Login  
  Password  
  Remember      
  Registration  
 
 
Welcome
News
Credits
MP3 credits
Credits packs
Bell mobiles
Credits lyrics
Cartoons & mangas
Mangas releases
Mangas encyclopedia
Mangas files
Episodes list
Avatars
Pictures and wallpapers
Documentaries
Mangas, DVD, OST
Cartoons DVD
Paper mangas
Comics
Video games
CD and OST
Miscellaneous
Community
Forum
Members' drawings
Fan fictions
Japanese lessons
Asian recipes
Goodies
Tee-shirts
Wallpapers
Toolbar
Various
Competitions
Challenge
Surveys
Top-votes
Topsite
Missing ?
Promo codes
Fighting Cards
 You must be a member to get to internal mailbox  Get to Geneworld team  You must be a member to get to the affinity search  Get to Geneworld against AIDS  Get to Statistics  Get to the contact form  Get to F.A.Q.  RSS Display your website on : Geneworld - all the Internet credits
Thursday, May 31st 2012, 16:56


Here is a story written by Amaryllis which is entiled Au pays des songes - chapter 03 - Au tournant d'une vie (partie III ).


Mais qu’avait-il fait ? Quelle impulsion lui avait dicté ces gestes ? Quelle folie avait-il commis ? Pour commencer, pourquoi, lorsque son oncle s’était négligemment frappé le front en se rappelant avoir oublié le divan, pourquoi avait-il eu tout à coup cette envie, ce besoin d’y aller, malgré la fatigue qui le taraudait lui aussi ? Pour pouvoir de nouveau jeter des coups d’œil furtifs dans sa direction ? Voir sa jolie taille ? Certes peu marquée, mais qui sans conteste était naturelle et non dessinée par ces abominables corsets qui déformaient le corps de toutes les femmes ! Peut-être avait-il juste eu le désir de la sentir près de lui, par cet incommodant instinct qui lui demandait de la protéger. Mais de quoi ? Plus il y pensait, plus il lui apparaissait que c’était lui le danger et depuis le début !
Quand elle lui avait répondu à travers la porte, sa petite voix lui parvenant étouffée par l’épaisseur du bois, il n’avait pu s’empêcher d’insister pour entrer, en tant normal il ne se serait pas donné cette peine, alors pourquoi fallait-il que ce soir, justement, il change tant ses habitudes, qu’est-ce qui, en elle, était différent des autres pour qu’il s’en préoccupe autant ? Il savait ce qu’était cette inclination, ce n’était pas la première fois qu’il était attiré par les femmes –si tant est qu’on puisse la qualifier Elle ainsi…- mais ça n’avait jamais été si soudain ni même, et surtout, si intense ! Et Elle n’avait pas arrangé les choses, une fois entré, lorsqu’il l’avait vu si peu vêtue –d’accord, elle portait un peignoir par dessus une chemise de nuit qui couvrait théoriquement tout son corps-, mais il les connaissait ces tissus affriolants ! Il n’avait peut être jamais été l’amant d’une lady qui aurait pus se les payer, mais il en avait assez vu dans les penderies et, à loisir les imaginer sur les plus belles demoiselles du comté ! Qu’avait cette fillette à mettre de tels accoutrements ! A son âge, encore pucelle, cherchait-elle à se qu’on l’agresse ? A tenter le diable, les démons des jeunes hommes se réveillaient ! Il venait à peine d’entrer dans sa vingt et unième année, et il ne lui en fallait pas énormément pour le pousser à la faute…
Il avait alors cherché à prolonger sa visite en feignant de ne pas trouver la poignée du canapé. Il avait tant envi de rester là avec elle, dans l’atmosphère emplie de son odeur de savon. Mais cette petite futée n’avait pas vu les choses du même œil, et était venue à son « aide », l’obligeant à abréger son plaisir. Il l’avait ensuite regarder replacer les oreillers, se penchant sur ce lit si grand pour elle seule… Au passage il avait aperçut un décolleté peut-être pas aussi rempli que celui de ses ex-compagnes, mais qui restait quand même plus qu’engageant. Ses boucles brunes plus ou moins en bataille avaient cependant vite obstruer son champ de vision et il s’était alors rabattu sur son cou fin dont la délicate jugulaire apparaissait sous l’effort. Elle avait alors, d’un geste vif, ramené une large mèche de cheveux derrière son oreille lui révélant son profil, sourcil froncé, nez droit et lèvres légèrement pincées par la concentration. Un grain de beauté avait été déposé comme un baiser sur sa joue, à sa naissance, et le jeune homme aurait bien voulu répéter le schéma, mais elle s’était brusquement redressée, une fois sa tâche de bordage accomplie. Et c’est là qu’il avait perdu le contrôle, en voyant sa gorge se soulever et s’affaisser en un rythme régulier et rapide, pour reprendre une respiration normale après les quelques tâches qu’elle venait d’achever. Ca l’avait à proprement hypnotisé, et il n’avait plus put se défaire de la vision d’elle qu’elle lui donnait : échevelée, essoufflée, et -par les hallucinations auxquelles le soumettait son esprit- à peine habillée.
Il fallait croire qu’elle avait sentit le poids de son regard, car elle s’était tournée vers lui, lui offrant de nouveau la possibilité de se plonger dans ses yeux vert d’eau. Le reste s’était déroulé très rapidement : il avait tendu sa main vers sa joue, toujours dans l’intention qui l’obsédait, d’un simple baiser –bien que le mobilier l’entourant l’encourageait à aller plus loin dans son entreprise-. Elle avait alors écarquillé de grands yeux de surprise -qui s’était vite muée en terreur-, et s’était brusquement détournée, se dirigeant vers l’entrée avec précipitation. La peur avait dû la rendre muette, puisque aucun son ne sorti de sa bouche, pas même lorsque le jeune homme, encore inconscient de ce qu’il était en train de faire, lui avait agrippé le bras pour la ramener vers lui. Dans l’état de panique où elle était, elle avait tout de même eut le réflexe de défaire sa robe de chambre et de s’enfuire dans le dédale des couloirs. Lui, était resté le vêtement à la main, étourdit, penaud, déconcerté par ce qu’il venait de faire, ou tout du moins tenté, et en était infiniment honteux, pour être honnête il en était scandalisé et aurait souhaité être enseveli six pieds sous terre, si ce n’est plus, pour ce qui s’était déroulé il y a à peine deux minutes.
Se dirigeant vivement vers la porte, il sorti la tête par l’embrasure et appela doucement la jeune fille dans un chuchotement. Il était bien évident qu’elle ne l’avait pas attendu, ni même qu’elle allait revenir, et, même en supposant qu’elle est été assez proche pour l’entendre, ce ton de conspirateur n’allait sûrement pas la faire sortir de sa cachette... Mais il voulait à tout prix réparer son erreur, s’expliquer tout du moins, pour qu’elle ne se méprenne pas sur toute la ligne. Et c’est ainsi qu’il prit sa suite, avec l’espoir d’être écouté, si ce n’est compris.


Le bruit de ses pas étouffés par l’épaisse moquette qui s’étendait au sol, l’adolescente courrait à perdre haleine dans le labyrinthe de l’étage. Bifurquant au petit bonheur la chance à chaque intersection, elle n’avait déjà plus, depuis ses quelques minutes de fuite, le moindre sens de l’orientation. Il se pouvait même qu’elle soit revenue pratiquement à son point de départ. Mais cela était peu probable, le bâtiment étant bien plus grand qu’elle ne se l’était imaginée au premier abord. Quelques fois elle retrouvait un passage où le sol était parqué, mais elle ne s’y attardait pas, préférant le silence des tapis.
Les corridors ressemblaient à d’interminables boyaux avec leur tapisserie rouge foncé aux motifs plus clairs. De petites lampes murales, grossièrement ornementées de façon à ressembler approximativement à des tulipes renversées étaient disposées à intervalle régulier -tout les dix mètres environ-, et engendraient de longues zones d’ombre effrayant la fugitive. A chaque pas elle sentait sa peur croître, elle avait mal au ventre et une boule douloureuse s’était nichée à son côté, la faisant ralentir contre son gré. Elle fut pourtant obligée de stopper sa fugue quand le lancinement devint trop fort. Elle continua d’une marche prudente, s’enfonçant toujours plus dans les ténèbres.
Comment une bâtisse comme celle-ci pouvait être aussi profonde une fois à l’intérieur, alors que de la rue, elle avait parue tout à fait ordinaire ? La surface de l’étage devait approcher celle d’une cathédrale, c’était ahurissant… Peut-être aurait-elle eu du plaisir à déambuler dans ses couloirs si les conditions avaient été différents… Pourquoi cet homme avait-il réagit ainsi ? Elle n’avait jamais vu cet air de prédateur chez personne, et sa stupéfaction avait faillit la perdre… Il avait été un goujat durant presque tout le trajet, mais bizarrement, elle avait eu une certaine confiance envers cet individu. Elle repensa aux effets de son parfum et se félicita d’avoir ne serait-ce que songé à leur accès trompeurs.
Elle entendit des pas à quelques croisements d’elle. Des semelles dures essayaient inutilement de se faire le plus discrètes possible sur une plage de parquet. Ainsi il la pistait. Si ça n’impliquait pas une fin si déplaisante, le jeu aurait put être le bienvenu, mais elle n’osait imaginer les projets que lui réserverait ce type s’il venait à la retrouver… Supposer que c’était ce à quoi les « hommes pensent tout le temps » n’était sûrement pas loin de la réalité, seulement voilà, ça ne l’avançait pas plus puisqu’on ne lui avait jamais vraiment expliqué… Elle avait du chercher à élucider le mystère d’elle même, mais les résultats n’avaient jamais été très concluants : juste qu’on devait être nus comme un ver, avec une histoire d’anguille… Enfin, quoi qu’il en soit, se dévêtir ne l’enchantait guère, et elle n’aimait pas les produits de la mer –déjà fallait-il les trouver, vu qu’elle n’en avait pas aperçu dans les bocaux du salon…-.
La jeune fille continua son chemin lorsque les bruits de pas s’éloignèrent. Devrait-elle passer toutes la nuit dans cette course-poursuite ? Elle n’osait pas frapper aux portes de peur qu’Il l’entende et n’arrive avant que l’occupant encore ensommeillé ne vienne lui ouvrir –si tant est que celui-ci ait daigné se lever- pire encore, elle pouvait tomber sur l’appartement de l’oncle, et, qui sait, il pouvait être dans le coup lui aussi… et elle ne souhaitait vraiment pas voir le vieil homme ventripotent sans ses habits…
En tournant à un embranchement, l’adolescente aperçut un petit escalier dérobé par pur hasard. A vrai dire, l’étroit passage qui y menait ne semblait pas très emprunté avec son épaisse couche de poussière sur la moquette quasi neuve. Lorsqu’elle s’y avança, d’innombrables grains de poussière entamèrent leur danse autour de ses pieds. Certains solitaires s’aventuraient jusqu’à son visage, lui brouillant la vue de larmes et manquants de la faire éternuer. Il ne manquerait plus que ça, dans le silence qui régnait, son poursuivant aurait tôt fait de la retrouver… Mais elle réussit à se contenir et un simple couinement lui échappa. Elle commença donc l’ascension de la dizaine de marches à toute allure, et accéda en un clin d’œil au quatrième niveau.
L’endroit était identique à l’étage du dessous, à cela près qu’un petit placard était disposé sous l’escalier. Elle leva les yeux et vit que le prochain palier était inaccessible, barré par une trappe cadenassée. Ce devait être le grenier.
La fuyarde fit quelques pas dans le passage poussiéreux, et jeta un coup d’œil dans le couloir où s’étendaient, à perte de vue, des portes d’appartements. La moquette n’était pas recouverte par la saleté, tout comme au niveau inférieur, Il ne pourrait donc pas la poursuivre grâce à ses traces de pas. Il n’y avait vraiment que dans l’allée de l’escalier dissimulé qu’il pourrait voir son passage. Elle décida donc de retourner vers le petit placard. Si jamais il pensait à ces escaliers, il jugerait qu’elle avait continué sa course dans les corridors, pas qu’elle se serait cachée à moins d’un mètre de lui.
Elle poussa un soupir de soulagement en s’introduisant dans le petit réduit. Il aurait du être verrouillé après tout, mais elle n’allait pas se plaindre, si une seule fois dans cette interminable journée, la chance lui souriait, il n’était pas question qu’elle n’en profite pas.
La jeune fille ferma silencieusement la petite porte, et promena son regard sur l’intérieur de ce qui serait sa chambre cette nuit. Il n’est pas nécessaire de préciser que le plafond se trouvait à moins d’un mètre de son crâne, la forçant à se déplacer à quatre pattes. De longues, étagères occupaient les murs, et supportaient des milliers de boîtes de conserve divers dans un tourbillon de couleurs bariolées. L’espace que lui laissaient ces planches était étroit mais il lui suffirait pour s’allonger. C’est alors qu’elle le distingua. Etait-il possible que le vent tourne en sa faveur à ce point ? S’avançant à tâtons sous l’antique ampoule qui pendait lamentablement au bout de fils poussiéreux, elle atteint l’objet de ses rêves, un matelas roulé en boule au fond du cagibi. Un petit oreiller d’où s’échappaient des tas de plumes d’oie vieillies était posé à son côté. Non, ce devait être un rêve, comment ces choses pouvaient être là, le placard était une réserve pour les gens qui habitaient à cette étage, mais pourquoi y aurait-on stocké de la literie ?
Mais une fois encore, autant en profiter puisque la providence les lui offrait. Elle entreprit donc de déplier le matelas dans le peu d’espace vital que lui laissait son abri de fortune. Seulement, lorsque la paillasse fut libérée de la corde qui la maintenait enroulée, elle avait accumulé trop de tension pour ne pas jaillir d’une traite en renversant quelques bocaux des étagères au passage… La jeune fille se retrouva écrasée sous son lit improvisé, et dans le fracas de conserve qui s’entrechoquent…
Le vacarme cessa très rapidement, les boîtes tombant sur le matelas qui étouffait leur chute, mais il était trop tard, son poursuivant avait du entendre l’affreuse cacophonie…
Elle se replaça hâtivement sur sa paillasse parfaitement dépliée et installée, et éteint la petite lumière avec nervosité. Immobile, dans les ténèbres, elle attendit qu’Il vienne, retenant sa respiration avec crainte. Puis une idée germa dans son esprit : si il venait à trouver sa cachette, autant qu’elle ait un moyen de défense. Elle ralluma la lumière et enleva les conserves de son lit, les soupesant avant de les replacer sur les planches de bois fixées aux murs. Examinant le reste de ce qui s’y trouvait, elle dénicha bientôt un gros bocal de verre, contenant une poudre verdâtre. Le récipient était assez lourd et ferrait très mal si, par inadvertance il venait à frapper la nuque d’un éventuel agresseur… et puis la poudre ne devait pas non plus être extrêmement plaisante lorsque elle s’infiltrerait dans le nez et les yeux de ce même assaillant…
L’adolescente débusqua une petite coupe qui traînait au bord d’une tablette, et entreprit de verser une bonne quantité de la poussière verte. Une forte odeur se dégagea de la lourde bouteille sitôt ouverte. Une odeur familière et encore récente à sa mémoire, exotique, agréable et apaisante : le parfum du domestique. Avec une certaine curiosité, elle tourna vivement le récipient pour en découvrir le nom. Une petite étiquette était collé et une écriture en pattes de mouches la noircissait :
" EUCALYPTUS : en cas de simple toux, rhume, bronchite,…
Utilisation : mélanger une pincée de poudre à quelques gouttes d’eau, ne pas remuer, inhaler les effluves produites»
Le reste était illisible et de toute façon inintéressante, elle avait ce qu’elle cherchait. Ainsi cette odeur l’avait libérée d’un poids, l’avait en quelque sorte détendue, parce qu’il s’agissait tout bonnement d’un remède contre les bronches encombrées…
Elle se sentit un peu bête, honteuse et quelque peu humiliée. Une simple odeur, un médicament l’avait soulagée de maux qui la rongeaient depuis tellement de temps, des semaines, des mois. Et plus elle se disait ceci, plus elle se sentait coupable, puisque ce n’était pas entièrement la vérité non plus. En cet instant aussi, elle ressentait l’inhérente angoisse qui s’attachait à sa personne, et pourtant, l’eucalyptus n’avait plus d’effet, ou plutôt si, il en avait eut un, mais seulement lorsqu’elle avait songé à son porteur…
Elle se tourna lentement vers le bocal et la soucoupe remplie, avec un pincement au cœur. Elle se défendrait, il n’y avait aucun doute à ceci, mais elle essayerait de ne pas trop amocher son ennemi, l’assommer suffirait, pas la peine d’aller jusqu’à le tuer.
La jeune fille éteignit une nouvelle fois l’ampoule, et s’installa confortablement sur son matelas, la tête s’enfonçant dans le coussin moelleux, et ses armes à portée de main. Et ne tenant plus de fatigue, elle sombra dans un sommeil agité.

De la lumière, forte, très forte. Une pièce, infinie, des murs blancs, un sol blanc, un plafond blanc. Des silhouettes, là-bas, très loin, elle se rapprochent, devenant un peu plus sombre à chaque mètres qu’elles traversent dans ce brouillard lumineux. Deux femmes, d’après les formes qui doivent être des robes. L’une est plus jeune, plus grande aussi. Ses cheveux volent derrière elle en petites vaguelettes. L’autre les a plus courts, à mi-nuque, et plus foncé.
Elles sont là, maintenant. Elles tendent leur main. Je les empoigne et me lève avec leur aide, mais pas le temps, je retombe, sans fin. Elles m’ont lâché. Je les vois me tourner le dos, comme tant de fois… Elles s’en vont, et me laissent derrière elles, comme toujours… Ma sœur, pourquoi ce regard ? pourquoi te retourner ? Est-ce pour t’assurer de mon abandon, de mon impuissance à vous rattraper ?Je m’éloigne toujours plus de vous, et vous de moi, la distance est trop grande, je ne pourrais pas, je ne pourrai plus… vous disparaissez, vous enfonçant de nouveau dans cette brume, toi et mère. Et déjà je ne vous vois plus…
Parties. Seule, je suis seule. Abandonnée ? Peut-être tout simplement libre ! Je me sens bien, sereine, peut-être pas heureuse, mais pas triste non plus, juste calme. C’est pourquoi je choisi ma liberté, elle ne me permettra pas de souffrir ou de pleurer comme tant de fois je l’aurais souhaité pour me libérer. Non, je choisi de rire ! de danser quand bon me semble, de courir et chanter à ma guise, et d’aimer !

Dans le petit placard, de fins rayons de lumière s’infiltrent dans l’encadrement de la porte. La silhouette recroquevillée d’une adolescente s’agite dans cette pénombre paisible. Tout à coup, de grands yeux verts s’ouvrent, écarquillés, par la peur, la stupeur.
« -Pourquoi « aimer » ? »
Et se rappelant que le silence est de mise dans la chasse à l’homme dont elle est la proie, la jeune fille se réprimande pour cette question formulée à haute voix.
Mais elle n’en reste pas moins pertinente. Pourquoi le choix de ce verbe et pas un autre ? Et puis ce rêve, elle l’avait fait tellement de fois, se réveillant en larmes, alors pourquoi cette fois-ci se sentait-elle si bien, même doucement euphorique ?
Quelque chose s’était brisé. Depuis des semaines, des années, une tension énorme tentait de déchirer ce lien : sa tristesse, sa solitude. Mais dorénavant il l’était bel et bien, et elle se sentait soulagée d’un poids énorme. A devoir rester muette devant sa famille, ne pas pouvoir dévoiler ses craintes, épancher ses larmes, elle avait souffert un peu plus de jour en jour. Mais bizarrement, après ce rêve, aussi habituel soit il, elle sentait qu’une part de réalité s’en dégageait enfin. Elle savait qu’elle ne reverrai certainement jamais ses proches, et étrangement aucune larmes ne roulèrent sur ses joues comme à l’accoutumée. La tristesse n’était pas au rendez-vous. Elle pensait même qu’il était préférable de ne pas aller à l’encontre de cette étrange prémonition. Mais si elle ne devait pas retrouver sa famille, que serait son avenir ?
Et ce fut lors de ces réflexions d’un nouveau type, celles d’une femme libre pensant enfin au lendemain et non plus qu’au passé et à l’instant présent qui l’emprisonnaient, que l’ombre se fit.
Les rayons pâles où dansaient les grains de poussière dans un ballet formidable ne passaient plus par le chambranle de la porte. Quelque chose les obstruait. Et puis tout doucement, la poignée s’abaissa, les gons tournèrent sur eux-même, ouvrant l’accès au cagibi.
Une mer lumineuse inonda la petite pièce, et seules deux jambes chaussée de mocassins apparurent, campées dans le minuscule couloir. Lentement le jeune homme s’accroupit afin de percevoir la réfugiée. Et lorsque le fin visage métissé apparut dans l’embrasure, la question qui avait traversé l’esprit de l’adolescente à son réveil trouva sa réponse. Dans son besoin maladif de reconnaissance, tout avait été bon à prendre, elle avait tellement eu l’habitude de passer inaperçu, que les gens agissent sans la voir, que se sentir au centre de son attention lui avait fait du bien, même si c’était un plaisir légèrement masochiste. Mais quoi qu’il en soit, même au moment où elle s’était sentit le moins appréciée par cet individu, elle restait persuadée qu’il n’avait jamais pensé à mal. Et après cette nuit peu commune, où s’étaient opérées d’intenses réflexions, et que son inconscient avait enfin prit le dessus en lui ouvrant les yeux, elle savait, par une intuition d’acier, qu’elle ne pourrait jamais être plus au centre des pensées d’un homme qu’elle ne l’avait été hier, cette nuit, maintenant, alors que ses yeux si sombres se posaient sur elle et la dévisageaient, l’hypnotisaient par leur beauté profonde et l’irrésistible envie d’être pour toujours le seul et unique objet de leur regard.


Elle était bel et bien là, à moitié assise sur ce matelas défoncé, reposant au centre de plis éparses, et elle était céleste dans sa chemise de nuit légère, aérienne, telle une jeune sylphide dans une prison d’ombres.
En se baissant il avait voulu être à sa hauteur, laisser la lumière éclairer son visage, la rassurer, s’excuser. Il s’attendait à la trouver terrifiée, en pleurs, il pensait devoir aller la chercher jusqu’au fond de la remise où elle se serait terrée, mais étonnamment, elle ne bougea pas, ne cria pas de détresse, et lorsqu’il put enfin plonger ses yeux dans les siens, il les découvrit changés, plus de lassitude, plus de charge, plus rien que de la vie et une espérance éperdue en ce que pourrait lui réserver l’avenir.
Une sensation bien étrange à vrai dire pour un homme qui venait se repentir d’un acte absurde, que de voir sa victime lui accorder un regard si particulier, chaleureux, heureux, presque… reconnaissant ? Et... aimant ?
Alors il se rendit compte à quel point tous ces sentiments étaient réciproques.
Il lui tendit la main, l’invitant à le suivre, à la conduire, partager sa route avec lui, après tout ce temps où il l’avait cherchée, et pas seulement cette nuit, mais chaque instant de son existence depuis des années déjà.
Elle regarda sa main tendue pendant quelques instants, mais lui, ne sut jamais combien cette image comptait pour la jeune fille, comment elle symbolisait son nouveau départ dans la vie, la vraie, celle des bons et tendres moments. Car elle savait que cette main, celle-ci, ne relâcherait jamais son étreinte.
Lorsqu’elle releva ses grands yeux brillants, exposant son visage dans un bain de soleil, elle gratifia son compagnon d’un sourire qui portait toute la joie qu’elle ressentait enfin, et tout l’amour qu’il lui inspirait.
Charmé, troublé, il l’aida à sortir de son abri et serra un peu plus sa fine main dans la sienne. Le futur serait doux, il en était certain. Peut-être que tout ne serait pas parfait, heureusement d’ailleurs, mais dans l’ensemble il n’aurait pas à se plaindre. Et puis ce qui comptait était l’instant présent, si celui-ci était heureux, alors qu’advienne que pourra.
D’ailleurs pour que rien ne vienne le troubler, il faudrait sûrement partir loin, pour que personne ne puisse lui retirer sa si chère fiancée. Se tournant vers celle-ci, il vit qu’elle ne s’était toujours pas départit de son sourire, et comme si elle avait lu dans ses pensées, elle passa devant lui, tirant doucement sur sa main pour qu’il prenne sa suite.
Peut-être se laisserait-il guider tout compte fait, c’était si agréable après tout, et puis il lui faisait totalement confiance. Il la suivrait partout, et la guiderait à son tour quand le besoin s’en ferait sentir. Oui, leur vie à deux commençait maintenant, et il ferait tout pour qu’elle ne s’arrête pas de si tôt.

Alors il la suivit dans les interminables couloirs lumineux et tout deux sortirent de ce dédale qui les avait trop longtemps retenu captifs.
 
Previous chapter


Add to your favorites fan fictions

There are 2 observationss
Gally99 the 17/05/2009 at 15:32:26
pour cette histoire, c'est tellement bien écrit, comme dans un livre, qu'on s'attend à ce que l'histoire soit plus longue. Enfin, tu pourras faire un recueil de nouvelles si tu continues ainsi!

Si j'avais quelque chose à dire pour t'améliorer... peut être que tu emploies souvent l'anaphore "adolescente" à la fin et... je ne me rappelle même plus si elle a un prénom... Mais ça c'est surement fait exprès, ça permet de se mettre plus facilement à la place d'un personnage.

Non, sinon, rien d'autre...
Voilà encore

Kissou!!
Amaryllis the 17/05/2009 at 16:23:58
J'en mérite sûrement pas tant, mais c'est vraiment gentil >.< (n'empêche t'as eu du courage, avec le nouveau découpage je savais pas si on s'y retrouverait )

Il se peut en effet qu'il y ait des répétitions vers la fin (comme c'est un texte assez (xD) long, j'étais bien fatiguée pour la conclusion...
Et vi, c'est fait exprès pour le nom... autant pour qu'on puisse s'identifier (bien que je pose pas mal de limites en la décrivant) que parce que pour moi elle n'avait tout simplement pas besoin de nom... lui en donner un aurait rendu sa personne trop concrète... cette jeune fille doit rester un songe avant tout =)

Et puis en attendant d'avoir le temps, je fais toujours ma petite liste de rêves à écrire, donc oui, j'espère que ce recueil finira par se remplir


Anime Covers  | Fighting Cards  | Manga Exchange  | Hentaï Exchange  | Hentai Shop  | Mangavortex
Anoukis Shop  | Pavillon Noir  | Team Nono66  | Speed Racing Tour  | Le Site d'Arnaud  | Rififi World  | Boutique Pokemon
Copyright © 2004-2012, Anoukis Multimedia