Paris, 28 juin 2014, 8h00
Six mois ont passé…six mois depuis lesquels David Parisot a enfermé son alter ego maléfique, Benoît Barbeyrac, dans l’Etoile du Berger. Certaines choses ont changé depuis ce jour : petit à petit, ses ailes détruites par son combat se reformaient ; il ne pouvait pas encore voler mais cela ne saurait plus tarder. Chaque jour, il se recueillait devant les restes de la Tour Eiffel et chaque nuit, il regardait l’Etoile du Berger en se remémorant ce 31 décembre. « Quelque soit la force de ta nature maléfique, vas, et reste pour moi une simple idée, une idée insignifiante. » tels furent les derniers mots prononcés par David en s’adressant à son alter ego. Cette phrase fût gravée dans sa tête, depuis. Janvier, février, mars, avril, mai et juin : six mois si courts pour une vie normale mais si long pour le démarrage d’une nouvelle vie. Une nouvelle vie plus ou moins proche de « l’ancienne », cela dépend du point de vue : il vivait toujours dans son appartement depuis la fenêtre duquel il peut voir petit à petit la reconstruction de la Tour. Pour David, les joies de goûter à ses premiers congés venaient tout juste de commencer : trois semaines de tranquillité. Trois semaines durant lesquelles il allait retrouver sa région natale. L’été s’annonçait chaud et sec et, comme depuis quelques années, la France subissait une canicule.
Le banquier était déjà levé depuis un quart d’heure et, comme chaque matin…il préparait son petit déjeuner et celui de sa femme (question de galanterie). Et oui, David a bel et bien une femme. Elle s’appelle même Clémence ; grande, cheveux bruns, très coquette et très attirée par le surnaturel. Est-ce la raison qui l’a poussée à vivre avec David ? Peut-être, même si le fait de bientôt se marier avec un ange n’est pas donné à toutes les filles. Sa mère était journaliste dans une chaîne de télévision et son père, artisan boulanger. Après avoir longuement réfléchit, elle choisit de réaliser le même parcours que sa mère…
Le rituel matinal de David commença : il entrouvrit la porte d'entrée, un coup d'œil à droite, un à gauche…aucun appareil photo à l'horizon : il pouvait donc prendre son courrier sans crainte d'être assailli par des flashs. En effet, depuis les évènements de décembre dernier, il ne se passe plus une journée sans être interpelé par un journaliste ; le revers de la médaille. Il prépara sa valise tout en avalant son petit déjeuner ; c'était là son plus grand défaut…oui, même les anges ont des défauts, le sien était de tout faire au dernier moment.
Le moment arrivait, Clémence finissait de se préparer et David portait les bagages dans la voiture. Direction : la gare.
Leur appartement s'éloignait, les bâtiments défilaient et la radio laissait entendre l’animateur accueillir les auditeurs : « Bonjour à tous, il est neuf heures, Paris s’éveille doucement avec la station 31.12. » A ce moment, David tressaillit, ses muscles se crispèrent, les souvenirs de décembre ressurgirent et il manqua de lâcher le volant. Clémence compris tout de suite et lui demanda de s’arrêter mais avant qu’elle n’eut le temps de dire un seul mot, l’ange avait repris le contrôle et fit semblant de n’avoir rien remarqué et mit cela sur le compte d’une petite baisse de tension.
Arrivés à la gare, après quelques minutes d'attente, le train arrivât ; David se faufila discrètement pour ne pas se faire remarquer par les passagers ; difficile quand on a notre photo dans tous les journaux depuis six mois. Ils passèrent au guichet, reçurent leur numéro de cabine : compartiment 31, wagon 12. En voyant la place qui leur était attribuée, David se remit à tituber : 31, 12 ; il revit le moment où il scella Benoît dans son étoile. Il revoyait les scènes importantes de ce combat : l'écroulement de la Tour Eiffel, la transformation de Benoît, le rayon de l'étoile du Berger. Bizarrement, il vit une autre scène dont il ne se rappelait pas : une ville en ruine au dessus de laquelle se tenait un homme habillé en noir…
« Je deviens fou, je crois que ce jour m’a traumatisé » pensa David avec humour. Clémence commençait a ce poser des questions : « Tu ne crois pas que c’est des signes qu’on voit depuis ce matin ? lui dit-elle. Tu es vraiment sûr de vouloir partir ? ». Mais en voyant sa désapprobation, elle lui murmura : « C’est vrai, excuse-moi, après tout, tu es mon ange… »
Il lui sourit, elle lui sourit et tous les deux entrèrent dans le compartiment. Cet après midi, ils seront dans le village d’enfance de David.
|