Chapitre 24 : La villa
Inu yasha se réveilla. Sur lui se trouvait la jeune femme toujours endormie. A part l’avoir embrassée et caressée, il n’avait rien fait et inversement. Lui n’était pas prêt à aller plus loin et à son avis, Aryel ressentait la même chose. Il soupira doucement et caressa lentement le bras de la jeune femme. Qu’il se sentait bien ! Cette chaleur dans son cœur s’était répandue dans tout son corps, une sensation vraiment agréable.
Ils étaient tous les deux seuls, allongés dans l’herbe humide à quelques mètres de la route.
Aryel ouvrit les yeux et sourit doucement au hanyô. Il lui rendit son sourire et l’aida à se mettre debout.
-Nous devons continuer, annonça la jeune femme.
-Oui, je sais…
Ils marchèrent côte à côte, silencieux. Mais ce n’était pas le silence étouffant de la veille, cette fois-ci, c’était un silence de paix et de liberté.
Un yôkai de petite taille, d’apparence comparable à un crapaud, portant un kimono brun et coiffé d’un petit chapeau noir, tournait en rond. Il tenait en main un bâton brun foncé, beaucoup plus grand que lui, avec une tête de vieillard et de femme accrochés dos à dos sur le haut du bâton. Une gamine d’environ 8 ans, plus grande que le yôkai, vêtue d’un kimono à carreaux oranges et blancs ornés de cercles verts, portant une petite couette sur la droite de sa tête, regardait les allées et venues du yôkai, un peu inquiète. Elle était appuyée contre un autre yôkai dragon-cheval possédant deux têtes. Il avait un harnais et une muselière sur chaque bouche. Il dormait profondément.
-Mais où a-t-il bien pu passer ? Ca fait déjà deux mois que nous ne l’avons plus vu ! ronchonna-t-il. Bon c’est décidé ! Rin, nous partons !
-Mais Jaken…Sesshomaru-sama nous a dit de l’attendre ici ! rappela la fillette.
-Peu importe ! Il nous a abandonné ou bien il est mort, alors allons-y, répliqua le dénommé Jaken.
Silencieuse, Rin réveilla Aun, le dragon-cheval, prit sa bride et suivit le yôkai.
Inu yasha et Aryel arrivèrent devant une villa de quatorze hectares. Le hanyô était impressionné, il avait la bouche grande ouverte.
-Alors tu viens ? s’impatienta la jeune femme, qui était déjà entrée en sautant par-dessus la grille.
-Euh…oui !
Il sauta rapidement et rejoignit la jeune femme qui avait reprit la marche.
-Dans deux heures, nous serons arrivés… dit-elle lentement.
-C’est ici que tu voulais venir ? hallucina Inu yasha.
Aryel acquiesça.
Kagome se réveilla enfin. Toujours à moitié endormie, elle regarda son horloge.
-Oh non ! Je vais être en retard.
Elle s’habilla rapidement, prit les affaires que lui tendait sa mère et courut le plus vite possible.
Quand elle arriva à l’école, elle eût juste le temps d’entrer en classe avant que la cloche n’annonce le début des cours.
-Ouf ! J’ai réussi, pensa-t-elle.
Une des amies de Kagome approcha et demanda :
-Kagome ? Il y a quelque chose qui ne va pas ?
-Hein ? Mais je vais bien ! assura la jeune fille.
-Ne dis pas n’importe quoi ! Je le vois bien que tu n’es pas dans ton assiette… C’est à cause de…
-NON ! CE N’EST PAS A CAUSE DE LUI ! cria-t-elle.
Elle ne voulait pas penser à Inu yasha, cela lui était trop douloureux.
Les élèves dévisagèrent Kagome un moment, avant d’aller s’asseoir à leurs places, car le professeur entrait.
Tremblante, Kagome alla s’asseoir. Tout au long du cours, elle réfléchit. Elle ne voulait plus retourner à l’époque Sengoku. Elle avait peur de revoir Inu yasha ou même de croiser Aryel dans la rue. Elle trembla de plus belle et n’entendit pas la fin du cours.
-Higurashi ! appela la tête.
Un garçon aux cheveux brun clair et aux yeux bleus entra dans la classe et s’approcha du bureau de la jeune fille.
-Higurashi…tu as l’air inquiète… dit-il, après l’avoir dévisagée.
-Hojo-kun… murmura Kagome en levant la tête vers lui.
-Je voulais te proposer de sortir avec moi, mais puisque tu as l’air d’aller mal, je…
-J’accepte. Que dirais-tu d’aller au cinéma ce soir ? coupa Kagome.
Elle espérait ainsi pouvoir oublier Inu yasha et commencer à s’intéresser au garçon qui jusqu’ici n’avait jamais cessé de lui donner des rendez-vous qu’elle ratait à chaque fois pour pouvoir rejoindre le hanyô si cher à son cœur.
Hojo fut surpris : c’était, jusqu’ici, toujours lui qui faisait se genre de proposition.
-Très bien, je viendrai te chercher à 19:30, ok ? proposa-t-il joyeusement.
La jeune fille acquiesça et regarda le jeune homme sortir tout content.
-Il était temps… soupira le hanyô en s’affalant sur les marches d’escalier qui menaient à la porte d’entrée.
Il tourna la tête vers la jeune femme qui ouvrit la porte et entra comme si de rien était.
-Hé mais attends ! Tu vas quand même pas entrer comme ça ?
Aryel haussa des épaules et dit à voix haute :
-Densetso, tu es là ?
-Mais tais-toi, on va se faire remarquer ! chuchota frénétiquement le hanyô, nerveux.
-Mademoiselle m’a appelé ? répondit une voix.
Un homme âgé avec une petite moustache, apparut en poussant une porte qui se trouvait près d’eux.
-Aaah, qu’est-ce que je te disais… râla Inu yasha.
-Densetso ! Je suis tellement contente de te revoir, dit la jeune femme en se précipitant vers le vieil homme.
-Hein ? Tu le connais ? s’étonna Inu yasha.
-Oui, quand les parents adoptifs de mademoiselle étaient en voyage, moi et les autres nous occupions d’elle… expliqua Densetso en regardant le hanyô. Quelles drôles d’oreilles vous avez…
Inu yasha remarqua brusquement que la maison était remplie de milliers d’odeurs humaines différentes. Il n’arrivait pas à les distinguer les unes des autres, tellement elles étaient nombreuses.
-Nous allons fêter votre retour, déclara Densetso.
Aryel acquiesça, souriante.
-Allez, viens, Inu yasha ! dit la jeune femme en prenant le hanyô par la main.
Elle monta les escaliers et se dirigea vers la porte du fond. Quand elle ouvrit la porte, Inu yasha put voir une chambre gigantesque.
Il y avait un grand lit à deux places au fond de la chambre, un bureau avec un ordinateur portable, une grande armoire en acajou, un jacuzzi près des fenêtres et une grande stéréo à côté de la porte.
Aryel alla s’allonger sur son lit.
-Ah ça fait du bien, soupira-t-elle d’aise.
Inu yasha entra lentement dans la chambre regardant autour de lui. Arrivé au milieu de la chambre, il s’arrêta et tourna la tête vers la jeune femme.
-Eh mais qu’est-ce que tu fais ? demanda-t-il nerveusement en voyant la jeune femme se déshabiller.
-J’ai envie d’aller dans le jacuzzi.
-Nue ?
-Bien sûr, ce n’est que dans les jacuzzis publiques qu’il faut porter un maillot !
Elle alluma le jacuzzi et entra à l’intérieur.
-Ah…ça fait du bien , dit-elle d’une voix douce.
Inu yasha se mordit la lèvre inférieure. Voir la jeune femme ainsi l’excitait malgré lui, il se dégoûtait pour cela. Il détourna la tête afin d’atténuer ce sentiment pourtant agréable. Il se répugnait lui-même. Comment osait-il ressentir de pareils sentiments ? Il avait l’impression d’être quelqu’un de vicieux et pervers. Il respirait par saccade.
-Inu yasha… s’inquiéta la jeune femme. Tout va bien ?
Elle sortit de l’eau et posa une main sur l’épaule du hanyô. Inu yasha fut parcouru d’un choc électrique. Il se retourna brusquement, prit les poignets de la jeune femme et la fit tomber en arrière. Ils atterrirent sur le lit. Inu yasha l’embrassait frénétiquement sur tout le corps.
-Inu yasha…arrête ! supplia Aryel impuissante.
Au son de la voix de la jeune femme, Inu yasha reprit ses esprits. Honteux et en colère contre lui-même de ne pas avoir su contrôler ses émotions, il fuit en sortant en trombe par la porte.
Aryel resta pétrifiée sur le lit. Elle avait eu véritablement peur. Cette peur assaillit tout son corps. Elle se mit à trembler et à respirer par saccade. Quand enfin elle arriva à se mouvoir, elle s’essuya et s’habilla rapidement. Ensuite, elle se coucha sous les couvertures et pleura silencieusement. Elle avait tellement peur à cet instant. Son cœur battait avec une telle rapidité qu’elle croyait qu’elle allait s’évanouir.
Inu yasha était dehors, très malheureux. Comment pourrait-il se pardonner ? Il avait failli… Il secoua vivement la tête. Tout se passait tellement bien, pourquoi fallait-il qu’à cause de lui tout tombe à l’eau ?
-ET MERDE !!! hurla-t-il, hors de lui, en frappant son poing contre un arbre.
L’arbre tomba dans un grand fracas qui attira un jeune homme d’une vingtaine d’années. Il avait des yeux d’un vert intense et des cheveux bruns foncés, il portait des vêtements de jardinier.
-Vous allez bien ? demanda-t-il.
-LAISSEZ-MOI TRANQUILLE !!! JE NE VEUX VOIR PERSONNE.
Le jeune homme le dévisagea et fixa pendant quelques secondes les oreilles de chiens du hanyô.
-Je m’appelle Eikyo et toi ?
-EN QUOI MON NOM TE REGARDE ???
-C’est vous non ? Celui qui accompagne Aryel-chan.
-CHAN ??? C’EST QUOI CETTE HISTOIRE ? COMMENT OSES-TU LUI PARLER AVEC AUTANT DE FAMILIARITE ?
-Nous avons grandi ensemble, nous sommes étroitement liés l’un à l’autre…
-DE QUOI ???
-Vous ne pourriez pas arrêter de crier, je ne suis pas sourd, dit Eikyo agacé.
Essayant de se calmer Inu yasha demanda :
-Quel genre de lien avez-vous ?
-Un lien très intime…
-Très intime… répéta le hanyô à nouveau très énervé. Tu es amoureux d’elle, n’est-ce pas ?
Après un moment de silence, le jeune homme répondit :
-Oui…du plus loin que je me souvienne je l’ai toujours aimée…
-Kah ! Et elle t’aime aussi ?
-Je l’ignore…je ne lui ai jamais avoué mon amour…jusqu’à aujourd’hui…
Le hanyô fit de grands yeux.
-Tu lui as avoué ton amour ? Alors ? Qu’a-t-elle répondu ? demanda-t-il le cœur serré de crainte.
-J’ai l’intention de le faire maintenant… Je me dirigeais justement vers sa chambre…
Inu yasha resta silencieux se remémorant le mal qu’il avait failli faire à la jeune femme. Eikyo dévisagea encore quelques instants le hanyô à la mine déconfite avant de continuer son chemin. Inu yasha le suivit. Il voulait absolument savoir ce que répondrait la jeune femme.
Lorsqu’il arrivèrent en vue de la porte, le hanyô remarqua que la porte était fermée. Pourtant, il l’avait laissée ouverte ! La jeune femme avait sans doute dû la fermer. Le hanyô espérait que la jeune femme était rhabillée, mais il ne le saurait sans doute jamais, car il avait décidé de se cacher derrière la porte. Il se colla au mur et fit signe à Eikyo qu’il pouvait ouvrir la porte.
Eikyo ouvrit doucement la porte et dit :
-Aryel-chan…c’est moi… Eikyo…
Il se dirigea vers le lit, remarquant que quelqu’un se tenait sous les couvertures. Il s’assit sur le lit et secoua doucement la jeune femme.
-Aryel-chan…réveille-toi…
-Je ne dormais pas, affirma Aryel en se tournant vers le jeune homme. Ecarte-toi s’il te plaît, que je puisse m’asseoir.
Le jeune homme obéit et se déplaça. Quand Aryel fut assise, un silence s’installa.
-Je suis heureuse de te revoir Eikyo-kun, finit par dire Aryel en lui souriant.
-Moi aussi Aryel, moi aussi…
Il baissa les yeux avant de regarder d’un Aryel droit dans les yeux d’un regard intense et pénétrant.
-Aryel-chan…il faut que je te le dise…depuis que je t’ai vue…il y a 8 ans…je…je suis follement amoureux de toi. Pas un jour, pas une nuit, pas une seconde ne se sont écoulés sans que je pense à toi.
-Eikyo… commença la jeune femme.
Elle se tut ne sachant pas quoi dire.
-Aryel…il faut que je le sache…même tu toi aussi ?
-Oui bien sûr que je t’aime… dit la jeune femme en lui souriant.
En entendant ces paroles, le hanyô eut l’impression d’avoir reçu un jet d’eau glacé en plein cœur. Il sentit de nombreuses blessures dans son âme se rouvrir subitement. Il voulait hurler, hurler, comme cette plainte dans son cœur et son âme qui ne finissaient pas. A nouveau, il sortit précipitamment de la maison, courant pour essayer de détourner son attention de la douleur qui lui parcourait entièrement le corps, le cœur et l’âme.
-Mais…je ne t’aime pas d’amour, mais d’amitié… continua la jeune femme. Ne m’en veux pas, Eikyo-kun, mais je ne peux tout de même pas te mentir sur les sentiments que j’éprouve pour toi.
Contre toute attente, le jeune homme sourit.
-Je le savais au fond… dit-il. Que tu ne m’aimais pas de la même façon que je t’aime toi et pourtant…je ne voulais pas m’y résoudre… Enfin, au moins je te l’ai enfin dit… Je suis heureux que tu ne m’aies pas repoussé… Nous pourrons toujours rester amis, n’est-ce pas ?
-Bien sûr ! assura Aryel en lui faisant un grand sourire.
-Bon, eh bien, je retourne travailler ! déclara Eikyo en se relevant et en s’étirant. A tout à l’heure !
Aryel lui sourit à nouveau et le regarda sortir de sa chambre. Lorsqu’il eut fermé la porte, elle se sentit étrangement seule… C’était la première fois qu’elle ressentait ça ! Finalement, elle décida de se recoucher. Elle n’avait pour l’instant rien de mieux à faire.
Kagura alla auprès de Naraku, très ennuyé.
-Ton plan a échoué. Cette fille a retrouvé ses esprits ! dit-elle sèchement.
-Cela fait partie de mon plan ! répliqua-t-il.
-En attendant, ça fait des jours que tu n’as rien fait ! ronchonna-t-elle.
-Il faut attendre le moment opportun et surtout…il faut attendre Gyuno…
-Gyuno ? Ce yôkai que tu as engagé ? A quoi va-t-il donc te servir ?
-Tu le sauras en temps et en heure. Maintenant va ! Je veux être seul.
Très énervé, Kagura partit.
-Décidément Aryel, tu as de très bon alliés… pensa-t-elle.
Il sourit.
-Mais ça je le sais parfaitement… Ne t’inquiète pas, je ne t’ai pas oubliée… Bientôt je pourrai accomplir la deuxième face de mon plan. |