Chapitre 23 : Un silence qui fait mal
C’était le soir. Aryel se trouvait dans sa chambre en compagnie de Sango, Miroku et Koga. La jeune femme repensa aux paroles qu’avait prononcées le hanyô après l’avoir embrassée.
<< Pour moi un baiser est une chose importante…>>
Elle soupira.
-Allons, ne fais pas cette tête ! sermonna le moine. Tu as été embrassée par deux beaux garçons, le même jour et en moins d’une heure. Tu devrais être contente…
Aryel le fixa froidement. Miroku se força à sourire et se retint pour ne pas tomber du rebord de la fenêtre. Sango était assise sur le tabouret qu’elle avait placé près de la fenêtre. Koga était assis sur le lit, les jambes croisées, observant sans cesse le visage de la jeune femme.
-Pauvre Kagome… dit la chasseuse de yôkais. Comme elle doit être malheureuse… Elle qui aime tellement Inu yasha… Mais qu’est-ce qui a bien pu lui prendre… t’embrasser en sachant parfaitement qu’elle était là !
-Il s’est vraiment comporté comme un idiot, compléta le yôkai.
Aryel s’énerva encore plus. Elle se leva et voulut partir, mais s’arrêta.
-Ecarte-toi Miroku !
Le moine s’écarta de la fenêtre et la jeune femme sauta par la fenêtre.
-Mais elle est folle !!! s’exclamèrent Sango et Miroku en regardant par la fenêtre.
-Mais non ! assura Koga qui ne semblait pas choqué le moins du monde. Elle sait ce qu’elle fait.
La jeune femme atterrit souplement sur le sol, bloquant le passage à Kagome.
-Où vas-tu ? demanda Aryel.
-Je rentre chez moi, cria Kagome, hors d’elle. Je n’ai plus rien à faire ici. Tu me remplaceras parfaitement. Tu es plus puissante que moi, tu perçois les morceaux de la perle mieux que moi et Inu yasha t’aime plus que moi.
Aryel la dévisagea, silencieuse. Le visage de la jeune fille était crispé de douleur et de désespoir.
-Si seulement…si seulement tu n’étais pas apparue, si seulement tu étais morte lorsque Naraku t’a attaquée… Si seulement Kikyo n’était pas de retour. Si seulement Inu yasha ne s’intéressait qu’à moi, n’aimait que moi…
Aryel la gifla, et lui dit d’un ton tranchant :
-Tu es vraiment stupide. On ne peut remplacer personne, et avec des si, ma chère, on mettrait Paris en bouteille. Et de toute façon personne n’est indispensable, alors si tu veux partir, va-t-en, mais sache que fuir est la chose la plus lâche que tu puisses faire.
Aryel se détourna de Kagome et partit, laissant la jeune fille en plan.
<< Personne n’est indispensable ! >>
Ses paroles résonnaient en Kagome comme un glas. Elle tomba à genoux sur le sol. C’était la première fois qu’elle entendait Aryel parler comme ça… Elle commençait à avoir peur…peur de cette femme dont elle croyait tout connaître et pourtant ne savait rien.
Tremblante, elle se releva.
-Kirara… dit-elle doucement en voyant le yôkai-chat. Pourrais-tu me ramener chez moi s’il te plaît ?
<< Fuir est la chose la plus lâche que tu puisses faire ! >>
Kagome chassa cette pensée de son esprit et monta sur le dos de Kirara qui avait repris sa véritable apparence. Le yôkai-chat s’envola et se dirigea vers le puits dévoreur d’os qui se trouvait très loin du palais.
Aryel était assise sur le rebord de la fontaine. Elle s’en voulait d’avoir dit ces paroles sur un tel ton. Elle avait dit la vérité, mais elle aurait dû le lui dire avec plus de douceur. Elle soupira.
-Hé, Aryel…t’aurais pas vu Kagome ? demanda Inu yasha en s’approchant de la jeune femme.
-Elle est rentrée chez elle, faire une petite dépression…
-Ah…je…je voulais lui parler… Aryel…je…je suis désolé que mon baiser t’aies gênée… avoua-t-il en rougissant. Je…je ne sais pas ce qui m’a pris…
-Je ne t’en veux pas, assura Aryel en lui souriant doucement. Mais comprends-moi, j’ai été embrassée deux fois aujourd’hui et j’ai du mal à savoir où j’en suis à présent…
Elle frissonna légèrement, elle portait toujours ses vêtements faits à base de plantes et la température avait chuté. Il faisait presque nuit noire. Le hanyô retira le dessus de son kimono rouge et le posa sur les épaules de la jeune femme.
-La nuit est fraîche, tu risques d’attraper froid ! dit-il, comme si pour tous ses actes futurs, il avait besoin de se justifier.
Il s’assit à côté de la jeune femme. Celle-ci se cala contre lui.
Il fallut à Inu yasha quelques secondes avant de s’en rendre compte. Il enroula ses bras autour de la jeune femme et la serra doucement contre lui. Le corps d’Aryel était froid, mais cela n’empêchait pas le hanyô de sentir la douceur de sa peau. Il aimait tellement sentir la jeune femme contre lui.
Koga fit une entrée fracassante, il tremblait de rage. Sans un mot, il alla s’asseoir sur le canapé gris sale.
-Que se passe-t-il ? demanda Shippo en sautant sur les genoux du yôkai.
-Kagome est partie et Aryel…
-Quoi ? Kagome est partie ? s’exclama le petit yôkai-renard. Mais c’est un peu normal…après ce qui s’est passé…
Il faisait allusion au baiser qu’avait donné le hanyô à Aryel.
-Inu yasha est vraiment un imbécile ! grogna Koga.
-On dirait qu’Inu yasha et Aryel se sont réconciliés, annonça Sango en entrant.
-Tu dis ça comme s’ils s’étaient disputés, dit Miroku. Enfin, c’est déjà bien qu’ils ne s’évitent pas… Tu ne trouves pas Koga ?
-Grumpf ! répondit-il.
-Tu en fais une tête, dit Sango en s’approchant de Koga. Il y a quelque chose qui te contrarie ?
-Humpf !
-Tu n’avais quand même pas l’intention de faire d’Aryel ta compagne ? s’indigna Miroku.
-Non, pas vraiment…
-Dis-moi… commença Sango. Tu ne serais pas un tout petit peu jaloux qu’Aryel et Inu yasha soient enlacés dans le jardin ?
-Laisse-moi tranquille !!! dit-il d’un ton sec, en se levant et en sortant de la salle.
-J’ai dit quelque chose qu’il ne fallait pas ? interrogea la chasseuse de yôkais en se tournant vers Shippo et Miroku.
Ceux-ci haussèrent les épaules même s’ils savaient très bien pourquoi le yôkai était parti.
<< Pas vraiment… >>
Ce n’était pas une réponse. Ca pouvait aussi bien être oui que non. Lui qui était toujours tellement sûr de lui et savait toujours ce qu’il voulait. Cette fois-ci, il semblait ne pas connaître ses propres sentiments, ou bien ne voulait-il pas les montrer ? Mais ce serait très étonnant de sa part, lui qui était tellement démonstratif.
Koga arriva à la bibliothèque. Il s’affala lourdement dans un fauteuil avant de remarquer la miko qui lisait un livre.
-Que se passe-t-il ? demanda-t-elle sans lever les yeux.
-Rien ! dit-il d’un ton tranchant. Ou plutôt…si…Inu yasha…il te trompe non seulement avec Kagome, mais en plus il se met à te tromper avec Aryel.
Kikyo ne réagit pas et continua à lire comme si elle n’avait rien entendu.
-Hé ! Tu m’écoutes ? s’énerva le yôkai.
Kikyo baissa le livre et regarda froidement Koga.
-Inu yasha est assez grand pour faire ce qu’il veut. Je n’ai pas à m’en mêler. De toute façon, Aryel n’est pas amoureuse de lui. Et en ce qui concerne Kagome…elle n’a aucune chance.
-Qu’est-ce qui te fait dire ça ? interrogea le yôkai en fronçant les sourcils.
-Elle s’est enfuie. Elle a perdu face à Aryel qui n’avait même pas essayé d’attirer l’attention d’Inu yasha. De nous trois, Kagome est celle qui a le moins de chance de sortir vainqueur.
-Tu crois vraiment qu’Aryel se battra pour ce clébard ?
-Quoi qu’elle fasse, Inu yasha continuera à s’attacher de plus en plus à elle… Alors d’une certaine manière, oui, même si c’est contre son gré…
-Contre son gré… murmura le yôkai.
Il regarda autour de lui. Les livres étaient de différentes tailles, épaisseurs et couleurs. Son regard tomba sur un gros livre blanc. Le livre était à une hauteur de dix mètres. Koga se leva, passa à côté de la miko qui était à nouveau plongée dans son livre et se plaça face à l’étagère géante. Il bondit, attrapa le livre et atterrit souplement. Il retourna s’asseoir dans le fauteuil et ouvrit le livre à la première page. Elle était vierge. Il tourna la page : une page vierge, encore. Il feuilleta rapidement le livre. Toutes les pages étaient semblablement vierges. Toutes sauf une, la dernière, où on pouvait lire, écrit en lettres de sang :
Ceux qui ont le sang de loups en eux peuvent, en offrant leur sang, connaître les secrets du Tengazo.
-Tengazo ??? Qu’est-ce que c’est que ça ? se demanda-t-il.
<< Offrant leur sang ! >>
Devait-il verser quelques gouttes de son sang sur les pages du livre ?
-Bah ! Je n’ai rien à perdre après tout.
Il se griffa l’avant-bras et laissa le sang couler doucement sur les pages vierges.
A sa plus grande stupeur, il vit son sang être aspiré par le livre. La couverture prit une couleur rouge vif. Koga retourna à la première page et vit des lettres écarlates se former. C’était véritablement du sang de loup, il pouvait le sentir. Le sang n’était même pas sec et le yôkai était sûr de pouvoir le toucher de ses doigts. Toutefois il préféra ne pas essayer. Hésitant, il commença à lire…
Il était tard dans la nuit lorsque Sango et Miroku décidèrent d’aller se coucher. En passant dans le couloir qui menait aux chambres, ils croisèrent Inu taisho.
-Vous allez dormir ensemble ? s’enquit-il, indiscret, un petit sourire aux lèvres.
-Oui ! répondirent-ils d’une toute petite voix.
Inu taisho leur sourit et déclara :
-Dans ce cas, suivez-moi !
Il les mena dans une chambre un peu éloignée des autres.
La chambre était décorée d’un motif doré ressemblant à des vagues sur un fond brun foncé. Au milieu se trouvait un futon à deux places.
Sango et Miroku rougirent.
-Bonne nuit ! dit le taiyôkai en sortant de la chambre.
Les deux tourtereaux se retrouvèrent seuls. Le cœur de Sango battait la chamade et Miroku déglutit avec peine. Ils se sentaient gênés. Ils se détournèrent l’un de l’autre et commencèrent à se déshabiller. Une fois nus, ils prirent rapidement un kimono blanc, plusieurs se trouvaient sur le lit, et l’enfilèrent rapidement. Après une profonde inspiration, ils se firent face.
-Ca…te va bien… dit Miroku, gêné.
-T…toi aussi… répondit Sango.
-Bon, eh bien…je…je crois que nous ferions mieux de nous coucher… proposa le moine.
-Ou…oui…tu as raison.
Sans se regarder, ils s’allongèrent sous les couvertures. Ils étaient tous les deux détournés l’un de l’autre, préférant ne pas se voir. Toutefois, ils ne pouvaient ignorer la chaleur que dégageait l’autre. Sango avait la gorge serrée et Miroku l’estomac noué. Ils étaient très mal à l’aise. Ils se demandaient même s’ils n’allaient pas passer une nuit blanche, tellement ils étaient gênés.
-Inu yasha… dit doucement Aryel. Il faut que je retourne à l’époque de Kagome.
La jeune femme était toujours calée dans les bras du hanyô.
-Mais pourquoi ? demanda tristement Inu yasha en serrant la jeune femme un peu plus contre lui.
-Il faut que j’aille récupérer mes vêtements chez Akari, expliqua-t-elle en regardant le hanyô droit dans les yeux.
Inu yasha se sentit vexé. Ses vêtements étaient-ils plus importants que lui ?
-Je ne peux pas constamment porter ces vêtements à base de plantes, ajouta la jeune femme, en voyant la mine déconfite du hanyô.
Lui souriant doucement, elle ajouta :
-Sinon, vous risquez encore de vous évanouir.
Inu yasha lui rendit son sourire, un peu soulagé. Il relâcha son étreinte et proposa :
-Alors on y va ?
La jeune femme acquiesça et annonça :
-Attends-moi près de la porte principale, il faut que je prévienne ton père, ton frère et Koga de mon départ !
-Kah ! Ils ne sont pas tes nounous, que je sache ? s’irrita le hanyô. Ils n’ont pas à savoir où tu vas. Tu n’es plus une enfant. Tu as le droit de faire ce que tu veux… Et de toute façon Sesshomaru est parti !
-Il est parti ? répéta Aryel, une légère once de tristesse dans la voix.
-Oui ! dit Inu yasha d’un ton catégorique. Cet enfoiré…il t’embrasse, avoue indirectement qu’il est amoureux de toi, puis part comme si de rien n’était.
Aryel, les yeux fermés, expira profondément, un sourire aux lèvres.
-Je le comprends… dit-elle doucement. Bon eh bien, j’irai seulement prévenir Inu taisho et Koga alors…
-A quoi ça va te servir de les prévenir ?
-Comme ça, ils savent qu’ils n’ont pas à s’inquiéter, et qu’il ne m’est rien arrivé !
-Bon d’accord ! Tu as raison… marmonna le hanyô en fixant le sol.
-Merci pour ta compréhension, Inu yasha ! remercia la jeune femme en l’embrassant sur la joue.
Elle prit la direction du palais, laissant le hanyô, surpris, en plan.
-Elle m’a…embrassé…sur la joue… dit-il lentement.
Il n’arrivait pas à y croire.
-Elle m’a embrassé sur la joue… répéta-t-il savourant chaque mot. Elle m’a embrassé sur la joue. ELLE M’A EMBRASSE SUR LA JOUE !!!
Il sautait partout, criant et hurlant sans cesse d’un ton victorieux :
-ELLE M’A EMBRASSE SUR LA JOUE !!!
Sango et Miroku se réveillèrent en entendant le hanyô crier :
-ELLE M’A EMBRASSE SUR LA JOUE !!!
-Inu yasha est devenu fou ! affirma Miroku en ouvrant les yeux et regardant fixement ceux de la chasseuse de yôkais.
Elle se trouvait à quelques centimètres de lui.
-Je me demande de qui il parle… déclara Sango d’une voix ensommeillée.
-Sûrement d’Aryel… Kagome est retournée dans son monde, Kikyo l’a déjà embrassé…donc logiquement ça ne peut être que Aryel… résonna le moine.
-Ta logique tient la route…
Kikyo tourna la tête vers une haute fenêtre en entendant le hanyô hurler.
-Qu’est-ce qu’il lui prend encore ? se demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
-ELLE M’A EMBRASSE SUR LA JOUE !!!
-Quoi ? Il s’excite pour si peu ? s’indigna Koga.
La porte s’ouvrit. Par réflexe, Koga cacha le gros livre sous un coussin. Aryel, qui n’avait rien remarqué, s’approcha de lui.
-Je vais aller pendant quelque temps à l’époque de Kagome, expliqua-t-elle.
-Tu y resteras longtemps ? demanda le yôkai.
-Je ne sais pas…
-J’espère que tu reviendras vite, avoua Koga en se levant et en posant ses mains sur les épaules de le jeune femme.
-J’essayerai, promit-elle en lui souriant.
Le yôkai lui rendit son sourire et la regarda sortir de la bibliothèque. Il soupira profondément et se rassit.
-Alors toi aussi… murmura la miko.
Inu taisho était assis sur un canapé et réfléchissait. Il avait fait une promesse à Aryel. A présent il devait trouver une solution, un moyen pour que l’histoire ne se reproduise pas. Il ferma les yeux. Que devait-il faire ? Comment faire ? En tout cas, une chose était sûre, il allait tout faire pour tenir sa promesse. Il rouvrit les yeux en sentant la jeune femme. Aryel, après avoir ouvert la porte, se précipita vers le taiyôkai et lui tomba dans les bras.
-Inu taisho… dit-elle en posant sa tête sur la poitrine du taiyôkai.
-Qu’y a-t-il ? demanda-t-il en enroulant ses bras autour de la jeune femme.
-Je vais aller dans le futur pendant quelque temps.
Elle lui sourit et continua :
-J’aimerais que tu en profites pour partir à la recherche de Sesshomaru. Puis, que tu le suives pour savoir ce qu’il fait. Sans te faire remarquer, bien sûr… J’aimerais que tu récoltes également des informations sur Naraku. Il a un plan en tête, je le sens.
-Tu as raison de te méfier de lui. Par contre, je ne comprends pas pourquoi tu veux que j’espionne mon propre fils…
-Je suis inquiète pour lui, avoua la jeune femme.
-Il est pourtant puissant.
-Oui, je sais, mais tout de même…
-Je vois… Je le ferai, tu n’as pas à t’inquiéter, la rassura Inu taisho.
-Merci Inu taisho ! Merci d’être toujours là pour moi !
-Mais c’est tout naturel ! dit-il en embrassant la jeune femme sur le front. Allez, va à présent ! Et reviens nous vite !
Aryel acquiesça souriante et alla rejoindre le hanyô.
-T’as pris ton temps, râla Inu yasha lorsque la jeune femme l’eut rejoint. J’ai bien cru qu’il faudrait que j’aille te chercher moi-même.
-Pourtant, tu l’as dit toi-même, je suis une grande fille et je fais ce que je veux.
-Oui, mais bon…Oh et puis, allons-y !
Aryel recula un peu. Une spirale blanche l’entoura et quand la spirale eut disparu une louve blanche un peu plus grande qu’Inu yasha se tenait à la place de la jeune femme.
-Allez, monte sur mon dos Inu yasha !
Le hanyô obéit et se tint fermement à la fourrure de la louve. Celle-ci courut le plus rapidement possible.
-Elle est rapide, mais pas autant que Mutter, remarqua-t-il.
Ils arrivèrent tout de même rapidement au puits dévoreur d’os. Inu yasha descendit du dos de la louve et s’éloigna un peu pour permettre à Aryel de reprendre son apparence humaine. Le hanyô retint un cri. La jeune femme était nue.
-Tes…tes vêtements…ils ont disparus ???
-Ces plantes sont spéciales…elles se liquéfient assez rapidement… expliqua la jeune femme en se tournant vers lui, une main sur la hanche.
Rouge comme une pivoine, le hanyô détourna la tête.
-Tu comptes quand même pas aller dans le monde de Kagome…nue ? hallucina-t-il.
-Hélas, je n’ai pas trop le choix… soupira Aryel en fermant les yeux.
Elle s’assit sur le rebord du puits, la tête penchée en avant, les yeux toujours fermés. Prenant son courage à deux mains, Inu yasha s’assit à côté d’elle et la regarda. Il rougit encore plus de son audace et détourna à nouveau son attention.
-A…attends-moi ici… Je vais te chercher des vêtements, annonça le hanyô avant de partir.
Il alla dans le village de Kaede. Il souleva le pan de la porte de la maison de la vieille miko et entra. Celle-ci dormait profondément, cependant elle ouvrit instantanément les yeux en sentant le hanyô.
-Que me faut cette visite tardive ? demanda-t-elle en s’asseyant.
-Il me faudrait un kimono pour Aryel, expliqua le hanyô en s’asseyant, les jambes croisés, en face de la vieille miko.
Kaede se leva et se dirigea vers le fond de la maison. Elle fouilla dans un coffre en bois lisse et brillant. Elle y prit un paquet noir, retourna auprès du hanyô et le lui donna. Inu yasha observa avec attention le paquet, le tournant et retournant entre ses mains. Il ne comprenait pas. Le kimono se trouvait à l’intérieur ? Il fixa Kaede droit dans les yeux.
-Le kimono qui se trouve à l’intérieur du paquet appartenait à notre mère, à Kikyo et moi, avant qu’elle ne devienne la miko du village, expliqua la vieille miko en voyant le regard interrogateur que lui portait le hanyô.
Inu yasha se leva et voulut partir, toutefois Kaede l’interpella :
-Inu yasha…j’aimerais que nous parlions de ma grande sœur, Kikyo, et de Kagome.
-Kah ! Alors dépêche-toi, Aryel m’attend, intima-t-il en se rasseyant.
-Comme nous le savons, il y a cinquante ans Naraku a pris l’apparence de ma sœur pour t’attaquer et te forcer à attaquer le village, afin de voler le Shikon no Tama. Il a ensuite pris ton apparence pour blesser mortellement Onee-sama et lui dire qu’il allait détruire le village. Nous le savons aussi, il a fait ça pour remplir le cœur de ma sœur de haine. Avec ses dernières forces, elle t’a tiré une flèche purificatrice en pleine poitrine avant de mourir. Toi, tu as dormi, empalé au Goshinboku, pendant cinquante ans. Puis, Kagome est arrivée et t’a libéré… Quelques temps après, Urasue a volé les ossements de Kikyo et avec l’aide de ses restes et de terre funéraire, elle l’a ressuscitée. A présent, Onee-sama est obligée de remplir ce corps d’âmes de jeunes filles pour pouvoir continuer à bouger.
-Kah ! Je sais tout ça. Tu n’as pas besoin de me le…
-Inu yasha ! le coupa Kaede. Tu protèges cette créature faite de terre et d’os qui a l’apparence de ma sœur, mais ce n’est pas elle… Alors cesse de la protéger. Kikyo est morte ! Laisse donc les morts au passé. Oublie-la, et tourne-toi plutôt vers le futur. Tu ferais mieux de t’occuper un peu plus de Kagome. Elle se sentait vraiment mal lorsqu’elle ait venue me faire ses adieux. Quant à Aryel…elle est comme ta grande sœur, ta mère, ta marraine ou ta tante, alors tu ferais mieux d’arrêter d’être amoureux d’elle.
-KAEDE !!! COMENT OSES-TU ME DICTER MA CONDUITE ??? ET DIRE DES CHOSES PAREILLES SUR TA PROPRE SŒUR ??? EN PLUS, TU N’AS PAS A ME DIRE QUI J’AI LE DROIT D’AIMER OU NON ! fulmina le hanyô en se relevant brusquement.
Il serrait les poings, essayant de contenir sa rage. Il bouillonnait. Jamais il n’aurait cru que la vieille miko puisse dire cela. Ce qu’elle avait dit avait un fond de vérité, mais il s’en moquait éperdument. Lui seul avait le droit de choisir ce qu’il voulait faire. Respirant profondément pour se calmer, il partit à pas bruyants. Ces paroles l’avaient profondément atteint, cependant il ne voulait pas le montrer.
Il était toujours en colère lorsqu’il sortit de la forêt et se retrouva à quelques mètres du puits. Aryel, en le sentant approcher, leva la tête vers lui et le dévisagea, surprise.
-Inu yasha… commença-t-elle.
-Tiens ! dit le hanyô d’un ton sec, en jetant le paquet noir sur les genoux de la jeune femme.
Sans un mot de plus, il s’affala lourdement sur le sol, ferma les yeux et appuya sa tête et son dos contre le puits. Fort étonnée du ton qu’avait employé le hanyô, Aryel l’observa silencieusement, puis alla finalement dans la forêt pour s’habiller.
-Je suis prête ! déclara la jeune femme, apparaissant à un mètre d’Inu yasha.
-Magnifique ! murmura celui-ci en fixant Aryel.
Le kimono qu’elle portait était bleu ciel, orné de roses rouges avec tiges et épines
Il sentit son cœur se serrer. Il s’en voulait de lui avoir parlé sur un ton aussi agressif.
Il se leva, se dirigea vers elle, l’enlaça doucement et lui dit :
-Je suis désolé de t’avoir parlé aussi méchamment. Tu n’avais rien fait, après tout… Pardonne-moi !
-I…Inu yasha… murmura la jeune femme, un peu déstabilisée.
Elle se dégagea brusquement, recula d’un mètre et fit un grand détour pour se retrouver face au puits dévoreur d’os.
Le hanyô avait l’impression d’avoir reçu un coup de poignard en plein cœur. La jeune femme l’avait repoussé. Il avait l’impression que le monde autour de lui s’effondrait. Il virait en plein cauchemar. Il jeta désespérément un regard vers Aryel. Celle-ci semblait troublée. Elle ne le regardait pas, fixant le puits.
-Mais qu’est-ce qui m’arrive ? se demanda-t-elle.
Elle se sentait fébrile et fiévreuse. C’était la première fois qu’Inu yasha lui faisait autant d’effet. Elle n’était tout de même pas tombée amoureuse ? Pas maintenant, pas de lui !
Elle secoua vivement la tête pour se remettre les idées en place.
Mais non ! Elle avait sûrement dû attraper froid.
A nouveau un sourire aux lèvres, elle proposa :
-Alors, on y va ?
Inu yasha acquiesça, les yeux baissés. Il n’osait plus regarder la jeune femme en face. Il la suivit et après avoir sauté dans le puits, ils se retrouvèrent tous deux au fond du puits dévoreur d’os du vingt-et-unième siècle. Ils sautèrent hors du puits. Ils se trouvaient à l’intérieur d’un autel. Inu yasha monta rapidement les escaliers, se dirigea vers la bâtisse principale et sauta sur le rebord d’une des fenêtres, qui était ouverte. Il regarda à l’intérieur de la pièce.
Sur un bureau, à côté de la fenêtre, s’empilaient des livres scolaires. En face se trouvait un lit. Sous les couvertures reposait une jeune fille aux cheveux de jais. Elle avait l’air malheureuse. Sur ses joues, il y avait des traces de larmes.
-Kagome… pensa Inu yasha.
Il posa doucement les pieds sur le sol et s’approcha le plus silencieusement possible de la jeune fille. Il observa son visage endormi, fasciné. Il avait ces derniers temps consacré tellement de temps et d’attention à Aryel qu’il en avait oublié la beauté innocente de Kagome.
-Elle est si mignonne…
Il l’embrassa tendrement sur le front avant de repartir en sautant par la fenêtre. Il ne voulait pas la réveiller. Il regarda autour de lui, mais ne vit Aryel nulle part. Son sang ne fit qu’un tour. Où était-elle passée ? Très inquiet, il huma frénétiquement l’air. Il sentait que l’odeur de la jeune femme s’éloignait. Il se dépêcha de pister cette odeur, car dans cette ville, les odeurs corporelles se mélangeaient rapidement à une multitude d’autres senteurs.
Enfin, il rejoignit Aryel qui continuait son chemin parmi la foule.
-Enfin, je te retrouve ! soupira le hanyô soulagé.
Cependant la jeune femme l’ignora et continua à marcher en silence.
-Où vas-tu comme ça ? demanda Inu yasha un peu vexé que celle-ci l’ignorât.
Toujours aucune réponse, seulement le bruit des voitures, des magasins et boîtes de nuits. Et de la foule qui marchait autour d’eux.
La douleur qu’avait ressentie le hanyô, quand il avait été repoussé, resurgit avec plus d’intensité.
-Aryel, réponds-moi ! supplia-t-il.
La jeune femme feignit de ne pas entendre le hanyô et descendit les marches qui menaient au métro. Serrant les mâchoires, Inu yasha la suivit, tremblant de désespoir. Pourquoi le faisait-elle autant souffrir ?
Aryel acheta deux tickets et en passa rapidement un au hanyô. Leurs mains se frôlèrent. Inu yasha se sentit envahi d’une douce chaleur pendant une seconde, puis le contact se rompit et il se sentit à nouveau vide. Silencieux, l’un à côté de l’autre, ils attendaient le métro. Le hanyô ne savait pas lequel, mais il était déterminé à savoir où voulait aller la jeune femme. Son cœur cognait douloureusement dans sa poitrine. C’était la première fois qu’il souffrait autant. Il n’en pouvait plus. Il se tourna brusquement vers la jeune femme et ouvrit la bouche pour lui parler. A ce moment précis, le métro arriva. Le souffle provoqué par les wagons du métro qui ralentissait fit voltiger les cheveux des deux jeunes gens. Le bruit du freinage couvrit les paroles du hanyô. C’était visiblement raté. Envahi de sentiments mitigés, il suivit Aryel, qui ne lui avait même pas accordé un regard et était déjà montée dans un wagon. Le métro était plein à craquer. Les voyageurs étaient pressés les uns contre les autres. Inu yasha se retrouva donc coincé entre la porte qui se referma derrière lui et Aryel qui continuait à lui tourner le dos. Il s’énerva en voyant la jeune femme obligée de supporter le contact de l’homme qui se trouvait en face d’elle. Grognant, il mit la jeune femme face à lui, c’était beaucoup mieux ainsi, trouvait-il.
Le trajet fut long et le métro ne désemplissait pas. Presque personne ne sortait ou n’entrait. Inu yasha sentait constamment la douce flamme qui lui réchauffait le cœur. Il était heureux de sentir la jeune femme contre lui, mais hélas celle-ci ne le regarda pas une seule fois.
Enfin, Aryel le poussa en arrière au bout d’une heure et demie, lorsque les portes s’ouvrirent. Inu yasha recula, comprenant qu’ils étaient enfin arrivés à destination. Une fois sortis, Aryel monta les escaliers, toujours silencieuse. A nouveau, la chaleur que ressentait le hanyô disparut. Il la suivit tête baissée. Ils étaient en-dehors de la ville, dans la campagne. Ils marchèrent, silencieux.
Il faisait toujours nuit noire et aucune lumière n’éclairait la route. Pourtant ça n’embêtait nullement les deux jeunes gens.
-Aryel ! dit brusquement le hanyô. Arrête !
Puisque la jeune femme l’ignorait une fois encore, le hanyô lui prit la main et l’attira contre lui.
-Aryel, pourquoi fais-tu ça ? Que t’ai-je donc fait ?
Aryel essaya de se dégager, mais le hanyô la retint, resserrant son emprise.
-Je t’en prie…explique-moi… Je veux savoir ce que j’ai fait pour mériter ça.
-Lâche-moi, dit calmement la jeune femme.
Enfin, elle parlait.
-Pas avant que tu m’aies expliqué pourquoi tu ne me parles plus ! intima le hanyô.
-Arrête, lâche-moi, je t’en supplie ! dit la jeune femme en tremblant.
-Je…non…pas avant que tu me dises… dit-il, très mal à l’aise.
La jeune femme n’y tint plus. Elle s’était retenue trop longtemps. Elle leva la tête vers Inu yasha et l’embrassa passionnément. Inu yasha fut très étonné et quand il fut remis du choc, il l’embrassa également, laissant exploser tout l’amour qu’il éprouvait pour elle. Il la caressa tout en continuant à l’embrasser. Aryel ne le repoussait plus à présent. Le baiser ne s’interrompait pas, continuant au contraire, à s’intensifier. |