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01 - LA RÉUNION DES NUMÉROS PAR KONOÏ

Une vie peut être bouleversée en quelques heures, ou quelques minutes seulement. Il ne faut pas grand-chose, en fait...

Lake avait toujours vécu dans les régions frontalières du grand royaume d’Yllaina. Ayant perdu ses parents dès son plus jeune âge, et ignoré par la famille qui lui restait, il a commencé le combat très tôt. Et à 12 ans seulement, il est entré au service d’un jeune chevalier, comme écuyer. Ou plutôt apprenti écuyer. Désormais, Lord Brava était sa seule famille. Et il s’entendait bien avec ce maître que de deux ans son aîné. Leur relation ressemblait d’avantage à celle entre deux frères qu’à ce qu’on pourrait supposer d’un seigneur et son serviteur.

Deux ans seulement auprès de Lord Brava… Pourtant, l’adolescent de 14 ans avait l’impression qu’ils avaient grandi ensemble… Ils avaient déjà voyagé plusieurs fois, dont une à l’étranger. Et maintenant ils se trouvaient dans une région où les escarmouches étaient fréquentes.
Lord Brava était brillant, et de très bonne famille… Il était plus que naturel que, malgré son jeune âge, on lui fasse déjà confiance.
Lake était fier de son seigneur et frère d’âme. Lord Brava n’avait peur de rien, et en combat il était déjà époustouflant, telle une force de la nature, un volcan naissant qui pourtant aurait déjà une grande puissance. Son écuyer ne pouvait se permettre de rester en arrière. Aussi, il s’entrainait assidument, souvent avec son modèle, pour parfaire sa propre technique. Et ce malgré le peu de temps qui lui restait quand il n’était pas occupé à ses autres tâches.

« Un jour toi aussi tu seras chevalier… et un des plus valeureux ! »… Voilà ce que Lord Brava avait un jour dit à Lake, après un combat. Ces mots résonneraient dans l’esprit du jeune garçon pendant longtemps. Cependant, il n’était pas sûr d’être fait pour être chevalier lui-même… Bien évidemment, nombre d’écuyers voulaient à terme recevoir leurs titres, et être les égaux de leurs anciens maîtres. Mais Lord Brava… ce jeune homme en armure scintillante… Comment pourrait-il un jour être son égal ? Objectivement parlant, Lake trouvait amusant de se dire que malgré la puissante amitié qui le liait à son seigneur, et lui permettait de s’amuser avec lui comme avec n’importe quel garçon, il n’avait jamais considéré comme concevable de viser une position similaire à la sienne. « Lord Lake »... il ne pouvait l’imaginer…
« Merci… merci du fond du cœur ! Mais… Je souhaite que rien ne change jamais ! Ma vie t’appartient, à jamais. Je serai à ton service pour toujours, mon Lord ! »… Fut ce jour-là la réponse de Lake. Il avait exprimé ses sentiments les plus sincères, son vœu éternel de rester aux côtés de son maître, ami et frère… y rester en tant que dévoué serviteur, une ombre qui le soutiendrait toujours, et lui permettrait de briller d’avantage.
Lord Brava avait ri à ce moment-là… Un rire comme le soleil. Il avait toujours trouvé que Lake pourrait être un chevalier et un noble exemplaire. Mais voir la dévotion absolue de son frère l’emplissait de joie et de fierté. Leur complicité était éternelle. Et si Lake le désirait vraiment, c’est avec le plus grand plaisir qu’il serait son maître, jusqu’à ce que leurs vies retournent à la terre…


Cette vie parfaite changea drastiquement en une soirée seulement…

Peu après le dîner, les cloches d’alarme retentirent. L’ennemi approchait !
Lord Brava, comme les autres chevaliers, se prépara au combat avec l’aide de Lake. Puis les deux comparses sortirent. Il fallait défendre le château coûte que coûte. La vie du seigneur de la région était en jeu, après tout.
La rapidité de l’attaque n’était égale qu’à sa violence. Jusque-là, Lord Brava et Lake n’avaient affronté que des bandits, et quelques criminels un peu plus notoires… Mais une armée… c’était la première fois.
Cependant, ni Lord Brava ni Lake n’avaient peur. Ou, plus exactement, ils avaient peur… mais faisaient preuve de ce qu’était vraiment le courage… Ils bravaient cette angoisse.

La bataille faisait rage – une longue bataille… Elle était épuisante, et aucun des deux partis ne semblait prendre l’avantage... Jusqu’à cette nouvelle alerte. Les ennemis avaient réussi à pénétrer l’enceinte du château ! Mais comment ?!
En entendant la cloche, Lord Brava fit volte-face, suivi de près par Lake… Mais malheureusement, le chevalier se fit coincer par plusieurs ennemis. Néanmoins, respectant son serment plus que tout, il commanda à son écuyer de foncer, aussi vite qu’il le pouvait. De vite se faufiler à l’intérieur, et protéger le seigneur. Ce fut un moment difficile pour Lake. Quelques secondes qui prirent une éternité… Mais l’heure n’était pas à l’hésitation. Repoussant un adversaire proche, le garçon obéit, et se précipita vers les portes gardées puis, une fois hors de portée des regards ennemis, à travers un petit passage secret.

Entouré par les immenses murailles, l’espace semblait comme coupé du reste du monde, coupé du vacarme des armes et des cris d’agonie…. Minute. Ce n’était pas normal. Si les ennemis avaient infiltré le château… pourquoi était-ce aussi calme ?
Brandissant fermement son épée, Lake s’avança, guettant le moindre bruit ou mouvement suspect… Cependant, rien dans la cour séparant la muraille de la bâtisse principale. Doucement, le garçon finit donc par entrer…
Les couloirs étaient totalement silencieux… où diable pouvaient être les chevaliers assignés à rester à l’intérieur… Et les domestiques ? Bien sûr, ces derniers s’abritaient en cas d’attaque, mais il y avait toujours une ou deux personnes dans les couloirs… Et puis, aucun bruit de bataille, ni rien de semblable…
Lake sentit un frisson descendre le long de son dos, glaçant son sang et lui donnant la chair de poule… Serrant d’avantage son épée, il déglutit, avant de s’enfoncer plus profondément… Ces murs si rassurants encore quelques heures auparavant étaient devenus comme un dédale infernal, pouvant cacher un ennemi au détour de chaque embranchement.

Et soudain, un mouvement rapide ! Lake réagit en une fraction de seconde, parant un coup qui l’aurait à coup sûr décapité.
Une ombre ! Son adversaire ressemblait à une ombre – vêtu d’habits noirs, de bandelettes noires, d’un voile noir… même sa peau semblait totalement noire… Mais à peine l’adolescent avait réalisé que son opposant n’était certainement pas humain, voilà que les flammes envahissaient le couloir. D’où pouvaient-elles sortir, si soudainement ?!
Ne pas céder à la panique, c’était le plus important… Mais comment, en étant face à un adversaire monstrueux, et prisonnier des flammes, de surcroit ?! Essayant tant bien que mal de garder la tête froide, Lake riposta, repoussant l’adversaire autant que possible, et esquivant ses coups… Cela dura quelques bonnes minutes… mais brusquement, l’ombre effectua un coup d’estoc magistral. Sans trop savoir par quel miracle, Lake arriva à se pousser, plaçant son épée sur le côté. Le métal crissa, et les étincelles volèrent. Mais il put éviter d’être transpercé. Cependant, une chose inattendue se produisit alors…
L’ombre, avec l’élan de son coup manqué, frappa de plein fouet Lake avec la paume de sa main libre, en plein torse. Le garçon en eut le souffle coupé… Puis il ressentit une violente douleur, comme une brûlure, à l’endroit touché… Après ça, son environnement devint flou… et tout sombra dans les ténèbres…



Ce fut un courant d’air froid qui réveilla le garçon. Encore sonné, il ouvrit doucement les yeux… Au-dessus de lui, un plafond de pierres lisses et blanches… Rien à voir avec la roche grise dont étaient faits les murs du château… Passés les premiers instants de torpeur, il se redressa rapidement, avant de se plier en deux de douleur. Son torse le brûlait comme les flammes de l’enfer… Il regarda à l’intérieur de son habit déjà déchiré et maculé de sang… Sur sa peau, comme une marque faite au fer rouge, encore ardente : « I » …
Essayant d’éviter le contact avec la plaie, il regarda autour de lui… La première chose qu’il remarqua était que son épée ne se trouvait nulle part dans les parages… Et quel étrange endroit ! De très larges couloirs de pierre blanche, le sol simplement en terre battue… Il y avait une lumière froide dans ces lieux, ambiante… Ou peut-être venait-elle des murs eux-mêmes ? Lake en avait l’impression, mais ce n’était pas logique – vu la largeur des couloirs, ils ne seraient pas si uniformément clairs dans ce cas… Il n’y avait pas grand-chose d’autre à l’horizon…
- Ohééé ! Il y a quelqu’uuun ?! – la voix de Lake lui fit écho… Mais quelque chose clochait… Ce n’était qu’une impression, mais il lui semblait qu’il avait parlé une autre langue que la sienne…
Malheureusement, aucune autre réponse…

Luttant contre la douleur qui lui déchirait le corps, il se leva pour de bon, regardant à droite, puis à gauche, puis encore à droite… et finalement prenant le chemin de gauche.
Il ne tarda pas à arriver à un embranchement, offrant la possibilité encore une fois d’aller à droite ou à gauche. De base, le jeune écuyer pensait tourner toujours dans la même direction, pour voir ce qu’il en résulterait. Mais quelque chose à droite attira son attention… Bien plus loin dans le couloir, comme une inégalité sur le sol, à peine visible à cette distance. Bien sûr, il hésita une seconde. Mais après tout, c’était bien la seule chose qui différait du reste des couloirs. Prudemment, il finit donc par mettre le cap sur la droite.
Les soupçons qui naissaient dans son esprit se sont vite confirmés au fur et à mesure qu’il approchait… Ce qu’il avait repéré était bel et bien une personne, allongée par terre. Il pressa le pas pour arriver à sa hauteur.
L’homme devait avoir dans la trentaine d’années, avec des cheveux gris et une peau claire. Il portait de bien étranges vêtements… un haut assez près du corps, mais sans manches, blanc. Et un pantalon tout aussi serré, d’une étrange matière bleue. Il avait également une babiole en métal au poignet gauche… une sorte de bracelet ? Inconscient et éraflé de partout, couvert de poussière blanche, il devait avoir souffert aussi…
- Hé ? Messire ? – prudemment, Lake toucha son épaule – Messire, vous allez bien ?
L’homme gémit un peu, et ouvrit les yeux. Son visage se crispa de douleur, alors qu’il portait la main à son torse… Une légère coloration rougeâtre teintait ses vêtements à cet endroit…
- Que… Qu’est-ce qui s’est passé ?! On est où là ?! – il se redressa tellement vite, que Lake bascula en arrière.
- A-attention messire !
- Ah… désolé gamin… hmm… – son expression confuse voulait surement signifier que lui aussi se posait des questions sur ses propres mots – Euh… tu sais ce qui s’est passé ?
- Hum… pas trop…
- T’es fringué bizarrement… Tu viens d’où ? – il le dévisagea soudain.
- « Fringué » ? Euh… – il hésita, ne comprenant pas le sens.
- Ouais… Enfin, tes vêtements quoi ?
- Ah ! Je viens du royaume d’Yllaina, messire.
- Y-quoi ? Kézako ?
- Euhh… vous ne connaissez pas… ?
- Non.
- …
- …
- Et vous… Vous venez d’où ?
- Lyon.
- Hein ?... Une région avec des lions ?
- Comment ça des lions ? Mais non ! Lyon. Tu sais, la ville de Lyon, en France.
Un autre échange de regards remplis d’interrogations… Il était évident pour chacun des deux que l’autre n’avait pas la moindre idée de ce dont il parlait.
Cherchant à dissiper ce malaise, l’adolescent finit par changer de sujet.
- Hmm… Je m’appelle Lake, messire. Et vous ?
- Ah. Euh, Florian. Lake… c’est anglais ça. Tu viens d’Angleterre ?
- Euuuh… non, vraiment pas… Je ne connais pas du tout ce royaume… – son expression gênée était on ne peut plus sincère.
- Boooon, ok… J’vais pas chercher… Aaah, bordel, mais c’est quoi ça ?! – s’énervant tout seul, il regarda à son tour à l’intérieur de ses vêtements, pour directement écarquiller les yeux.
- Vous aussi vous avez une marque ?
- Ah ? Toi aussi… Ouais, regarde… – soulevant le tissu, il dévoila un « IV », marqué de la même façon que le symbole de Lake.
- Moi j’ai une seule barre…
- Une barre ?... On dirait que ce sont des chiffres romains… Le un et le quatre.
- Des chiffres romains ? Qu’est-ce que c’est ?
- Tu sais pas ça, non plus ? Ben on peut écrire les chiffres de plusieurs façon, et c’est juste une d’entre elles…
- Vraiment ? Je n’ai jamais vu ça… Vous devez venir de contrées très lointaines !
- Ouais… je suppose… Mais ça ne résout pas le problème. On est où ?
- Je ne sais pas du tout… Notre château a été attaqué… J’ai dû affronter un adversaire étrange, qui m’a fait cette marque. Et puis je me suis réveillé ici.
- Votre… château…. Euh… ouais – l’homme le regarda d’un air plus qu’incrédule, mais s’abstint de commentaire – Chais pas… Moi, mon immeuble a pris feu, aux étages en dessous. Du coup, tout a commencé à se casser la figure. J’ai vraiment eu la trouille. A un moment le sol s’est dérobé sous mes pieds, mais j’ai pu me rattraper à quelque chose… Puis… je crois qu’un type a tendu la main vers moi, mais c’est très vague… J’ai l’impression que je me suis évanoui après… Et puis tu m’as réveillé. ‘Fin… De toute façon faut qu’on bouge.
- Oui… Je pensais aller toujours vers la gauche… Ça vous va ?
- Ouais, si tu veux. C’est pareil…

Le duo se mit finalement en marche… Ils n’arrivaient pas vraiment à discuter – leurs patries respectives semblaient si différentes, tout comme leurs cultures… Et vu la situation générale, c’était vraiment compliqué…
Ce n’est qu’au bout d’une bonne demi-heure de marche que quelque chose troubla le silence… Des appels ! Des voix, des personnes qui tentaient de savoir s’il y a quelqu’un d’autre dans ce dédale ! Sans se poser de questions, Lake et Florian se mirent à appeler à leur tour… Ainsi, peu à peu, ils pouvaient suivre les voix pour se rapprocher les uns des autres…
Et, à un autre croisement, ils finirent par trouver ce qu’ils cherchaient. En face d’eux, deux jeunes, surement entre 16 et 18 ans. Une fille blonde, aux traits fins, et un garçon a la peau colorée – mate, voir rougeâtre, avec des cheveux sombres, longs, et ornés de plumes. Leurs vêtements étaient drastiquement différents aussi… La demoiselle portait une sorte d’armure légère, scintillante, aux couleurs célestes. Son compagnon quant à lui était vêtu avant tout de teintes terre, tissus légers, et babioles de couleurs.
- Eh bien ! Je pensais qu’on resterait rien que tous les deux à jamais – rit le garçon, d’un ton quelque peu désagréable, lançant un coup d’œil à la jeune fille. Cette dernière répliqua avec un regard tranchant, avant de se tourner vers les inconnus.
- Bonjour. Je m’appelle Yngvildr. Tout comme ce mâle, je me suis retrouvée en ce lieu étrange. Je me permets de supposer que c’est votre cas également. Je suggère de faire équipe, le temps de comprendre ce qui se passe.
- Hum ! Enchanté, dame Yngvildr ! Vous avez raison, nous aurons plus de chances de nous en sortir si nous coopérons ! – le plus naturellement du monde, Lake s’inclina légèrement devant elle, pendant que Florian en était encore à la phase d’assimilation du nom qu’il venait d’entendre.
- Oh, comme c’est mignon ! Alors le chiot veut être un grand loup ? – le compagnon d’Yngvildr ne put s’empêcher de glisser une remarque désagréable, ses yeux vifs rivés sur Lake.
Ce dernier lui rendit un regard hostile. Il n’était pas dans ses habitudes de partir d’un mauvais pied, avec qui que ce soit… Mais il sentait que ce type-là, il lui serait dur de le supporter….
- J’ai juste été éduqué pour me comporter correctement en présence d’autres personnes.
- Pfft, quel petit chiot arrogant ! Tu aboies trop.
- Et d’abord, je ne suis pas un chiot. Mon nom est Lake !
- Même ton nom est ridicule ! – il rit, d’un air supérieur – Enfin, tu m’as dit ton nom… j’imagine que je vais te donner le mien aussi. Je suis le grand Citlali. Et toi, vieux chien ?
- V-vieux chien ?! – il fallut un moment à Florian pour réaliser que le petit insolent s’adressait à lui – Oh tu vas voir si je suis un vieux chien, sale petit—
Il prit son élan, voulant filer une droite à Citlali. Mais ce dernier esquiva avec une telle légèreté que son attaquant, n’ayant rencontré aucune résistance sur sa trajectoire, perdit l’équilibre et tomba lamentablement. Entendant les rires du gamin, il se releva aussitôt, prêt à recommencer. Mais Lake lui saisit le bras.
- Ce n’est rien, ne l’écoutez pas, messire Florian. Ce n’est pas la peine…
- … Ouais, t’as raison… J’vais pas m’abaisser à rentrer dans son jeu.
- Je me dois de demander – Yngvildr finit par interrompre – Avez-vous, vous aussi, des marques brûlées sur vos corps.
- Ah ! Oui ! Florian a dit que c’étaient des chiffres. J’ai le un et lui le quatre.
- J’ai trois barres. Le mâle en a deux.
- Hmm… c’est assez évident… trois et deux, hein Florian ? – il regarda son compagnon, en attente de confirmation. Ce dernier se contenta de hocher la tête.
- Moi je dis, un coup des esprits, comme toute cette histoire, de toute façon – Citlali haussa les épaules – Mais même si leurs actions sont impénétrables, je suis pas très flatté d’avoir ce chiot devant moi – il fixa à nouveau Lake, lui reprochant clairement d’avoir le numéro un.
- Ben ce n’est pas ma faute.
- Plus important. – Yngvildr ne semblait pas prête à les laisser partir en vrille – Nous avons tous les deux perdu nos armes. Je constate que vous aussi. Savez-vous où nous pourrions les retrouver ?
- Ah… Je ne sais pas du tout… – le jeune écuyer baissa un instant le regard, embêté – Je n’ai pas trop vu de danger ici pour le moment, mais je ne me sentirais pas trop rassuré si je ne récupère pas mon épée…
- Minute, minute – Florian essayait de suivre – Vous n’êtes que des gosses… et vous aviez TOUS des armes ?
- Pas vous, messire Florian ?
- Euh, bien sûr que non ! Les gens normaux ne se baladent pas avec des armes !
- Les mâles sont souvent inutiles. – le commentaire de la jeune femme, plus pour elle-même que pour les autres, fit un vent – Je ne parle pas de vous, Lake. Vous me semblez être une personne de valeur.
- Ah… euh… Eh bien merci...
- Eeyh !!! Et moi alors ?! – comme il fallait s’y attendre, Citlali ne put ignorer ce commentaire – Je vaux bien plus que ce chiot !
Yngvildr lui lança un regard sévère pour seule réponse.
- Hmm… – Lake finit par intervenir – On devrait y aller, je pense… Essayer de trouver quelque chose d’intéressant…
Les autres membres du petit groupe hochèrent la tête, et c’est tout naturellement que Citlali prit la tête de la marche. Ce qui ne tarda pas à donner lieu à une nouvelle dispute. En effet, Lake se rendit vite compte que son désagréable compagnon de route les avait menés sur des chemins déjà parcourus. Mais quand il le fit remarquer, Citlali s’énerva, disant qu’il racontait n’importe quoi. Bien sûr, Florian appuya les dires de son jeune ami. Et Yngvildr avait elle aussi plutôt tendance à croire le plus jeune des deux garçons. Finalement, elle prit la tête elle-même, demandant à Lake, au grand dam de Citlali, de marcher à ses côtés pour l’aider.

Le choix des chefs d’équipe finit par payer, quand le petit groupe remarqua une protubérance sortir de l’un des murs… C’était en fait une étrange petite fontaine, du genre de celles rattachées aux murs, avec une tête d’animal crachant de l’eau dans le petit bassin. Mais surtout, en dessous, gisait une épée. L’épée de Lake !
C’est avec un grand plaisir et un soulagement tout aussi évident qu’il s’en empara, l’examinant directement pour s’assurer qu’elle n’a pas été esquintée.
- Dieu merci, elle est intacte !
- J’en déduis de votre réaction que cette lame est votre compagne, Lake ? – Yngvildr approcha, regardant l’épée dans les mains du garçon.
- Oui ! Cette épée m’a été offerte par Lord Brava, mon maître. Elle m’est très précieuse.
Un vague sourire traversa le visage de la demoiselle, tel une ombre fugace qui ne tarda pas à s’estomper. S’était-elle souvenue d’un évènement plaisant ? Lake se posa un instant la question. Mais il n’était pas dans ses habitudes de quérir ce genre d’informations personnelles à une jeune dame.
- Bon, c’est bien beau tout ça. Et maintenant, si on avançait ? – Citlali ne put s’empêcher de commenter, de son ton toujours arrogant.
- Minute, gamin – l’ainé approcha de la petite source – Il n’y a rien d’autre ici ?
- Bien sûr que non ! C’est une fontaine. Point.
Ne se laissant pas convaincre, et ne serait-ce que par esprit de contradiction, Florian n’écouta en aucun cas ce que disait la peste qu’ils avaient comme compagnon. Il regarda dans le bassin, l’examinant méticuleusement.
- Hé ! Il y a un truc dedans !
A son appel, les jeunes approchèrent, formant une ronde au-dessus du petit point d’eau. Comme l’avait dit Florian, quelque chose se dessinait au fond… Une inscription en relief, ainsi qu’un petit objet scintillant. Un anneau ?
Citlali tendit la main pour s’en emparer… Le petit bijou était de toute beauté, d’un métal argenté presque illuminé d’un éclat intérieur. Un cartouche finement modelé, orné d’un dessin de chat et d’un caractère inconnu remplaçait la pierre précieuse qu’on trouvait le plus souvent sur ce genre de bagues.
Pendant que le jeune homme admirait sa nouvelle acquisition, Yngvildr regarda de près les gravures au fond de la fontaine.
- « Au numéro qui s’en emparera, je laisse cet anneau au cœur félin. Puisse-t-il suivre ses sentiments, et savoir quand le moment viendra le donner à un autre. »
- J’ai rien compris… – Florian sembla déçu un instant.
- J’imagine que l’esprit du chat protège cet objet, c’est tout ! – d’un geste grandiloquent, avec toujours ce sourire hautain sur son visage dont les traits pourtant étaient beaux, Citlali enfila l’anneau sur son majeur gauche – Et maintenant, il ME protège !
- Mess… Citlali, tu ne devrais pas mettre ce genre d’artefacts ainsi. On ne sait pas de quelle magie ce bijou peut être issu… – Lake ne put se forcer à appeler cette personne avec le même respect que quelqu’un comme Yngvildr ou Florian. Et il avait beau tenter de rester poli, l’agacement teintait sa jeune voix.
- Eh bien si tu ne voulais pas que je le porte, tu n’avais qu’à le ramasser en premier.
- Pathétique. – une fois encore, la voix tranchante de la jeune femme lança un froid sur la petite assemblée…
Cependant, Citlali ne semblait toujours pas partant pour enlever sa bague. Aussi, le groupe finit par se remettre en marche, après s’être désaltérés à la source, incroyablement pure.

Une longue marche s’en suivit… Jusqu’à ce qu’une autre fontaine se dessine !
Les compagnons de fortune pressèrent le pas pour la rejoindre… Ils y trouvèrent, comme l’épée auparavant, une superbe hache. Bien que d’une taille très modérée, l’objet inspirait une sorte de respect, comme s’il avait en lui une vie propre, une âme noble, une puissance intérieure.
Avant de pouvoir commenter ce qui était offert à ses yeux, Lake fut bousculé violemment. Citlali se précipita en avant, pour se saisir de l’arme. Avant de lui lancer un regard presque… tendre ? Il caressa doucement le manche, semblant prononcer quelques mots à voix basse… Avant d’accrocher l’objet à sa ceinture, où une sangle semblait prévue à cet effet. A cet instant, l’arrogance avait quitté quelques instants le visage du jeune homme… Un visage qui malgré la couleur de peau parut si clair et lumineux pendant ces courts moments. Puis l’éclat s’éteint, laissant place à l’habituelle ombre dominante.
- Ta compagne, je vois… - Yngvildr glissa un faible commentaire, légèrement troublée. Une affirmation plus qu’une question.
- Avec un peu de chance, nous retrouverons votre arme bientôt, dame Yngvildr – le jeune écuyer approcha la guerrière, tentant de lui remonter le moral. Il était évident qu’elle était affectée de les voir retrouver leurs précieuses armes, alors qu’elle-même était toujours sans défense.
Elle hocha la tête, quelque peu surprise par l’attention du garçon. Néanmoins, passé l’étonnement, les nuages quittèrent quelque peu ses yeux.
Pendant que les jeunes discutaient, Florian regarda dans la fontaine. Malheureusement, celle-ci ne contenait rien, si ce n’est de l’eau claire. Il en informa ses compagnons, avant de boire quelques gorgées. Il était bon de savoir que le labyrinthe était doté de ces points d’eau. Mais la nourriture était un autre problème… Jusqu’à présent, ils n’avaient rien trouvé de comestible. Malheureusement, il était totalement impossible de se mettre en quête de nourriture, dans la mesure où tout se ressemblait, et que les trouvailles étaient surtout fruits du hasard.

Les prochaines heures furent un peu moins désagréables, cependant. Il était évident que Citlali était soulagé d’avoir retrouvé sa hache. Et, de ce fait, il s’en prenait moins aux autres. Du moins pas s’ils ne lui adressaient pas la parole. Et ils n’avaient nul besoin de s’appliquer pour cela.
- Dites… vous trouvez pas que les murs ne sont plus pareils… ? – la voix de Florian brisa un silence qui avait duré de nombreuses minutes.
- Hm ? – Yngvildr regarda autour d’elle – Tu as raison… Ils sont… plus sombres ?
Instinctivement, les muscles de Lake se tendirent, alors qu’il posait la main sur le pommeau de son épée, prêt à la brandir au besoin.
Et alors qu’il faisait de plus en plus sombre, comme une nuit tombante, l’occasion ne tarda pas à se présenter… D’horribles monstres se jetèrent soudain sur le petit groupe, comme sortis de nulle part. Ils étaient deux, massifs comme des tigres, et au moins tout aussi dangereux. Lake n’hésita pas une seconde, et se plaça devant Yngvildr, désarmée, et bloqua un premier coup de griffes. Il se retrouvait face à l’une des deux créatures, alors que Citlali s’avançait vers l’autre.
Et les bêtes lancèrent l’assaut suivant !
Malgré toute son expérience, le jeune écuyer était plus que surpris par la puissance de ses ennemis, et leur technique de combat également. Chez lui, les animaux, ou même les monstres, n’égalaient nullement la maitrise qu’avait l’être qui lui faisait face.
Alors que l’hideuse créature lui esquintait l’épaule, Yngvildr le rejoignit, attaquant à coups de pieds sautés. Elle était incroyable, bien qu’elle n’ait pas récupéré son arme. Ses sauts surprenaient de par leur hauteur, et ses coups étaient précis, et efficaces grâce aux aiguilles de métal qui servaient de talons à ses bottes. Lake n’arrivait pas à en croire ses yeux… cette demoiselle avait un style de combat qu’il n’aurait jamais cru possible. En la regardant, il ne pouvait s’empêcher de penser aux coqs que l’on faisait s’affronter parfois. Des oiseaux s’élevant haut bien qu’incapables de voler, et donnant des coups de serres pouvant être mortels à tout moment pour leurs adversaires.
De son coté, Citlali menait un combat magistral. Bien sûr, son ennemi était fort lui aussi. Mais le jeune guerrier savait se battre à la perfection, et s’il arrivait qu’il n’esquive pas un coup, il le parait sans le moindre souci, faisant preuve d’adresse et de force à la fois. Profitant d’un moment de répit qu’il s’était octroyé en entaillant profondément le plastron du monstre, il bondit sur son dos. La bête commença à s’agiter, hurlant de rage. Ses efforts furent néanmoins inutiles, alors que Citlali assenait un coup de hache violent, en plein dans sa nuque… Un gargouillis résonna encore, et la créature s’effondra, inerte.
Alors que le vainqueur essuyait son arme, ses deux compagnons guerriers mettaient fin à la vie du deuxième monstre.
Bien évidemment, il ne se priva pas de leur faire remarquer à quel point il leur était supérieur vu sa performance dans ce combat. Son comportement agaçait les autres au plus haut point. Mais ils étaient bien forcés d’admettre que les compétences de Citlali étaient impressionnantes. Il avait le combat dans le sang, et ses mouvements combinaient beauté et efficacité.
Mais s’il y en avait un que la situation entière dépassait totalement, c’était bien Florian. Jamais de sa vie il n’aurait pensé un jour assister à un spectacle du genre… Pour commencer, jamais il n’aurait cru voir des monstres ailleurs que dans la fiction. Mais ses yeux ne le trompaient pas, ces créatures étaient bien réelles. Réelles, comme les capacités de combat de ces trois enfants…
Et voilà qu’Yngvildr se mettait à arracher des bouts de la chair du monstre ?! Elle ne pensait quand même pas à… ?
Et si, les jeunes s’affairaient maintenant tous à prendre le plus de viande possible sur l’une des créatures… Alors ils comptaient vraiment se nourrir de ça ? Florian avait la nausée rien qu’à y penser. Malheureusement, ils n’avaient pas tort, au final. Après tout, ils n’avaient pas vraiment le choix. Ainsi, c’est à contrecœur qu’il finit par les rejoindre, pour leur prêter main forte.

Ravitaillés et motivés de par leur victoire, ils se remirent en route… Et les ennuis ne tardèrent pas à les rattraper, sous la forme d’autres monstres, cette fois plus petits et plus nombreux. Ils furent des adversaires de moindre mesure, comparés aux précédents. Mais il en venait beaucoup, et le petit groupe devait essuyer attaque sur attaque, alors que les heures avançaient. Même Florian, qui jamais ne s’était battu à un niveau dépassant une bagarre entre jeunes, était bien forcé d’aider, à coups de poings, autant que possible.
Ce fut après une de ces innombrables vagues de petits ennemis que la situation se compliqua…
Au détour d’un croisement, ils aperçurent une bête immense, bipède, occupant presque tout le large couloir. Sa tête ressemblait à celle d’un bouc, alors que le corps humanoïde massif se tenait sur de puissantes jambes de buffle. Ses bras dotés de griffes félines étaient couverts de vieilles cicatrices, d’autant plus visibles avec ses muscles saillants.
La bête rugit, poussant les trois garçons à faire un pas en arrière. La jeune femme cependant resta ferme et droite, son regard rivé sur la bête. Non, pas sur la bête… sur quelque chose derrière. Une fontaine ! Et au pied, un objet allongé, une lance surement…
- Lake – sa voix était assurée, alors qu’elle ne regardait même pas son interlocuteur – S’il vous plait, prêtez-moi votre aide. Si je peux passer derrière l’ennemi, je pourrais récupérer ma compagne.
Le jeune garçon acquiesça, alors qu’il faisait quelques pas en avant, vite rejoint par Citlali.
- Laissez-faire l’étoile ! – lança ce dernier – Il n’est meilleur guerrier que moi, après tout !
Malgré l’envie de considérer cet impétueux compagnon comme juste un ennemi de plus, Lake se maitrisa. Bien qu’il soit dur de l’admettre, il était indéniable que ce guerrier le dépassait en technique et en puissance. Et toute aide serait la bienvenue face à un tel ennemi.
Mais alors que les jeunes s’avançaient, cette fois l’ainé resta en arrière. Pétrifié de peur, il était totalement hors de question pour lui d’affronter un tel monstre. Et encore moins sans la moindre arme. Et ces gosses qui ne reculaient devant rien, prêts à se faire blesser, à risquer leur vie… Ça le dépassait tellement…
Alors que Florian les observait de loin, ils lancèrent l’assaut en premier, Lake par la droite et Citlali par la gauche. Yngvildr pendant ce temps restait aux aguets, attendant le meilleur moment pour faire une percée.
Coup de chance pour les trois guerriers, tous d’une rapidité plus que convenable, l’ennemi se déplaçait lentement, leur permettant d’éviter des coups dont un seul pourrait s’avérer fatal.
Ils réussirent ainsi à esquinter le monstre à plusieurs reprises, ouvrant de nouvelles plaies sur ses bras et son torse. Mais la bête ne semblait guère s’en préoccuper, alors qu’elle renforçait ses assauts. Et malheureusement, Lake finit par manquer d’adresse. Une petite erreur qui lui valut d’être projeté contre un mur, une blessure lui traversant l’abdomen.
- Lake ! – Florian se précipita vers le jeune, craignant le pire.
Par miracle, Lake était non seulement vivant, mais toujours conscient, bien que son visage était crispé de douleur, alors qu’il maintenant fortement ses mains sur sa plaie. De son mieux, son compagnon l’éloigna du combat, puis s’affaira à panser les plaies avec des bouts de ses vêtements.
Pendant ce temps, Citlali s’était retrouvé dans la difficile situation d’être seul guerrier apte à combattre et armé. Il lui fallait absolument ouvrir une faille pour Yngvildr. Car il était peut être fort, et aimait s’en vanter. Mais malheureusement, cette fois-ci, l’adversaire était trop dur, même pour quelqu’un comme lui.
Il recula de quelques pas, apposant un baiser sur le manche de sa hache, avant de se lancer dans une charge furieuse contre le monstre. Surpris par la violence de cette attaque presque suicide, le monstre para de ses deux bras… Une occasion qu’Yngvildr saisit ! Se faufilant à la vitesse de l’éclair, elle réussit à traverser l’infranchissable obstacle, et s’élancer vers sa précieuse arme.
Et c’est à l’instant ou le monstre se saisit de Citlali, l’immobilisant totalement, que la lumière envahit le couloir. Une lumière aveuglante, qui éblouit tout le monde l’espace d’un instant, avant de s’atténuer pour dévoiler un spectacle unique, beau et quelque peu terrifiant à la fois. Yngvildr avait ramassé sa lance… et alors qu’elle semblait communier avec, irradiant de mille feux, son corps changeait d’apparence... Des plumes poussaient de derrière ses oreilles, ainsi que sur ses jambes et ses coudes… Peu à peu, ses jambes devenaient pattes et ses ongles se mutaient en serres… Devant le groupe, se tenait maintenant une fille ni humaine ni oiseau… Et soudain, des rayons jaillirent de son dos ! Laissant apparaitre de sublimes ailes claires.
Yngvildr s’élança gracieusement dans une course rapide, avant de s’élever pour piquer de sa lance l’épaule de la créature. Cette dernière hurla de douleur, lâchant sa prise. Cependant, la guerrière hybride ne lui laissa pas un instant de répit… En un coup de serre, voilà son ennemi borgne ! Citlali profita de ce moment de faiblesse pour entailler la jambe de la bête, laissant place à un nouvel assaut d’Yngvildr, qui écorcha les naseaux de l’ennemi, finissant par le faire tomber à la renverse. Une descente en piquée, sa lance en avant, en finit avec la vie de l’adversaire, alors que la chair se déchirait, laissant l’arme transpercer le cœur…
Elle extirpa la lance du corps maintenant inerte. Et en une fraction de seconde l’arme disparaissait en petites particules bleutées, qui vinrent se loger sous la forme d’un losange d’azur sur le front de la jeune femme.
- Lake ? Comment allez-vous ? – sans s’attarder une seule seconde sur la transformation, elle posa son regard sur le garçon blessé.
- Je… je vais m’en sortir, dame Yngvildr… Mais… quel est ce sort… Êtes-vous… un ange ?
- L’esprit de l’aigle ?! – Citlali accourut, posant un regard avide sur la jeune femme, qui n’en semblait guère ravie.
- Une… valkyrie ? – finit par demander Florian, d’une voix faible et incrédule.
La jeune guerrière écarquilla les yeux un bref instant, avant d’acquiescer doucement.
- Jamais je n’aurais cru qu’un d’entre vous sache ce que je suis… Je pense que je devrais reconsidérer mon opinion sur vous, Florian… Vous non plus, vous n’êtes pas un quelconque mâle sans talent ni culture.
Malgré la bizarrerie du compliment, il ne pouvait que jubiler en voyant le désespoir de Citlali, désormais seul « mâle quelconque » pour la superbe créature.

Suite à ce combat plus que difficile, le petit groupe s’attarda à nettoyer les plaies des blessés et se désaltérer à la fontaine, l’inspectant par la même occasion. Tout comme la précédente, elle ne contenait rien de spécial.
Et alors que les quatre compagnons s’affairaient, les heures sombres semblaient se dissiper, tandis que la clarté revenait dans les pierres qui les entouraient… C’était comme le souffle d’espoir d’un nouveau jour. Quel que soit cet endroit étrange, y voyager de nuit était quelque chose de bien périlleux.
Pour la suite du voyage, Florian devait soutenir son jeune compagnon blessé. Ce dernier semblait profondément désolé du désagrément. Mais il était hors de question de le laisser se débrouiller seul. A défaut de savoir se battre, l’ainé pouvait au moins aider dans ce genre de cas, non ?

Après moins d’une demi-heure de marche, une incroyable surprise attendait le petit groupe. Soudain, ils débouchèrent dans un immense espace. On ne voyait toujours pas le ciel, mais le plafond était haut comme la plus haute des cathédrales, incrusté de pierres précieuses et motifs formant des constellations aux silhouettes animales et des symboles comparables à d’anciennes écritures magiques… Les quatre compagnons étaient arrivés sur une sorte de terrasse. Sur les côtés, il y avait des escaliers menant bien six ou sept mètres plus bas, ou se trouvait comme une parcelle de jungle, une sorte de parc luxuriant aux arbres fruitiers, avec une petite cascade déversant de l’eau pure dans un bassin. En face, se trouvait une autre terrasse du même genre, si ce n’est qu’elle n’avait qu’un escalier d’accès, sur l’avant. Et menait à six tunnels au-dessus desquels brillaient des symboles en lettres de feu : 1, 2, 3, 4, 5, /…

Bien qu’ils prirent quelques instants pour observer la zone de haut, à l’affut d’éventuels dangers, Lake et les autres finirent par descendre…
La petite zone de verdure était on ne peut plus agréable, et la végétation luxuriante permettait de se sentir un peu mieux, de se reposer, de moins souffrir de ses blessures… Moins souffrir…
Mais ! Au bout de quelques instants, ils réalisèrent… plus ils restaient dans ce petit jardin, plus leurs blessures se refermaient, ne laissant que de vagues cicatrices, puis plus rien. Et ce, même pour des plaies profondes comme celles du jeune écuyer. Au bout de quelques minutes seulement, il pouvait courir comme si de rien n’était.
Et puis, il y avait également tous ces fruits… ils pouvaient constituer une source de nourriture plus que correcte ! Et quelle fut leur surprise quand ils trouvèrent des peaux de bêtes pliées, pouvant servir de couchage et couvertures, ainsi qu’un ustensile en pierres avec de quoi allumer un feu dedans, semblable à un four très rudimentaire.
- Je rêve ! C’est quoi ce bazar ?! – Florian approcha, sans en croire ses yeux – Vous avez vu ça ? On a un barbecue !
- Un quoi ? Tu divagues encore, vieux chien ! – le commentaire de Citlali suffit à faire oublier la bizarrerie de la situation.
Mais Florian ne se laisserait pas démonter – après tout, s’il y avait un domaine où il pouvait briller face aux autres, c’étaient bien ses connaissances. Il leur expliqua donc le concept de barbecue, leur assurant par la même occasion qu’il s’aurait s’en servir.

Cependant, son élan de fierté puérile fut vite coupé net par une voix étrangère, les dominant…
- Je vois que vous avez commencé à prendre vos aises dans votre nouvelle demeure.
Cette voix était tranchante comme une lame, crissant comme du ver brisé et gelant comme la glace. Tous furent parcourus d’un frisson, alors qu’ils levaient les yeux vers la plateforme aux six tunnels.
En haut, se tenaient cinq silhouettes. Des êtres d’ombres et de bandelettes noires… des êtres, comme celui qui avait attaqué Lake… Il lui semblait d’ailleurs le reconnaitre, en la personne de celui qui se tenait au milieu – ni le plus grand, ni le plus fin, il se distinguait de par la longueur excessive de ses bandelettes, et de par l’étrange animal qui se tenait sur ses épaules. Sombre et long, il ressemblait à une belette ou une martre, en plus grand et massif. Cet animal était peut-être le seul à les fixer avec de vrais yeux bien visibles, mais il était indéniable que les autres avaient leurs regards rivés sur le petit groupe également.
- Encore vous ?! – Lake s’avança, son épée prête au combat – C’est vous qui m’avez envoyé ici, avouez !
Yngvildr et Citlali firent un pas en avant eux aussi, fixant d’autres de ces silhouettes, alors que l’interlocuteur de Lake riait.
- Je n’ai rien à avouer, car je ne le cache aucunement. Oui, c’est moi qui t’ai amené ici, petit humain.
- Pourquoi ?! Que voulez-vous ?!
- Ce que je veux, il va falloir que vous le découvriez par vous-mêmes. Pour ce faire, il vous faudra arriver au cœur de ce temple, qui est accessible par ma porte. Mais n’oubliez pas… Vous ne pouvez passer qu’une porte par semaine. Et seule la personne adéquate peut ouvrir le passage et accéder au cœur de chaque région. Mais pour l’heure, je vous conseille de vous reposer.
Sans un mot de plus, sans attendre que les quatre compagnons sortent de leur torpeur et lui posent des questions, l’étrange être noir fit demi-tour. Son animal descendit alors de son épaule, et courut vers le dernier tunnel, marqué d’un « / », pour s’y enfoncer. Son maître entra dans le « 1 », alors que les autres silhouettes rejoignaient chacun un passage. Puis, des murs se dressèrent dans plusieurs voies, bloquant totalement le passage… Une fois la poussière retombée, restaient les chemins 2, 3 et /.

L’évènement laissa le petit groupe sans voix pendant un moment… Cependant, rester là à fixer le vide n’allait pas les conduire bien loin… Sans trop d’hésitation, si ce n’est peut-être de la part de celui qui ne savait se battre, ils finirent par monter les marches, accédant là ou l’étrange groupe s’était tenu quelques instants plus tôt. Les entrées des tunnels étaient immenses, et semblaient dégager une étrange brume. Du moins pour les passages ouverts. Quant aux murs qui fermaient les autres, celui du 1 se distinguait des deux autres. Décoré de nombreux reliefs et dorures, il semblait plus riche, plus imposant. Parmi les autres silhouettes qui s’y dessinaient, on pouvait distinguer, clairement, 5 grands chats fins, comme dépourvus de poil. Leurs corps élancés ressortaient du mur, et leurs gueules étaient largement ouvertes, comme prêtes à accueillir quelque chose. Les créatures félines étaient surplombées de mots gravés en lettres décoratives… « De tous temps, à chaque instant. Dans tous les mondes, sur les plaines, dans les nuages, sur le béton ou au cœur des palais, et même au fond de l’inexploré… Il est là, irradiant comme le soleil, courant tel le torrent et volant avec le vent. Il fait oublier la souffrance, il permet d’apporter l’amour. Il est… le Rêve. »
Les deux autres parois étaient bien plus simples, juste dotées d’inscriptions. Sur le passage 4, on pouvait lire « À celui qui a la force et la foi, en temps et en heure ». Le passage 5 quant à lui, affichait les mots suivants : « À celui dont la détermination et le courage ouvriront tous les chemins ».

Il fallait se rendre à l’évidence… quelle que soit la signification de ces écrits, pour le moment elle échappait au groupe. Mais s’ils avaient du mal à comprendre ces messages, il semblait évident que chacun était lié à un des passages, par un numéro. Deux questions se posaient cependant… Le 5 et le /… À quoi pouvaient-ils correspondre ?… Et pourquoi certains des passages étaient-ils fermés ?
Citlali était prêt à s’enfoncer dans l’une des galeries, mais Yngvildr n’hésita pas une seconde à l’agripper… Agir à la légère était la dernière chose à faire. Et le jardin semblait sûr… Autant réfléchir au calme à la suite, avant de se lancer dans une aventure potentiellement très périlleuse.


Ainsi, les quatre compagnons profitèrent de cette journée pour s’installer, se reposer, faire le plan, explorer… S’ils devaient explorer tous les passages, et qu’ils ne pouvaient en emprunter qu’un par semaine, ils seraient ensemble pour cinq semaines, et ce en supposant que le dernier passage ne leur prendrait pas une semaine entière à explorer... Alors autant bien s’installer et discuter un peu… tenter d’avoir de bonnes relations avec les autres…
Une fois la « nuit » tombée, ils allumèrent un feu, laissant à Florian le soin de préparer le repas, bien que Lake ne tarda pas à le rejoindre pour lui prêter main forte.
Pendant ce temps, les deux autres restaient bien attentifs, craignant que l’odeur n’attire d’autres prédateurs nocturnes. Et leurs craintes se confirmèrent quand des bruissements se firent entendre en provenance des buissons, accompagnés du son d’une respiration haletante, comme celle d’un animal…
Et il surgit… Un monstre au pelage gris, assez sombre, et au ventre blanc. Il avait taille humaine, pas très grande même, et n’était pas aussi hideux et repoussant que les créatures affrontées avant. Cependant, ça restait un monstre, et les trois guerriers du groupe se préparèrent au combat.
La créature se jeta furieusement sur eux. Elle avait une force incroyable malgré sa taille loin d’être imposante. Par chance, à trois combattants armés contre une seule bête, ils avaient l’avantage. Et la créature se retrouva vite prise au piège. Chasseur maintenant proie, elle tenta de fuir… Mais Yngvildr ne le voyait pas de cet œil… Elle s’envola soulevant poussière et feuilles, et atterrit en force devant le loup, lui bloquant le passage, alors que Lake et Citlali l’approchaient par derrière. A cet instant, le monstre eut l’air de paniquer. La valkyrie en profita pour assener un coup qui l’envoya valser. Retombant lourdement, il poussa un hurlement de douleur. Mais alors que Citlali s’apprêtait à assener le coup fatal, Lake s’empara de son bras.
- Attends ! Citlali !!!
- Hein ?! Qu’est-ce que tu fabriques, le chiot ?!
- Regarde ! Regarde sur son torse !
Le jeune homme se libéra violemment de l’emprise de son jeune camarade. Cependant, il daigna regarder ce que ce dernier lui montrait. C’est alors qu’il le remarqua aussi… Sur le corps de la créature vaincue il manquait un peu de pelage sur le torse… là, était brulé le symbole « V ».
- Messire Florian, venez voir !
Malgré ses craintes, le concerné finit par approcher… Après tout, Lake et Citlali s’assuraient que le loup ne bouge pas… Il n’y avait rien à craindre… probablement…
- Ce symbole… ça veut dire cinq ? – le jeune garçon le regarda dans les yeux.
- Un symbole ?... Ah ! Ouais, c’est bien le cinq !... Mais alors, cette créature…
- C’est l’un d’entre nous !
Bien que difficile à accepter au premier abord, il fallait se rendre à l’évidence… D’autant plus que même sans compter cette créature, l’équipe comptait déjà un être non-humain…
- Aaah… S’il vous plait… ne me tuez pas… – une faible voix tremblante sortit de la gueule du loup, à la grande surprise de Lake et de ses compagnons…
La créature tremblait littéralement, alors que des larmes commençaient à couler de ses yeux…
Et à peine quelques instants plus tard, le voici en train de se transformer ! Une transformation inverse à celle d’Yngvildr, auparavant… Peu à peu, ses formes devenaient de plus en plus humaines… jusqu’à ce que devant eux ils aient un garçon recroquevillé… Sans la queue et les oreilles de loup, ainsi que les griffes aux mains, il aurait pu être un humain ordinaire. Ses vêtements étaient luxueux, comme ceux d’un prince, et son corps fluet à l’allure si fragile appuyait la thèse d’un noble en aucun cas habitué à une vie de combattant. Il avait cependant une arme, sous la forme d’un bâton d’or orné de dragons longilignes, accroché à son dos. Quant à son âge, il était dur à estimer – sa stature et son allure délicate pouvaient le faire paraitre plus jeune qu’il ne l’était vraiment.
Blessé par la valkyrie, mais aussi amoindri en général, et totalement paniqué, le garçon pleurait, recroquevillé.
Lake lança un bref coup d’œil aux autres, puis il finit par ranger son épée.
- Ça va, n’ayez pas peur… Quel est votre nom ?
Sursautant un instant, le concerné leva ses yeux clairs vers l’écuyer qui lui tendait la main, en signe de paix.
- Je…… Hua…
- Messire Hua ? D’accord… Ne vous en faites pas, on ne…
- Juste Hua – coupa rapidement le garçon loup.
- Euh… si… Si vous le voulez. En tout cas on ne va pas vous faire de mal… Nous nous sommes défendus car vous nous avez attaqués. Mais tout va bien maintenant.
- Je… je vous ai attaqués ? Oh… c’est pas vrai… Je suis désolé ! Je suis profondément désolé » Acceptez mes plus sincères excuses ! – avant même que les autres ne puissent réagir, cet étrange garçon se prosternait devant Lake, posant son front à terre devant lui.
C’était bien la première fois de sa vie que ça lui arrivait, quelqu’un qui se prosternerait devant lui… Et surtout quelqu’un aux allures princières ! Il s’empressa donc de faire relever la tête au garçon, lui assurant que ce n’est rien, et qu’il n’a eu le temps de blesser personne… Il avait du mal à comprendre comment cela se faisait-il que l’adolescent ne réalisait pas les avoir attaqués, mais ce n’était pas le moment de l’accabler…
- Oh fabuleux ! Maintenant un chien peureux ! Ce qu’il me manquait !
Les regards furieux se tournèrent vers Citlali, qui n’avait pas manqué cette occasion de se montrer méprisant. Cependant, l’important était d’aider Hua le temps que ses blessures guérissent, ce qui ne tarderait guère.
Par ailleurs, il s’avérait que si le garçon les avait attaqués, c’était uniquement poussé par la faim. Il aurait perdu contrôle de lui à force d’errer des jours dans les tunnels, sans nourriture… Alors l’odeur de la viande grillée le ramena à un état des plus sauvages.
Ce ne fut donc pas une surprise de le voir manger énormément, quasiment à en étouffer…
Pendant ce dîner, Lake et son groupe expliquèrent à Hua ce qui leur était arrivé depuis qu’ils sont apparus ici. Tout comme la façon dont ils sont venus. Une occasion pour le jeune écuyer d’apprendre qu’Yngvildr affrontait un dragon fou avec d’autres valkyries, quand soudain une tempête éclata – un véritable ouragan. Elle y avait repéré une silhouette noire, qui piqua sur elle, alors qu’elle-même chutait, incapable de maintenir son vol avec tous les vents contraires. La silhouette lui toucha la poitrine, brûlant ce chiffre sur sa peau, et la plongeant dans l’inconscience. Pour ce qui est de Citlali, il détailla beaucoup moins… Il serait tombé dans une rivière lors d’un affrontement contre des ennemis… Là, dans l’eau, une forme noire aurait foncé sur lui, et apposé une de ces maudites marques…
Hua lui aussi raconta son histoire, tremblant vaguement à la simple évocation de ce souvenir…
- Je visitais une immense statue en bronze… en construction pour ma famille… Mais des ennemis de père m’avaient tendu un piège… Je me suis retrouvé enfermé dans une pièce, ou ils ont commencé à déverser du métal en fusion… Je… j’étais sûr que j’allais mourir… mais… j’ai essayé de grimper sur un tas de ferraille… Et là… j’ai vu une de ces horribles créatures noires… elle m’a poussé… Ça a fait mal, et je suis tombé… en arrière… mais… Au lieu de mourir plongé dans le métal… je me suis retrouvé ici…
Ce récit provoqua un long moment de silence. Même Citlali aurait du mal à l’agresser à ce sujet, tellement le souvenir qu’il venait d’entendre était affligeant en soi. Pour une fois, il décida de laisser tomber.
Par ailleurs, Hua demanda, sans surprise, à quelle espèce appartenait Yngvildr, ce qu’elle lui expliqua. Le jeune garçon pour sa part expliqua qu’il est humain, normalement. Mais une morsure de « ranjin » le transforma en « ranjin » à son tour… Un « ranjin », voilà un mot que nul ne connaissait dans le petit groupe… Mais alors que Florian disait que ça lui rappelait les lycanthropes, ou loups-garous, dont parlaient plein de « films » dans chez lui, cela sembla parler à Lake… Effectivement, il y avait des loups-garous chez lui aussi. C’était bien une des premières ressemblances entre leurs deux patries !

Renforcés d’un nouveau compagnon, il ne restait plus aux membres du groupe qu’à se reposer, en attendant le lendemain. Là, ils devraient partir explorer un tunnel… Le tout serait encore de savoir par lequel commencer…

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