La première heure venait tout juste de s'écouler quand les cinq amies avaient quittés Mu. Pour éviter de gaspiller un temps précieux Mitsuki s'était enfin décidé à courir et faire courir ses petites camarades. Résultat des courses, Kaede était tombée trois fois et elles étaient arrivées complètement lesivées devant la deuxième maison.
Meilin : Kaede, tu peux m'expliquer pourquoi, alors que tu es une Rôdeuse entraînée pour être agile et silencieuse, tu arrives toujours à te casser la gueule à un moment ou à un autre ?
Kaede : Problème d'oreille interne ?
Mitsuki : Les filles, on arrête de se chamailler et on avance.
Kaede : Et si on n'avance pas tu fais quoi ?
Mitsuki : Je dis à Anaëlle qu'elle est la prochaine à se battre. Sa réaction risque d'être bruyante.
Meilin : La torture est condamnée par la Convention de Genève, tu le sais çà ?
Mitsuki : Vous n'êtes pas des prisonnières de guerre.
Meilin : Et merde.
Pendant cet échange plein de bons sentiments, les cinq Rôdeuses avaient pénétré à l'intérieur de la maison du taureau où les attendait Aldébaran. Mitsuki se planqua bien vite derrière Anaëlle par peur d'être reconnue par le géant. Son enfance turbulente au sanctuaire n'avait laissé aucun bon souvenir aux chevaliers qui l'avaient connues et elle ne tenait pas tant que çà à dévoiler qui elle était.
Aldébaran : Je suis le chevalier du taureau et votre premier adversaire. Laquelle d'entre vous aura assez de courage pour m'affronter ?
Kaede : Euh Mitsuki, on a un chtit problème.
Mitsuki : Et merde, j'avais oublié. Attendez une minute.
La jeune fille sortit de sa cachette en dissimulant son visage derrière un masque. Les Rôdeuses étaient censées en porter toutes un, de même que les femmes chevaliers, mais cette obligation avait été abolie depuis longtemps. Cependant, certaines Rôdeuses le conservaient sur elles pour cacher leur identité.
Mitsuki fouilla le sac qu'elle portait en bandoulière et qui contenait son armure. Elle finit par dénicher un dé qu'elle lança.
Mitsuki : OK. Kaede, tu combats !
Kaede : Quoi ?! Je refuse !
Meilin : Kaede tu veux vraiment que tout le monde sache que tu as fait pipi au lit jusqu'à l'âge de...
Meilin ne finit pas sa phrase. Kaede s'était précipité devant le chevalier du taureau. L'armure de Vénus qu'elle avait revêtu luisait d'un éclat rosâtre et recouvrait son corps en entier. Elle lança un regard mauvais à Meilin, croisa les bras et attendit.
Le chevalier du taureau l'attaqua. La jeune Rôdeuse évita ses attaques en baîllant. Le combat s'acheva quelques minutes plus tard. Kaede avait gagné sans efforts apparents.
Kaede : Les filles, je crois qu'il va falloir qu'on me porte.
Ses jambes se dérobèrent sous elle et un mince filet de sang coul de ses lèvres. Koume la souleva de terre et Mitsuki lui caressa le visage dans un geste apaisant.
Mitsuki : Tu peux te reposer maintenant. Tu n'auras pas à combattre avant un certain temps.
Aldébaran : Votre amie est sacrément forte. Pourtant j'ai l'impression qu'elle est la plus faible d'entre vous. Elle m'a vaincu sans efforts apparents.
Mitsuki : Détrompez-vous Aldébaran, la plus faible d'entre nous n'est pas celle que vous croyez.
Aldébaran : Ta voix me dit quelque chose Rôdeuse, nous serions-nous déjà rendontrer ?
Mitsuki : Je ne crois pas. Nous devons vous laisser à présent, d'autres combats nous attendent.
Les Rôdeuses quittèrent le chevalier du taureau sans d'autres paroles. Aldébaran essaya de se souvenir. La voix de la Rôdeuse masquée en appelait une autre dans sa mémoire; La voix d'une enfant morte depuis dix ans déjà en essayant d'en sauver un autre de la noyade. Une enfant dont certains chevaliers se souvenaient avec tendresse, d'autres avec haine et dont trois d'entre eux, le scorpion, le verseau et le lion n'arrivait pas à faire le deuil. Commet s'appelait-elle déjà ?
Mu : Elle s'appelait Caelia, le ciel. Cette Mitsuki ressemble à celle qu'elle aurait pu être si elle n'était pas morte.
Aldébaran : Milo, Camu et Aiolia risquent d'être bouleversés.
Mu : C'est le sanctuaire entier qui va l'être si Mitsuki et Caelia ne font qu'une. Crois-moi mon ami, les choses qui se sont arrêtées il y a dix ans se remettent à avancer. Le destin est en marche. Une nouvelle déesse va renaître de ses cendres aujourd'hui. |