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Thursday, May 31st 2012, 16:48


Here is a story written by Amaryllis which is entiled Cet homme et nous, ou le rêve vampirique - chapter 02.


*** Ce couloir n’en finira donc jamais ? J’ai faim moi !!! ***

Voilà déjà près d’une heure que l’enfant déambulait dans les corridors du vaste château.
En fait, après avoir ruminé un moment, elle avait été plus décidé que jamais à partir à l’aventure. Et de toute façon, lorsque les premiers grondements de son estomac lui avaient rappelé des besoins vitaux, plus rien n’aurait pu la retenir dans sa prison quatre étoiles…
Avant de se précipiter vers la porte, elle avait jeté un coup d’œil à la fenêtre, afin de voir la cour du château -pour tâter le terrain-, et juger l’inclinaison des rayons du soleil : l’heure du petit déjeuner était déjà bien passée. Elle n’en était toutefois pas certaine, ne sachant pas dans quel direction était orientée sa chambre. Mais son ventre n’avait cesser de gargouiller de plus en plus fort, et elle avait pour habitude de se fier autant que possible à son horloge biologique et à son instinct, donc elle ne s’était pas attardée sur la question.
Elle avait alors tout doucement poussé l’une des portes de bois peint de la chambre, regardant de chaque côté avant de sortir, dans l’espoir de n’être surprise de personne. Après tout, puisqu’elle avait prit le temps de réfléchir à ce qui pouvait l’attendre, une créature maléfique aurait très bien put monter la garde…
La gamine était certaine qu’une fois dans la cour, elle pourrait traverser la forêt en courant et fuir loin de cette bâtisse lugubre. Il suffisait de ne pas se faire prendre…
Mais tomber sur quelques chose de comestible avant la grande évasion n’aurait pas était du luxe… Et sachant que la nourriture ne sortirait pas de la première statuette venue, elle avait donc cherché un encas, mais résultat, elle tournait en rond depuis des lustres -perdant un temps considérable-, elle avait toujours aussi faim, et ne se sentait plus d’attaque à une course longue en terrain accidenté…

La petite exploratrice soupira à cette pensée et regarda autour d’elle, stoppant sa marche devant un nouveau carrefour. Quelque chose lui disait que celui-ci, elle ne l’avait pas encore emprunté. Avec un peu de chance, il la mènerait aux escaliers tant attendus pour sortir de cet endroit, car malheureusement, ce n’est pas en sautant du premier étage qu’elle arriverait indemne chez elle.
Avec lassitude, elle prit le chemin le plus lumineux, comme l’aurait fait un papillon en détresse.
La fillette avait tourné au hasard des embranchements, enchaînant les couloirs ombreux et glaciaux les uns après les autres, voyant passer sans les voir les milliers de pierres inertes qui l’entouraient, et respirant la poussière accumulée dans les recoins de chaque commode, de chaque tapis. L’atmosphère qui planait dans ces boyaux de granite l’étouffait, et assombrissait toujours un peu plus son humeur…
Les tapisseries aux motifs improbables l’effrayaient, les armures grinçant sur son passage aussi, et c’était sans compter les rumeurs lointaines qu’elle avait perçu à plusieurs reprises au détour des corridors.
Elle frissonna. Le bon sens lui avait dicté de ne pas s’approcher de leur origine, car rien n’indiquait que ces voix désincarnées, qui semblaient courir sur les courants d’air, appartenaient à quelqu’un de vivant ni même d’humain…
Et le pire était sans doute que seuls ces rires avaient rythmé son excursion… C’était presque à se demander si la demeure était habitée.
Que ferait-elle, alors, si personne ne croisait son chemin ? Serait-elle condamnée à tourner en rond pour l’éternité ? Car même si elle n’avait pas prit garde aux détails comme les nombreux tableaux, tentures et statues qui ponctuaient les allées du château, la gamine avait bien conscience qui la voie principale de l’étage décrivait un large cercle autour des salles centrales, fermées à clef, et que cet agencement la ramenait sans cesse sur ses pas…
Elle continua néanmoins son petit bout de chemin, ricanant des questions mélodramatiques qui lui venaient trop spontanément à l’esprit. Elle avait toujours eu le sens du spectaculaire, même jusque dans ses pensées…
*** Mieux vaut que je me ménage, mes nerfs ne tarderaient pas à lâcher si je force trop sur cette corde sensible. Enfin d’un autre côté, si ça m’aide à voir les choses sous un angle nouveau… ***

La fillette en était là de ses ruminations, lorsque la soudaine et abondante présence de lumière la sortit de ses pensées lugubres : à l’angle de la voie qu’elle avait prise, un flot de rayons solaires inonda tout à coup sa peau, la réchauffant, elle et son âme en peine…
Elle ne put qu’écarquiller les yeux devant ce qu’elle voyait, la surprise et la beauté lui ôtant la parole.
Devant l’enfant, une petite galerie courait le long du mur de façade sur une dizaine de mètres, exposant tapis, vases anciens, tableaux, et mille œuvres encore, au soleil du zénith traversant presque avec impatience les larges vitraux pour les rejoindre.
Les tâches lumineuses qui balayaient les sols et le plafond, reflets ricochant sur les métaux, éblouissaient la gamine, autant physiquement que moralement :
La trouée de lumière qui lui faisait face égayait sa matinée apocalyptique.
Elle avait toujours adoré les reliques du passé, et la multitude d’œuvres d’art qui tapissaient les murs et occupaient les recoins du couloir, la soulageaient, lui offrant un semblant de réconfort, un terrain connu pour soigner ses plaies… De plus, la gamine avait enfin l’impression, après des corridors tous semblables et à moitié vides, qu’une personne passionnée –et donc pas aussi mauvaise que les éventuelles rencontres envisagées-, avait prit la peine de venir ici, d’habiter ce lieu, et de donner un peu de vie et de chaleur à cet endroit reculé…

L’enfant avança à petits pas dans le havre de paix qui s’étendait devant elle, toujours ébahie par la splendeur qui s’en échappait.
Comment exprimer la bouffée de bien-être qu’elle ressentait après avoir traversé des allées sombres et glaciales, à peine éclairées par de minces lucarnes sans couleurs ?
Finalement, cette seule découverte éclipsait tout le reste, et elle ne regrettait plus sa venue ici.
Tout du moins si elle ne s’éternisait pas.

A cette pensée, ses idées noires emplirent à nouveau son champ de vision, et chassèrent l’émerveillement aussi vite qu’il était apparu.
Frustrée, et affamée de surcroît, elle s’assit au piédestal d’une statue toute proche.
Ramenant ses genoux contre sa poitrine, la petite commença à se balancer d’avant en arrière, comme toutes les fois où elle avait voulu faire passer sa faim.
« C’est super, » pensa-t-elle dans un sarcasme mal étouffé « j’ai découvert pleins d’objets rares et précieux comme papa les aime… Mais c’est bien le seul avantage à se trouver dans un endroit pareil…Parce que, à la limite, un cauchemar reste un cauchemar, même éveillé, et je ne peux même pas espérer une amélioration dans ma vie. Si j’ai faim dans la réalité, j’ai faim ici aussi, logique, les mauvais rêves n’embellissent rien. Donc… dans un château luxueux comme dans la misère, je crève la dalle. Pas plus compliqué !»

Elle soupira longuement : le cynisme ne lui valait rien, même si elle en était une fervente adepte.
Mais sans blague, à quoi pouvait-on aspirer dans ce genre de situation ?
Sans trouver, ni vraiment chercher de réponse, elle regarda sans les voir, ses petits pieds, qu’elle agitait frénétiquement depuis un moment déjà.
Les minutes passant, ses pensées vagabondes prirent un chemin qu’elle aurait voulu éviter le plus longtemps possible, mais qui était finalement le seul qui lui restait…
A la mention intérieure de son père, un petit pincement au cœur avait fait tiquer la petite fille : rien ne lui laissait entendre qu’elle le reverrait un jour… C’était même le contraire. Son intuition ne l’avait que rarement trompée, et elle était à présent persuadée que rien ni personne ne lui permettrait de s’échapper, quand bien même elle gagnerait l’extérieur…
Le désespoir la glaça.
La chaleur environnante n’y fit rien, le mal venait de l’intérieur. Du moins en partie. Car elle finit par s’apercevoir que ses orteils étaient devenus violet, à cause des dalles froides s’étendant sous son corps endolori.
Avec un sourire triste, elle entreprit de les masser pour rétablir la circulation sanguine. Mais ayant les mains tout aussi glaciales, elle abandonna bien vite. Elle tourna alors la tête, et regarda avec dépit une flaque ensoleillée qui s’étendait à quelques mètres, sur le tapis écarlate sillonnant le passage.
La gamine s’y traîna sans ménagement et s’y installa, se parant ainsi des multiples couleurs que les vitraux projetaient sur sa frêle silhouette.
Elle se força alors à regarder encore une fois les objets qui l’entouraient, souhaitant retrouver son état de béatitude précédente, car des larmes menaçaient son armure morale.
Si elle n’entendait plus les voix désincarnées, et n’avait plus la désagréable impression d’être observée par ces entités impalpables, ce n’était pas pour autant qu’elle se sentait plus protégée de la folie… Elle avait trop peur qu’en ouvrant les vannes de sa peine, son intégrité mentale lui échappe aussi…
Après avoir prit une grande inspiration, bloquant ses sinus, elle releva les yeux vers la statue contre laquelle elle s’était adossée précédemment. Mais au grand damne de la fillette, c’était peut-être le seul objet du lieu qui dégageait une aura ambiguë : au premier abord, figure rassurante, déesse miséricordieuse, c’était une jeune femme en train de chanter, à genoux, les mains jointes, les yeux clos et la bouche formant un O déformé par un sourire bienveillant, cheveux longs et raides se dispersant derrière elle dans un souffle de vent hypothétique, et multiples plis de robe suivant le même chemin, mais c’était sans compter la fine lame qui perçait son sein gauche, et la garde de la dague qui dépassait de l’omoplate, à demi-cachée dans les envolées de mèches.

Une lame en métal, enfoncée dans un corps de pierre. Une véritable arme dans une œuvre d’art. La beauté et la peur mêlées, la clarté et l’obscur, tout, ici se résumait de cette manière…
Et l’enfant, plus plongée que jamais dans son désespoir, songea qu’elle n’avait pas encore vu la moitié du château… ni même les propriétaires.
Malgré toute la peine que cela lui causait, elle se demanda à quoi ils pouvaient ressembler. En fait, elle priait pour qu’ils soient, dans une image poussée à l’extrême, comme leur demeure, car même s’ils lui paraissaient en partie hostiles, il y aurait toujours une part de beauté, -comme cette galerie- tapie dans leur ombre…
Mais la question, que l’enfant aurait voulu unique, en entraîna d’autres malgré elle :
Pourquoi l’avaient-ils emmenée ici ? Et comment ? Pourquoi elle ? Etait-ce une punition ? Ses parents avaient-ils étaient prévenus ? Et pire, les châtelains savaient-ils seulement qu’elle était entre leurs murs ? Car si elle n’avait rencontré personne lors de sa tentative d’escapade, c’était peut-être simplement parce qu’il n’avait pas été avertis de sa présence.
*** Non, c’est impossible, comment j’aurais atterri ici, sinon ?Je ne pense pas qu’un domestique –car vu les dimensions de la maison, il doit y en avoir- m’aurais amené sans leur demander leur avis. Et puis je ne me suis pas changée et parfumée toute seule, non plus…Mais d’un autre côté, je ne vois pas l’intérêt de m’enlever, prendre la peine de me rendre présentable, et me laisser moisir dans une chambre où trois meubles se battent en duel…*** elle stoppa ses réflexions sarcastiques, et reprit avec toute la tristesse qui l’assaillait, *** Enfin soyons lucide, je sais bien que j’aurais dorénavant tout mon temps pour la remplir, cette chambre… Et j’espère bien que les habitants de cette forteresse n’ont pas fait de l’argent qu’une façade, parce que je compte bien ne pas me priver…***

Alors seulement, elle s’autorisa à pleurer.
Sa fuite, ou tout du moins ce qu’elle aurait voulu appeler ainsi, avait été un acte vain, elle en était plus que consciente. Elle resterait probablement toute sa vie enfermée dans cet endroit…
Des larmes commencèrent à perler au coin de ses grands yeux déjà brillants, puis elles glissèrent au ralenti sur ses douces joues rondes, pour enfin se muer en un torrent continu.
Elle ne verrait plus sa famille.
Elle ne pourrait plus courir avec ses amis dans les rues et les champs.
Elle serait seule, ici, avec des inconnus, et rien ne pourrait soigner sa tristesse, pas même tous les cadeaux du monde, toute l’abondance des lieux, bien qu’elle ait décidé d’en profiter au maximum.

Un temps passa, le silence pesant un peu plus à chaque seconde, seulement perturbé par les bruits étouffés de sanglots.

Au bout d’un interminable moment d’accablement, ses lamentations étaient tellement enracinées dans son être, que la petite fille ne perçu pas l’approche du nouveau venu. Reniflant sans arrêt, et maculant le tapis et sa robe de grosses larmes glacées, elle n’en prit conscience que lorsque de belles chaussures à talons noires et vernies entrèrent dans son champ de vision.
Elle n’osa pas lever les yeux.

« -Alors c’est ici que tu étais ? » fit une voix de femme, grave et mélodieuse. « Tout le monde te cherche, tu sais ? Quand je suis allée voir dans ta chambre tu n’y étais plus, j’ai crains le pire… »
A vue d’oreille, ses mots étaient sincères. Cela choqua l’enfant, toujours roulée en boule.
La jeune femme, voyant que la fillette ne relevait toujours pas la tête, s’accroupit à côté d’elle, et posa ses fines mains sur ses genoux. La petite fille avait cessé de pleurer à l’instant où elle était arrivée près d’elle, et restait figée, pétrifiée de crainte. La voix pouvait être aussi rassurante qu’elle voulait, cela pouvait se révéler trompeur…

« -Mais que vois-je, petite fille ? Tu pleurs ? Viens là que je t’essuie ces tristes larmes… »
Et l’une des mains attrapa un mouchoir en dentelle sortit de nulle part, afin d’effacer les cillons humides, tandis que l’autre relevait doucement le menton de la gamine.
Celle-ci fut contrainte de voir le visage de la jeune femme –elle soupçonna que c’était là le but de la manœuvre-, et force lui fut de constater que la voix envoûtante y collait parfaitement :
Un visage fin pâle et volontaire, encadrée par une chevelure verte et soyeuse était penché sur sa frimousse, de grands yeux bruns en amande, dont le gauche était souligné d’un joli grain de beauté, la scrutaient avec indulgence. Devant tant de grâce, seulement contenue sur quelques centimètres carrés de peau, le cœur juvénile chavira : comme la fillette aurait voulu que l’inquiétude quitte cette figure, chassant les petits plis au niveau des sourcils, qui, même s’il n’ôtaient pas la superbe de cette femme, la culpabilisait au plus au point… Cependant, dans cet examen facial, un détail surprit l’enfant : telles des îlots de chaire émergeant de la cascade capillaire, les oreilles de la servante pointaient vers le ciel en une forme on ne peut moins ordinaire…
«-Voilà, tu es bien plus jolie comme ça... » Quelques secondes passèrent, et elle reprit devant la gamine qui la fixait : « Hum ? Que se passe-t-il ? Aurais-je quelque chose sur la figure ? »
La petite revint à la réalité et bredouilla quelques mots.
« -N-non. Vous êtes juste très belle madame.
-Oh… *rougit*, c’est gentil… »
L’enfant, tout en sachant pourtant qu’elle aurait du se méfier, n’avait pas pu s’en empêcher. Une aura particulière se dégageait de la servante, et son compliment lui avait échappé contre sa volonté.
C’était comme si quelqu’un d’autre avait parlé à sa place.
La jeune femme contempla quelques seconde son interlocutrice, sembla hésiter, puis se lança avec un soupir, n’ayant que trop bien compris les sentiments conflictuels qui se télescopaient dans l’esprit de la petite :
« -J’aurais préféré que ce ne soit pas la première chose que j’ais à te dire, mais si je puis te donner un conseil, ici, ne te fie pas aux apparences… C’est bien étrange venant d’une parfaite étrangère, j’en ai conscience, mais j’espère de tout cœur, si c’est là l’unique règle que tu décides de suivre, que tu t’y tiennes.»
Elle stoppa, puis regarda l’enfant droit dans les yeux, l’air on ne peut plus sérieux. L’aura rassurante, attirante, qui émanait d’elle disparu, et la défiance de la petite fille remonta peu à peu à la surface, aiguisant ses sensations comme si elle avait été en terrible danger.
«-Tu ressens la différence, n’est-ce pas ? » dit-elle, toujours gentiment, un sourire triste aux lèvres face à la crainte qu’elle inspirait dorénavant à la petite fille. Ce ton quelque peu décalé par rapport à la terreur que ressentait sa cible ne fit qu’accentuer les tremblements de celle-ci.
Avec une peine non feinte, la jeune femme tenta de s’expliquer.
« -Le fait est que je ne suis pas humaine, tu as dû le remarquer. » elle agita imperceptiblement ses oreilles pointues. « J’ai donc quelques dons qui m’évitent d’être trop vulnérable face à ton espèce… Je peux me sortir de pas mal de mauvais pas, en manipulant les sentiments des gens. » Un profond soulagement atteint la gamine, cependant que ses sensations redevenaient normales, libérées de l’emprise spirituelle. « Je voulais te montrer l’étendue du désastre, avant que tu ne te jettes dans la gueule du loup… Car si je ne suis pas là pour te faire du mal, je ne suis pas non plus la seule occupante des lieux, et tous ceux de ma race ne font pas toujours bon usage de leurs talents… »
La gamine resta pantoise devant cette déclaration sinistre, dite avec tant de désinvolture...
Ses nerfs venaient d’être usés d’un coup pour les cinq jours à venir, et elle n’arrivait plus à emmagasiner les informations, à interpréter les événements qui s’enchaînaient trop vite à son goût.
Elle ne savait plus comment ni quoi penser. Cette femme apparaissait d’un coup, véritable phénomène paranormal, la plongeait dans un état de transe adoratrice, puis la terrorisait au point d’en perdre la voix, et à peine une minute plus tard, elle la libérait enfin de ses chaînes mentales, et semblait vouloir l’aider, la prévenir d’un danger auquel elle n’avait pas encore été confrontée, dont l’existence, néanmoins soupçonnée depuis le départ, ne l’avait en fait que frôlé, telle d’absurdes divagations, et qui, maintenant, devait être avalée et digérée en quelques secondes à peine. Car la vénus paraissait pressée, de surcroît !
Non mais quelle assistance ! elle la secourait tout en lui tenant des propos contradictoires sur ses origines. Comment savoir si elle ne faisait pas preuve de malveillance pour l’égarer encore un peu plus ?
La voix de la jeune femme interrompit ces débuts paranoïaques.
« - Ecoute, » fit-elle devant l’expression de plus en plus perdue de la petite, « Ici, les domestiques se connaissent tous, et je puis t’assurer que personne ne te veut de mal, nous serons là pour veiller sur toi, mais il y a parfois des invités, et des visiteurs indésirables. Et puis… je vais être honnête, nous n’avons pas la moindre idée de ce pourquoi le Maître t’a ramené toi aussi… alors je souhaiterai que tu te méfies de lui… »
En prononçant ces mots, la belle rentra la tête dans les épaules et fit une grimace craintive, comme si elle avait peur d’avoir été entendue par quelqu’un d’autre que la fillette.
Pourtant le couloir était désert… elle reprit, toujours sur ses gardes :
« - J’essayerai de te servir du mieux que je peux, alors je t’en supplie, ne fais jamais rien qui aille à l’encontre de ce que je te conseillerai… »
Elle lui avait prit la main et la serrait doucement à présent. Plus que jamais, son expression paraissait sincère, d’autant plus que, la gamine en était sûre, ses sentiments n’étaient plus contrôlés…
Un long silence s’établit tandis que l’enfant, perplexe et abasourdie par le flots de paroles incompréhensibles et brouillonnes qu’on venait de lui servir, tentait de réfléchir, de mettre de côté le trop plein d’informations pour les analyser petit à petit, une par une, plongée dans une cogitation intensive…
Celle qui se tenait en face d’elle avait des paroles incohérentes et trop complexes pour elle. N’avait-elle pas noté son âge ? C’est vrai qu’elle était plutôt éveillée, mais justement, il aurait été bien plus facile à concevoir toutes ces fariboles si elle avait encore cru aux contes de fées… Parce que ce monde ne ressemblait en rien à celui qu’elle avait connu jusqu’alors.
Quelle était cette histoire d’espèces, de dons bizarres et d’habitants malintentionnés ? Où étaient passés les sympathiques et inoffensifs humains de sa bourgade ? Des pouvoirs magiques ? Et puis quoi encore ?!?
Non, décidément, la situation était trop difficile à aborder pour son âge.
Et puis autre chose l’empêchait de réfléchir correctement, c’était la tournure des phrases de son interlocutrice… Elle sous-entendait sans le moindre doute ce qu’elle avait constaté avant sa rencontre, elle vivrait ici jusqu’à la fin de ses jours, bloquée avec des gens qu’elle ne connaissait pas, et qui, apparemment, pourraient même lui vouloir du mal…

« -Je ne comprends pas tout, madame. » finit-elle par répondre.
Elle préférait ne pas trop s’étendre sur le sujet, sa méfiance totalement éveillée à présent.
La dite madame eu son sourire triste.
« -Je sais, petite fille. Ceci est tellement étrange et compliqué pour une enfant de ton âge. » fit-elle en replaçant une mèche rebelle dans la chevelure raide et claire de sa protégée, « Mais je te l’ai dis, je t’apporterai toute l’aide que je pourrai t’offrire. Pour l’instant je ne peux pas développer plus, je dois te ramener à la salle à manger afin que tu prennes ton premier repas avec le Maître. Ta sœur sera là, aussi. » rajouta-t-elle, avec un peu plus de chagrin encore.
Toutefois, son interlocutrice ne partagea pas le même point de vue sur la nouvelle, au contraire même, et la petite fut complètement déroutée : sa sœur ? elle était là aussi ? mais alors cela changeait tout, elle ne serait plus seule, elle aurait un soutien !
Toute la conversation avec la domestique prenait un tour moins tragique, et la plupart des informations essentielles, qu’elles n’avait pas encore réussi à intégrer passèrent à la trappe, toute son attention focalisée sur la magnifique annonce.

*** Minska saura comment agir. Ensemble on sortira d’ici ! ***

La petite fille se releva lentement, essayant de contenir et de dissimuler sa joie pour que la superbe femme, qui s’avançait déjà à quelques pas devant elle, ne perçoive pas ses projets.
Elle s’épousseta brièvement, et suivit la servante dans les couloirs.

*** Une fois avec ma sœur, tout s’arrangera. Et personne ici ne pourra nous barrer la route… ***

 
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There are 3 observationss
Asuka the 02/03/2009 at 01:02:20
très beau chapitre,très travaillé au niveaudu style, mais il y a quelques fautes d'orthographe et conjugaison...mais bon, qui n'en fait pas?
ahh, c'est vrai qu'elle cogite, la petite(ça rime! )
au moins il y a une gentille, et y en aura vraisemblablement d'autres
la rencontre avec "le maître" promet! pourvu que la grande sœur ait envie de s'en aller également!
t'as déjà commencé le chapitre suivant?moi je l'attends impatiemment
bonne inspiration!!
Amaryllis the 03/03/2009 at 19:30:01
Ça fait très plaisir de voir que mes chapitres plaisent (enfin je ne voudrais quand même pas t’ôter tes heures de sommeil, je me sens déjà coupable xD ) parce que je ne suis pas du tout sûre de moi lorsque je click sur « envoyer »… (d’ailleurs je n’ai jamais pensé m’inscrire au concours d’écriture pour cette même raison, avant de rendre un texte c’est toujours la panique…)
Je suis vraiment désolée pour les fautes j’avoue, je passe beaucoup de temps sur mon récit, et je reste souvent très tard devant l’ordi, à ça s’ajoute le fait qu’à force de lire et relire les mêmes lignes, je ne fais plus trop attention, et puis je ne suis pas infaillible (et ça m’embête sérieusement vu que je déteste les fautes…).
Sinon, oui, j’ai déjà bien avancé dans les chapitres, mais comme j’ai quelques problèmes avec mon ordi en ce moment, je ne peux pas envoyer la suite (en plus je n’arrête pas de trouver des rectifications à faire TT___TT et comme tu l’as dit, la scène avec le Comte devrait être importante, donc je ne veux pas la louper =__=")
J’espère pouvoir poster bientôt (même si le sort semble s’acharner sur moi ) je vais encore vérifier deux ou trois points, et puis le chapitre trois devrait faire son apparition (sauf que maintenant je vais stresser encore plus pour pas décevoir )

Quoi qu’il en soit, merci beaucoup , avoir des avis comme les tiens m’encouragent énormément (et me motivent si j’ose dire ) donc je ferai vraiment mon possible pour être à la hauteur >_________<"
Gounie the 24/04/2009 at 23:23:09
cool cool la gamine elle déchire, elle m'a bien fait marré quand elle a dit que sa servait à rien d'être dans le luxe si il creuver la dalle trop fort la répartie de la gamine

en, plus y avait un peu de dialogue ce qui à dynamiser et recharger mon envie de lire sérieusement

bon je lirai la suite demain mais j'ai hâte c'est peut être le première chose que je vais faire en me levant tellement je suis impatiente de lire la suite

continue ne t'arrête pas surtout

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