Chapitre 3 : Qui est donc l’être qui relie tant de personnes ?
-Sesshoma…
Inu yasha fulminait de rage. Son demi-frère, du haut de la colline, regarda le hanyô avec mépris : il était tellement pathétique !
-Inu yasha… je voudrais savoir si tu n’aurais pas senti une présence ou une aura, hier et aujourd’hui ?
Le hanyô regarda le yôkai en serrant des poings.
-Tu…tu as essayé de me tuer ? Alors que tu voulais me demander quelque chose ? Eh bien non, je n’ai…
Soudain, Inu yasha eut une sorte de flash où il vit une femme aux longs cheveux ébène dans une source de chaude et lui, enfant, à ses côtés. Le hanyô secoua vivement la tête.
Sesshomaru regarda son frère avec un sourire triomphant.
-Tu l’as donc ressenti, mon cher frère. Sais-tu à qui appartient cette aura ? T’en souviens-tu ?
Le hanyô répondit, troublé :
-Je…je ne sais pas de quoi tu parles. Je…c’est juste que j’ai eu une sorte de vision où…
Inu yasha se tut et s’enfonça dans la forêt. Inu yasha murmura désèspéré :
-Pourquoi ai-je eu cette vision ?
La femme qu’il avait vue, il la connaissait, mais il ne voulait pas se souvenir d’elle, c’était trop douloureux.
La vieille miko regarda le yôkai s’approcher, l’arc bandé : elle était prête.
-Vieille humaine, je n’ai pas le temps de m’occuper de toi. Mais la prochaine fois je te tuerai.
Le beau yôkai continua sa recherche.
Dans le village, le moine, la chasseuse de yôkais, la jeune fille et les deux yôkais commençaient à être inquiets. Le hanyô et la miko avaient disparu. La jeune fille appela encore une fois le hanyô si cher à son cœur.
-Inu yaashaaa…Inu yaashaaa…
Ils ressentirent tous une aura de hanyô, ils se retournèrent vers la forêt et virent le hanyô sortir des bois hors d’haleine. Il tremblait. Kagome, inquiète, s’approcha et lui demanda anxieusement :
-Inu yasha…que se passe-t-il ? Tu…
Inu yasha leva brusquement la tête et regarda Kagome droit dans les yeux. Kagome fut troublée, car Inu yasha ne la regardait jamais de cette façon. Ses yeux reflétaient de la douleur et de la tristesse. La jeune fille recula de quelques pas. Les autres s’étaient entre temps rapprochés. Ils étaient rassurés de voir leur hanyô préféré en pleine santé, mais ils avaient remarqué qu’il se passait quelque chose. Le hanyô détourna la tête et demanda d’un ton brusque :
-Alors ? On y va ?
Sans attendre de réponse, il se mit en route. Le moine descendit de Kirara et marcha derrière le hanyô. La jeune fille monta sur Kirara et Shippo en profita pour sauter dans ses bras.
Une adolescente portant de drôles de vêtements marchait dans une forêt. Ses cheveux noirs flottaient librement derrière elle. Elle se dirigeait vers l’arbre Goshinboku qui était au milieu de la forêt. Arrivée près du Goshinboku, la jeune fille s’assit au pied de l’arbre et ferma les yeux, s’appuyant contre le tronc.
Inu yasha s’était lancé à la poursuite d’un yôkai, très agile malgré ses deux mètres de haut et trois mètres de large. Il réussissait à éviter toutes les attaques d’Inu yasha. Le hanyô sortit le sabre du fourreau qui pendait à sa hanche gauche. Le sabre roullié se métamorphosa : il devint plus imposant, la lame prit l’apparence d’un croc. Le hanyô dit d’un ton sûr de lui :
-Tu as peut-être réussi à éviter mes griffes, mais tu n’échapperas pas au Tessaiga.
Des adolescents sortirent des fourrés et se précipitèrent vers le hanyô. Le moine essaya de calmer le hanyô.
-Inu yasha, il n’a pas de morceau de la perle. Tu n’as aucune raison de t’attaquer à lui.
-Peut-être, mais j’ai déjà assez de mal à le toucher. Mieux vaut le tuer avant qu’il en ait un répliqua Inu yasha.
-Mais qu’est-ce que tu as ? Depuis ce matin, tu es bizarre. Que s’est-il passé quand tu as disparu ? demanda le moine énervé.
-LA FERME ! hurla le hanyô en frappant de son coude le moine en plein visage.
Le moine tomba. La chasseuse de yôkais descendit de Kirara et se précipita auprès du moine. Le jeune yôkai sauta des bras de Kagome et alla près de Sango pour la rassurer. Kagome était tétanisée. C’était la première fois que le hanyô se comportait de cette manière. Ainsi, il lui faisait peur. Dans un hurlement, il porta un coup au monstre se tenant devant lui, mais une fois de plus, le monstre réussit à éviter son attaque.
L’adolescente fut réveillée par des hurlements qui venaient de sa droite. Elle ouvrit les yeux, soupira profondément et se leva. Elle se dirigea vers tout le remue-ménage qui l’avait réveillée. Elle écarta les branches qui étaient sur son passage et, en sortant des fourrés, elle vit devant elle une jeune fille en uniforme sur un yôkai, une chasseuse de yôkais près d’un moine, qui semblait évanouie. Un petit yôkai-renard se tenait près de la chasseuse. Elle releva légèrement la tête et vit un yôkai corpulent qui évitait toutes les attaques de son assaillant. Celui-ci hurlait à chaque fois qu’il portait un coup avec son étrange sabre. L’adolescente étonnée de voir le hanyô en train de hurler se mit à observer la scène.
Pendant ce temps, un autre yôkai filait comme le vent à travers la forêt. L’odeur de la femme qu’il recherchait, Sesshomaru la sentait. Elle ne devait donc pas être très loin. Mais il sentait également l’odeur de son pitoyable demi-frère. Il sentait qu’ils étaient au même endroit. Il devait se dépêcher. Avant que la jeune femme ne disparaisse à nouveau.
L’homme portant une peau de singe s’arrêta en sentant Son odeur. Il serra sa mâchoire et préféra retourner d’où il venait. Car il savait ce qu’Elle voulait. Mais Elle ne l’aurait pas. Non, Elle ne l’aurait jamais.
Plus loin, beaucoup plus loin, la jeune miko sentait à nouveau Sa présence.
-Plus vite Ora, plus vite.
Sa jument redoubla de rapidité.
-Il faut…il faut que je la voie…Peut-être qu’elle pourra m’aider…Oui sûrement.
Le hanyô fulminant de rage hurla comme un dément :
-KAZE NO KIZU
Son sabre fendit l’air et détruisit littéralement le yôkai. Le hanyô rangea son sabre dans le fourreau et serra ensuite les poings. Il pensa :
-Merde…Mais qu’est-ce qui m’arrive ? Pourquoi…l’ai-je tué ? Il n’en valait pas la peine…il n’avait pas de morceau de la perle.
Il serra fortement la mâchoire et serra les poings à tel point que ses griffes s’enfonçaient dans les paumes de ses mains. Il ferma les yeux pour se calmer, du sang coulait le long de ses mains. La jeune fille descendit de Kirara tremblante et s’approcha du moine toujours évanoui. La chasseuse de yôkais regardait le hanyô avec effarement en serrant le petit Shippo contre elle. Shippo pleurait à chaudes larmes. Tous avaient peur du hanyô, maintenant, ils pensaient qu’ils allaient être les prochains. Ils ne l’avaient jamais vu ainsi. Il était effrayant, si effrayant qu’ils n’osaient pas bouger. Miroku ouvrit les yeux et vit Kagome penchée au-dessus de lui. La jeune fille lui sourit faiblement. Le moine avait terriblement mal au nez et il sentit du sang couler sur ses joues et sa bouche. Soudain, il se souvint de la réaction plus que brutale du hanyô. Il se mit à trembler et ses yeux reflétaient la peur. Il entendait Shippo pleurer, mais rien d’autre. C’était un silence de mort. Il perçu soudain une présence, mais ne bougea pas, il se sentait proche de l’évanouissement.
Le hanyô inspira profondément et se retourna. Il eut un choc, son visage devint livide. On avait l’impression qu’il venait de voir un fantôme. Il trembla légèrement et dit lentement :
-A…ryel ?
En entendant ce nom, Kagome se retourna et ne put en croire ses yeux. Aryel, vêtue de son short et T-shirt turquoises, se tenait quelques mètres plus loin. Elle avait l’air d’observer Inu yasha. La chasseuse de yôkais tourna rapidement la tête. Elle dit d’une voix à peine audible :
-On dirait…Ki…kyo.
Le hanyô fit un pas en avant.
-Aryel ? C’est toi ?
L’adolescente resta de marbre et continua à observer le hanyô.
-Aryel…ré…réponds-moi ! C’est vraiment toi ?
L’adolescente ferma les yeux et se retourna faisant quelques pas en avant, ensuite elle s’arrêta et parla enfin :
-Inu yasha…Tu as grandi et tu as, comme je le voulais, le Tessaiga en ta possession.
Aryel ouvrit les yeux et sourit légèrement.
-Par contre, je n’aurais pas cru que tu puisses être à ce point hors de toi.
L’adolescente continua son chemin, laissant les jeunes gens en plan. Kagome alla auprès d’Inu yasha.
-Inu…yasha…tu…tu la connais ?
-Retournons au village.
Le hanyô prit la direction du village. Kagome était dans ses pensées :
-C’était bien Aryel que j’ai vue ! Et Inu yasha a même dit son nom… D’où peuvent-ils bien se connaître ? Aryel…comment a-t-elle pu traverser le puits ? Inu yasha…
Elle fixa le hanyô qui marchait d’un pas lourd, la tête baissée. La chasseuse de yôkais avait hissé le moine sur Kirara, et Shippo, dans les bras de Kagome, observait celui-ci. Le moine avait repris conscience, mais restait silencieux.
Quand ils furent enfin arrivés, Kaede s’approcha d’eux. Elle les observa quelques instants et soupira en voyant le moine blessé.
-Allez déposer le moine dans un lit, je vais chercher des plantes médicinales pour le soigner.
Le hanyô sauta dans un arbre et regarda tristement les nuages. La jeune fille aida la vieille miko à s’occuper du moine. Sango, Shippo et Kirara, qui avait repris son apparence de chat, se tenaient à côté du moine. Personne ne parlait, toujours sous le choc des derniers événements.
Une autre miko s’approchait de la forêt d’Inu yasha. En passant devant le Goshinboku, elle ralentit et descendit de cheval. Elle mit sa main sur le sol et sentit que quelqu’un de très puissant s’était tenu couché là, il y a peu. Elle entendit un bruit et se retourna, l’arc bandé, et vit une personne habillée étrangement. En la voyant, la jeune miko baissa son arc.
-Aryel ?
Aryel se retourna vers la jeune femme et la regarda avec étonnement. Elle dit :
-Kikyo ?
Aryel plissa directement les yeux et dit d’une voix sceptique :
-Tu es morte…Je ne sens aucune « vie » émaner de toi.
Kikyo ferma les yeux et baissa la tête, un sourire aux lèvres.
-En effet, je suis morte. Ce corps n‘est fait que de terre et d’os et pour pouvoir me mouvoir, il faut que je me nourrisse d’âmes de jeunes filles. Voilà, je t’ai dit tout ce qu’il y avait à dire, dit-elle d’une voix sarcastique en relevant la tête.
Le visage d’Aryel s’adoucit et elle dit d’une voix douce :
-Tu as grandi…et tu me ressembles comme deux gouttes d’eau. Mais…cela n’a rien d’étonnant.
Aryel s’approcha de la miko et posa un genou à terre pour que sa tête et celle de la miko soient à la même hauteur. Aryel approcha sa tête et regarda Kikyo droit dans les yeux un sourire aux lèvres. La miko quant à elle, avait arrêté de sourire. Elle craignait cette femme qui se tenait devant elle. Elle était si puissante, tellement puissante. Elle sursauta en entendant Aryel parler.
-Kikyo…Je suis très heureuse de te retrouver…ton aide me sera précieuse.
Aryel posa sa main sur le front de la miko. La miko sentit son énergie vitale être absorbée, et la seconde d’après, elle s’évanouit.
Sesshomaru s’arrêta et décida d’arrêter ses recherches, car à chaque fois qu’il croyait avoir enfin réussi à retrouver Aryel, elle arrivait à lui échapper, sans tout de fois croiser son chemin. Il avait enfin compris qu’il ne pourrait la trouver que si elle le voulait. Et ce n’était, visiblement, pas pour aujourd’hui. Il avait senti l’odeur de son demi-frère qui s’éloignait d’elle en compagnie de ses pitoyables amis. Mais il savait qu’Aryel et Inu yasha s’étaient vus, il en était certain. Il n’y avait aucun doute là-dessus. A présent, il sentait qu’Aryel était en compagnie d’une femme et l’odeur de cette femme ne lui était pas inconnue.
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