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Tuesday, December 2nd 2008, 22:11


Here is a story written by P'tit poney which is entiled Les folies de jeunesse - chapter 01 - Trucs de Moche (chapitre unique).

Dites-moi seulement une chose: pourquoi il n'y aurait que les tops-modèles qui se feraient les héros en perdition ? C’est vrai, parce que, même s’ils sont en perdition, ils n’en restent pas moins des héros. Archétype du héros : beau, musclé, drôle, intelligent, gentil et, bien sûr, toujours accompagné d’une belle fille. Et les laiderons, qu’est-ce que vous en faites, hein ? Regardez dans les films, par exemple : que des canons ! Les laiderons c’est que pour les scènes comiques sans intérêts. Autrement dit, t’es moche, t’as tout raté. C’est pas grave si t’y peut rien, si t’es né avec cette tête là et pas une autre. T’as qu’a en vouloir à tes parents. C’est vrai ça, pourquoi ils étaient si moches ? A supposer qu’ils soient laids parce que, ça s’trouve, t’es la ratée de la famille, avec la tronche de travers, l’œil gauche à droite et le droite à gauche.
Faut pas croire, je ne me fais pas d’illusions. Je suis pas du genre à traîner avec les beaux mecs. Non, plus du genre attachée aux passages intitulés « mort de rire » mais sans le rire avec, du style gros blanc. Quand on est petit, on se rend pas compte que tout le monde se paye votre tête et, quand on est plus grand, on essaye de se faire une raison et de se dire que c’est peut-être vraiment drôle en fait.
Mais, je n’ai pas grandi. Je ne me rends toujours pas compte. Ce n’est sûrement que mon imagination. Je tente de ne pas y penser, ça n’en vaut pas la peine. Mais, après tout, c’est pas un héros que je veux, ni même un beau gas. Pourtant qui n’en rêve pas ? Les gens, de toute façon, ne sont pas même certains de vouloir ce qu’il y a de mieux pour eux. Ca s’trouve, si je suis toute seule c’est peut-être parce que comme ça, je reste comme telle pour l’autre moitié de mon âme, sans les blessures d’un amour raté. Qui peut savoir ? Je ne sais même pas si je suis bien maîtresse de moi-même. Tout a l’air si lointain, comme si ma vie n’était qu’un vilain rêve. Le problème, c’est que c’est bien la réalité et que vivre un rêve dans la réalité c’est impossible. Impossible pour qui n’y croit pas. Moi j’y crois. Il faut que j’y croie, c’est le seul moyen. Le dernier du moins.

Aujourd’hui, on est samedi. C’est génial, non ? Bah, que se soit le week-end ou pas, c’est du pareil au même puisque je suis en vacances. C’est simple, je ne me lève pas, ni la nuit, ni le jour. Dodo vingt-quatre heures sur vingt-quatre… ! Vous avez raison, c’est impossible, en tout cas, pas deux semaines de suite. Mais j’ai presque réussi. Enfin le presque est large : douze heures de sommeil par nuit minimum. C’est la moitié de vingt-quatre je crois. Quand je disais que c’était large mais faites mieux pour voir ! Je sais, c’est ridicule, pour pas changer. Je peux pas m’empêcher de raconter ma vie. C’est un peu une maladie, un truc comme Helzeimer ou quelque chose dans le genre. Au lieu de perdre la mémoire, on parle sans s’en rendre compte. Et ouaih, ça sort tout seul, c’est magique. Si seulement ça l’était. La magie, c’est comme l’amour, ça vaut la peine d’être vécu. De toute manière, ça me va bien d’en parler, je connais aucun des deux pour cause d’impossibilité (je devrais peut-être me faire bonne sœur)… ou non, plutôt pour cause d’incompatibilité. La vie c’est comme ce mot débile : ça n’a aucun sens. C’est vrai quoi, allez demander au tordu qui a inventé ce mot quel rapprochement il faisait entre un compas et la réunion de choses qui vont ensemble. Peut-être qu’il pensait aux deux branches du compas. Il avait vraiment que ça à faire d’inventer ce mot.
Bon, c’est pas tout mais où j’en étais déjà ? Vous voyez, quand j’écrivais que c’était une maladie : une vraie plaie. Comme je disais, c’est le premier jour de mes vacances. Rien d’inhabituel jusque là, sauf que je n’ai dormi que dix heures donc je suis fatiguée. Voilà qui fait avancer l’histoire. Au rythme ou on va, je suis partie pour écrire un roman. D’accord, alors on fait avancer tout ça. Là c’est le moment où on entend un vieux bruit de magnétoscope quand on appuie sur la touche avance-rapide. Ca y est, maintenant on est en fin d’après-midi, vers 17h30, comme tous les jours après 17h29. je vis dans un petit appartement niché dans une cité sans histoires (si on compte pas celle-la), au cœur d’une ville à cinq minutes de Paris. En gros, je suis une parisienne et j’ai toujours considéré ce fait comme une tare. Ils auraient pas pu la mettre ailleurs leur capitale, nom de Dieu ? A part ça, ce soir, là je ne fais rien. En fait si, je marche… dans la rue, cela va de soit. Je travaille pour une importante boîte internationale qui « loue » des gas à des producteurs de film ou un truc qui y ressemble. Je travaille dans le monde du spectacle alors les héros et tout ce qui va avec, je connais. Ce qui ne va pas avec, je connais aussi mais c’est peut-être moins important. Sauf que là je suis en vacances donc ça compte pas et en plus je marche… dans la rue.
Et puis, tout d’un coup, voilà qu’un de ces héros en pleinne chute libre me rentre dedans. Je ne sais pas encore que c’est le personnage principal d’un quelconque récit, juste qu’il vient de m’enfoncer tout le côté droit et que ça fait mal. Le pire c’est que, lui, il a encore plus mal que moi : il se vide littéralement de son sang. Non content de m’avoir démolit, il se met à arroser joyeusement mon bel ensemble sorti pour l’occasion. Qu’est-ce que vous vouliez que je fasse ? Je connais le script : la nana embarque le gas chez elle, le soigne avec attention et, à la fin, il finit dans son lit. Sauf que la fille, elle sort d’un défilé de mode et que moi, eh bien… c’est moi, tout ce qu’il y a de plus banal, si ce n’est pire.
Alors, qu’est-ce que je fais en le voyant inonder le trottoir comme un jardinier ses fleurs ? Tout le contraire de ce que j’aurais dû faire, comme d’habitude. Ce fut peut-être l’apogée de ce désastre qui me sert de vie. Me voilà en train de l’installer sur le canapé et courant pour chercher la trousse de secours, qu’on a que dans les bons scénarios. Mais bon, j’ai coutume de fréquenter l’onde cérébrale Radio Scénariste, non ? Le plus hilarant dans tout ça c’est qu’il n’a même pas voulu que j’appelle le docteur et pourtant, Dieu sait combien je suis douée pour les films catastrophe. Même s’il avait juste un trou béant dans le bide, du style on voit au travers, il a insisté pour garder le rôle du parfait héros qui n’a pas mal. Ok, le trou n’était pas si énorme et c’était pas dans le ventre, mais même un trou au doigt ça peu faire souffrir. Il y a plein de nerf dans les doigts. Au bout de cinq minutes, c’était finit. Un peu d’alcool, à 90° parce que ça fait plus mal, un sparadrap et tu dégage. Sauf que le gas il s’accroche ! Cet imbécile, juste bon à se planter un crayon dans le doigt, le mien qui plus est, il m’invite à prendre un café. On peut pas refuser quand l’occasion se présente, peu importe si on aime pas le café. Encore une fois, j’ai la bonne idée d’être stupide. C’est peut-être l’âme sœur, même si j’ai toujours eu des frères. Après tout, il a l’air gentil ce Marc et il a pas les goûts difficiles. On verra, et puis la solitude ça ne vaut rien : je me vois mal parler toute ma vie à des murs.

J’ai toujours voulu penser que si on croyait très fort en quelque chose, on finissait par le créer. En rentrant chez moi ce samedi, je me demande si ce Marc existera un jour pour moi. On peu toujours rêver mais, c’est comme la cigarette, le plus dur c’est de s’arrêter.
 
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