de mal à se faire à cette idée.
Le reste des ses compagnons suivait juste derrière, partageant des montures pour certaines prêtées par la citadelle du Corbeau. Mel avait pu retrouver son cheval après les combats, en parfaite santé, Patinil était derrière elle, accrochée à ses hanches. Lynaïs et Anya faisaient équipe sur une autre monture, les koradjis n’étaient pas à l’aise en équitation. Miko en profitait pour se serrer un peu plus contre Yurda qui avait encore du mal à conserver toute son attention.
Brom et Elifain faisaient un couple bien mal assorti que leur cheval, l’elfe arrivant à peine à la hauteur de l’épaule de son compagnon. Les deux derniers duos étaient formés de Karez et Impa et de Fared et Ekart.
Le groupe de voyageur était en route pour la cité de Paragahi, la ville concurrente de la capitale du Conglomérat. Ils savaient très bien qu’elle était le seul appui qu’ils possédaient pour combattre l’Inquisition. Avec les récents événements, Ekart sentait qu’il était temps de prendre les choses en main, et il comptait bien le faire.
Parti depuis plusieurs jours à vive allure, les voyageurs devraient être bientôt en vu de la cité, terme de leur périple. Pour éviter les mauvaises rencontres ils avaient évité les villes et les villages, s’arrêtant dans les zones les moins peuplées. Ne pas attirer l’attention restait important pour leur sécurité et la réussite de leur mission.
Cette proximité avait renforcé les liens d’amitié qui existaient maintenant entre eux. Le seul moyen de réussir à atteindre leur quête était de rester souder quoi qu’il puisse arriver durant les prochains jours.

Miko se rapprocha de son compagnon pour pouvoir lui parler.
- Qu’est ce que tu murmures comme cela ? Je t’entends murmurer sans discontinuer depuis un moment.
Le chevalier se redressa, surpris qu’elle ait remarqué ses réflexions.
- Je ne pensais pas que tu l’aurais remarqué.
- Alors qu’est ce que tu fais ?
Elle se pressa un peu plus contre lui pour l’obliger à lui répondre.
- Je réfléchissais à ce qui allait se passer en arrivant à Paragahi.
- Je ne vois pas pourquoi tu réfléchis autant à cela, c’est Onèan, Ekart et Patinil qui seront en première ligne, pas nous.
- Il n’y a pas seulement notre quête qui est en jeu, j’étais écuyer de l’ordre de la chevalerie, je devais devenir Chevalier juste avant de partir précipitamment.
Impa entendit son ami, il intervint à son tour
- Je pense que notre fuite sera excusé après ce que nous allons ramener.
- Tu n’as donc jamais peur, lança Yurda, et puis de toute façon tu n’étais pas encore prêt d’être chevalier.
- Moi non plus, fit Mel en se retournant sur sa monture, et pourtant je le suis à présent.
- Seulement à titre provisoire, lui rappela Impa.
Mel foudroya le jeune homme du regard.
- Et le certificat que j’ai sur moi, signé de la main du commandant de la citadelle du Corbeau !
- Il a raison, intervint Patinil, selon les lois de la chevalerie elle doit être accepté par les hautes autorités.
- Tu ne vas pas t’y mettre toi aussi.
Onèan se mêla à son tour de la conversation.
- Tu n’as pas à t’en faire Yurda, j’essaierais que ce qui s’est passé soit oublié.
- Tu crois pouvoir avoir un poids ?
- Au moins, j’aurais tenté quelque chose.
- Le grand chevalier Onèan Terrenoir à la défense du monde entier, ironisa Karez.
Lynaïs qui avait prit la tête du groupe s’arrêta soudainement sur la route en tirant sur les rênes de sa monture. Elle venait d’apercevoir une autre troupe qui approchait sur la route en sens inverse, ils étaient nombreux et armés.
- Attention tout le monde, nous avons de la visite, lança la jeune fille en saisissant son arme.

Ses compagnons stoppèrent immédiatement leur discussion, le ton de la voix de l’archère était visiblement tendu. Alors qu’ils se regroupaient en un bloc compact, la troupe aperçut par Lynaïs un peu plus tôt fut sur eux. Ils s’agissaient d’un groupe de soldats aux couleurs de Paragahi, une porte fortifiée où passait une rivière sur un fond vert en forme d’écu. Les nouveaux venus étaient deux fois plus nombreux que les jeunes gens.
Leurs visages étaient marqués par la suspicion en voyant l’étrange équipage qu’ils avaient face à eux. Il y avait deux elfes et deux koradjis en compagnies d’une troupe de personnes suspectes à leurs yeux. Les armes se levèrent, et le groupe de voyageurs fut encerclé rapidement et avec une grande efficacité.
L’un des soldats se détacha du groupe, monté sur un cheval à la robe marron. Pour le différencier des autres hommes, il portait une cuirasse en acier et des galons cousus au fil d’or sur ses épaules.
- Halte là, oh non de la cité de Paragahi.
Les jeunes gens préférèrent ne rien tenter, ils laissèrent sagement leurs armes au fourreau, les archers abaissant leur arc.
- Bonjour à vous, fit Onèan en s’approchant de l’homme de tête.
- Bonjour, répondit le cavalier, Capitaine Hotlas de l’armée de Paragahi, pourrions-nous savoir ce que vous faite ici avec pareil équipage ?
Il n’était pas difficile de comprendre pourquoi il posait ce genre de question. Ekart poussa Fared à ce rapprocher à son tour, il se pencha sur le coté pour attirer l’attention de l’officier qui leur faisait face.
- Diplomate Ekart Caras de la Congrégation des Diplomates, nous venons de la frontière nord pour nous rendre à Paragahi. J’ai des informations très importantes à transmettre au parlement de la cité.
La nouvelle fit réagir l’officier.
- Il est étrange de voir un diplomate du Conglomérat voyager en compagnie de deux koradjis et deux deux elfes, surtout si le message est d’une si grande importance.
- Ils font parti intégrante des informations que je dois donner, répondit Ekart.
- Des personnes servant de preuves, c’est vraiment étrange.
L’officier était de plus en plus suspicieux, et sa nervosité se ressentait sur ses hommes, les soldats se rapprochèrent un peu plus. Les compagnons se demandèrent comment éviter un affrontement dans un endroit qu’ils n’auraient jamais imaginé.

Mais l’un des guerriers fixa un plus attentivement l’un des chevaliers, il poussa du coude un de ses camarades à ses cotés. Il lui murmura quelques mots à son oreille, ce qui eut pour réaction de le faire écarquiller les yeux.
- Capitaine, intervint le deuxième homme.
Le chef du groupe se tourna vers celui qui venait de lui parler.
- Qui y-a-t’il sergent ?
- Et bien, je crois bien que je reconnais l’un des cavaliers, c’est l’écuyer Nethael, l’un de ceux qui a échappé à une patrouille de l’Inquisition à l’une des portes de la cité.
Le jeune homme descendit de sa monture sans attendre pour se porter en avant devant le soldat qui l’avait reconnu.
- Oui, c’est bien moi, et vous êtes le sergent Malto.
Le soldat hocha la tête.
- Nous avons fait souvent des patrouilles ensemble, je ne t’avais pas reconnu tout de suite, tu as changé depuis ta fuite je trouve.
Le capitaine se racla la gorge pour ramener l’attention sur lui.
- Sergent, vous êtes sûr de vous.
- Moi aussi capitaine je le reconnais, fit le soldat qui avait fait remarqué à son camarade le jeune homme, j’étais également en patrouille avec lui.
Les autres écuyers qui se trouvaient à Paragahi se présentèrent à leur tour pour mettre un peu plus de poids dans leur chance. Le capitaine se rendit alors compte qu’il connaissait lui-même l’un des jeunes gens, ayant travaillé avec lui. Il n’avait pas la mémoire des visages, et il était un peu mal à l’aise après une telle affaire.
- Je suis désolé pour cet accueil, s’excusa le Capitaine Hotlas, mais depuis quelques semaines, il y a eu de nombreux changements à Paragahi et sur l’ensemble du Conglomérat.
Les jeunes gens le regardèrent un peu surpris, ils avaient évité les villes et les villages mais ils s’étaient coupés du monde.
- Nous ne sommes au courant de rien, fit Ekart pour en connaitre plus.
Plus d’une exclamation retentit parmi les hommes de troupe, l’officier lui-même avait du mal à garder son calme devant leur ignorance.
- Vous ne savez donc pas ce qui s’est passé à Paragahi ?
Devant les visages incrédules des voyageurs, le capitaine leur raconta les derniers évènements passés dans la cité et les bouleversements qui en avaient découlé. Ils écoutèrent en silence l’histoire, ils se retenaient d’intervenir pour demander plus de précisions sur ces combats inimaginables.
Quand le capitaine eut terminé, les compagnons furent sous le coup de la découverte. Pas un seul n’aurait pu imaginer pareilles répercutions, pas même Ekart qui avait l’air de calculer déjà comment profiter de la situation nouvelle.
- L’Inquisition a été chassée de la cité, murmura Onèan sans vraiment y croire.
- Je n’ai pas participé à l’assaut, j’étais vers les portes d’accès pour piéger les membres qui tenteraient de s’échapper, mais j’ai pu voir le lendemain le siège de l’Inquisition totalement en ruine, les fenêtres brisés et des traces d’incendies et de combats.
- Et maintenant où en est la situation ? Demanda Ekart.
- Maintenant c’est la politique qui mène, répondit l’officier, mais le parlement a décidé de se libérer de la capitale et de faire sécession, invitant tous les contés qui veulent le faire à les rejoindre pour une grande réunion dans quelques jours.
- Il faut que nous soyons présents pour cette assemblé, clama le diplomate, avec ce que nous savons, nous pouvons faire changer d’avis les indécis.
Le capitaine regarda le jeune homme avec surprise, il lui répondit avec une forte ironie dans la voix.
- Parce qu’une petite troupe de jeunes gens pourraient apporter quelque chose aux grands bouleversements qui secouent notre pays.
Quelques soldats rirent en entendant leur chef parler, Ekart ne se démonta pas et répondit avec une maîtrise parfaite de la colère qu’il ressentait.
- Je ne voulais pas le dire aussi rapidement, mais j’ai avec moi une proposition d’accord signé par les chefs Koradjis des bois de Veraï pour une alliance avec les forces de Paragahi, les deux jeunes demoiselles nous accompagnant faisant office de témoin et d’émissaires pour nouer cet accord.
Le capitaine Hotlas avait perdu son petit sourire, affichant maintenant un visage bien plus sérieux qu’auparavant. Il regarda les autres personnes du groupe, ne voyant aucune trace d’humour ni plaisanterie visible.
- Vous êtes sérieux ?
- Totalement, nous avons aussi d’autres propositions et informations très importantes à fournir, mais elles concernent les parlementaires et les chefs militaires de la rébellion contre Manilaus évidemment.
L’assurance d’Ekart et les visages sérieux de ses compagnons firent changer d’avis l’officier. Il comprit que ce groupe venait jusqu’à Paragahi avec de bonnes raisons et qu’ils devaient être présenté aux parlements.
- Vous m’avez convaincu, je vais vous escorter jusqu’à la cité.
- Et votre patrouille ? Demanda Onèan.
- J’ai bien l’impression que ce que vous savez est bien plus important que ce que j’ai à faire pour le moment.
- Merci, fit Ekart avec sa voix diplomatique.

L’officier organisa sa troupe pour se mettre en route pour retourner en direction de la cité. Il envoya en avant un de ses cavaliers pour annoncer l’arrivée des jeunes gens, et surtout prévenir le premier conseiller.
Le chemin fut rapide, il n’était qu’à quelques heures de chevaux à peine de la grande cité. Onèan, Yurda, Impa et Fared eurent le plaisir de retrouver un endroit familier qu’ils n’avaient plus revu depuis une longue période. L’équipe de sauvetage partit depuis Wynria avait encore le souvenir du départ précipité.
Pour les deux koradjis, la surprise était de taille, elles ne pensaient pas voir de leurs yeux une si grande cité. La forteresse du Corbeau possédait de puissantes murailles, mais jamais elles n’auraient imaginé trouver une ville entière fortifiée. La rivière coupait la ville en segment mais cela ne semblait pas interrompre les défenses.
- Lynaïs, comment autant d’humains peuvent ils vivre dans si peu de place ? Demanda Anya.
- Nous y arrivons, même si je préfère de loin mon village plus petit.
- Je suis d’accord avec toi, répondit la shaman.
De son coté, Miko trépignait sur la monture de Yurda au point où le jeune homme devait contrôler sa monture pour qu’elle ne s’emballe pas.
- Calme-toi Miko, s’il te plait.
- mais comment veux tu que je fasse ? Lança-t-elle. J’ai tellement hâte de visiter la ville et de voir toutes les merveilles qu’elle renferme.
Ils se remirent en marche pour emprunter le portail Nord, celui là même où Lynaïs, Brom, Elifain et Karez avaient fuit la cité. Aujourd’hui ils revenaient dans la grande ville sous l’escorte bienveillante des soldats de l’armée, une belle revanche sur les moments difficiles qu’ils avaient traversés jusqu’à présent.
- Bon retour à Paragahi !
La voix fit se tourner les têtes des jeunes gens, ils n’en crurent pas leurs yeux en découvrant la personne qui leur faisait face.
- Sir Nartero, lancèrent plusieurs personnes en même temps.
Les personnes qui le connaissaient descendirent de leur monture pour l’entourer, ils n’en revenaient pas de le voir vivant, eux qui étaient persuadés qu’il était mort pour leur permettre de s’enfuir de l’emprise de l’Inquisition.
Quand le chevalier fit face à son écuyer, il avait les larmes aux yeux, tout comme le jeune homme qui avait du mal à se contrôler. Sir Nartero l’observa des pieds à la tête, il portait son armure de paladin aux couleurs chatoyante. Il vit la nouvelle assurance qui ressortait de son maintien, il reconnut également l’épée qui se trouvait à sa hanche.
- Espère d’imbécile, réussit il à dire avec la voix roque, je t’avais dit de faire attention.
- Je sais Sir Nartero, répondit Onèan avec émotion.
Le chevalier sourit.
- Tu as toujours cette mauvaise habitude.
- Je n’arrive pas à m’en débarrasser, que voulez vous.
- Tu sais que j’avais promis de te botter les fesses si je te revoyais, et maintenant tout ce que j’ai envi, c’est de t’embrasser, foutu imbécile.
Sir Nartero prit son écuyer dans ses bras et il le serra cordialement.
- Ne me refais plus jamais ça, tu as intérêt.
- J’essaierais, répondit l’écuyer avec une petite voix.
Le chevalier relâcha le jeune homme au bout de quelques instants.
- Je serais la personne qui doit vous guider jusqu’au parlement, le premier conseiller Teran Heradrin a une très grande hâte de vous retrouver.
Les jeunes gens remercièrent le capitaine et les hommes qui les avaient amené jusqu’à la cité. Puis ils suivirent cette fois le chevalier et les quelques soldats qui l’accompagnaient en direction du Parlement en tenant leurs chevaux par la bride. Ils se préparaient à plonger au cœur de la rébellion qui secouait le Conglomérat.
 
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Il y a 2 commentaires
Dark fullmetal le 01/02/2012 à 21:37:44
. . . °A° Je sais pas quoi dire... pourquoi il se contente pas de mourir Keridan? xD
Ze veux la suiiiiiiiiiiiiteuuuuuuuuuuh °(>3<)°
Trimor le 03/02/2012 à 21:16:34
J'adore ton commentaire, j'étais mort de rire quand je l'ai découvert.
Mais non, il ne veut pas mourir, les mauvaises herbes, s'est bien connu, ça ne meurt pas facilement ^^
Attend toi à en voir de belles avec ce Keridan.
Merci pour tes encouragement, la suite est en cours ^^

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