Chapitre 22 : Le baiser de Sesshomaru et d’Inu yasha
Lorsque le hanyô se réveilla, il sentit que quelqu’un serrait sa tête contre lui. Il ouvrit les yeux et vit un visage endormi, celui d’Aryel. Inu yasha prit conscience que sa tête reposait contre la poitrine de la jeune femme. Il rougit et essaya de se dégager, cependant il n’y arrivait pas. Plus il bougeait, plus la jeune femme le serrait contre elle.
-Tiens-toi tranquille, Inu yasha ! dit-elle d’une voix endormie.
-Hein ?
Le hanyô rougit encore plus.
-Elle est quand même pas réveillée ? s’alarma-t-il intérieurement.
Il entendit la porte s’ouvrir. A grand peine, il tourna la tête et vit Kagome. Elle les regardait, lui et Aryel, le visage blême.
-Ce…ce n’est pas ce que tu crois… commença le hanyô.
Sans un mot, elle se détourna et partit, sans prendre la peine de refermer la porte.
-Et merde, il manquait plus que ça ! se dit-il, tellement rouge qu’on s’attendait presque à ce que de la fumée sorte par ses oreilles.
Il essaya à nouveau de se dégager, mais encore une fois, il n’y arriva pas. Il abandonna, il devait attendre qu’Aryel se réveille, il ne pourra pas se lever avant. Il attendait, toujours rouge. Peu à peu, la gêne qu’il éprouvait disparut, laissant place à un bien-être qu’il n’avait encore jamais ressenti. Il avait de plus en plus envie de se blottir contre la jeune femme.
Soudain, il sentit qu’elle relâchait son étreinte et s’étirait, expirant profondément. Il recommença à rougir et, sans mouvement brusque, se dégagea. Il fit tomber, sans le vouloir, le tabouret et recula précipitamment de quelques pas. Il se raidit, voyant la jeune femme ouvrir brusquement les yeux.
-Merci de m’avoir réveillée d’une manière aussi brutale, Inu yasha ! dit-elle d’une voix ensommeillée.
Elle se leva, tituba quelque peu avant de se tenir droite et d’observer le hanyô. Celui-ci évitait de la regarder. Aryel s’approcha et tourna la tête du hanyô vers elle.
-Qu’est-ce qu’il y a, Inu yasha ?
-Rien…rien du tout ! dit-il précipitamment en détournant la tête.
Il entendit la jeune femme soupirer profondément et sortir de la pièce.
-Hé, mais attends-moi ! s’indigna-t-il en la rattrapant.
Aryel avait déjà commencé à descendre les escaliers en colimaçon. Le hanyô remarqua que la jeune femme semblait toujours épuisée.
-Je vais te ramener dans ta chambre, tu ne t’es pas encore suffisamment reposée, déclara-t-il en prenant la jeune femme par la taille et en l’attirant vers lui.
-Je suis parfaitement capable de marcher toute seule, Inu yasha ! dit-elle d’un ton sec. Et je me suis suffisamment reposée comme ça.
Elle se dégagea et voulut continuer de descendre les escaliers, mais le hanyô avait enroulé ses bras autour de sa taille et il l’attira à nouveau contre lui.
-Je t’en prie, Aryel, écoute-moi. Tu dois te reposer. Je le vois bien que tu n’es pas en forme.
Cette fois-ci Aryel ne répliqua pas, toutefois, elle recommença à bouger dans tous les sens pour que le hanyô la lâche. En vain : le hanyô ne relâchait pas son étau, et cela énervait énormément la jeune femme. Elle commença alors à se débattre comme une furie, lui crachant au visage qu’il devait la relâcher. Mais le hanyô ne l’écoutait pas. Il était peiné par l’attitude de la jeune femme. Après tout, il n’avait aucune envie qu’Aryel s’évanouisse d’épuisement. Lentement, il monta les marches à reculons. Au moment où il arriva près de la porte, Aryel se débattit encore plus, commençant à lui asséner des coups de pieds. Inu yasha se sentait de plus en plus malheureux.
-Aryel, calme-toi ! supplia-t-il.
-T’AS QU’A ME LÂCHER ! hurla-t-elle en se retournant.
Celui-ci déplaça ses mains pour attraper les poignets de la jeune femme. Il l’obligea à reculer vers le lit. Aryel ne cessait de lui jeter des regards haineux. Le cœur serré, le hanyô baissa les yeux tout en continuant à avancer. Il ne fit pas attention et tous deux s’écroulèrent sur le lit. Aryel avait ses mains à la hauteur de sa tête, ses poignets toujours tenus par le hanyô qui était complètement affalé sur elle. Elle arrêta de se débattre, se tut subitement et regarda stupéfaite Inu yasha. Il la regarda un peu inquiet de son subit silence.
-Surtout ne te gênes pas ! ricana-t-elle.
-Mais de quoi tu parles ? demanda-t-il incrédule.
-Que fait donc ta chose à un endroit aussi peu recommandable et hautement privé ?
Il rougit instantanément en comprenant le sous-entendu. Il se leva et recula au fond de la chambre.
-Ce…ce n’est pas ce que tu crois…
-Mais oui bien sûr ! dit la jeune femme en se levant et en s’approchant du hanyô. Que dois-je croire alors ?
-Je…je ne voulais pas… C’était pas mon intention de te… essaya-t-il d’expliquer.
-De quoi ? demanda une voix masculine.
Koga entra dans la pièce et se dirigea vers Aryel.
-Je t’ai entendu crier tout à l’heure. Il y a quelque chose qui ne va pas ?
-Non, non…allons sortons, Koga ! proposa-t-elle en prenant le yôkai par le bras.
Le yôkai se laissa faire et tous deux sortirent de la chambre, laissant le hanyô seul.
-Grr…ce loup famélique m’énerve ! grogna le hanyô.
Soupirant profondément, il s’assit sur le rebord de la fenêtre et regarda au-dehors.
-Non, c’est parce que je n’ai pas fait assez attention que nous sommes tombés sur le lit. Mon intention n’a jamais été de la prendre de force… murmura-t-il en regardant les nuages.
Une douce brise lui caressa le visage. Il ferma les yeux, savourant un moment de tranquillité. Ces moments étaient tellement rares pour lui…
Le temps était beau, il faisait agréablement chaud. Les rayons de soleil éblouissaient le hanyô, mais il n’y fit pas attention. Il écoutait les oiseaux chanter et les insectes bourdonner. Il repensait à l’époque où il n’était encore qu’un gamin. Aryel allait souvent se promener avec lui et lui apprenait toujours plein de choses, mais c’était si loin à présent… Tout avait changé… Ses sentiments envers Aryel… Il avait de plus en plus de mal à les situer. Il soupira, ouvrit les yeux et regarda vers le bas. Aryel, tenant toujours Koga par le bras, regarda furtivement vers le hanyô. Celui-ci soutint son regard insistant et les regarda sortir de l’enceinte du palais en sautant par-dessus le mur, ensuite il ne put sentir que leurs odeurs, car devant lui se dressait une forêt qui l’empêchait de les voir.
En entendant la porte s’ouvrir, il tourna la tête et vit Kikyo. Elle s’approcha du lit et s’assit dessus. Tous deux s’observèrent calmement.
Koga et Aryel marchaient l’un à côté de l’autre, discutant, riant et se souriant mutuellement. Il devait bien être midi lorsqu’ils s’arrêtèrent pour manger. Ils étaient arrivés dans une clairière dégagée où se trouvait une source d’eau claire et pure. Aryel s’approcha de la source. Elle s’accroupit, plongea ses mains en coupe dans l’eau glacée et but. Elle portait toujours ses vêtements déchirés. Koga l’observait, toujours souriant. Il avait trouvait la matinée très agréable. Il soupira de plaisir et déclara :
-Je vais chercher de quoi manger d’accord ?
-Oui…je t’attendrai ici, promit la jeune femme en lui lançant un sourire charmeur.
Koga lui rendit son sourire avant de partir. Aryel regarda quelques instants la direction qu’avait prise le yôkai avant de se promener dans les environs. Elle ramassa des plantes qu’elle savait résistantes. Quand elle revint à la clairière, le yôkai n’était toujours pas revenu. Elle en profita pour s’asseoir sur un rocher et tisser quelque chose avec les plantes.
Kagome errait dans le gigantesque palais à la recherche de son bien-aimé. Il avait disparu depuis ce matin et elle commençait à être inquiète. Elle vit Sango et Miroku assis sur le rebord de la fontaine.
-Sango, Miroku ! Vous n’auriez pas vu Inu yasha par hasard ? Car je ne le trouve nulle part.
-Je l’ai vu partir avec Kikyo, déclara la chasseuse de yôkais.
-Kikyo ? s’étonna Kagome.
En vérité, elle pensait que le hanyô était avec Aryel, car elle aussi avait disparu. Mais maintenant qu’elle y pensait, elle n’avait pas non plus revu Koga depuis hier soir.
-Koga et Aryel non plus ne sont plus là… dit lentement la jeune fille.
-Dites, les filles…vous croyez que Aryel et Koga et Kikyo et Inu yasha sont allés passer une journée en amoureux ? demanda Miroku.
-Koga et… Aryel… murmura Kagome.
-De quoi parlez-vous ? demanda subitement une voix.
Ils regardèrent d’où venait la voix et virent Inu taisho.
-Nous parlions de Koga, Kikyo, de votre fils Inu yasha, et d’Aryel. Sango affirme avoir vu Kikyo et Inu yasha sortir de l’enceinte du palais, et Koga et Aryel ont disparu depuis ce matin, expliqua le moine.
-Mon fils…amoureux de cette miko ???
-Ou…oui…est-c’…est-ce que cela vous pose un problème ? demanda Kagome.
-Non aucun ! Mais je suis un peu étonné.
-Nous supposons que Koga et Aryel veulent, tout comme votre fils et Kikyo, passer une journée en amoureux ajouta Sango.
-Aryel, amoureuse ???
Il sourit.
-Après tous les siècles que j’ai passés avec elle, elle n’est jamais tombée amoureuse, continua le taiyôkai. Koga…c’est ce yôkai-loup, n’est-ce pas ? Je ne crois pas qu’Aryel soit amoureuse de lui, mais elle a été élevée par des loups, et en plus elle est à moitié louve… Pas étonnant qu’elle aime passer du temps avec lui. Mais ce qui m’a le plus étonné, c’est que Koga ait accepté Aryel… Dans les meutes, seul le dominant peut décider si un loup solitaire a le droit de rejoindre leur bande. Et ce sont presque toujours des femelles, qui normalement deviennent alors les compagnes des dominants.
-Hein ? Koga aurait l’intention de faire d’Aryel sa compagne ??? s’exclamèrent Sango, Miroku et Kagome.
-Je crois bien que oui, mais je peux me tromper, car je sais qu’Aryel n’a jamais laissé un homme, hanyô, yôkai ou taiyôkai de marbre, assura Inu taisho.
Kagome se sentit quelque peu soulagée. Peut-être était-ce pour ça qu’Inu yasha semblait tellement tenir à Aryel. Il était possible qu’elle se fût totalement trompée et qu’Inu yasha ne fût pas amoureux de la jeune femme.
-Dis-moi, humaine… J’ai remarqué que tu semblais très attachée à mon fils Inu yasha… En serais-tu amoureuse ?
-Eh bien… commença Kagome en rougissant et en détournant la tête. Eh bien en fait, je crois que j’ai un petit faible pour lui, mais de là à en être amoureuse…
Elle était très gênée. Elle se tourna vers la fontaine et prit de l’eau pour s’asperger le visage.
Le yôkai était très fier de lui. Il avait tué un ours et il savait que leur viande et leur graisse étaient très bonnes pour les loups. Il se promit d’en garder de côté pour Ginta, Hakkaku et le reste de sa meute. Il portait le corps à bout de bras au-dessus de sa tête. Il souriait, s’imaginant le visage ébahi de la jeune femme qui l’attendait dans une clairière. Enfin il y arriva.
-Hé Aryel ! Tu croiras jamais ce que…
Il ne termina pas sa phrase. Il était tellement choqué par l’accoutrement de la jeune femme qu’il tourna de l’œil.
-Koga ! Tu vas bien ? s’inquiète Aryel en se précipitant aux côtés du yôkai.
Remarquant qu’il était évanoui, elle entreprit d’enlever l’ours qui écrasait le malheureux de tout son poids. Après l’avoir fait, elle s’allongea dans l’herbe à côté du yôkai, observant les nuages. Ici, il faisait si calme. Par contre, l’époque de Kagome était si bruyante, si puante. Dire qu’elle-même n’avait plus aucun souvenir de son propre monde, mais bientôt elle savait qu’elle devrait y retourner. Plusieurs fois, elle s’était demandé à quoi pouvait bien ressembler son monde. Se rapprocherait-il plus de l’époque de Kagome ou de celui-ci ? En tout cas, une chose était sûre, au fil des siècles elle avait toujours considéré ce monde-ci, peu importe l’époque, comme le sien. Au fond d’elle, elle préférait l’époque dans laquelle elle était actuellement plongée, à celle de Kagome. Elle se redressa, humant des odeurs familières. De l’autre côté de la clairière apparurent Inu yasha et Kikyo. Ils étaient tous les deux enlacés et se murmuraient des mots doux à l’oreille. Aryel ne bougea pas, mais le hanyô tourna la tête vers elle et il n’eut que le temps de prononcer le nom de la jeune femme avec incrédulité avant de s’évanouir. La miko s’accroupit pour vérifier qu’il n’avait rien, avant de fixer Aryel, outragée.
-Qu’est-ce que c’est que cet accoutrement Aryel ?
-Ben tu le vois bien Kikyo ! se moqua la jeune femme.
-Qu’as-tu fait de tes vêtements déchirés ?
-Je les ai brûlés, dit Aryel en haussant les épaules.
Kikyo fixa Aryel avec des yeux ronds, puis déclara :
-Je crois que nous ferions mieux de retourner au palais.
Aryel acquiesça et partit quelques secondes pour revenir avec une louve blanche gigantesque.
-Mutter, peux-tu porter Koga et Inu yasha sur ton dos, s’il te plaît ? demanda-t-elle.
Sans un mot, Mutter prit Koga et Inu yasha et les déposa sur son dos. Kikyo suivit la louve. Aryel, fermant la marche, portait l’ours à bout de bras.
-Mais qu’est-ce qu’il leur est arrivé ? répéta pour la millième fois Kagome.
Elle avait été plus que choquée en voyant Koga et Inu yasha inconscients, mais surtout elle avait été choquée par la tenue d’Aryel. Mutter était assise au fond de la salle, ses yeux reflétaient un grand amusement. Kikyo était toujours outragée et fixait Aryel d’un œil noir.
-Je t’ai déjà dit qu’ils se sont évanouis en me voyant, s’exaspéra Aryel.
-Ca n’a rien d’étonnant ! Ca devait être la première fois qu’ils voient quelqu’un d’aussi peu vêtu.
Aryel leva les yeux au plafond, lassée par cette conversation des plus ennuyeuses. La grande s’ouvrit et le moine et la chasseuse de yôkais voulurent entrer, mais en voyant Aryel, ils s’arrêtèrent interloqués. Remis du choc, Miroku se précipita vers la jeune femme, lui prit les mains et déclara :
-Je suis votre esclave, faites de moi ce que vous voulez.
La jeune femme dévisagea le jeune moine avant de lui dire :
-Je ne peux pas accepter ton offre, Miroku…cela te mettrait inutilement en danger.
-Mais j’insiste !
-Ecoute, je ne peux pas… Eh mais qu’est-ce que tu fais ? s’exclama Aryel.
-Miroku ! Je t’interdis de la toucher, alors enlève tout de suite ta main de là, prévint Inu yasha en prenant la jeune femme dans ses bras pour l’éloigner du moine.
Il avait repris conscience et avait immédiatement vu le moine et la jeune femme. Il regarda intensément le moine pour lui faire bien comprendre qu’il n’avait plus intérêt à faire ce genre de choses ou il était un homme mort.
-Miroku ! dit doucement Sango en s’approchant de lui. NE PEUX-TU DONC PAS LAISSER TES MAINS TRANQUILLES ??? TU NE CHANGERAS DONC JAMAIS ???
La chasseuse de yôkais gifla violemment le moine et sortit en trombe de la pièce, versant silencieusement des larmes. Quant au moine, il se releva et courut après la chasseuse de yôkais.
Sango marchait à grandes enjambées dans le couloir.
-Ecoute-moi Sango ! commença Miroku.
-ECOUTER QUOI ??? TU M’AS DIT QUE QUAND TOUT SERAIT FINI, TU VOULAIS VIVRE AVEC MOI !!! s’exclama Sango en s’arrêtant et en se tournant vers le moine. MAIS J’AI DE PLUS EN PLUS DE MAL A CROIRE QUE TU ETAIS SINCERE.
Des larmes coulèrent le long de ses joues.
-Sango, je…
-TAIS-TOI ! TAIS-TOI ! JE NE VEUX PLUS RIEN ENTENDRE. JE NE VEUX PLUS ECOUTER TES MENSONGES.
Pleurant à chaudes larmes, Sango courut dans la chambre où elle avait dormi et se barricada à l’intérieur.
Inu yasha, tenant toujours la jeune femme contre lui, avait clairement entendu la conversation bruyante qu’avaient eue Sango et Miroku. Il espérait que Kagome et Aryel n’avaient rien entendu, d’ailleurs pour être certain que la jeune femme n’entende rien, il avait calé sa tête dans le creux de son épaule. Soudain il sentit que son kimono commençait à être légèrement mouillé. Il mit la jeune femme en face de lui et la dévisagea. Ses yeux étaient sans expression, mais elle semblait triste.
-Aryel…il y a quelque chose qui ne va pas ? s’inquiéta immédiatement la hanyô.
Elle ne répondit pas, elle ne le regardait même pas. Elle ne fixait rien comme si elle n’était qu’une poupée.
-Aryel ? s’alarma Inu yasha. Aryel, réponds-moi !
Cependant, la jeune femme semblait ne rien entendre. Elle se leva et sortit de la pièce par une porte qui la conduisait dans le jardin. Elle marcha pieds nus dans l’herbe.
Le hanyô, après l’avoir vue sortir de la salle, voulut la rejoindre mais Mutter lui dit de rester ici. Elle alla rejoindre Aryel, sans doute pour lui parler.
Inu yasha, Kikyo, Kagome et Koga, qui semblait toujours évanoui, se retrouvèrent seuls.
-Inu yasha je…je comprends que tu te sois évanoui en voyant Aryel aussi peu habillée… commença Kagome.
-Hein ? Je l’ai déjà vu nue, ce n’est pas qu’elle soit aussi peu habillée qui m’a choqué, mais le fait qu’elle porte des vêtements pareils, répliqua le hanyô.
-Même chose pour moi ! ajouta le yôkai en s’asseyant.
-Kah ! Tu es enfin réveillé ? ricana Inu yasha.
-Je l’étais déjà depuis un certain temps, mais je voulais savoir ce que vous diriez si j’étais évanoui, affirma Koga.
Kikyo et Kagome, toujours bouche bée, retrouvèrent leurs esprits et s’exclamèrent :
-Quoi ? Vous avez vu Aryel nue ?
-Euh… dit Inu yasha en rougissant.
-Bien sûr ! avoua Koga.
Il l’avait dit comme si c’était tout naturel. Inu yasha lança au yôkai un regard noir. Kagome respirait par saccade, essayant de se contrôler. Elle se leva, s’approcha de son bien-aimé et voulut le gifler, mais au moment où sa main allait toucher le malheureux, une voix s’exclama :
-Ah, enfin réveillés, les garçons !
Aryel s’assit entre Koga et Inu yasha, souriante. Koga et Inu yasha regardèrent la jeune femme, inquiets. Qu’elle ait changé aussi subitement était pour le moins inquiétant.
-Aryel…ton bikini…on dirait que c’est une plante… remarqua Kagome.
-C’est pas un bikini, c’est des plantes que j’ai tissées ensemble.
Kagome en resta bouche bée.
-Tu t’es fabriqué des vêtements toute seule ? s’exclama-t-elle.
-Oui, je… Inu taisho !
Le taiyôkai venait d’ouvrir la porte.
-Inu taisho ! répéta Aryel en se précipitant vers lui.
Elle lui sauta au cou.
-HEIN ??? dirent Inu yasha et Koga.
Inu taisho mit une de ses mains dans le dos de la jeune femme. Inu yasha et Koga étaient choqués et ils n’étaient pas les seuls : Kagome avait la bouche grande ouverte et Kikyo avait des yeux ronds.
-Qu’est-ce donc que cet accoutrement Aryel ? demanda Inu taisho.
-Un accoutrement peu recommandable ? hasarda-t-elle.
-Oui…surtout pour tes amis…
-Et pour toi alors ?
-Moi…ce n’est rien de nouveau…
Cette phrase choqua Inu yasha, Koga, Kagome et Kikyo encore plus.
-Euh… commença Inu yasha en se levant et en s’approchant de son père et d’Aryel. Tu sautes souvent au cou des gens ?
-C’est un réflexe qu’elle a gardé de sa jeunesse ! expliqua le taiyôkai.
-Tu faisais souvent ça devant ma mère et celle de Sesshomaru ? interrogea le hanyô.
-Euh… dit doucement Aryel. Et bien pour dire la vérité…oui…
-Et elles n’étaient pas jalouses ? s’étonna Kagome.
-Bien sûr que non ! Puisque je ne suis pas amoureuse de lui, je ne représentais aucun danger pour leurs relations… répondit Aryel en souriant.
-Depuis quand sauter au cou de quelqu’un est une marque d’amitié ? questionna nerveusement le hanyô.
Aryel continua de sourire et ne répondit pas.
-Tu es sûre que tes sentiments pour lui ne sont qu’amicaux ?
-Oui ! répondit instantanément la jeune femme en se tournant vers le taiyôkai. Au fait, tu ne devineras jamais de qui j’ai rêvé cette nuit ?
-De moi ! dit Inu yasha en rougissant. Je t’ai entendu prononcer mon nom.
-Hein ? Alors c’était toi ? se vexa la jeune femme. Je…je croyais que c’était Inu yasha…un chien que j’ai élevé bien avant ta naissance… Je…j’ai cru qu’il était venu me rendre une petite visite…je…je l’ai pris dans mes bras, mais je ne sais pas pourquoi il s’est mis à bouger… Inu yasha…je suis vraiment désolé de t’avoir pris pour lui.
Les yeux de la jeune femme reflétaient une immense tristesse.
-Elle…elle est déçue que ce chien n’ait pas été là…je porte même le nom de ce chien…est-ce que…est-ce que à chaque fois qu’elle me voit, elle se souvient de lui ? se demanda Inu yasha.
Sans un mot, Aryel sortit de la pièce et alla dans le jardin à l’arrière du palais. Sesshomaru s’y trouvait, observant des roses rouge sang. En sentant l’odeur de la jeune femme, il tourna la tête vers elle et la dévisagea. Il s’approcha d’elle, tout en continuant à la fixer d’un regard intense. Il était troublé qu’elle soit aussi peu vêtue et il essayait de ne pas y faire attention, mais il n’y arrivait pas.
-Sesshomaru suis-moi ! ordonna soudainement Aryel.
Le yôkai acquiesça et la suivit.
Ils sortirent de l’enceinte du palais par une petite porte cacher derrière des buissons. La jeune femme emmena le yôkai sur une petite colline, non loin de la porte, qui était cachée par des arbres. Sur la colline se trouvait Illidan, l’elfe déchu. Dans sa main droite il tenait un bras en os, qui était entouré d’une lumière mauve foncé et maléfique. Aryel s’avança vers lui et prit le bras.
-Comme vous me l’avez demandé, j’ai été cherché ce bras chez les morts-vivants, Princesse… annonça Illidan.
Aryel hocha la tête et observa le bras. Enfin, elle dit lentement :
-Tu peux partir rejoindre les Nagas, Illidan…si jamais j’ai encore besoin de toi, je te préviendrai…
L’elfe partit après avoir fait une révérence à la jeune femme.
Elle se tourna vers Sesshomaru et lui tendit le bras squelettique. Celui-ci le prit et le regarda. Il dégageait une grande puissance maléfique, pourtant ça n’avait pas eu l’air d’affecter la jeune femme.
-A quoi est-ce qu’il va me servir ? demanda le yôkai.
-Mets-le à la place de ton bras perdu, il s’attachera automatiquement au moignon… Tu n’as pas à t’inquiéter, ce bras est aussi puissant que celui que tu avais avant, voire plus… assura Aryel en souriant.
-Pourquoi me donner ce bras ? Je ne comprends pas…
-J’ai besoin de me défouler, et puis comme ça je pourrai voir si tu as progressé . Et en plus je te permets de garder ce bras pour toujours.
Aryel s’éloigna de quelques mètres avant de lui faire face. Sesshomaru plaça le bras à la place de l’ancien. Il resta immobile quelques secondes, observant sans cesse la jeune femme. Puis, il prit son apparence de chien blanc géant. Comme il s’y était attendu, le bras maléfique s’était transformé lui aussi.
-Je n’ai jamais réussi à la battre… pensa-t-il. Mais elle m’a l’air un peu ailleurs aujourd’hui.
Inu yasha sauta par-dessus du mur d’enceinte. Il avait senti que Sesshomaru et Aryel étaient sortis de l’enceinte du palais, et par-dessus tout, qu’ils étaient ensemble. Et ça, il ne le supportait pas.
Le combat ne dura pas longtemps et le yôkai gagna facilement, écrasant la jeune femme avec sa patte en os. Aryel se trouvait couchée sur le dos, incapable de bouger.
-Tu m’écrases… dit-elle d’une voix douce et plaintive.
Sesshomaru retira sa patte et la posa à côté d’Aryel. Résigné, il reprit son apparence humaine et se retrouva directement à quelques centimètres du visage de la jeune femme. Il la dévisagea un moment. Elle avait fermé les yeux et respirait normalement.
-Elle n’a pas fait un seul instant attention ni même un effort pour se concentrer. Elle n’a même pas essayé de combattre… se dit-il intérieurement.
Il pencha son visage vers celui de la jeune femme et l’embrassa. Aryel ouvrit brusquement les yeux et vit les yeux fermés du yôkai. Elle ne se trompait donc pas, c’était bien les lèvres de Sesshomaru qu’elle sentait contre les siennes. Mais pourquoi diable l’embrassait-il ? Lui qui détestait tant les humains ! Il ne pouvait tout de même pas être tombé amoureux, c’était impossible, pas lui. La jeune femme ne réagit pas. Elle était complètement désorientée et ne savait pas quoi faire.
Le hanyô regardait, choqué, le yôkai et la jeune femme. Il avait vu que c’était Sesshomaru qui embrassait Aryel. Rapidement, une colère monta en lui. Son demi-frère…il avait osé… Jamais il ne lui pardonnerait. Il courut rapidement vers Sesshomaru et cria à pleins poumons :
-SANKONTESSOOO
Il avait fait exprès de ne pas utiliser Tessaiga pour ne pas risquer de blesser la jeune femme.
Or, le yôkai avait senti le hanyô arriver et il évita l’attaque en sautant sur le côté, tenant Aryel contre lui.
Il déposa le jeune femme à l’écart avant de se précipiter vers son frère. Tous deux avaient sortis leurs armes.
-SESSHOMARU, JE VAIS TE TUER !!! fulmina Inu yasha.
-Fuh ! Tu es en colère parce que je l’ai embrassée ? Très bien, j’ai décidé de me débarrasser de toi une bonne fois pour toutes. Tu n’es qu’un obstacle pour moi, mais dès que je t’aurai tué, j’aurai le champ libre.
Remise du choc qu’avait provoqué les phrases du yôkai, où le sous-entendu était plus qu’évident, Aryel courut vers les deux frères qui avaient déjà commencé à se battre. Tessaiga et Tokijin s’entrechoquaient dans un grand fracas.
-ARRÊTEZ DE VOUS BATTRE !!! hurla la jeune femme.
-NE T’EN MÊLE PAS ! crièrent les deux frères.
Impuissante, elle regarda le yôkai et le hanyô se combattre. Aucun des deux ne semblait prendre l’avantage, mais la jeune femme avait peur. Elle savait qu’ils allaient s’entretuer si personne ne les arrêtait. Désespérée, elle courut rapidement au palais, laissant les frères lutter.
-Koga, Inu taisho ! C’est horrible ! s’exclama la jeune femme en ouvrant la porte.
-Que se passe-t-il ? demandèrent Koga et Inu taisho en s’approchant d’Aryel.
-C’est Inu yasha et Sesshomaru ! Ils veulent s’entretuer… Il faut que vous les arrêtiez.
Inu taisho et Koga suivirent Aryel. Après quelques hésitations, Kagome décida d’aller dans la chambre de Sango pour la consoler, car elle n’était toujours pas revenue et la jeune fille se doutait à présent de la raison de cette retraite.
Quand elle arriva dans le couloir où se trouvaient les chambres, elle vit Miroku qui se tenait devant la porte de la chambre de Sango. Kagome ralentit et s’approcha discrètement.
-Sango, je t’en prie, laisse-moi entrer… Je… Tu sais très bien que quand j’ai fait ça, je n’étais pas sérieux… J’ai fait ça pour rire… Je n’étais pas sincère… essaya-t-il d’expliquer.
-Je ne trouvais pas que ça ressemblait à de la comédie, répliqua Sango.
Sa voix tremblait et Kagome pouvait sentir que la chasseuse de yôkais n’allait pas mieux.
-Sango, c’est moi Kagome…est-ce que je peux entrer ? demanda la jeune fille en s’approchant de la porte.
Miroku sursauta au son de sa voix. Les sanglots de Sango cessèrent. La porte s’ouvrit et le moine put voir les yeux rouges de la chasseuse de yôkais, et ses joues pleines de larmes. Le moine s’en voulut énormément, il aurait tant aimé pouvoir retourner en arrière pour changer le cours du temps. Hélas, il savait que c’était impossible.
-Sango… murmura-t-il.
Kagome entra. Sango voulut refermer la porte, toutefois, Miroku retint la porte. Il fixa Sango droit dans les yeux et promit d’une voix forte :
-Sango ! A partir d’aujourd’hui, je te jure sur ma vie que plus jamais je ne toucherai à une autre femme !
Les yeux de la chasseuse de yôkais brillèrent. Elle rouvrit la porte et tomba dans les bras du moine. Celui-ci l’enlaça doucement et lui caressa les cheveux d’une main.
Kagome les regarda, souriante. Elle était heureuse pour eux, elle aussi aimerait qu’Inu yasha la prenne dans ses bras et surtout qu’il lui dise qu’il l’aime. Elle soupira à cette pensée. Elle aimerait tellement avouer son amour au hanyô, hélas, celui-ci n’arrivait pas à choisir entre elle et Kikyo, et Kagome avait de plus en plus l’impression que le hanyô était aussi amoureux d’Aryel.
-Ils ont recommencé à se battre, pensa la jeune femme. Inu yasha et Sesshomaru… Je me demande pourquoi ils se battent cette fois-ci… Sûrement à cause du Tessaiga…ou bien… Non, c’est impossible… Ils ne se battent tout de même pas pour Aryel… Mais, après tout, on ignore ce qu’éprouve Sesshomaru pour Aryel…et aussi quelle relation ils ont…
Sesshomaru et Inu yasha furent repoussés par l’onde de choc que provoquaient leurs armes en s’entrechoquant. Une nouvelle fois, ils coururent rapidement l’un vers l’autre. Cependant à cinq mètres l’un de l’autre, ils furent brutalement repoussés en arrière. Ils atterrirent chacun contre un rocher. Sesshomaru avait reçu un puissant coup de poing de Inu taisho et Inu yasha avait reçu un impressionnant coup de pied de Koga. Sesshomaru et Inu yasha se relevèrent et s’approchèrent une nouvelle fois l’un de l’autre. Cette fois-ci Aryel se plaça entre eux.
-Si vous voulez continuer à vous battre, il faudra d’abord me tuer, prévint-elle.
-Aryel, laisse-moi tuer ce salaud ! siffla Inu yasha entre ses dents.
-Aryel, il faut que je tue ce demi-sang, alors écarte-toi ! dit Sesshomaru en fixant froidement le hanyô.
-Eh bien allez-y ! craqua la jeune femme. Mais vous battre est vraiment idiot ! Et sachez que si vous recommencez à vous battre, je pars, et comptez sur moi, vous n’arriverez jamais à me retrouver.
Après ces paroles, elle partit en compagnie d’Inu taisho.
-Inu taisho… murmura-t-elle. J’ai peur. J’ai peur que l’histoire ne se répète…
-Ne t’inquiète pas ! rassura le taiyôkai en posant sa main sur l’épaule de la jeune femme. Je ferai tout pour empêcher ça.
-Merci !
Elle serra Inu taisho dans ses bras, soulagée.
Sesshomaru, Inu yasha et Koga n’avait rien vu, ni entendu les propos d’Inu taisho et d’Aryel. Les deux frères se fixaient, les yeux pleins de haine.
-Vous êtes vraiment stupides, finit par dire Koga. Vous devriez pourtant savoir qu’Aryel n’aime pas que vous vous battiez. Vous n’avez donc pas marre de vous battre pour le Tessaiga ?
-Kah ! Ce n’est pas pour ça qu’on se battait, baka ! répliqua le hanyô. Cet enfoiré a embrassé Aryel, voilà pourquoi !
Incrédule, Koga regarda Sesshomaru. Ce yôkai était donc tombé sous le charme d’Aryel ? Il sourit, car il savait très bien qu’Aryel était une très belle femme et qu’elle ne laissait personne indifférent. C’était elle-même qui l’avait dit ! La jeune femme et lui avaient beaucoup parlé d’eux-mêmes. Aryel lui disait tout et inversement. Le yôkai se sentait bien à ses côtés. Pour lui, elle était un membre à part entière de sa meute.
-Koga, tu viens ? Nous retournons au palais, annonça Aryel. Le yôkai rejoignit la jeune femme et le taiyôkai et tous les trois rentrèrent au palais.
Finalement, Sesshomaru partit, laissant son demi-frère seul. Après être resté seul quelques minutes, le hanyô retourna lentement vers le palais. Des pensées se bousculaient dans sa tête, il en avait la migraine.
Lorsqu’il entra dans la salle principale, il y trouva Kikyo.
-Tu es en vie, dit-elle. J’en suis heureuse.
Inu yasha lui sourit et, après quelques hésitations, demanda :
-Tu…tu n’aurais pas vu Aryel par hasard ?
-Elle est dans le Jardin d’Entrée.
Kikyo continua son chemin.
-Où vas-tu ? questionna-t-il.
-A la bibliothèque ! répondit-elle avant de sortir de la salle.
Le hanyô se rendit dans le jardin où se tenaient Kagome, Shippo, Kirara, Sango, Miroku, Inu taisho, Koga et Aryel. Ils étaient tous assis en face d’Aryel. Prenant son courage à deux mains, il s’avança et alla s’asseoir près d’Aryel. Tous étaient silencieux, observant la jeune femme qui semblait très énervée.
-C’était vraiment stupide ! finit-elle par dire. De vous battre à cause de moi.
-Il n’avait qu’à pas t’embrasser, répliqua Inu yasha.
-Mais Inu yasha ! Ce n’est qu’un simple baiser ! dit Aryel en se tournant vers lui.
Sans un mot, Inu yasha se rapprocha d’elle et l’embrassa. |